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jeudi 11 avril 2013

La « sécurité d’Israël », motif tabou de la guerre contre l’Irak


La « sécurité d’Israël », motif tabou de la guerre contre l’Irak
20 mars 2013. C’est le jour, sacralisé depuis la plus haute Antiquité, de l’équinoxe du printemps.
C’est le jour au cours duquel le CRIF, ambassade officieuse de l’Etat d’Israël, organise son dîner annuel. François Hollande y sera présent.



C’est aussi le jour de la première visite officielle de Barack Obama en Israël et -accessoirement- dans les territoires palestiniens. Le président américain devrait recevoir une médaille d’honneur des mains de Shimon Peres.

C’est enfin le jour d’une commémoration particulière.
Dix ans après l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Irak, un lieu commun continue d’être énoncé à propos des motifs de l’invasion.
Il s’agirait d’une guerre déclenchée pour contrôler l’immense réserve pétrolière du pays.
D’autres continuent de croire, ou de faire croire, que l’expédition avait pour but de démocratiser le régime de Bagdad et de fournir ainsi un modèle pour les autres pays arabes.
Un motif essentiel n’est pas évoqué aujourd’hui dans les innombrables éditoriaux publiés par la plupart des grands médias de la presse occidentale : le renforcement de l’hégémonie militaire israélienne au Moyen-Orient.
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Le 10 septembre  2002, un haut-fonctionnaire de l’Administration Bush, dénommé Philip Zelikow et exerçant alors ses compétences dans le contre-espionnage, avait tenu les propos suivants lors d’un colloque organisé par l’Université de Virginia :
« Why would Iraq attack America or use nuclear weapons against us? I’ll tell you what I think the real threat [is] and actually has been since 1990 – it’s the threat against Israel.
And this is the threat that dare not speak its name, because the Europeans don’t care deeply about that threat, I will tell you frankly.
And the American government doesn’t want to lean too hard on it rhetorically, because it is not a popular sell »
Ce commentaire a été divulgué en mars 2004 par le journaliste Emad Mekay pour le compte de l’agence Inter-Press Service. Un mois plus tard, ce fut au tour de l’hebdomadaire américain Business Week de rapporter également le propos.
En 2006, deux universitaires américains, John Mearsheimer et Stephen Walt, finalisaient la rédaction d’un ouvrage qui allait provoquer une controverse mondiale, lors de sa sortie un an plus tard : « The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy » (traduit en français aux éditions La Découverte). Quelques mois avant sa publication, les deux auteurs ont rédigé un article préfigurant leur thèse consacrée à l’activisme du « lobby pro-israélien » aux Etats-Unis. Il y est fait mention du commentaire de Zelikow à propos de la sécurité d’Israël comme facteur explicatif des menaces américaines contre Saddam Hussein.
L’intéressé a réagi en transmettant au magazine un droit de réponse. Philip Zelikow dément catégoriquement avoir tenu de tels propos et affirme s’être surtout focalisé sur les risques -en 1991- de la guerre du Golfe pour la population israélienne et l’ensemble de la région. Disponible sur Internet, un compte-rendu du colloque, publié dès le lendemain -le 11 septembre 2002- par l’Université de Virginie, suggère pourtant, sans reprendre en détail son discours, que ce membre de l’Administration Bush avait bien insisté sur la nécessité de défendre Israël contre la future menace « biologique ou chimique », présentée comme imminente, d’une hypothétique alliance entre l’Irak, le Hamas, le Hezbollah et Al-Qaïda.
Accusés de s’appuyer sur des sources biaisées, Mearsheimer et Walt ont aussitôt contre-attaqué en transmettant au magazine la retranscription du passage incriminé du discours de Zelikow dont ils affirment également détenir l’intégralité du texte. Extrait replacé dans son contexte :
« Third. The unstated threat. And here I criticise the [Bush] administration a little, because the argument that they make over and over again is that this is about a threat to the United States. And then everybody says: ‘Show me an imminent threat from Iraq to America. Show me, why would Iraq attack America or use nuclear weapons against us?’ So I’ll tell you what I think the real threat is, and actually has been since 1990. It’s the threat against Israel. And this is the threat that dare not speak its name, because the Europeans don’t care deeply about that threat, I will tell you frankly. And the American government doesn’t want to lean too hard on it rhetorically, because it’s not a popular sell.
Now … if the danger is a biological weapon handed to Hamas, then what’s the American alternative then? Especially if those weapons have developed to the point where they now can deter us from attacking them, because they really can retaliate against us, by then. Play out those scenarios … Don’t look at the ties between Iraq and al-Qaida, but then ask yourself the question: ‘Gee, is Iraq tied to Hamas, and the Palestinian Islamic Jihad, and the people who are carrying out suicide bombings in Israel?’ Easy question to answer, and the evidence is abundant. »
Journaliste au New York Times, Philip Shenon a publié en 2008 un ouvrage consacré aux coulisses de la commission d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001. Philip Zelikow était un membre-clé de cette commission en tant que directeur exécutif. Dans son livre, Shenon révéla qu’un conflit d’intérêt était manifeste dans les activités de Zelikow : celui-ci avait, en effet, été chargé -sous couvert d’anonymat- de la rédaction du rapport, publié en septembre 2002, de la stratégie du Conseil de Sécurité Nationale. Dans ce texte, le concept d’une guerre pré-emptive pour défendre les Etats-Unis et le soutien tacite d’une intervention militaire contre l’Irak sont deux idées-force majeures. Issu de l’Administration Bush et partisan de son envie d’en découdre avec Saddam Hussein, il était évident que Zelikow n’était pas la personne la plus appropriée -en termes de neutralité- pour examiner les éventuelles défaillances et autres fautes criminelles commises par le sommet de l’Etat à propos du 11-Septembre.

Il allait pourtant être désigné pour diriger l’enquête officielle en dépit des protestations des familles de victimes.

Philip Zelikow est  l’homme qui a réalisé et délivré, en juillet 2004, ce qui constituera littéralement la version officielle des attentats.


Chose intéressante à son sujet, c’est le même homme, féru d’histoire politique, qui, souligna, lors d’une conférence tenue en 1998, l’importance et la nécessité des « croyances » et des « mythes » entretenus dans l’opinion publique.
La mythologie intacte du 11-Septembre
Aujourd’hui, alors que la presse occidentale n’hésite plus à parler du « mythe des armes de destruction massive » qui a servi à l’Administration Bush pour justifier la guerre contre l’Irak, la cécité et le déni de réalité perdurent à propos des attentats du 11-Septembre. C’est pourtant la même équipe, néoconservatrice et ultra-sioniste, qui fut à la Maison Blanche et au Pentagone entre 2001 et 2003.
The-Transparent-Cabal

Lever le tabou sur cette mystification complémentaire demeure pourtant une nécessité, ne serait-ce qu’au regard des centaines de milliers de victimes fauchées par une guerre fomentée -en réalité- par les faucons d’Israël.


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lundi 8 avril 2013

La destruction de Bagdad... par les Mongols


La destruction de Bagdad... par les Mongols
Par S. Ben Mansour (revue de presse : Zamanfrance.fr - 30/3/13)*

Triste anniversaire que celui, le 20 mars dernier, des 10 ans de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis : 2,5 millions d’Irakiens tués entre 1991 et 2013, entre 250.000 et plus d’un million de disparus, et 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak. Par ailleurs, les destructions systématiques par l’armée américaine d’usines, d’écoles, d’hôpitaux, de musées, de centrales d’énergie et d’installations de purification des eaux continuent de valoir à la capitale, Bagdad, le titre peu glorieux de «ville la moins vivable de la planète». Immanquablement, cette catastrophe en rappelle une autre, qui avait, en son temps, profondément marqué la conscience des peuples d’Islam : le sac de Bagdad, la capitale de l’empire arabo-musulman, par les armées mongoles sous la conduite d’Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan. C’était le 10 février 1258. Le déclin de la ville la plus peuplée et la plus riche du monde était déjà bien amorcé au moment de la chute. Le siège n’aura ainsi duré que trois semaines, à l’issue desquelles, le calife abbasside al-Musta‘sim, qui avait vainement essayé de négocier, vint en personne donner sa reddition. Houlagou ne s’en est pas contenté : il exigea que les habitants déposent les armes et quittent la ville, leur promettant la vie sauve s’ils acceptaient de se rendre. Al-Musta‘sim n’eut d’autre choix que de se soumettre : les habitants se livrèrent ainsi sans armes aux Mongols qui les passèrent au fil de l’épée. Trois jours plus tard, Houlagou investit la ville et procéda à un nouveau massacre.

24.000 savants massacrés
Les historiographes arabes parlent de plusieurs centaines de milliers de morts, sur une population estimée à un ou deux millions d’habitants. Hamd Allah Mustawfi (1281-1349) avance ainsi le chiffre de 800.000 tués, tandis que le chef mongol, ‒ dans une lettre datée de 1262 adressée au roi de France Louis IX, auquel il offrait son alliance ‒, évoque plus de 200.000 morts. Parmi ces victimes, se trouvaient pas moins de 24.000 savants, un chiffre à peine concevable pour l’époque, et une véritable hécatombe pour l’ensemble de l’humanité. La légende veut ainsi que les eaux du Tigre soient devenues noires de l’encre des dizaines de milliers d’ouvrages jetés dans le fleuve par les barbares venus de la steppe. Bagdad abritait en effet la bibliothèque la plus richement dotée au monde, Bayt al-Hikma, mais aussi, dans chaque quartier, des bibliothèques publiques plus modestes, ainsi qu’un nombre impressionnant d’écoles, d’universités, de mosquées, d’hôpitaux… Ils disparaîtront sous les flammes, de même que sera saccagé le réseau sophistiqué de canaux qui faisait la prospérité de l’arrière-pays et, partant de la cité de Bagdad, oasis de civilisation, carrefour de routes commerçantes, au cœur d’un pays par ailleurs largement désertique.

Mise à mort du calife al-Musta‘sim
Le 20 février, Hulagu procédera à la mise à mort du calife. Conformément à une croyance chamanique mongole, qui veut que le sang d’un prince soit sacré, al-Musta‘sim sera cousu dans un tapis, avant que ne soient lâchés les chevaux qui allaient le piétiner jusqu’à la mort… Ainsi périt le descendant de l’oncle du Prophète, et le souverain d’un des empires les plus brillants qu’ait connu l’humanité. Le monde musulman venait de subir là un coup dont il ne se remettra pour ainsi dire jamais. Il avait, par ailleurs, à son corps défendant, amorti le choc mongol, et empêché la chrétienté occidentale, qui se réjouissait de la destruction de Bagdad, de subir elle aussi l’invasion des barbares. Mais avant peu, l’islam allait reconquérir ses conquérants : en 1295, le petit-fils de Houlagou, l’empereur mongol Ghazan, se convertira à l'islam.
* Source :1258, la destruction de Bagdad par les Mongols

http://www.zamanfrance.fr/article/en-1258-destruction-bagdad-mongoles
Via http://www.france-irak-actualite.com/


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jeudi 3 janvier 2013

« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?

 Washington œuvre à la destruction d’une très longue liste de pays
« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Une dangereuse rumeur s’est propagée à travers le monde et elle pourrait avoir des conséquences catastrophiques. La légende veut que le président iranien ait menacé de détruire Israël ou, pour citer les propos déformés, dit « Israël doit être rayé de la carte ». Contrairement à la croyance populaire, il n’a jamais fait cette déclaration […] (Arash Norouzi, Wiped off The Map: The Rumor of the Century, janvier 2007.)





Les États-Unis ont attaqué directement ou indirectement environ 44 pays à travers le monde depuis août 1945, certains d’entre eux à plusieurs reprises. Le but affiché de ces interventions militaires était d’effectuer un « changement de régime ». Pour justifier et dissimuler ce qui correspondait à des actions unilatérales et illégales, on a invariablement évoqué les « droits humains » et la « démocratie ». (Professeur Eric Waddell, The United States’ Global Military Crusade (1945- ), Global Research, février 2007)

« Voici un memo du Pentagone qui décrit comment nous allons anéantir sept pays en cinq ans en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, la Somalie, le Soudan et pour terminer, l’Iran ». J’ai dit « Est-il classifié? » Il a dit « Oui monsieur. » J’ai répondu : « Alors ne me le montrez pas. » (General Wesley Clark, Democracy Now, 2 mars 2007.)


Washington « œuvre à la destruction » d’une très longue liste de pays.


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Qui « raye des pays de la carte? » L’Iran ou les États-Unis?

Durant une période appelée euphémiquement l’« après-guerre » – de 1945 à aujourd’hui – les États-Unis ont directement ou indirectement attaqué plus de 40 pays.

Alors que les principes de la politique étrangère des États-Unis prétendent « propager la démocratie », l’interventionnisme étasunien, par des moyens militaires et des opérations clandestines, a donné lieu à la déstabilisation totale et la partition de pays souverains.

Détruire des pays fait partie d’un projet impérial des États-Unis, un processus de domination mondiale. De plus, selon des sources officielles, les États-Unis ont en tout 737 bases militaires à l’étranger (données de 2005).


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Le concept d’« État en déroute »

Dans son rapport « Global Trends » (Tendances mondiales, décembre 2012), le National Intelligence Council (NIC), situé à Washington, « prédit » que 15 pays en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient deviendront des « États en déroute » d’ici 2030 en raison de leurs « conflits potentiels et leurs ennuis environnementaux ».



La liste des pays dans le rapport de 2012 du NIC comprend l’Afghanistan, le Pakistan, le Bangladesh, le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Kenya, le Burundi, l’Éthiopie, le Rwanda, la Somalie, la République démocratique du Congo, le Malawi, Haïti et le Yémen. (voir p 39)

Dans le rapport de 2005, publié au début du second terme de Bush, le NIC avait prévu que le Pakistan deviendrait un « État en déroute » d’ici 2015 « car il sera affecté par la guerre civile, la talibanisation totale et la lutte pour le contrôle de ses armes nucléaires ».

Le Pakistan a été comparé à la Yougoslavie, découpée en sept États par procuration après une décennie de « guerres civiles » parrainées par les États-Unis et l’OTAN.

Le NIC prévoyait pour le Pakistan « un destin à la yougoslave […], un pays déchiré par la guerre civile, des bains de sang et des rivalités interprovinciales ». (Energy Compass, 2 mars 2005.)
Bien qu’il affirme que les États en déroute « servent de refuge aux extrémistes politiques et religieux » (p. 143), le rapport ne reconnaît pas que depuis les années 1970, les États-Unis et leurs alliés ont secrètement soutenu des organisations religieuses extrémistes afin de déstabiliser des États-nations laïques et souverains. Et le Pakistan et l’Afghanistan étaient des États laïcs dans les années 1970.

Un « statut d’État en déroute » à la yougoslave ou à la somalienne n’est pas le résultat de divisions sociales internes, mais un objectif stratégique mis en œuvre par des opérations clandestines et des actions militaires.

Fund for Peace, dont le siège est à Washington et le mandat consiste à promouvoir « une sécurité durable par la recherche », publie (annuellement) un « Index des États en déroute » basé sur une évaluation des risques (voir la carte ci-dessous). Trente-trois pays (compris dans les catégories Alerte [rouge] et Avertissement [orange]) sont identifiés comme étant des « États en déroute ».

Selon Fund for Peace, les États en déroute sont également des « cibles pour les terroristes liés à Al-Qaïda ».

Le classement annuel des pays par Fund for Peace et Foreign Policy indiquant les symptômes des États en déroute/fragiles est publié au moment où le monde s’inquiète de plus en plus du sanctuaire étatique au nord du Mali où s’établissent des extrémistes liés à Al-Qaïda pour l’expansion du djihad.

Inutile de dire que l’histoire d’Al-Qaïda comme élément du renseignement étasunien, son rôle dans la division des factions et l’instabilité au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique subsaharienne n’est pas mentionnée. Les activités des unités djihadistes d’Al-Qaïda dans la plupart de ces pays relèvent d’un programme clandestin diabolique du renseignement.


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?



Les États « faibles » et « en déroute » : une menace pour les États-Unis

Selon une logique tordue du Congrès étasunien, les « États en déroute plus faibles » constituent une menace pour la sécurité des États-Unis : « [P]lusieurs menaces [émanent] d’États décrits soit comme étant faibles, fragiles, vulnérables, défaillants, précaires, en déroute, en crise ou déstructurés ».

Lorsque la Guerre froide a pris fin au début des années 1990, les analystes ont pris conscience de l’émergence d’un environnement de sécurité internationale dans lequel les États faibles et défaillants devenaient des véhicules pour le crime organisé international, des voies pour la prolifération nucléaire et des points chauds pour les conflits civils et les urgences humanitaires. Les menaces potentielles à la sécurité nationale des États-Unis que posent les États faibles et défaillants est devenue davantage évidente avec les attentats du 11-Septembre 2001 contre les États-Unis commis par Al-Qaïda, organisés par Oussama ben Laden à partir du refuge offert par l’Afghanistan. Les événements du 11-Septembre 2001 ont poussé le président George W. Bush à déclarer dans la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis de 2002 que les « États faibles comme l’Afghanistan peuvent poser un danger aussi grand pour nos intérêts nationaux que les États forts ». (Weak and Failing States: Evolving Security, Threats and U.S. Policy, Rapport du CRS pour le Congrès des États-Unis, Washington, 2008.)

Dans ce rapport du CRS du Congrès, on ne mentionne toutefois pas que « les points chauds du crime organisé et les conflits civils » sont le résultat d’opérations clandestines du renseignement étasunien.

Fait amplement documenté, l’économie afghane de la drogue, générant plus de 90 pour cent des réserves mondiales d’héroïne, est liée à une opération de blanchiment d’argent de plusieurs milliards de dollars impliquant de grandes institutions financières. Le commerce de la drogue en provenance de l’Afghanistan est protégé par le CIA et des forces d’occupation des États-Unis et de l’OTAN.

« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
La Syrie qualifiée d’« État en déroute »

Les atrocités commises contre la population syrienne par l’Armée syrienne libre (ASL), appuyée par les États-Unis et l’OTAN, créent les conditions favorisant une guerre confessionnelle.

L’extrémisme confessionnel favorise le démantèlement de l’État-nation qu’est la Syrie ainsi que la fin du gouvernement central à Damas.


Le but de la politique étrangère de Washington est de transformer la Syrie en ce que le NIC appelle un « État en déroute ».

Le changement de régime implique le maintien d’un gouvernement central. Alors que la crise syrienne se développe, l’objectif ultime n’est plus le « changement de régime », mais la destruction et la partition de la Syrie en tant qu’État-nation.

La stratégie des États, de l’OTAN et d’Israël consiste à diviser le pays en trois États faibles. De récents reportages indiquent que si Bachar Al-Assad « refuse de démissionner, la Syrie « deviendra un État en déroute comme la Somalie ».

L’un des possibles « scénarios de démantèlement » rapporté par la presse israélienne est la formation d’États, séparés et « indépendants », sunnite, alaouite-chiite, kurde et druze.

Selon le major-général Yair Golan des Forces de défense d’Israël (FDI), « la Syrie est dans une guerre civile qui fera d’elle un État en déroute où se propagera le terrorisme » et les FDI analysent actuellement « comment la Syrie se démantèlerait ». (Reuters, 31 mai 2012.)

En novembre l’ambassadeur de la paix des Nations Unies Lakhdar Brahimi a laissé entendre que la Syrie deviendrait « une nouvelle Somalie […] mettant en garde contre un scénario où les seigneurs de guerre et les milices remplissent un vide laissé par l’effondrement de l’État ». (Reuters, 22 novembre 2012.)

« Ce que je crains est pire […], que l’État s’effondre et que la Syrie se transforme en Somalie. »

« Je crois que si l’on ne s’occupe pas de cette question correctement, la partition ne sera pas le problème mais plutôt la « Somalisation » : l’effondrement de l’État et l’émergence de seigneurs de guerre, de milices et de groupes de combattants. » (Ibid.)

Ce que l’envoyé de l’ONU a omis de mentionner est que le démantèlement de la Somalie était délibéré. Il faisait partie d’un projet militaire et du renseignement des États-Unis, désormais appliqué à plusieurs pays ciblés du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Asie qualifiés d’« États en déroute ».

Voici la question principale : qui déroute les États en déroute? Qui les « anéantit »?

Le démantèlement planifié de la Syrie en tant qu’État souverain relève d’un plan régional intégré d’ordre militaire et des services de renseignement comprenant le Liban, l’Iran et le Pakistan. Selon les « prédictions » du NIC, le démantèlement du Pakistan devrait se produire au cours des trois prochaines années.

Article original: “Wiping Countries Off the Map”: Who’s Failing the “Failed States”, publié le 29 décembre 2012.

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).


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