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vendredi 21 juin 2013

L’Espagne démantèle un réseau terroriste vers la Syrie


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Michel Garroté, réd en chef –- Un réseau Al-Qaïda envoyant des combattants en Syrie a été démantelé, ce vendredi à l’aube, dans l’enclave espagnole de Ceuta, située au nord du Maroc. Huit personnes ont été arrêtées. Le réseau Al-Qaïda de Ceuta avait aussi une base dans la ville voisine de Fnideq, située au Maroc. L’opération a été menée conjointement à l’aube par la police nationale espagnole qui avait commencé à enquêter sur ce réseau en 2009, et, par la garde civile espagnole, qui avait commencé à enquêter sur ce réseau en 2011.

Le réseau terroriste hispano-marocain démantelé envoyait des djihadistes venus du Maroc, en partance depuis l’enclave espagnole de Ceuta, aux groupes affiliés à Al-Qaïda en Syrie, via la ville espagnole de Malaga, puis, la Méditerranée, et, enfin la péninsule anatolienne de Turquie ; ou encore, par le détroit de Gibraltar, puis via la Belgique et les Pays-Bas. Des dizaines d’individus, certains mineurs, sont partis de Ceuta et du territoire marocain via ce réseau terroriste.






Certains ont perpétré des attentats-suicides tandis que d’autres ont intégré des camps d’entraînement qui les ont préparés au djihad. Plusieurs groupes de djihadistes attendaient encore de faire bientôt le voyage depuis l’Espagne jusqu’en Syrie. Ce réseau, installé à Ceuta et Fnideq, réalisait un travail de recrutement, d’endoctrinement, d’organisation et de financement des voyages, en contact avec d’autres terroristes, et, suivant les directives de l’organisation terroriste al-Qaïda. L’opération menée conjointement par la police nationale espagnole et la garde civile espagnole continue, notamment à Ceuta.

Situés au sud du détroit de Gibraltar, l’enclave de Ceuta, celle de Melilla et l’île de Perejil sont des territoires espagnols. Gibraltar est un territoire britannique. Sous le gouvernement espagnol précédent – socialiste – des centaines de milliers de clandestins marocains ont été régularisés par la gauche au pouvoir. Ceux-ci sont déjà – ou deviendront bientôt – des citoyens espagnols et donc des titulaires d’un passeport communautaire. C’est là tout le paradoxe de la lutte antiterroriste : tenter de démanteler des réseaux Al-Qaïda tout en perdant le contrôle de l’immigration musulmane de peuplement.

Reproduction autorisée avec mention :

© Michel Garroté www.dreuz.info



jeudi 20 juin 2013

La Syrie va poursuivre la Tunisie et la Turquie pour ingérence



La Syrie va poursuivre la Tunisie et la Turquie pour ingérenceLe ministre de la Justice syrien, Najm al-Ahmed, a annoncé que son pays va bientôt poursuivre en justice les gouvernements turc et tunisien, pour ingérence en Syrie, et qu’il va continuer à poursuivre l’ex-chef du gouvernement libanais, Saâd Hariri, et le député Okab Sakr.


Al-Ahmed a déclaré jeudi au journal al-Baâth, organe du parti al-Baâth au pouvoir, qu’il y a des procès imminents qui seront intentés, notamment contre les gouvernements turc et tunisien, rapporte arabic.upi.

"Tout le monde se rappelle l’affaire de Saâd Hariri et du député Okab Sakr, qui a été diligentée par la justice de Damas et le verdict a été émis par le premier juge d’instruction de Damas. Nous avons demandé à Interpol l’extradition de ces deux personnes, et nous continuons à le demander", a-t-il indiqué.

"Il y a des forces extérieures qui ont appuyé les groupes terroristes, et là nous mettons la crédibilité de cette organisation (Interpol) à l’épreuve. Si elle réfute de composer avec nous, nous avons à notre tour nos documents, à travers lesquels nous allons refuser de composer avec l’organisation, si l’on se rend compte que son attitude est négative", a-t-il souligné.

"Des procès ont été intentés contre tous ceux qui ont trahi la patrie, et ont choisi d’être dans le camp hostile, avec documents et preuves à l’appui. Des jugements ont été émis contre certains, conformément à quoi leurs avoirs ont été gelés", a-t-il encore dit.



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samedi 8 juin 2013

La Syrie au centre d'un entretien Poutine-Netanyahu

Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine (archive)
Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine (archive)
© RIA Novosti. Alexei Druzhinin

La Syrie a été au centre d'un entretien téléphonique tenu vendredi soir par le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a annoncé le service de presse du Kremlin. "Les interlocuteurs ont examiné les questions d'actualité des relations bilatérales, ainsi que la situation en Syrie, dans le prolongement du dialogue constructif lancé à Sotchi" (mer Noire) à la mi-mai, a indiqué le service de presse.
M.Netanyahu a déclaré en mai, à l'issue de négociations à Sotchi  avec le président russe Vladimir Poutine, que son pays comptait signer des accords de paix avec tous ses voisins.



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dimanche 2 juin 2013

Une cellule de recrutement de jihadistes pour la Syrie s’est installée à Tunis et sème la terreur


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Selon le journaliste Aboussaoud Hmidi1, un groupe de djihadistes s’est installé dans le quartier de Dubosville, dans la banlieue sud de Tunis et se livre au racket, au pillage et à la violence au nom de la Charia, ainsi qu’au recrutement de jihadistes pour la Syrie.
Depuis l’assassinat du commissaire Mohammed Sboui, la population du quartier (environ 6000 personnes) commence à se soulever, affirmant que la situation de leur quartier est quasi comparable à celle des villes de Somalie et d’Afghanistan où les institutions de l’Etat sont inexistantes.
Rached Ghannouchi, en donnant des détails sur la mort du commissaire Sboui, a dévoilé que les tueurs ont fait obole à des tiers du 1/5 de la somme trouvée chez la victime, pour mettre en valeur le caractère halal du crime, et un imam leur a même donné refuge à l’intérieur de sa mosquée, alors qu’ils étaient recherchés.
Le site Nawat qui a enquêté dans le quartier, affirme que Dubosville est devenu un quartier de non-droit infesté par une mafia religieuse où les djihadistes prélèvent des taxes de 25 dinars par mois sur chaque commerce et activité économique.
Le site, qui a constaté l’absence des agents de la sûreté depuis plusieurs mois, affirme que les commerçants payent ces sommes sous peine de s’exposer à des représailles. Les récalcitrants sont traités de mécréants, et doivent se conformer aux ordres des djihadistes, pour ne pas s’attirer les foudres de la police salafiste.

Toujours selon Nawat, la structure djihadiste de Dubosville, dont le chef du groupe s’appelle Abdallah Hafki, serait affiliée à Ansar Charia qui a fait acte d’allégeance à AQMI, donc al-Qaida, et elle sert de base de recrutement, de financement, et d’enrôlement de djihadistes pour la Syrie et le Nord Mali via la Libye.
En outre, le syrien Abdelaziz Al-Najib, connu pour être la tête pensante de l’insurrection, est venu en Tunisie, au commencement des évènements de Syrie, et a créé le réseau Hafki, et établi les connections nécessaires pour son fonctionnement.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour www.Dreuz.info


dimanche 26 mai 2013

Nasrallah: « si la Syrie tombe, la « Palestine » est perdue »

Je vous le dis tout de suite: c’est encore une belle bêtise de propagande. Mais ce serait quand même pas mal jubilatoire !
Selon Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, « si la Syrie tombe, la « Palestine » est perdue. »
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Franchement, il y a de quoi prier pour que le régime Assad tombe. Malheureusement, dans la réalité, même s’il tombe, rien ne change: le Hamas restera le Hamas. Et le Fatah, que l’on dit modéré, continuera à nier Israël.
Mais que l’on se rassure: « Nous sommes au bout du chemin » a dit Hassan. « La résistance chiite va vers la victoire. » En même temps, avec seulement 73 terroristes du Hezbollah mort sur les 12 derniers mois (chiffres du Hezbollah) contre près de 100.000 de l’autre coté, il y à de quoi se poser des questions.
Nasrallah s’adressait samedi soir depuis sa cache, probablement située dans les égouts de la banlieue de Damas.
« Mais n’oublions pas la résistance face à Israël. Continuons la pression, renforçons nos troupes… » a t-il ajouté, pour tenter de détourner l’attention.
Par Nisso Amzar – JSSNews

lundi 20 mai 2013

QUE SAIT-ON DE L’AIDE RUSSE A DAMAS ?

QUE SAIT-ON DE L’AIDE RUSSE A DAMAS ?





I : LE SOUTIEN DIPLOMATIQUE DE MOSCOU AU PRESIDENT ASSAD



POUTINE MET EN GARDE DEVANT NETANYAHU CONTRE TOUT ACTE DESTABILISANT LA SYRIE !



Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde ce mardi contre tout acte pouvant déstabiliser davantage la situation dans le conflit syrien, à l'issue d'entretiens à Sotchi (sud) avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon l'agence Ria Novosti.

« Il est crucial dans ce moment important d'éviter tout acte pouvant déstabiliser la situation », a déclaré M. Poutine à l'issue d'entretiens avec M. Netanyahu, dont le pays a effectué au début du mois des frappes aériennes contre des cibles en Syrie.



ET LA DIPLOMATIE RUSSE AFFICHE PUBLIQUEMENT SON SOUTIEN A ASSAD



L'ambassadeur russe au Liban Alexandre Zaspikine a déclaré que la participation des différentes parties au deuxième congrès de Genève au sujet de la Syrie "doit se faire sans aucune condition préalable", assurant que "la destitution du Président Bachar el Assad n'est plus à débattre, parce que cette question empêchera la tenue du congrès".



L'ARMEE RUSSE, ELLE, A MIS EN GARDE CONTRE TOUTE INTERVENTION MILITAIRE EN SYRIE



Selon l'IRNA depuis Moscou, le chef adjoint de l'état-major russe, le général Alexandre Postnikov a mis en garde contre toute action militaire éventuelle contre la Syrie qui se ferait sous prétexte du règlement de la question syrienne." les autorités militaires russes estiment que les affrontements en Syrie relèvent d'une question intersyrienne et que la Russie soutiendrait tant que possible le principe de non ingérence en syrie".





II : L’AIDE MILITAIRE RUSSE A L’ARMEE ARABE SYRIENNE



LES USA AFFIRMENT QUE MOSCOU A LIVRE DES MISSILES ANTINAVIRES IAKHONT



La Russie aurait livré à la Syrie des missiles antinavires Iakhont, rapporte le quotidien New York Times, citant des fonctionnaires américains qui ont requis l'anonymat. Ces fonctionnaires affirment que "la Russie a envoyé des missiles antinavires à la Syrie", indique le quotidien. "Cette décision montre clairement à quel point le soutien apporté par Moscou au régime de Bachar el-Assad est substantiel", conclut le New York Times.

Selon le journal, il s'agit de missiles Iakhont dotés d'un système de pointage sophistiqué. D'après les experts américains, ces missiles permettraient à Damas d'opposer une riposte plus efficace aux forces navales de l'Occident si elles tentaient d'imposer un embargo maritime.

Le New York Times affirme tenir ces informations de fonctionnaires ayant accès aux rapports secrets du renseignement américain.

Le Iakhont est un missile antinavire supersonique d'une portée de 300 km. Long d'environ 9 mètres, il peut être lancé à partir de sous-marins, d'avions ou de batteries côtières. Selon les spécialistes russes, le Iakhont est le missile antinavires le plus rapide au monde: sa vitesse maximale est de Mach 3,5.


SELON LE JOURNAL RUSSE NEZAVISIMAYA GAZETA, LA SYRIE N’ATTEND PAS RECEVOIR LES BATTERIE DE MISSILES S300 PUISQU’ELLE LES POSSEDE DEJA !



Selon le directeur du centre d’étude russe Vladimir Mokhin le contrat de vente des S300 a été signé avec la Syrie en 2010 et la livraison à l’armée syrienne de ce système et l’envoie des spécialistes et des con...seillers russes se poursuivent depuis deux ans ! » selon le journal Nezavisimaya Gazeta, les S300 existent sur le sol syrien mais ils y sont couverts. « cette information a été transmise à Netanyahu au cours de sa récente rencontre avec le président Poutine au Kremlin ».

« La Russie n’est pas inquiète au sujet de la livraison de ces missiles à damas puisque la vente des S300 n’entre pas dans le cadre des sanctions qui frappent la Syrie »les S300 ont la capacité de frapper 12 cibles à la fois.



KH





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Infographie RIA : En Russie, le système sol-air S-300 équipe les troupes de défense antiaérienne(version S-300P) et les troupes terrestres (version S-300V).







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mercredi 20 février 2013

La Syrie: Ou est-il?


La Syrie : où en est-on ?
Ca fait bientôt deux ans que le front syrien a été ouvert. Les médias ont eu plus que leurs quotas de sang, de morts et de massacres en tous genres. Les spectateurs que nous sommes, avons fait le plein de sensations fortes arrosées d’adrénaline jusqu’à plus soif. Cette période nous a fourni tous les motifs d’indignation, de colère, de frustration et de déception. Nous avons eu aussi notre dose de joie, d’espoir, de jubilation parfois et de satisfaction admirative. Tous les jours, nous allions nous abreuver à nos sources favorites, qui chez OSDH, AFP, le Figaro, le Point, I Tété, qui chez Sana, Syria Truth, Info-Syrie, Allain Jules, chacun de ces supports s’efforçant de faire de son mieux pour nous satisfaire et nous fournir notre pain quotidien.

Deux excellentes années. Crus exceptionnels, même. Sauf pour les Syriens. Pendant que nous vociférons sur les gradins, eux ils sont dans l’arène. Ils combattent pour leurs vies et leur survie. Et leurs vies ne tiennent qu’à un fil. Il en disparait tous les jours des dizaines, des centaines, vite évacuées de l’arène pour faire place nette et pouvoir poursuivre le combat. Show must go on.

Après près de deux ans de conflit, nous en sommes toujours au même point. Le même scénario se répète de jour en jour. Les terroristes s’infiltrent à partir des pays voisins, attaquent des postes de contrôle, investissent des quartiers, attaquent des centres administratifs et des bases plus ou moins désaffectées. Il ne leur reste plus ensuite qu’à crier « victoire » après avoir fait quelques vidéos avec leurs téléphones cellulaires (on se demande s’ils n’ont pas été fournis que pour ça), et envoyer le tout, récits et vidéos, accompagné de chiffres déjà prêts à l’avance, à la presse amie qui se chargera de relayer. Quelques heures plus tard, l’Armée syrienne arrive, extermine les terroristes, saisit leurs armes, libère les quartiers, repousse les survivants jusque dans les pays voisins. Là aussi, après que quelques vidéos aient été tournées, le service de presse syrien prend le relais. Le lendemain, même scénario, mêmes compte-rendus. Le surlendemain, idem. Un éternel recommencement émaillé de temps à autre d’un attentat suicide avec sa cohorte d’images toutes plus atroces les unes que les autres, ou un massacre de civils organisé à la veille d’une réunion internationale.

Chaque parti nous dit – nous fait croire plutôt – qu’il gagne du terrain, qu’il viendra bientôt à bout de son ennemi. Si on additionne leurs chiffres, la moitié de la Syrie a déjà été décimée. Selon les djihadistes, le peu de civils qui restent encore et qui ne sont pas encore massacrés, le seront bientôt par les hordes barbares qui soutiennent le régime sanguinaire de Damas. Quant aux médias syriens, si on se réfère aux divers communiqués quotidiens, plus les terroristes tombent comme des mouches, plus il en ressurgit chaque jour un peu plus. A croire que le monde entier n’était peuplé que de salafistes qui n’attendaient que l’heure propice pour faire leur coming out. Vu d’ici, tout cela ressemble à un film mal conçu et mal joué, une sorte de sitcom dont le seul objectif est de tenir le public en haleine.

Mais qu’en est-il vraiment sur le terrain ? Que se passe-t-il en Syrie depuis deux ans ? Dans la réalité, c’est la souffrance au quotidien, la mort au coin de la rue. La réalité c’est que la Syrie est un pays qui subit une agression délibérée de la part d’une coalition qui ne se cache même plus sous des faux-semblants. Ce n’est plus un mystère pour qui que ce soit. Si, au début, il était encore possible pour certains d’hésiter ou de croire aux manifestations pacifiques réprimées dans le sang, au soulèvement spontané pour chasser une dictature, à la férocité d’un régime opprimant et massacrant son peuple, aujourd’hui rien de tout cela ne tient plus. Toutes les argumentations qui furent les causes du chaos apparaissent pour ce qu’elles ont toujours été : de la propagande. Y compris pour ceux qui les brandissent encore, soit pour justifier leur engagement, soit par habitude, soit encore pour ne pas avoir à reconnaître de s’être fait manipuler comme des enfants.

L’agression est désormais avérée. Les agresseurs se sont démasqués un à un. Les buts poursuivis semblent se dessiner, même s’il est encore difficile d’en cerner les contours. Mais malgré cela, les gesticulations continuent. Les fausses réunions, les fausses candeurs, les fausses déclarations battent leur plein comme aux premiers jours. Ça ne trompe plus personne, mais on fait comme si. Rien d’étonnant alors si le ministère russe des affaires étrangères ferme son téléphone à toutes ces simagrées. Il n’est pas étonnant, non plus, de voir la Syrie et l’Iran concentrés plus que jamais sur la fin de cette zizanie. Tous semblent dire : « Assez. On ne joue plus. Si vous voulez discuter sérieusement, on est prêt ; sinon, allez vous faire voir ».

En effet, tous savent maintenant comment ce conflit finira et comment y mettre un terme. Il est évident pour tout le monde que les terroristes, quels que soient leur armement et leur financement, ne parviendront jamais à gagner contre tout un peuple qui maintenant fait bloc autour de son gouvernement et de son armée de conscrits. Ce ne sont pas quelques exactions de plus ou quelques tueries ou sabotages supplémentaires qui changeront la donne. Ici, nous ne pouvons que nous remémorer la déclaration de Serguei Lavrov avant même la déferlante djihadiste : « même si vous les armez jusqu’aux dents ils ne viendront pas à bout de l’armée syrienne » avait-il dit. Cela montre bien la détermination russe depuis le début, et surtout met en relief une réalité que seuls les aveugles ne pouvaient ou ne voulaient pas voir. Du côté du gouvernement syrien, il est devenu clair que la victoire ne sera jamais militaire, surtout quand l’argent et les armes continuent à couler à flot pour entretenir le terrorisme. Quels que soient les exploits de l’armée, la solution ne pourra se trouver qu’à travers les négociations. En attendant, il faut tenir, rendre coup pour coup et même plus. La Syrie a tout ce qu’il faut pour cela, malgré les tentatives maladroites d’embargo, l’arme suprême des atlantistes. Cette fois, cette arme, autrefois redoutable, a fait long feu. Même si les syriens en souffrent, elle n’a pas affaibli l’économie au point d’influer sur les capacités de résistance du pays. C’est une première, mais une première qui laisse augurer que les prochains embargos, en tant qu’armes subversives, n’auront plus les effets d’antan, comme ceux constatés pour l’Irak par exemple.

La Syrie a donc de quoi tenir. Les agresseurs ont fini par en prendre conscience. Nous n’avons déjà plus cet obsédant refrain « Bachar El Assad doit partir », refrain chanté sur tous les tons et ponctuant chaque discours, rappelant étrangement l’obsession de Caton pour Carthage. La tendance est désormais à la sortie de la crise. Mais comment ? Des sommes énormes et beaucoup d’espoir ont été investis dans ce conflit. Des dindons de la farce, il y en aura forcément, mais personne n’a envie d’en être. D’où quelques tergiversations, et même parfois de l’animosité entre certains des partenaires. Le torchon brûle, en quelque sorte. Il ne faudra donc pas s’attendre à un arrêt immédiat du chaos syrien. Il y aura d’abord d’âpres discussions et tractations entre les membres de la coalition des agresseurs pour que chacun puisse retirer ses billes sans trop de pertes et la tête haute, si possible. Ensuite seulement le vrai débat sur la fin des hostilités sera engagé. Pendant ce temps nous aurons droit à notre lot quotidien de morts, de massacres, d’attentats, de prises et reprises, de nettoyages, de saisies d’armes… Show must go on pour nous, mais, pour les syriens, c’est la tourmente et le chaos qui continuent.

Avic

http://avicennesy.wordpress.com/


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samedi 2 février 2013

Mali, Hagel - et les Rothschild


Mali, Hagel – and the Rothschilds
Le mercredi, comme pour envoyer un message au Sénat américain Armed Services Committee, Israël a bombardé un convoi sur la frontière entre la Syrie / Liban.
Il semble avoir fonctionné. Hier matin, les faucons de poulet de ce comité avec des noms comme John McCain et Inhofe étaient occupés à griller Obama Défense candidat Secrétaire Sen Chuck Hagel (R-NE) pour son allégeance indéfectible à la mère d'Israël et le complexe militaro-industriel semblables.
Pendant ce temps, la ville Rothschild dirigé par des banksters Illuminati Londres qui dirigent le spectacle de chien et poney, autrement connu comme Israël, cherchent à s'emparer des ressources plus globales - cette fois dans le pays d'Afrique du Nord du Mali.
En Février, les rebelles touaregs basés dans le nord du Mali, avec l'aide de restes d'Al-Qaïda formés et armés par les agences de renseignement Rothschild MI6 et le Mossad pour renverser le gouvernement de Kadhafi en Libye voisine, ont attaqué les troupes gouvernementales dans la ville frontière algérienne de Tinzaouaten.
Peuple touareg laïques tribales - représentée par le Mouvement de libération nationale Azawad - ont depuis des décennies exigé une plus grande autonomie par rapport au gouvernement central de Bamako. Pourtant, ils ont toujours été content de rester dans leur pays d'origine nord Mali.
Mais libyen Al-Qaïda au Maghreb les forces se réclamant Ansar Dine a appelé à l'imposition de la loi islamique dans le nord du Mali, puis mystérieusement attaqué au sud. Pourquoi, s'ils tentaient de transformer le nord du Mali dans un al-Qaïda refuge (comme l'histoire «officielle» va), seraient-ils attaquer le gouvernement central au Mali et souffler leur couverture?

Ces islamistes, qui étaient aussi responsables - avec l'aide de l'EAU - pour l'attentat contre l'ambassade américaine à Benghazi qui a tué l'ambassadeur américain Christopher Stevens et trois autres, adapter le modèle séculaire de déstabilisation M16/Mossad au nom des Rothschild- Ville dirigée par des vampires ressources Londres (voir mon livre Big Oil & Leurs banquiers ...).
Tout en parlant la semaine dernière au Centre Ralph Bunche, le chef de l'AFRICOM - Ham général - a admis que les Etats-Unis avaient formé un grand nombre des rebelles maliens impliqués dans le coup d'Etat 2012, y compris son chef le capitaine Amadou Sanogo. ( AFRICOM commandant Cite non-Mali ).
Le 8 Avril 2012 fois élu démocratiquement président Amadou Toumani Touré a été contraint de démissionner juste avant les élections prévues présidentielle dans laquelle il n'était pas éligible à courir. Fait intéressant, tous les autres gagnants potentiels de cette élection étaient contre toute intervention étrangère au Mali pour "poser" le "Al-Qaïda" rébellion.
Malgré l'ambiance anti-intervention du peuple du Mali, bientôt il y avait des cris de la CEDEAO et de l'ONU Conseil de sécurité sur la nécessité d'insérer des troupes étrangères au Mali. Le 11 Janvier e les anciens maîtres coloniaux français a fait exactement cela.
Alors pourquoi les Français d'intervenir au Mali, mais pas en République centrafricaine, dont le gouvernement avait également été attaqué par des rebelles?

Mali formation des troupes
La vraie raison de la provocation d'Al-Qaïda que "nécessaire" l'intervention étrangère, réside peut-être dans les ressources minérales riches récemment découvert sous le sol du Mali.
Déjà l'Afrique troisième producteur d'or, le Mali est également riche en diamants, uranium, minerai de fer, de manganèse, de bauxite, de lithium, le phosphate, le lignite, le cuivre, le gypse et le marbre.
L'exploration pétrolière a récemment augmenté au Mali et de la nation a le potentiel de devenir une importante voie de transport entre l'Afrique subsaharienne et l'Europe.
Avec encore une autre razzia des ressources Rothschild en cours - cette fois principalement pris en charge par la classe moyenne généreux contribuables français - la confirmation de Chuck Hagel peut être considéré comme un événement majeur.
Si elle est confirmée, nous avons pu voir à la fois un geste significatif loin d'Israël et des réductions substantielles du Pentagone.
Attentats aux frontières, les escalades et les autres menaces à part, il est temps de le vider les terroristes israéliens sur des ronces et suivez l'odeur tout le chemin jusqu'à la chaîne alimentaire à l'écume consanguine Rothschild qui exécute ces provocateurs.

Alter Info Information Alternative l'

jeudi 10 janvier 2013

Al-Assad a perdu une importante base aérienne

сирия оппозиция боевики боевик оружие
Photo : EPA


Le 9 janvier les rebelles syriens se sont emparés d'une partie du territoire de la base aérienne de Taftanaz où sont deployés des hélicoptères, la base qu'ils assiégeaient depuis plusieurs jours. L'aéroport est situé à 15 kilomètres au nord-est d'Idlib.

Le contrôle de l'aéroport de Taftanaz est particulièrement important pour les rebelles puisque les hélicoptères en décollaient pour mener des raids dans trois provinces : Idlib, Hama et Alep. De plus les hélicoptères ravitaillaient les troupes gouvernementales menant des opérations dans les environs car les voies terrestres étaient depuis longtemps bloquées par les rebelles.
Источник: Голос России.

jeudi 3 janvier 2013

« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?

 Washington œuvre à la destruction d’une très longue liste de pays
« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Une dangereuse rumeur s’est propagée à travers le monde et elle pourrait avoir des conséquences catastrophiques. La légende veut que le président iranien ait menacé de détruire Israël ou, pour citer les propos déformés, dit « Israël doit être rayé de la carte ». Contrairement à la croyance populaire, il n’a jamais fait cette déclaration […] (Arash Norouzi, Wiped off The Map: The Rumor of the Century, janvier 2007.)





Les États-Unis ont attaqué directement ou indirectement environ 44 pays à travers le monde depuis août 1945, certains d’entre eux à plusieurs reprises. Le but affiché de ces interventions militaires était d’effectuer un « changement de régime ». Pour justifier et dissimuler ce qui correspondait à des actions unilatérales et illégales, on a invariablement évoqué les « droits humains » et la « démocratie ». (Professeur Eric Waddell, The United States’ Global Military Crusade (1945- ), Global Research, février 2007)

« Voici un memo du Pentagone qui décrit comment nous allons anéantir sept pays en cinq ans en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, la Somalie, le Soudan et pour terminer, l’Iran ». J’ai dit « Est-il classifié? » Il a dit « Oui monsieur. » J’ai répondu : « Alors ne me le montrez pas. » (General Wesley Clark, Democracy Now, 2 mars 2007.)


Washington « œuvre à la destruction » d’une très longue liste de pays.


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Qui « raye des pays de la carte? » L’Iran ou les États-Unis?

Durant une période appelée euphémiquement l’« après-guerre » – de 1945 à aujourd’hui – les États-Unis ont directement ou indirectement attaqué plus de 40 pays.

Alors que les principes de la politique étrangère des États-Unis prétendent « propager la démocratie », l’interventionnisme étasunien, par des moyens militaires et des opérations clandestines, a donné lieu à la déstabilisation totale et la partition de pays souverains.

Détruire des pays fait partie d’un projet impérial des États-Unis, un processus de domination mondiale. De plus, selon des sources officielles, les États-Unis ont en tout 737 bases militaires à l’étranger (données de 2005).


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Le concept d’« État en déroute »

Dans son rapport « Global Trends » (Tendances mondiales, décembre 2012), le National Intelligence Council (NIC), situé à Washington, « prédit » que 15 pays en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient deviendront des « États en déroute » d’ici 2030 en raison de leurs « conflits potentiels et leurs ennuis environnementaux ».



La liste des pays dans le rapport de 2012 du NIC comprend l’Afghanistan, le Pakistan, le Bangladesh, le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Kenya, le Burundi, l’Éthiopie, le Rwanda, la Somalie, la République démocratique du Congo, le Malawi, Haïti et le Yémen. (voir p 39)

Dans le rapport de 2005, publié au début du second terme de Bush, le NIC avait prévu que le Pakistan deviendrait un « État en déroute » d’ici 2015 « car il sera affecté par la guerre civile, la talibanisation totale et la lutte pour le contrôle de ses armes nucléaires ».

Le Pakistan a été comparé à la Yougoslavie, découpée en sept États par procuration après une décennie de « guerres civiles » parrainées par les États-Unis et l’OTAN.

Le NIC prévoyait pour le Pakistan « un destin à la yougoslave […], un pays déchiré par la guerre civile, des bains de sang et des rivalités interprovinciales ». (Energy Compass, 2 mars 2005.)
Bien qu’il affirme que les États en déroute « servent de refuge aux extrémistes politiques et religieux » (p. 143), le rapport ne reconnaît pas que depuis les années 1970, les États-Unis et leurs alliés ont secrètement soutenu des organisations religieuses extrémistes afin de déstabiliser des États-nations laïques et souverains. Et le Pakistan et l’Afghanistan étaient des États laïcs dans les années 1970.

Un « statut d’État en déroute » à la yougoslave ou à la somalienne n’est pas le résultat de divisions sociales internes, mais un objectif stratégique mis en œuvre par des opérations clandestines et des actions militaires.

Fund for Peace, dont le siège est à Washington et le mandat consiste à promouvoir « une sécurité durable par la recherche », publie (annuellement) un « Index des États en déroute » basé sur une évaluation des risques (voir la carte ci-dessous). Trente-trois pays (compris dans les catégories Alerte [rouge] et Avertissement [orange]) sont identifiés comme étant des « États en déroute ».

Selon Fund for Peace, les États en déroute sont également des « cibles pour les terroristes liés à Al-Qaïda ».

Le classement annuel des pays par Fund for Peace et Foreign Policy indiquant les symptômes des États en déroute/fragiles est publié au moment où le monde s’inquiète de plus en plus du sanctuaire étatique au nord du Mali où s’établissent des extrémistes liés à Al-Qaïda pour l’expansion du djihad.

Inutile de dire que l’histoire d’Al-Qaïda comme élément du renseignement étasunien, son rôle dans la division des factions et l’instabilité au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique subsaharienne n’est pas mentionnée. Les activités des unités djihadistes d’Al-Qaïda dans la plupart de ces pays relèvent d’un programme clandestin diabolique du renseignement.


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?



Les États « faibles » et « en déroute » : une menace pour les États-Unis

Selon une logique tordue du Congrès étasunien, les « États en déroute plus faibles » constituent une menace pour la sécurité des États-Unis : « [P]lusieurs menaces [émanent] d’États décrits soit comme étant faibles, fragiles, vulnérables, défaillants, précaires, en déroute, en crise ou déstructurés ».

Lorsque la Guerre froide a pris fin au début des années 1990, les analystes ont pris conscience de l’émergence d’un environnement de sécurité internationale dans lequel les États faibles et défaillants devenaient des véhicules pour le crime organisé international, des voies pour la prolifération nucléaire et des points chauds pour les conflits civils et les urgences humanitaires. Les menaces potentielles à la sécurité nationale des États-Unis que posent les États faibles et défaillants est devenue davantage évidente avec les attentats du 11-Septembre 2001 contre les États-Unis commis par Al-Qaïda, organisés par Oussama ben Laden à partir du refuge offert par l’Afghanistan. Les événements du 11-Septembre 2001 ont poussé le président George W. Bush à déclarer dans la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis de 2002 que les « États faibles comme l’Afghanistan peuvent poser un danger aussi grand pour nos intérêts nationaux que les États forts ». (Weak and Failing States: Evolving Security, Threats and U.S. Policy, Rapport du CRS pour le Congrès des États-Unis, Washington, 2008.)

Dans ce rapport du CRS du Congrès, on ne mentionne toutefois pas que « les points chauds du crime organisé et les conflits civils » sont le résultat d’opérations clandestines du renseignement étasunien.

Fait amplement documenté, l’économie afghane de la drogue, générant plus de 90 pour cent des réserves mondiales d’héroïne, est liée à une opération de blanchiment d’argent de plusieurs milliards de dollars impliquant de grandes institutions financières. Le commerce de la drogue en provenance de l’Afghanistan est protégé par le CIA et des forces d’occupation des États-Unis et de l’OTAN.

« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
La Syrie qualifiée d’« État en déroute »

Les atrocités commises contre la population syrienne par l’Armée syrienne libre (ASL), appuyée par les États-Unis et l’OTAN, créent les conditions favorisant une guerre confessionnelle.

L’extrémisme confessionnel favorise le démantèlement de l’État-nation qu’est la Syrie ainsi que la fin du gouvernement central à Damas.


Le but de la politique étrangère de Washington est de transformer la Syrie en ce que le NIC appelle un « État en déroute ».

Le changement de régime implique le maintien d’un gouvernement central. Alors que la crise syrienne se développe, l’objectif ultime n’est plus le « changement de régime », mais la destruction et la partition de la Syrie en tant qu’État-nation.

La stratégie des États, de l’OTAN et d’Israël consiste à diviser le pays en trois États faibles. De récents reportages indiquent que si Bachar Al-Assad « refuse de démissionner, la Syrie « deviendra un État en déroute comme la Somalie ».

L’un des possibles « scénarios de démantèlement » rapporté par la presse israélienne est la formation d’États, séparés et « indépendants », sunnite, alaouite-chiite, kurde et druze.

Selon le major-général Yair Golan des Forces de défense d’Israël (FDI), « la Syrie est dans une guerre civile qui fera d’elle un État en déroute où se propagera le terrorisme » et les FDI analysent actuellement « comment la Syrie se démantèlerait ». (Reuters, 31 mai 2012.)

En novembre l’ambassadeur de la paix des Nations Unies Lakhdar Brahimi a laissé entendre que la Syrie deviendrait « une nouvelle Somalie […] mettant en garde contre un scénario où les seigneurs de guerre et les milices remplissent un vide laissé par l’effondrement de l’État ». (Reuters, 22 novembre 2012.)

« Ce que je crains est pire […], que l’État s’effondre et que la Syrie se transforme en Somalie. »

« Je crois que si l’on ne s’occupe pas de cette question correctement, la partition ne sera pas le problème mais plutôt la « Somalisation » : l’effondrement de l’État et l’émergence de seigneurs de guerre, de milices et de groupes de combattants. » (Ibid.)

Ce que l’envoyé de l’ONU a omis de mentionner est que le démantèlement de la Somalie était délibéré. Il faisait partie d’un projet militaire et du renseignement des États-Unis, désormais appliqué à plusieurs pays ciblés du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Asie qualifiés d’« États en déroute ».

Voici la question principale : qui déroute les États en déroute? Qui les « anéantit »?

Le démantèlement planifié de la Syrie en tant qu’État souverain relève d’un plan régional intégré d’ordre militaire et des services de renseignement comprenant le Liban, l’Iran et le Pakistan. Selon les « prédictions » du NIC, le démantèlement du Pakistan devrait se produire au cours des trois prochaines années.

Article original: “Wiping Countries Off the Map”: Who’s Failing the “Failed States”, publié le 29 décembre 2012.

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).


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samedi 15 décembre 2012

La Russie change de tactique sur la Syrie


La Russie change de tactique sur la Syrie
La Russie jette finalement l'éponge après deux années de discours enflammés sur la Syrie qui ont rappelé la rhétorique de l'époque de la Guerre froide. Au Conseil de Sécurité de l'Onu, elle s'est retranchée avec ténacité en brandissant son veto pour bloquer toute intervention occidentale en Syrie, mais ses plans ont été déjoués sur le terrain et elle se retrouve face à un fait accompli : le régime à Damas qu'elle a soutenu risque de devenir très bientôt une chose du passé.
L'envoyé spécial du Kremlin pour la Syrie, Mikhaïl Bogdanov, a admis pour la première fois, jeudi, que les rebelles engrangeaient victoires sur victoires sur le terrain et que cet élan pourrait les conduire à gagner sans appel contre les forces gouvernementales. Bogdanov a envisagé une victoire des rebelles. Sans mâcher ses mots, il a dit : « Il faut regarder les faits en face. Malheureusement, la victoire de l'opposition syrienne ne peut pas être écartée ».

Cette déclaration franche fait écho de façon assourdissante à la remarque triomphante, également jeudi, du secrétaire général de l'OTAN, Fogh Rasmussen, que « le régime à Damas est sur le point de s'effondrer ».

La glasnost [« transparence »] dont a fait preuve Bogdanov arrive à peine trois jours après la mise en garde menaçante du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, que la Russie « ne permettra pas que l'expérience libyenne se reproduise en Syrie ».

Il est vrai que pour l'instant Lavrov a encore raison puisqu'il n'y a pas eu, jusqu'à présent, d'intervention directe des Occidentaux en Syrie et qu'il semble très peu probable qu'il y en ait une. En fait une intervention comme en Libye pourrait bien être inutile. [En Syrie] le modèle pourrait être similaire à celui de l'Afghanistan en 2001, lorsque l'Alliance du Nord a renversé le régime Taliban et que les bottes occidentales ont fait leur apparition seulement après sur le terrain, dans l'Hindu Kuch, pour prendre le commandement du régime qui a succédé.

Toutefois, nous sommes fondamentalement dans une logique à la libyenne. Une fois encore, un régime du Proche-Orient qui a refusé d'obéir à la stratégie du monde occidental est renversé et la communauté mondiale se retrouve sans autre choix que de l'accepter. Point final.

On peut toujours ergoter sans fin sur la moralité de tout cela ou de la légitimité selon la loi internationale, ou même sur ce qui se produit dans cet ordre mondial au système westphalien (lequel, ironiquement, est né de l'histoire ensanglantée de l'Europe), mais tout ce qui compte est que cela se produit tout le temps.

Il n'est plus question de prétendre que c'est l'idéalisme du Printemps Arabe qui a provoqué le soulèvement en Syrie. Ce jeu porte pour nom « la géopolitique ». La semaine prochaine, en Turquie, les puissances occidentales vont rencontrer la branche militaire de l'opposition syrienne. En attendant, des centaines de milliers de Syriens se sont retrouvés sans abri ou ont été forcés de s'exiler dans le désarroi. Les rebelles syriens ne cachent plus que le Qatar, l'Arabie Saoudite et la Turquie encouragent cette guerre en les finançant, en les équipant, en les entraînant et en leur fournissant refuges, renseignements et logistique. Il ne cachent pas non plus que des centaines de volontaires étrangers combattent dans leurs rangs.

Plutôt isolée

Mais le discours russe s'est poursuivi sans relâche jusqu'à aujourd'hui. Encore mercredi, Moscou a démoli la décision prise par le Président US Barack Obama d'accorder la reconnaissance politique à l'alliance de l'opposition syrienne nouvellement formée. Lavrov a déclaré :
J'ai été assez surpris d'apprendre que les Etats-Unis, par la voix de son président, ont reconnu la coalition nationale comme seul représentant légitime du peuple syrien. Cela est contraire aux accords fixés dans le communiqué de Genève appelant à un dialogue à travers toute la Syrie entre les représentants du gouvernement de ce pays, d'un côté, et l'opposition, de l'autre.
Chose intéressante, Bogdanov a également changé d'avis sur la question sensible des armes chimiques. Si le patron de la sécurité russe, Nikolaï Patruchov, il y a encore trois jours, écartait toute intention du régime syrien d'utiliser des armes chimiques, Bogdanov a désormais ajouté une mise en garde, disant qu'il y avait néanmoins un problème sérieux, puisque ces armes chimiques pourraient tomber entre les mains de groupes radicaux parmi les rebelles syriens.

Il a déclaré que « le plus grand danger est que des parties de la Syrie continuent de tomber sous le contrôle de l'opposition, où des extrémistes, des terroristes et al-Qaïda tiennent des positions fortes. Cela pourrait avoir de sérieuses conséquences ».

Que fait la Russie maintenant ? Moscou est assez isolé sur la question syrienne et s'est quasiment mis dans une impasse. Le fait est que plus de cent pays, lors de la réunion des « Amis de la Syrie » au Maroc, mercredi dernier, ont exprimé leur reconnaissance de l'alliance de l'opposition syrienne nouvellement formée.

Désormais, la seule issue pour Moscou est de chercher à passer un accord avec les Etats-Unis, et les diplomates russes sont certainement des experts. Pour réconforter la Russie, il se trouve que les Etats-Unis se collettent une situation complexe.

Les rebelles syriens ont forcé le rythme du changement de régime à Damas et ont pratiquement ôté l'initiative à l'opposition démocratique au régime. Les Etats-Unis se sont démenés (avec l'aide du Qatar) pour concocter à la hâte cette toute nouvelle alliance de l'opposition, mais, comme Josef Staline le disait jadis du Pape au Vatican, cette entité est inefficace puisqu'elle n'a aucun contrôle sur les combattants, alors que le pouvoir de la force est l'actif crucial lorsque l'anarchie prévaut. Le parallèle avec l'Afghanistan s'effondre là, bien que subsiste la nécessité d'une « conférence de Bonn » (décembre 2001) pour installer un nouveau régime.

Dans ce marchandage, il existe un réel danger que des groupes radicaux parmi les combattants rebelles prennent un avantage indu. Cette possibilité inquiète aussi Washington - qui est déjà confronté à une expérience virulente en Libye. En échange, cette « préoccupation partagée » offre une fenêtre d'opportunité aux diplomates russes. Et Moscou ferait bien d'amplifier ses convergences d'intérêts avec Washington sur la Syrie.

Mais un « compromis » sur la Syrie, dans les meilleures traditions du tango russo-américain, pourrait être impossible à réaliser parce que la Russie sera dans une position désavantageuse pour négocier. Dit autrement, le besoin de Moscou de travailler avec les Etats-Unis est sans aucun doute beaucoup plus grand aujourd'hui que le besoin de Washington de se faire aider par les Russes - et les Américains doivent le savoir.

Un revers stratégique

Cependant, Moscou a un atout dans sa manche, à savoir, le spectre des stocks d'armes chimiques en Syrie qui hantent la sécurité internationale si ce pays devait se décomposer. Il va sans dire que les services de renseignements russes devraient avoir une assez bonne idée quant à la localisation des stocks d'armes chimiques syriennes. Ces renseignements deviennent une « marchandise » échangeable dans cette situation qui évolue rapidement.

Jeudi, Bogdanov a peut-être habilement envoyé paître certains lorsqu'il a ouvertement commencé à spéculer publiquement sur cette question explosive, qui est dans toutes les têtes. « Tout le monde en est effrayé, y compris nos partenaires américains », a-t-il dit, ajoutant que les partisans de lutte armée étaient déjà en train de prendre le contrôle sur le terrain des arsenaux syriens, dont les missiles anti-aériens.

Cela pourrait également se produire pour les stocks d'armes chimiques, a dit Bogdanov. Il a ajouté, « Cela s'est déjà produit à Alep avec la capture d'une usine de fabrications de composants chimiques qui peuvent être utilisés pour des objectifs terroristes ».

La Russie peut espérer jouer sur les peurs manichéennes de Washington. La décision des Etats-Unis de déclarer le Front al-Nousra comme étant un groupe d'al-Qaïda souligne que l'administration Obama garde un œuil sur la Libye. Une fois encore, les Etats-Unis ne se sont pas encore définitivement jetés à l'eau en armant les combattants rebelles. En fait, la porte-parole du Département d'Etat, Victoria Nuland, a depuis clarifié que l'annonce d'Obama, mardi, était « une étape politique, pas une mesure légale » et qu'elle est destinée à « encourager ceux qui travaillent à une transition politique en Syrie » et à « ceux qui planifie un avenir qui serait démocratique, pluraliste et unifié ».

Par conséquent, ce qui émerge, tout compte fait, est qu'il pourrait encore y avoir une convergence significative entre les Etats-Unis et la Russie, émanant des « préoccupations communes » des deux pays quant à ce qu'il se produira au lendemain d'un changement de régime en Syrie, et cette convergence pourrait très bien atteindre une masse critique sur une voie politique dans les jours ou les semaines à venir.

Du point de vue des Etats-Unis, le meilleur résultat en Syrie aurait été une prise de pouvoir militaire, qui aurait laissé les structures de l'Etat intactes - comme en Egypte - et ouvert la porte à l'expansion de l'influence américaine à Damas pour diriger le pays vers une issue démocratique acceptable. La Russie exerce une grosse influence sur l'armée syrienne.

C'est là que se trouve le fondement de quelque optimisme pour la diplomatie russe. L'administration Obama vient juste d'inviter le chef de la coalition syrienne d'opposition, Moaz al-Khatib, à se rendre à Washington pour des consultations. Moscou a fait également une ouverture cette semaine en direction du Qatar, le maître du dynamitage de la Syrie, avec l'annonce que son entreprise d'énergie Gazprom ouvrira un bureau à Doha.

Ce qui reste à voir est si à la fin de tout cela, la Russie parviendra à conserver sa base navale à Tartous, qui est sa seule présence [dans la région] en dehors de la Mer Noire. Mais l'état actuel des relations américano-russes devrait exclure cette éventualité. La Secrétaire d'Etat Hillary Clinton n'a affirmé que la semaine dernière qu'un processus de « re-soviétisation » est en cours en Eurasie et que les Etats-Unis se tiennent prêts à la contrecarrer. Elle se référait aux projets de la Russie d'une Union Douanière et d'une Union Eurasiatique.

Le Président Poutine s'est senti provoqué et a réagi fermement en disant que Clinton racontait des « balivernes ». Washington vient juste d'imposer des restrictions humiliantes sur les visites de responsables russes impliqués dans des violations des droits de l'homme.

L'un dans l'autre, il est par conséquent très probable que Washington mette un terme à la présence navale russe à Tartous dans la phase post-Assad, et pourrait penser à évincer la Russie de la Méditerranée orientale. Les Etats-Unis ont déjà bloqué la proposition de la Russie de collaborer avec Israël dans le développement du champ gazier massif Léviathan.

En tout cas, la Turquie veut également voir la Russie hors de la Méditerranée orientale. Ainsi, le changement de régime en Syrie devient un sérieux revers pour la Russie. Il ne fait aucun doute que la capacité de Moscou d'influencer la transformation historique du Moyen-Orient a été sérieusement affaiblie.
M K Bhadrakumar a servi en tant que diplomate de carrière dans les services extérieurs indiens pendant plus de 29 ans. Ses affectations incluent l'Union Sovétique, la Corée du Sud, le Sri Lanka, l'Allemagne, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Ouzbékistan, le Koweït et la Turquie.
 

M. K. Bhadrakumar
Asia Times Online, le 15 décembre 2012

article original : "Russia changes tack on Syria"
 
Copyright 2012 - Asia Times Online / Traduction JFG-QuestionsCritiques - Tous droits réservés.


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Pour Moscou, la route de Damas passe par Groznyï


Pour Moscou, la route de Damas passe par Groznyï
La politique russe vis-à-vis de la crise syrienne pourrait concerner plus Groznyï que Tartous. Les critiques et analystes occidentaux, sous l'angle de la grave crise humanitaire en Syrie pour laquelle il semble qu'il n'y ait aucune lumière au bout du tunnel, ont été particulièrement prolixes quant à l'obstruction russe au Conseil de Sécurité de l'ONU.
En 20 mois depuis le début du soulèvement armé en Syrie, on a spéculé que les principaux intérêts de la Russie dans la protection du régime affaibli de Bachar el-Assad reposaient sur l'accord conclu par Moscou pour une base navale dans le port tempéré de Tartous - la seule installation russe de ce type en dehors de la sphère de l'ancienne Union soviétique - et le rôle de la Russie en tant que fournisseur essentiel de la Syrie en armes légères, en artillerie et en équipement militaire. Cependant, ainsi que la Russie en a bien conscience, les dictateurs qui engloutissent des caisses et des caisses de Kalachnikovs allaient et venaient tout au long de la de la Guerre froide. Les locations des bases post-soviétiques peuvent être renégociées à une date ultérieure avec les régimes successeurs.

Ce qui est en jeu de façon cruciale pour le gouvernement de Vladimir Poutine est sa politique choyée d' « affaires internes » d'un Etat-nation. Les élites actuellement au pouvoir en Russie, auxquelles on se réfère souvent sous le nom de siloviki[[1]]url:http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Russie_Poutine_Tartous_Tchetchenie_Groznyi_siloviki_Syrie_131212.htm#1n , se souviennent du chaos des années 1990 et de la brève perte, qui a heurté leur ego, de ce qui est devenu un Etat tchétchène quasi-indépendant au nord du Caucase. Un Boris Ieltsine affaibli négocia en position de faiblesse, en août 1996, avec le dirigeant nationaliste tchétchène Aslan Maskhadov la signature d'un accord de paix à Khassaviourt (République du Daguestan).

Poutine considère la signature des Accords de Khassaviourt comme un épouvantable point faible pour la Russie, auquel il remédierait en lançant la seconde guerre russo-thétchène en automne 1999. Poutine s'est donné les pleins pouvoirs à travers cette ré-invasion d'une Tchétchénie déjà dévastée et a exploité à son immense avantage cette crise d'autorité dans la Fédération Russe. Depuis lors, il a été au pouvoir de façon continue - comme président ou comme Premier ministre.

Une Russie économiquement et militairement rénovée sous le duo tournant de Poutine et de Dimitri Medvedev, renforcée par les ventes abondantes d'énergie aux Etats de l'Union Européenne et de métaux à la Chine, a quand même réussi à « perdre » l'Irak de Saddam Hussein et la Libye de Mouammar Kadhafi durant les mandats de Poutine-Medvedev. Ces deux-là ont juré que la Syrie de Bachar el-Assad - un client dévoué de la Russie qui remonte à l'ère soviétique - ne sera pas un nouveau domino dans les odieux programmes de changement de régimes orchestrés par les Occidentaux et fondés sur les vernis jumeaux de l'intervention humanitaire et de l'internationalisme libéral - des concepts qui rendent les siloviki russes très sceptiques.

Malgré le revers significatif dû aux représailles terroristes tchétchènes qui ont touché jusqu'à Moscou, couplées avec des attaques suicides intermittentes, le Kremlin a réussi à éviter toute forme d'intervention extérieure imposée en Tchétchénie.

Cette approche des puissances occidentales, basée sur la non-intervention, a laissé la main libre aux forces terrestres russes et à ses mandataires en Tchétchénie pour monter une campagne de la terre brûlée qui incluait de pulvériser la capitale tchétchène, Groznyï - pulvérisation comparable à la punition collective infligée par le régime d'Assad aux parties rétives de la Syrie, Homs, Alep, Idlib et Deraa.

Assad et son frère vindicatif, Maher, ont sans surprise utilisé une artillerie similaire, ou de provenance russe, à celle qui avait été utilisée contre la population en Tchétchénie.

Sous Poutine, les autorités russes et locales ont pratiquement réussi à supprimer l'accès de la presse à la République Tchétchène, à tel point que la cause tchétchène, reléguée au chaos des années 1990 post-soviétiques, est aujourd'hui largement oubliée à l'Ouest. Durant la négligence alcoolique de Ieltsine du conflit de 1994-1996, les journalistes occidentaux étaient pris de folie furieuse en Tchétchénie, faisant très librement des reportages sur cette catastrophe humanitaire. Lorsque Poutine a riposté contre les rebelles pendant trois ans, il a surtout compris, au vu de la mauvaise gestion de la guerre sous le mandat précédent, qu'il fallait contrôler l'accès des médias au front à tous les niveaux possibles.

Assad, sentant que les puissances occidentales étaient contre lui dès le début, a donné à la presse étrangère deux options qui rappellent beaucoup la tactique de Poutine : engagez-vous pour le cirque médiatique orchestré par le régime ou risquez la mort en entrant illégalement dans le territoire avec des bandes erratiques de combattants rebelles. Les tactiques de Poutine et d'Assad de contre-insurrection maladroites, brutales et non-élaborées ont eu un résultat similaire. Elles ont miné les commandant rebelles de tendance nationaliste et renforcé les combattants islamistes plus véhéments ou carrément salafistes-djihadistes.

Pour contrer la démolition de Groznyï et éliminer par conséquent la preuve visuelle de son histoire récente intensément douloureuse, Moscou a reconstruit la ville à la va-vite et de façon tape-à-l'œil. Mais alors que le Kremlin commençait à imposer de nouveau son emprise sur Groznyï, l'insurrection qu'il savait et pensait avoir vaincue de façon retentissante s'était décentralisée, se répandant loin dans toute la région. La Russie avait affaibli sans relâche le nationalisme ethnolinguistique tchétchène avec une efficacité terrible.

Le résultat avait donné naissance à une insurrection islamiste beaucoup plus large auto-baptisée Emirat du Caucase, menée par un commandant islamiste ambitieux, l' « Emir » Dokou Oumarov. Le Kremlin est parvenu à étouffer le rêve d'un Etat tchétchène indépendant et sa victoire a donné naissance au rêve d'un Etat islamique s'étirant de la Mer Caspienne presque jusqu'aux côtes de la Mer Noire.

Dans la Syrie d'aujourd'hui, une rébellion qui a commencé avec des hommes prétendant combattre pour une nouvelle Syrie libérée de la dictature baasiste partage de plus en plus le champ de bataille avec des hommes qui cherchent à construire un Etat islamique strictement sunnite dans une Syrie traditionnellement pluraliste.

La Russie, avec ses décennies de combat d'insurrections islamistes bien financées, en Afghanistan et en Tchétchénie, pense aussi que les décideurs politiques occidentaux sont naïfs quant à la véritable dynamique politico-religieuse du monde musulman et que la Russie comme l'Ouest se retrouveront face à un revers terroriste salafiste-djihadiste imprévu issu des soulèvements arabes collectifs.

La Russie et la Chine, dans leurs rôles d'empires historiques territoriaux ont eu des périphéries perpétuellement fragiles en proie aux minorités irréductibles avec des mouvements nationalistes récurrents, et n'accepteront probablement pas quelque initiative d'intervention que ce soit menée par les Occidentaux.

Pour les spectateurs, Moscou et Pékin peuvent sembler montrer de la solidarité avec leurs homologues autoritaires ou simplement craindre la perte d'intérêts économiques établis. Ces deux pays se considèrent toutefois comme des défenseurs du précepte infaillible de la souveraineté nationale contre la menace qu'ils perçoivent de projets internationalistes d'intervention - en gardant un œil sur leurs colonies en Tchétchénie et au Tibet. Préserver le statut quo en Syrie est devenu leur nouvelle « ligne rouge ».

Que Poutine ait été le premier dirigeant mondial à téléphoner à George W. Bush après les attaques du 11 septembre à New York n'est pas un hasard ! Les dirigeants russes étaient pressés de regrouper leur guerre en cours contre les séparatistes dans le Caucase agité avec l'apparition de la soudaine « guerre contre la terreur » sans bornes menée par les Américains. Les Etats-Unis ont beaucoup tempéré leurs critiques des tactiques brutales de la Russie en Tchétchénie en échange de la coopération russe dans cette nouvelle guerre globale.

La Russie cherche à écarter toute forme d'intervention militaire partout dans sa sphère d'influence actuelle ou passée, avec la Syrie qui fait désormais notamment partie de ses intérêts. Jusqu'à présent, la Chine a suivi le mouvement avec sa politique établie de non-ingérence en Syrie, ce qui indique sa propre angoisse concernant l'ingérence extérieure dans les questions obsédantes à Taiwan et au Tibet.

Les effets délétères des deux guerres tchétchènes résonnent jusqu'à ce jour dans les reportages de presse en Syrie, avec des rapports non vérifiés de « Tchétchènes » parmi les combattants étrangers affluant vers les lignes de front en Syrie. Le gouvernement russe et ses services de sécurité ont propagé pendant des années l'idée que les Tchétchènes font partie des djihadistes transnationaux les plus terribles et les plus dispersés.

Des généraux pakistanais qui décrivent des récits de Tchétchènes morts, identifiés à la suite d'opération de contre-insurrection au Nord-Waziristân, aux Marines américains qui combattaient des nationaux tchétchènes dans le gouvernorat d'al-Anbar en Irak, le cliché du combattant tchétchène sans frontières et assoiffé de sang s'est répandu à présent à la Syrie.

Ce que ces rapports oublient souvent de mentionner est que la Syrie, à l'instar de l'Irak, de la Jordanie et de la Turquie, a une diaspora tchétchène qui remonte à la conquête tsariste du Caucase qui a eu lieu au XIXe siècle et dans laquelle les Tchétchènes furent repoussés dans les territoires de l'ancien empire ottoman.

Fin janvier de cette année, Asia Times Online a rencontré un « magouilleur » de l'Armée Libre Syrienne à Antakya, en Turquie, qui était un ethnique tchétchène autochtone du Nord-Ouest de la Syrie. Il était doublement fier d'être à la fois syrien et tchétchène. Dans la région très fractionnée du Levant, une telle rencontre n'est pas inhabituelle.

Malgré les rapports émanant du nord de la Syrie, l'archétype du djihadiste tchétchène errant a peut-être finalement survécu à son utilité. Dans la période précédent les Jeux Olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, à l'ouest de la Tchétchénie, le Kremlin s'est donné beaucoup de mal pour décrire la Tchétchénie comme une république constitutive stable et revitalisée, dirigée par Ramzan Kadyrov, l'homme fort de Poutine dans le Caucase. Néanmoins, le mimétisme congénital de la « trace tchétchène », mis en avant pendant des années par le FSB, l'organisation qui a succédé au KGB, persiste.

Tandis que la Russie a été effectivement chassée d'Irak durant l'invasion anglo-américaine de 2003, subissant des pertes financières énormes en termes d'armes et d'énergie, elle essaye de revenir en Irak par l'intermédiaire de son principal exportateur étatique de systèmes d'armements, Rosoboronexport. Un récent contrat d'armement d'une valeur estimée à 4,2 milliards de dollars avec le gouvernement du Premier ministre Nouri al-Maliki a été en négociation, ce qui démontre le fort désir de Moscou d'influencer le nouvel ordre arabe.

Le 10 novembre, Reuters a rapporté une histoire à propos de la nature byzantine du contrat avec Rosoboronexport, déclarant que le cabinet de Maliki avait annulé ou du moins reporté ce contrat alors qu'il examinait des accusations de corruption ; au même moment, le ministre de la défense par intérim, Sadoon al-Dulaimi, insistait sur le fait que ce contrat devait se poursuivre comme prévu.

Selon Voice of America, Dulaimi a ensuite déclaré lors d'une conférence de presse que l'Irak avait besoin de « diversifier ses sources [d'approvisionnement] » afin d'éviter de dépendre trop lourdement d'un seul fournisseur (c'est-à-dire les Etats-Unis), et de saper l'influence des milices politiques bien armées qui sont endémiques dans le système politique irakien divisé en factions.

Avec la Syrie qui est déjà très dépendante de l'héritage des marques et des modèles d'armes soviétiques, il n'y a rien qui indique que Moscou ne continuerait pas de vendre des systèmes d'armements à Damas après Assad, comme elle essaye de le faire dans l'Irak post-Saddam. Maliki est assis entre deux chaises entre l'expansionnisme militaire américain au Moyen-orient et la lutte du Kremlin pour rester pertinent dans un monde arabe qui se réorganise radicalement.

Contrairement à l'Iran, l'Irak ne peut pas se tenir inflexiblement à 100% derrière la cause d'Assad parce que Bagdad est toujours bien tenu en laisse par le complexe militaro-industriel des Etats-Unis. Washington est toujours le fournisseur d'armes numéro un du gouvernement de Maliki, loin devant Moscou. Toutefois, au sein de la bureaucratie américaine, ces priorités entre l'humanitarisme idéologique et la froide realpolitik militaire entre au bout du compte en collision.

Tandis que le Congrès des Etats-Unis peut activement dénigrer et sanctionner une entité comme Rosoboronexport pour le fait d'armer les régimes syrien et iranien, les maquereaux du Pentagone n'ont pas un tel luxe idéologique parce qu'ils ont besoin de leurs ennemis de la Guerre froide pour fournir à l'armée de l'air afghane bancale des hélicoptères Mi-17 afin de permettre aux Américains de sortir d'Afghanistan.

Le 9 mai, Bloomberg News citait Darym Kimball, le directeur exécutif de l'Arms Control Association à Washington DC, décrivant la fissure très contre-productive à propos de l'énigme de Rosoboronexport, entre un Congrès content de sanctionner et un Pentagone désespérément pragmatique, comme « [.] un dilemme embarrassant ».

L'architecture actuelle en matière de sécurité qui s'est construite sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale assurera que - avec le schisme de tranchée entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, d'une part, et la Russie (suivie par la Chine), d'autre part - la guerre syrienne deviendra aussi intraitable que possible avant de parvenir à ce qui sera probablement une résolution très sanglante.

Elle a également la possibilité d'atteindre une dimension régionale plus problématique et d'entraîner officiellement dans les périphéries des Etats voisins, tels que le Liban et la Turquie, quelque chose d'analogue à la diffusion de l'insurrection, très enracinée dans un nationalisme tchétchène, et d'entraîner les républiques voisines au nom de la formation d'un émirat islamique dans l'ensemble du nord du Caucase.

Et exactement comme les activistes djihadistes dans les monarchies du Golfe persique ont acheminé de l'argent et des combattants wahhabites dans le Caucase pour combattre les « infidèles » russes dans les années 1960 et au début des années 2000, ils le font maintenant avec la Syrie ; la différence essentielle étant peut-être que cela est fait à présent au grand jour avec leurs appareils étatiques de sécurité couplés avec le consentement des agences de renseignement occidentales.

Avec la montée de la violence politique et sectaire dans les gouvernorats du Nord du Liban et de la Bekaa, les obus qui sont tirés au-dessus des provinces méridionales vulnérables de la Turquie et la montée en flèche de l'activité du PKK dans toute cette région, ce scénario effrayant pourrait déjà être en cours de réalisation.
Derek Henry Flood est un journaliste indépendant spécialisé dans le Moyen-Orient et l'Asie Centrale et du Sud. Il a couvert un grand nombre des conflits du monde depuis le 11 septembre 2001, en tant que reporter sur les lignes de front.
 

Derek Henry Flood
Asia Times Online, le 15 décembre 2012

article original : "Moscow's Damascus road goes via Grozny"
 
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Note :
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[[1]]url:http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Russie_Poutine_Tartous_Tchetchenie_Groznyi_siloviki_Syrie_131212.htm#n1 Siloviki :

Au sein de l'administration de Vladimir Poutine, il y avait trois factions principales rivalisant pour le pouvoir : les technocrates, les libéraux et les siloviki. Jusqu'en juin 2008, le président russe, Dimitri Medvedev, était le dirigeant de fait du parti technocratique. Parmi ces trois groupes, celui des siloviki était le plus puissant durant l'administration de Poutine.

Le terme siloviki provient de silovye struktury, qui veut dire en russe : « structures de la force ». Ces « structures de la force » étaient les agences de renseignements, les services armés et les agences de maintien de l'ordre. Siloviki signifie littéralement un officiel, actuel ou passé, de l'une des agences de l'époque. Toutefois, tous les membres de haut niveau de la silovye struktury n'appartenaient pas aux siloviki et tous les siloviki n'étaient pas le produit de la solovye struktury. Ce mot a commencé à être utilisé en développant une signification familière faisant référence aux membres de l'une des divisions bureaucratiques centrée sur Viktor Ivanov, l'un des conseiller de Poutine, sur Nikolaï Patruchov, le directeur du service de sécurité fédéral, ou sur Igor Sechin, le directeur adjoint de l'administration présidentielle. Ces trois hommes formaient le noyau et exerçaient la plus grande influence sur les décisions prises dans l'administration de Poutine. Le deuxième niveau était constitué de ceux qui étaient membres de bureaucraties plus petites et moins importantes ainsi que d'entreprises privées. Le troisième niveau était constitué de ceux qui gravissaient tous les échelons des systèmes bureaucratiques, ou qui étaient dans le gouvernement régional et leurs adjoints. A partir de 2006, plus de dix agences au sein du gouvernement russe étaient contrôlées par les siloviki, qui contrôlaient aussi partiellement sept autres agences.

On a pensé que la montée des siloviki s'est produite parallèlement à la destruction de Ioukos, la plus grosse société pétrolière de toute la Russie, qui fut accusée, poursuivie en justice et condamnée pour évasion fiscale. Le fondateur de Ioukos, l'oligarque Mikhaïl Khodorkovsky, fut condamné à dix années d'emprisonnement. On a pensé que cette société a été détruite afin que ces restes puissent être repris par une société détenue par le gouvernement et que certains siloviki puissent prendre Mikhaïl B. Khodorkovsky pour cible. Le fondateur était connu pour donner de l'argent et soutenir des partis politiques de gauche et, en tant qu'oligarque, il était une cible des siloviki.

Les siloviki avaient montré qu'ils étaient un groupe très soudé, qui soutenait même les mariages entre diverses familles de siloviki. Le lien qui les unit est la philosophie politique qu'ils partagent et un sens du devoir selon lequel leur travail est d'aider la Russie. Comme cela a été écrit dans une brochure par Viktor Cherkesov, un siloviki de tout premier plan, « Nous [les siloviki] devons comprendre que nous sommes un tout. L'histoire a décidé que le poids de soutenir l'Etat russe retombait sur nos épaules. Je crois en notre capacité, lorsque nous sentons le danger, de mettre de côté toute mesquinerie et de rester fidèles à notre serment ».

Les siloviki croyaient en un système très centralisé de structure de pouvoir politique et économique. Ils privilégiaient un Etat stable dirigé par la loi et l'ordre plutôt qu'un Etat doté d'une société civile et démocratique très active. La croyance de ce groupe est qu'il fallait posséder de grandes organisations de sécurité et de défense. L'Etat devrait avoir une forte emprise sur les affaires économiques, les secteurs stratégiques devant être sous son contrôle. La mondialisation était considérée comme une tendance dangereuse et les sociétés devaient être protégées des possibles dangers résultant de la concurrence mondiale. Les investissements étrangers dans les ressources naturelles devaient être limités.

Les siloviki veulent aussi être débarrassés des oligarques qui sont devenus extrêmement riches durant les années 1990. Ainsi que Poutine l'a dit, il devraient être « éliminés en tant que classe ». Une grande partie de la population russe était mécontente des oligarques et a commencé à soutenir les siloviki dans leurs tentatives de réduire leur influence ou de les éliminer. Ce groupe est également parvenu à toucher la corde sensible du peuple, en ceci que les Russes ont tendance à beaucoup attendre de leurs dirigeants. Selon Inna Solovyova, historienne de la culture russe, les Russes gravitent historiquement vers des dirigeants qui sont réservés, fermes, légèrement mystérieux et autoritaires.

Au niveau international, les siloviki ont soutenu un retour à la gloire et au respect que l'Union Soviétique exigeait. A leurs yeux, l'OTAN est restée une menace extérieure qui continue dans ses tentatives de saper la Russie et de forcer l'effondrement de l'Etat, même après la chute de l'Union Soviétique. Pour la protéger de cette menace, ils ont soutenu une armée forte et de pointe, de même qu'ils ont poussé les anciennes nations soviétiques à rester autant que possible incorporées dans la Russie.

Ils avaient tendance à être très nationalistes, xénophobes et occasionnellement antisémites, ce qui les conduisit à avoir des points de vue très conservateurs en matière d'immigration. Concernant le rôle de l'église dans les affaires de l'Etat, les siloviki ont adopté le point de vue des membres plus conservateurs au sein de l'Eglise orthodoxe russe. Ces groupes soutenaient l'Eglise orthodoxe russe et son intégration dans la vie quotidienne et lui ont donné de très grosses sommes d'argent. « A côté de l'immeuble du FSB, sur la place de la Loubianka, se dresse l'église du XVIIe siècle de la Sainte Sagesse [Sainte Sophie], 'restaurée en août 2001 avec l'aide zélée du FSB', dit une plaque. A l'intérieur, des icônes fraîchement peintes brillent d'or. 'Dieu Merci il y a le FSB. Tout le pouvoir vient de Dieu et est donc le leur' », dit le Père Alexander, le chef des services dans cette église.

Historiquement, les siloviki ont souffert du fait qu'ils n'avaient pratiquement aucune expérience des procédures électorales et de la démocratie, ce qui les a légèrement limités dans leur capacité à y participer et à concourir. Etant donné leur passé dans la silovye struktury, ils avaient également peu d'expérience en matière de relations publiques ou comment gérer correctement une entreprise, bien qu'ils représentaient des positions puissantes dans certaines des entreprises les plus grandes et les plus influentes en Russie.

Cependant, l'avenir de la puissance des siloviki n'était plus aussi certaine après la présidence de Poutine que durant son mandat. Ils avaient perdu du pouvoir parce que Poutine avait choisi Medvedev pour la présidence. On a pensé que Poutine avait le sentiment que les siloviki devenaient trop puissants, et que, par conséquent, pour équilibrer leur pouvoir, il a choisi Medvedev, un technocrate et aussi quelqu'un à l'esprit très libéral. Ceci dit, Poutine a été investi du rôle de Premier ministre et une telle capacité a exercé un énorme pouvoir sur la manière dont les fonds d'Etat sont alloués et il a continué à être très bien disposé à l'égard des siloviki. Etant donné que beaucoup de membres du cabinet de Poutine se sont retrouvés dans l'administration Medvedev, il était hautement probable que les siloviki conservent une bonne part de pouvoir dans l'administration Medvedev et après.

(Source: Globalsecurity.org)



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mardi 11 décembre 2012

La Russie et les Etats-Unis en discussion à Genève sur l'avenir de la Syrie

 Le ministre russe des Affaires étrangères dit que « la session de brainstorming » avec l'envoyé de l'ONU ne signale pas que le soutien de Moscou à Assad s'estompe
La Russie et les Etats-Unis en discussion à Genève sur l'avenir de la Syrie
Selon le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a insisté sur le fait que cette rencontre n'impliquait pas que Moscou avait assoupli son soutien au dirigeant syrien, des diplomates russes et américains se sont rencontrés à Genève pour discuter de l'avenir de la Syrie avec l'envoyé spécial de l'ONU, Lakhdar Brahimi.
Lavrov a dit que cette « session de brainstorming », impliquant Brahimi et des responsables de Washington et de Moscou, avait été acceptée la semaine dernière lorsque Lavrov, Brahimi et la Secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, se sont rencontrés à Dublin.

Mais Lavrov a souligné que cet accord pour se rencontrer au sujet de la question qui sème une grande discorde ne se résumait pas à la reconnaissance par la Russie que la chute d'Assad était inévitable.

« Nous ne sommes pas [en pourparlers] quant au sort d'Assad. Et toute tentative de présenter la situation autrement est sans scrupules, même pour des diplomates de ces pays qui sont bien connus pour leur objectif de déformer les faits en leur faveur », a déclaré Lavrov.

Les discussions se sont tenues dans un contexte d'intenses combats, avec les forces loyalistes qui tentent de repousser les rebelles des alentours de la capitale, Damas, et la capture par l'opposition d'un centre de commandement du gouvernement dans la province d'Alep, qui a reposé lourdement sur des combattants du Jabhat al-Nusra, un groupe djihadiste lié à al-Qaïda, qui a été exclu de la coalition d'opposition soutenue par les Arabes et les Occidentaux. Pendant ce temps, malgré les mises en garde américaines et alliées que le régime semblait prendre des mesures préparatoires pour utiliser des armes chimiques, un responsable israélien a dit qu'il pensait qu'il n'y avait aucune menace chimique immédiate venant de Syrie.

« Sur ces sujets, nous devons nous préparer à nous protéger nous-mêmes, par nous-mêmes », a déclaré le vice-Premier ministre Moshé Yaalon à la radio israélienne. Il a ajouté : « A ce stade, nous ne voyons aucun signe que ces armes seraient pointées sur nous ».

Les rencontres de Genève font suite à des discussions entre le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, à Istanbul lundi dernier. Ces discussions n'ont mené à aucun progrès public, mais des responsables turcs ont dit que les Russes admettaient en privé qu'Assad, que Moscou a soutenu et armé durant ses 12 ans au pouvoir, ne survivrait probablement pas longtemps au pouvoir.

Lavrov a accusé les officiels américains de répandre des rumeurs disant que la Russie assouplissait sa position sur la Syrie. « Les représentants américains ont commencé à faire des déclarations indiquant que la Russie changeait sa position. Ce n'est pas vrai. Nous n'avons pas changé de position, et c'est seulement à ces conditions que nous avons accepté de tenir cette réunion de Genève », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères.

« Nous avons dit que nous serions prêts à une condition : que la base de telles sessions de brainstorming soit conçue par le document de Genève, sans additions, sans ultimatums, sans conditions préalables comme la démission du Président Assad. »

Lavrov se référait à une déclaration conjointe acceptée par les puissances mondiales en juin à Genève, dans laquelle les profondes divergences entre elles furent couchées sur le papier dans une formulation utilisation. Elle disait que tout gouvernement syrien futur de transition « pourrait inclure des membres du gouvernement actuel, de l'opposition et d'autres groupes et qu'il sera formé sur la base du consentement mutuel ».

Les Etats-Unis et leurs alliés ont interprété cela comme voulant dire un gouvernement sans Assad, puisqu'il n'aurait pas le consentement de l'essentiel de l'opposition. La Russie et la Chine l'ont comprise comme voulant dire qu'Assad ne pourrait pas être chassé sans l'accord du régime.
 

Par Julian Borger, rédacteur en chef diplomatie
The Guardian, 10 décembre 2012

article original : "Russia and US in Geneva talks over future of Syria"

 

 
Traduction [[JFG-QuestionsCritiques]]urlblank:http://questionscritiques.free.fr/edito/guardian/Russie_Etats-Unis_Syrie_Geneve_Lavrov_Brahimi_Assad_091212.htm


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lundi 10 décembre 2012

Assad :il faut vouloir vivre et savoir mourir


Syrie : Assad face à un choix de vie ou de mort
Alors que les rebelles avancent de façon significative et qu'une partition de la Syrie pourrait se produire dans les prochains mois, l'armée gouvernementale [syrienne] aurait préparé la semaine dernières des armes chimiques prêtes à être utilisées. Les Etats-Unis et l'OTAN ont répondu par des mises en gardes sévères et en approuvant le déploiement de multiples batteries de missiles Patriot au Sud de la Turquie, une mesure qui pourrait faire pencher un peu plus la balance dans ce pays. La guerre civile syrienne semble être entrée dans une phase critique, avec le Président Bachar el-Assad confronté à choisir entre se retirer ou combattre jusqu'au bout, par tous les moyens disponibles.
Pour être honnête, il n'y a aucune indication spécifique que le gouvernement syrien ait l'intention d'utiliser des armes de destruction massive contre ses propres citoyens, et ses porte-parole ont nié fermement, lundi, un telle possibilité. Ces armes pourraient jouer différents rôle selon les scénarii, notamment celui de monnaie d'échange pour Assad qui quitterait le pays, ou de dissuasion contre une intervention étrangère, ou encore une manière de couvrir son retrait potentiel sur un Etat croupion centré autour des territoires habités par sa secte alaouite.

Certains prétendent qu'Assad explorerait la possibilité de chercher l'asile politique dans des pays d'Amérique Latine, comme Cuba, le Venezuela ou l'Equateur. Bien que le président syrien ait nié avoir cette intention et ait fait le serment de « vivre et mourir en Syrie », ses dernier déboires militaires et diplomatiques vont plutôt vers la mort, et on pourrait s'attendre à ce qu'il reconsidère sa position.

Par ailleurs, la menace d'armes chimiques pourrait lui faire gagner l'immunité et une proposition de sortie dans des conditions plus favorables (bien sûr, seulement s'il ne les utilise pas).

Dans la même idée, l'influente firme d'analyse des renseignements Stratfor a spéculé que la récente défection du porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Maqdisi, avait pour signification de faciliter « les efforts diplomatiques pour négocier une sortie sûre pour la famille [d'Assad] et garantir la sécurité de la minorité alaouite de Syrie ».

Pourtant, il y a des raisons de s'inquiéter, comme l'indiquent les récentes déclarations du Président Barack Obama et d'autres dirigeants occidentaux.

« L'utilisation d'armes chimiques est et serait totalement inacceptable », a déclaré lundi Obama, s'adressant à Assad d'un point de vue théorique dans une interview avec le New York Times. « Si vous commettez l'erreur tragique d'utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous devrez rendre des comptes ». La Secrétaire d'Etat Hillary Clinton, a dit qu'Assad était « désespéré » et que cela pouvait l'amener à utiliser des armes de destruction massive.

Pendant ce temps, le magazine a rapporté que l'armée syrienne a commencé à militariser le gaz sarin, un agent neurologique mortel. « Physiquement, ils en sont arrivés au point où ils peuvent le charger dans un avion et le larguer », a dit au magazine un responsable américain qui n'a pas été nommé.[[1]]url:http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Victor_Kotsev/Syrie_armes_chimiques_Bachar-el-Assad_061212.htm#1n

Des compte-rendus, qui n'ont pas été confirmés, vont jusqu'à affirmer que des ogives assemblées ont été déplacées vers le Nord du pays, peut-être vers la ville d'Alep. Là-bas, la situation est particulièrement mauvaise pour Assad : une autre firme mondiale d'analyse, Oxford Analytica, prévoit que « les troupes loyalistes perdront probablement la plupart de leurs fiefs stratégiques du Nord dans les mois à venir, pavant la voie à l'établissement d'une large zone rebelle contiguë d'ici à la mi-2013 ».

L'échec du gouvernement [syrien] à reprendre Alep, la plus grande ville de Syrie et un centre commercial septentrional, en compagnie d'autres indicateurs comme la dépendance toujours plus grande sur la puissance aérienne, souligne cette pénurie d'hommes. Une grande partie de l'armée est constituée de conscrits musulmans sunnites dont la loyauté est incertaine et qui pourraient déserter s'ils étaient envoyés contre des membres de leur secte, la majorité de la population syrienne, et le gouvernement [syrien] ne pourrait réunir qu'une équipe limitée de soldats pour la plupart des opérations.

« Ali, un Alaouite de 28 ans qui vit à Latakieh, la capitale régionale, a dit que les villages alaouites où il s'est rendu récemment ont été pratiquement vidés des hommes après que le régime a incorporé de force tous les membres de la secte alaouite âgés entre 18 et 50 ans », a rapporté le Global Post.[[2]]url:http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Victor_Kotsev/Syrie_armes_chimiques_Bachar-el-Assad_061212.htm#2n

Bien qu'Assad puisse combattre pendant encore quelques temps, il apparaît manifestement qu'il est en train de perdre la guerre. Cela est vrai même dans la capitale, à Damas, où les rebelles ont aussi avancé ces derniers jours. Ils livrent des batailles rangées contre les forces gouvernementales dans les faubourg extérieurs de la ville et ont provoqué la fermeture du trafic aérien et autres interruptions.

Le fait que le dirigeant druze libanais, Walid Jumblatt, ait exhorté les Druzes syriens à rejoindre la rébellion porte une signification symbolique considérable. Jumblatt, que Foreign Policy Magazine a appelé récemment « la girouette », est connu pour s'aligner sur le puissant du jour et affirme qu'il prend toujours soin de sa secte.[[3]]url:http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Victor_Kotsev/Syrie_armes_chimiques_Bachar-el-Assad_061212.htm#3n

Sur le plan international, l'isolement d'Assad s'accroît également. « Un haut-fonctionnaire turc a déclaré que la Russie s'était mise d'accord, lundi, sur une nouvelle approche diplomatique qui chercherait à persuader le Président Bachar el-Assad à renoncer au pouvoir », a rapporté le New York Times.

Selon , Israël a cherché à deux reprises dernièrement la « permission » de la Jordanie pour bombarder les armes chimiques syriennes, mais a essuyé un refus.[[4]]url:http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Victor_Kotsev/Syrie_armes_chimiques_Bachar-el-Assad_061212.htm#4n En attendant, à la frontière nord de la Syrie, une nouvelle idée de zone d'exclusion aérienne « légère » pourrait se développer. Tandis que les interprétations traditionnelles d'une zone d'exclusion aérienne incluent d'établir une supériorité aérienne complète et de détruire les défenses anti-aériennes, les missiles Patriot qui doivent arriver dans le Sud de la Turquie pourraient efficacement éloigner les avions militaires syriens à environ 100 kilomètres de la frontière. En ôtant au régime syrien l'avantage aérien crucial dans ces régions, cette mesure pourrait contribuer à établir un régime rebelle rival et, au bout du compte, la défaite d'Assad.

Le dirigeant syrien semble avoir le dos au mur. Qu'il choisisse de se retirer ou de continuer à se battre pourrait être littéralement une question de vie ou de mort pour lui - et pour les milliers de Syriens de toutes sectes et de tous grades. Tandis que le nombre de victimes dans ce soulèvement qui dure depuis près de deux ans atteint le chiffre de 40.000, et que les Nations Unies réduisent les opérations d'assistance par peur pour leur personnel, un sentiment d'urgence désespérée plane au-dessus de ce pays.
Victor Kotsev est journaliste et analyste politique. Il est basé à Tel Aviv.
 



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