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mardi 10 septembre 2013

Les Etats-Unis ont testé un système de défense antimissile




Par La Voix de la Russie | Les Etats-Unis ont effectué un essai réussi d'un système de défense antimissile ayant intercepté deux cibles simulant des missiles balistiques de moyenne portée, communique le Pentagone.

L'interception des cibles a été réalisée non loin de l'atoll de Kwajalein (îles Marshall dans l'océan Pacifique). Les cibles ont été lancées presque simultanément. L'interception de la première a été effectuée par le système Aegis du destroyer USS Decatur et un missile SM-3. La deuxième a été abattue par le système mobile THAAD.

« Les essais ont été prévus depuis plus d'un an et ne sont pas liés aux événements au Proche-Orient », précise le communiqué.

mercredi 9 janvier 2013

Hagel met déjà à l'épreuve le lobby d'Israël


Hagel met déjà à l'épreuve le lobby d'Israël
WASHINGTON - Avec le Président Barack Obama qui s'apprêterait à nommer l'ancien sénateur républicain Chuck Hagel à la tête du Pentagone, le puissant lobby d'Israël, emmené par l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) [commission des affaires publiques américano-israélienne] (AIPAC), se retrouve face à un dilemme majeur.
S'il monte une vigoureuse campagne pour combattre la confirmation de Hagel par le sénat, il pourrait compromettre gravement ses relations avec le président, qui est sur le point d'être investi pour un second mandat de quatre ans.

Pire, s'il perd une telle campagne, son aura de quasi-invincibilité, qu'il a assidûment construite au cours des 30 dernières années et qui s'est traduite par des votes pratiquement unanimes dans les deux chambres sur des résolutions en soutien aux politiques israéliennes, de la Cisjordanie occupée à l'Iran, subira un sérieux revers.

Pourtant, s'il ne s'oppose pas à la confirmation de Hagel, un homme qui se targue d'être indépendant sera placé à un poste essentiel de politique étrangère.

Hagel a exprimé un grand scepticisme - voire son opposition - quant à une guerre contre l'Iran, et, malgré son passé où il a fermement soutenu les besoins de défense d'Israël, n'a pas hésité à critiquer publiquement à la fois le gouvernement israélien et ses supporters aux Etats-Unis pour avoir poursuivi des actions qui ont, selon lui, nui aux intérêts stratégiques de Washington au Moyen-Orient.

« La nomination de Hagel met l'AIPAC et les autres groupes d'opinion similaires face à un choix difficile », a dit Stephen Walt, professeur à Harvard et coauteur de Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [éd. La découverte, 2009]. « Il se peut qu'ils n'aiment pas son approche raisonnable vis-à-vis de l'Iran et sa volonté de dire la vérité à propos de certaines politiques israéliennes, mais c'est un héros de guerre décoré qui n'est certainement pas hostile envers Israël. »

Que Hagel ait été effectivement nommé n'a pas été officiellement confirmé, et deux alternatives possibles - le ministre adjoint à la Défense, Ashton Carter, et l'ancienne sous-secrétaire à la Défense, Michèle Flournoy - auraient été également pressentis pour ce poste. Tous deux ont servi dans les administrations d'Obama et de Bill Clinton et sont considérés comme des technocrates très compétents, mais qui n'auraient toutefois pas l'expérience politique et la stature de Hagel.

Mais un certain nombre de sources haut placées et de journalistes bien informés ont rapporté que l'ancien sénateur du Nebraska, qui a co-présidé le Comité consultatif d'Intelligence étrangère d'Obama depuis 2009, reste le candidat préféré du président malgré une virulente campagne de trois semaines menée par des néoconservateurs, comme le rédacteur en chef du Weekly Standard, William Kristol, la blogueuse du Washington Post, Jennifer Rubin, la page éditoriale du Wall Street Journal et la Republican Jewish Coalition (RJC), pour empêcher sa nomination.

Entre autres accusations, Kristol, qui dirige également l'Emergency Committee for Israel (ECI), d'extrême-droite, Rubin et autres ennemis ont accusé Hagel, un ancien combattant de la Guerre du Vietnam très décoré, d'antisémitisme et d'hostilité à l'égard de l'Etat juif.

Ils ont également essayé d'enrôler la communauté gay dans leur campagne - avec un certain succès initial qui s'est ensuite dissipé - en citant, entre autres choses, son scepticisme quant à l'atténuation de la prohibition du recrutement d'homosexuels dans l'armée et son opposition à la nomination d'un ambassadeur ouvertement gay dans les années 1990.

Par la suite, Hagel a présenté ses excuses et l'ambassadeur et la plupart des organisations de soutien aux gays les ont acceptées.

Tandis que les néoconservateurs, dont les opinions politiques sont proches du Likoud au pouvoir [en Israël] et, dans certains cas, du mouvement des colons, ont mené la campagne contre Hagel, l'implication du très prudent lobby d'Israël - qui comprend l'AIPAC et d'autres organisations nationales juives majeures, comme l'Anti-Defamation League (ADL) et l'American Jewish Committee (AJC) - sans parler des nombreux groupes chrétiens sionistes, tels que Christians United for Israel (CUFI) - a été plus discrète.

Dès le début, par exemple, le chef de longue date de l'ADL, Abraham Foxman, a dit que les opinions de Hagel sur Israël étaient « dérangeantes » mais que son groupe ne s'opposerait pas nécessairement à sa nomination.

L'AIPAC elle-même n'a pas fait de commentaires sur Hagel, bien que son ancien porte-parole, Josh Block, qui dirige à présent The Israel Project (TIP) et reste proche de l'AIPAC, ait fait partie des militants les plus actifs dans cette campagne.

Malgré également le recrutement du soutien de la page éditoriale du Washington Post, qui a exprimé son inquiétude sur les positions généralement non-interventionnistes de Hagel et son soutien à la réduction du budget de la défense, la nature de la campagne des néoconservateurs où tous les coups sont permis a incité un retour de bâton.

Cela est particulièrement visible parmi les Républicains qui viennent de l'aile internationaliste plus modérée du parti et qui sont plus identifiés avec Dwight Eisenhower et George H. W. Bush.

Il y a également de la résistance de la part des officiers supérieurs à la retraite de l'armée, des services de renseignements et des services étrangers, qui partagent un point de vue « réaliste » en matière de politique étrangère et qui s'opposent à cette sorte d'aventurisme qui a la faveur des néoconservateurs, dont Kristol, qui ont mené la charge contre l'Irak, il y a 10 ans, et qui font maintenant du battage pour la guerre avec l'Iran.

Par exemple, quatre anciens conseillers à la sécurité nationale, dont Brent Scowcroft (qui a été en poste sous les présidents Gerald Ford et Ronald Reagan), Zbigniew Brzezinski (sous Jimmy Carter), le Général James Jones (sous Obama) et l'ancien ministre de la Défense de Reagan, Frank Carlucci, de même que plusieurs anciens chefs du commandement central des Etats-Unis, ont signé des lettres de soutien en faveur de Hagel.

De nombreux observateurs proches du Pentagone pensent que les opinions de Hagel, notamment celles concernant la folie d'attaquer l'Iran et les dommages infligés par l'occupation continuelle d'Israël de terres palestiniennes à la position stratégique de Washington au Moyen-Orient, reflètent celles de beaucoup d'officiers militaires en service.

Quatre anciens ambassadeurs américains auprès d'Israël ont également soutenu sa nomination, comme l'a fait tout récemment Ryan Crocker, qui a été particulièrement loué par les néoconservateurs durant son poste d'ambassadeur en Irak et en Afghanistan et qui a servi comme envoyé spécial de Washington au Liban, au Koweït, en Syrie et au Pakistan.

La dureté de la campagne des néoconservateurs - en particulier les accusations soutenant que Hagel est antisémite et anti-israélien - a suscité des accusations de McCarthyisme de la part de ses défenseurs, ajoutant un malaise supplémentaire aux principales organisations du lobby d'Israël. Même les CUFI, parfois dépeints comme plus sionistes que les organisations juives, ont pris leurs distances avec certaines accusations.

Jusqu'à présent, seuls trois sénateurs républicains ont dit qu'ils s'opposeraient à Hagel s'il est nommé, tandis que plusieurs autres qui ont été traditionnellement proches du lobby, dont les sénateurs John McCain et Lindsay Graham, ont exprimé de fortes réserves mais se sont gardés de s'impliquer eux-mêmes. Certains démocrates ont également exprimé modérément leur préoccupation.

Mais la plupart des observateurs pensent que s'il est nommé, Hagel, qui dirige aussi l'influent groupe de réflexion Atlantic Council, sera confirmé par une solide - voire écrasante - majorité de sénateurs. Cela rend la position du lobby encore plus délicate.

Durant ses deux mandats en tant que sénateur, Hagel, un conservateur constant sur les questions sociales et intérieures, a été personnellement populaire parmi ses collègues des deux camps.

« Les Américains en ont ras le bol des tactiques diffamatoires qu'ont utilisé les principaux opposants de Hagel, et en se déchaînant contre lui, il s'avèrerait que l'AIPAC s'intéresse plus à Israël qu'aux intérêts des Etats-Unis », a dit Walt à IPS [Inter Press Service]. « De plus, pourquoi dépenser du capital politique contre un ancien sénateur que ses collègues au Capitole confirmeront de toute façon ? »

L'AIPAC et les groupes de la même opinion seront sans aucun doute influencés par les avis du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, dont la coalition d'extrême-droite est favorite pour remporter les élections à la fin du mois.

Les principales organisations juives américaines et l'AIPAC ont historiquement donné beaucoup de poids aux préférences politiques des dirigeants élus d'Israël, même si en privé elles les ont exhortés à suivre un cap différent.

Mais pour Netanyahou, qui a été sévèrement critiqué par de hauts responsables à la retraite de l'establishment de la sécurité nationale d'Israël pour avoir mis en danger les liens stratégiques de l'Etat juif avec les Etats-Unis en défiant à plusieurs reprises Obama, les enjeux sont également élevés.

S'il est vu comme soutenant tout effort pour faire échec à la nomination anticipée de Hagel, ses liens avec la maison Blanche - déjà fragiles après son soutien à peine voilé pour Mitt Romney dans la campagne présidentielle de novembre - ne pourront que se détériorer.
 

Par Jim Lobe
Inter Press Service, 8 janvier 2013

article original : "Hagel sets early challenge for Israel lobby"  
Inter Press Service / traduction [JFG-QuestionsCritiques]url: http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Jim_Lobe/Chuck_Hagel_lobby_Israel_Obama_Pentagone_080113.htm

On Lira également avec intérêt :
Le Conflit Israélo-Palestinien, par Jean-François Goulon (Le Retour aux Sources, Aube, 2012). Ce petit livre passionnant est une compilation de textes écrits par les plus grands auteurs juifs (et quelques autres) ayant traité ce sujet et qui retracent l'histoire de ce conflit, depuis les origines cananéennes de la Palestine à sa demande d'adhésion à l'ONU.



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jeudi 3 janvier 2013

« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?

 Washington œuvre à la destruction d’une très longue liste de pays
« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Une dangereuse rumeur s’est propagée à travers le monde et elle pourrait avoir des conséquences catastrophiques. La légende veut que le président iranien ait menacé de détruire Israël ou, pour citer les propos déformés, dit « Israël doit être rayé de la carte ». Contrairement à la croyance populaire, il n’a jamais fait cette déclaration […] (Arash Norouzi, Wiped off The Map: The Rumor of the Century, janvier 2007.)





Les États-Unis ont attaqué directement ou indirectement environ 44 pays à travers le monde depuis août 1945, certains d’entre eux à plusieurs reprises. Le but affiché de ces interventions militaires était d’effectuer un « changement de régime ». Pour justifier et dissimuler ce qui correspondait à des actions unilatérales et illégales, on a invariablement évoqué les « droits humains » et la « démocratie ». (Professeur Eric Waddell, The United States’ Global Military Crusade (1945- ), Global Research, février 2007)

« Voici un memo du Pentagone qui décrit comment nous allons anéantir sept pays en cinq ans en commençant par l’Irak, ensuite la Syrie, le Liban, la Somalie, le Soudan et pour terminer, l’Iran ». J’ai dit « Est-il classifié? » Il a dit « Oui monsieur. » J’ai répondu : « Alors ne me le montrez pas. » (General Wesley Clark, Democracy Now, 2 mars 2007.)


Washington « œuvre à la destruction » d’une très longue liste de pays.


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Qui « raye des pays de la carte? » L’Iran ou les États-Unis?

Durant une période appelée euphémiquement l’« après-guerre » – de 1945 à aujourd’hui – les États-Unis ont directement ou indirectement attaqué plus de 40 pays.

Alors que les principes de la politique étrangère des États-Unis prétendent « propager la démocratie », l’interventionnisme étasunien, par des moyens militaires et des opérations clandestines, a donné lieu à la déstabilisation totale et la partition de pays souverains.

Détruire des pays fait partie d’un projet impérial des États-Unis, un processus de domination mondiale. De plus, selon des sources officielles, les États-Unis ont en tout 737 bases militaires à l’étranger (données de 2005).


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
Le concept d’« État en déroute »

Dans son rapport « Global Trends » (Tendances mondiales, décembre 2012), le National Intelligence Council (NIC), situé à Washington, « prédit » que 15 pays en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient deviendront des « États en déroute » d’ici 2030 en raison de leurs « conflits potentiels et leurs ennuis environnementaux ».



La liste des pays dans le rapport de 2012 du NIC comprend l’Afghanistan, le Pakistan, le Bangladesh, le Tchad, le Niger, le Nigeria, le Mali, le Kenya, le Burundi, l’Éthiopie, le Rwanda, la Somalie, la République démocratique du Congo, le Malawi, Haïti et le Yémen. (voir p 39)

Dans le rapport de 2005, publié au début du second terme de Bush, le NIC avait prévu que le Pakistan deviendrait un « État en déroute » d’ici 2015 « car il sera affecté par la guerre civile, la talibanisation totale et la lutte pour le contrôle de ses armes nucléaires ».

Le Pakistan a été comparé à la Yougoslavie, découpée en sept États par procuration après une décennie de « guerres civiles » parrainées par les États-Unis et l’OTAN.

Le NIC prévoyait pour le Pakistan « un destin à la yougoslave […], un pays déchiré par la guerre civile, des bains de sang et des rivalités interprovinciales ». (Energy Compass, 2 mars 2005.)
Bien qu’il affirme que les États en déroute « servent de refuge aux extrémistes politiques et religieux » (p. 143), le rapport ne reconnaît pas que depuis les années 1970, les États-Unis et leurs alliés ont secrètement soutenu des organisations religieuses extrémistes afin de déstabiliser des États-nations laïques et souverains. Et le Pakistan et l’Afghanistan étaient des États laïcs dans les années 1970.

Un « statut d’État en déroute » à la yougoslave ou à la somalienne n’est pas le résultat de divisions sociales internes, mais un objectif stratégique mis en œuvre par des opérations clandestines et des actions militaires.

Fund for Peace, dont le siège est à Washington et le mandat consiste à promouvoir « une sécurité durable par la recherche », publie (annuellement) un « Index des États en déroute » basé sur une évaluation des risques (voir la carte ci-dessous). Trente-trois pays (compris dans les catégories Alerte [rouge] et Avertissement [orange]) sont identifiés comme étant des « États en déroute ».

Selon Fund for Peace, les États en déroute sont également des « cibles pour les terroristes liés à Al-Qaïda ».

Le classement annuel des pays par Fund for Peace et Foreign Policy indiquant les symptômes des États en déroute/fragiles est publié au moment où le monde s’inquiète de plus en plus du sanctuaire étatique au nord du Mali où s’établissent des extrémistes liés à Al-Qaïda pour l’expansion du djihad.

Inutile de dire que l’histoire d’Al-Qaïda comme élément du renseignement étasunien, son rôle dans la division des factions et l’instabilité au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique subsaharienne n’est pas mentionnée. Les activités des unités djihadistes d’Al-Qaïda dans la plupart de ces pays relèvent d’un programme clandestin diabolique du renseignement.


« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?



Les États « faibles » et « en déroute » : une menace pour les États-Unis

Selon une logique tordue du Congrès étasunien, les « États en déroute plus faibles » constituent une menace pour la sécurité des États-Unis : « [P]lusieurs menaces [émanent] d’États décrits soit comme étant faibles, fragiles, vulnérables, défaillants, précaires, en déroute, en crise ou déstructurés ».

Lorsque la Guerre froide a pris fin au début des années 1990, les analystes ont pris conscience de l’émergence d’un environnement de sécurité internationale dans lequel les États faibles et défaillants devenaient des véhicules pour le crime organisé international, des voies pour la prolifération nucléaire et des points chauds pour les conflits civils et les urgences humanitaires. Les menaces potentielles à la sécurité nationale des États-Unis que posent les États faibles et défaillants est devenue davantage évidente avec les attentats du 11-Septembre 2001 contre les États-Unis commis par Al-Qaïda, organisés par Oussama ben Laden à partir du refuge offert par l’Afghanistan. Les événements du 11-Septembre 2001 ont poussé le président George W. Bush à déclarer dans la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis de 2002 que les « États faibles comme l’Afghanistan peuvent poser un danger aussi grand pour nos intérêts nationaux que les États forts ». (Weak and Failing States: Evolving Security, Threats and U.S. Policy, Rapport du CRS pour le Congrès des États-Unis, Washington, 2008.)

Dans ce rapport du CRS du Congrès, on ne mentionne toutefois pas que « les points chauds du crime organisé et les conflits civils » sont le résultat d’opérations clandestines du renseignement étasunien.

Fait amplement documenté, l’économie afghane de la drogue, générant plus de 90 pour cent des réserves mondiales d’héroïne, est liée à une opération de blanchiment d’argent de plusieurs milliards de dollars impliquant de grandes institutions financières. Le commerce de la drogue en provenance de l’Afghanistan est protégé par le CIA et des forces d’occupation des États-Unis et de l’OTAN.

« Rayer des pays de la carte » : Qui déroute les «États en déroute»?
La Syrie qualifiée d’« État en déroute »

Les atrocités commises contre la population syrienne par l’Armée syrienne libre (ASL), appuyée par les États-Unis et l’OTAN, créent les conditions favorisant une guerre confessionnelle.

L’extrémisme confessionnel favorise le démantèlement de l’État-nation qu’est la Syrie ainsi que la fin du gouvernement central à Damas.


Le but de la politique étrangère de Washington est de transformer la Syrie en ce que le NIC appelle un « État en déroute ».

Le changement de régime implique le maintien d’un gouvernement central. Alors que la crise syrienne se développe, l’objectif ultime n’est plus le « changement de régime », mais la destruction et la partition de la Syrie en tant qu’État-nation.

La stratégie des États, de l’OTAN et d’Israël consiste à diviser le pays en trois États faibles. De récents reportages indiquent que si Bachar Al-Assad « refuse de démissionner, la Syrie « deviendra un État en déroute comme la Somalie ».

L’un des possibles « scénarios de démantèlement » rapporté par la presse israélienne est la formation d’États, séparés et « indépendants », sunnite, alaouite-chiite, kurde et druze.

Selon le major-général Yair Golan des Forces de défense d’Israël (FDI), « la Syrie est dans une guerre civile qui fera d’elle un État en déroute où se propagera le terrorisme » et les FDI analysent actuellement « comment la Syrie se démantèlerait ». (Reuters, 31 mai 2012.)

En novembre l’ambassadeur de la paix des Nations Unies Lakhdar Brahimi a laissé entendre que la Syrie deviendrait « une nouvelle Somalie […] mettant en garde contre un scénario où les seigneurs de guerre et les milices remplissent un vide laissé par l’effondrement de l’État ». (Reuters, 22 novembre 2012.)

« Ce que je crains est pire […], que l’État s’effondre et que la Syrie se transforme en Somalie. »

« Je crois que si l’on ne s’occupe pas de cette question correctement, la partition ne sera pas le problème mais plutôt la « Somalisation » : l’effondrement de l’État et l’émergence de seigneurs de guerre, de milices et de groupes de combattants. » (Ibid.)

Ce que l’envoyé de l’ONU a omis de mentionner est que le démantèlement de la Somalie était délibéré. Il faisait partie d’un projet militaire et du renseignement des États-Unis, désormais appliqué à plusieurs pays ciblés du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Asie qualifiés d’« États en déroute ».

Voici la question principale : qui déroute les États en déroute? Qui les « anéantit »?

Le démantèlement planifié de la Syrie en tant qu’État souverain relève d’un plan régional intégré d’ordre militaire et des services de renseignement comprenant le Liban, l’Iran et le Pakistan. Selon les « prédictions » du NIC, le démantèlement du Pakistan devrait se produire au cours des trois prochaines années.

Article original: “Wiping Countries Off the Map”: Who’s Failing the “Failed States”, publié le 29 décembre 2012.

Traduction Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

Michel Chossudovsky est directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Il est l’auteur de Guerre et mondialisation, La vérité derrière le 11 septembre et de la Mondialisation de la pauvreté et nouvel ordre mondial (best-seller international publié en plus de 20 langues).


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dimanche 9 décembre 2012

Le Pentagone se met à acheter plus en Asie Centrale



© Flickr.com/mindfrieze/cc-by-sa 3.0

Les militaires américains commencent à dépenser plus dans les républiques d’Asie Centrale. Les dépenses à titre d’achat de marchandises pour le contingent afghan on progressé de plusieurs fois depuis un an. Les experts expliquent cette tendance par les préparatifs du retrait des troupes américaines de la République Islamique.


Les États-Unis ont dépensé au cours du dernier exercice en Asie Centrale plus de 1 milliard 300 millions de dollars en achats pour leurs troupes en Afghanistan. C’est sept fois plus qu’il y a un an. On ne précise pas le détail des achats mais on sait que la liste inclut les produits alimentaires, l’eau et les matériaux de construction. Mais le gros de ce montant a été dépensé pour l’achat d’autres biens, estime le politologue Mikhaïl Troïtski.

« On peut supposer qu’il s’agit des achats du carburant et des lubrifiants dans les États voisins parce que c’est moins cher que les transporter par mer. De surcroît, c’est plus sécurisé que le transit via Pakistan ou les convois sont souvent attaqués ».

C’est Achkhabad qui a raflé la part du lion de la galette américaine. Le Pentagone a dépensé plus de 820 millions de dollars au Turkménistan et les experts pensent que les achats portaient principalement sur les produits de pétrole dans cette république riche en hydrocarbures. Les militaires américains ont également dépensé 218 millions en Kirghizie, 137 millions au Kazakhstan, près de 106 millions en Ouzbékistan et plus de 11 millions au Tadjikistan. Les experts ont été surpris de constater que les États-Unis ont dépensé mois d’argent en Ouzbékistan qu’en Kirghizie et au Kazakhstan. Cette « dérive » n’a cependant rien à voir avec les préférences politique,affirme le président de la Fondation « Nouvelle Eurasie » Andreï Kortounov.

« Je ne pense pas que ces chiffres reflètent certaines préférences puisque nous savons que les relations entre Washington et Tachkent sont au beau fixe ces derniers temps. Par conséquent, la stratégie financière américaine ne vise pas à punir l’Ouzbékistan ou à désapprouver la politique intérieure de Karimov ».

L’accroissement des dépenses dans trois républiques d’Asie Centrale est liée au changement de la stratégie globale des États-Unis dans la région. Le retrait du gros du contingent américain en Afghanistan est fixé au 2014. En même temps, les relations entre les États-Unis et le Pakistan ont dernièrement pris un sérieux ombrage. Dans ce contexte, Washington est obligé de rechercher une alternative au corridor de transit sud qui passe par la République Islamique. Le corridor nord qui passe par l’Asie Centrale commence à devenir préférable et le Pentagone doit dépenser plus pour le faire fonctionner. De plus. Les achats de marchandises dans les républiques d’Asie Centrale les rendent plus loyales envers les Etats-Unis.
Источник: Голос России.

lundi 5 novembre 2012

Seoul refuse de s’aligner sur les Etats-Unis



Seoul refuse de s’aligner sur les Etats-Unis

La Corée du Sud développera son propre système de défense antimissile et se désintéresse du bouclier antimissile global que les États-Unis entendent déployer dans la région d’Asie et du Pacifique. Ces déclarations inattendues ont été faites après la récente visite du chef du Pentagone Leon Panetta dans la péninsule coréenne.



Les objections officielles de Séoul contre le bouclier antimissile global asiatique concernent les aspects techniques à savoir que seuls les tirs de missiles à une distance de 500 à 1000 km (il s’agit, naturellement, de Pyongyang) présentent une menace pour la Corée du Sud cependant que le plan américain ne prévoit que les objectifs situés beaucoup plus loin. Mais la raison véritable du refus poli est vraisemblablement plus profonde. Séoul ne souhaite pas contrarier ni son voisin du nord ni, à plus forte raison, la Chine. En effet, en toute logique, c’est Pékin qui est le principal adversaire du déploiement du bouclier antimissile américaine dans la région.

Pou tout dire, ce bouclier commence à bien faire pour les alliés occidentaux des États-Unis. On a même l’impression qu’ils seraient ravis de se débarrasser du projet américain mais sont mis sous pression par le grand frère. C’est maintenant le tour des asiatiques qui se voient entraînés dans la tristement célèbre « politique d’endiguement » à laquelle s’accrochent les États-Unis, - estime le grand-maître international d’échecs Vladislav Tkatchev.

Une théorie géopolitique foncièrement nouvelle a vu le jour dans la lointaine année 1946 dans les couloirs de l’ambassade des États-Unis à Moscou. Elle avait pour but d’endiguer la propagation du communisme dans le monde entier. Ces craintes étaient réellement justifiées parce que la popularité de l’Union Soviétique était à son apogée après la victoire sur les nazis alors que l’idéologie qu’elle professait semblait être particulièrement alléchante pour les peuples des pays colonisés. La politologie occidentale a mis au point la théorie des dominos qui tombent les uns après les autres sur un rythme accéléré. On entendait bien entendu par les dominos les pays d’Europe de l’Est et d’Asie convertis à la doctrine marxiste-léniniste et chassant de leur territoire les administrations coloniales.

A propos, c’est cette théorie qui a servi en son temps de fondement à l’invasion à la fin des années 1950 de la Corée et du Vietnam par les États-Unis. Washington professe de nos jours les mêmes principes, poursuit Vladislav Tkatchev.

Le même schéma d’endiguement est appliqué de nos jours dans la lutte pour les ressources et la domination en Eurasie sauf qu’il y a désormais beaucoup plus d’endigués. En plus de Russie, c’est l’Iran et, naturellement, la Chine. On a toujours l’impression que les artisans de la théorie se sont inspirés du postulat classique de la stratégie échiquéenne qui dispose que l’objet d’attaque doit être limité et bloqué avant d’être détruit. Dans le cas de l’Iran, la peu de voir se former la ceinture chiite des pays musulmans pousse l’Occident et ses alliés du Proche-Orient à souffler sur les flammes de la guerre civile en Syrie. Les membres de la coalition disparate ont en outre les intérêts divergents : si les États-Unis cherchent surtout à soutenir Israël et à serrer l’étau autour de la Chine, l’Arabie Saoudite et la Qatar veulent sécuriser pendant de longues années leurs exportations d`hydrocarbures.

En ce qui concerne la région d’Asie et du Pacifique, il n’est un secret pour personne que le segment asiatique du bouclier antimissile global vise avant tout non pas Pyongyang mais la Chine qui est le principal concurrent militaire et politique de Washington dans cette région. Pourtant, le cas de Séoul doit donner à réfléchir à la Maison Blanche parce que les plans sont une chose et la réalité c’en est une autre, estime Vladislav Tkatchev.

On sait qu’un bon joueur d’échecs pense à la fin du jeu dès les premiers coups. Mais, comme on dit dans le football, le but est carré et le ballon est rond si bien que toutes ces constructions théoriques peuvent s’écrouler au contact des réalités.
Les experts relèvent que Séoul craint non seulement la détérioration de ses relations avec la Chine et la Russie s’il adhère au système américain de défense antimissile. Il est également dissuadé par le coût de la participation de la Corée du Sud au déploiement du bouclier antimissile à l’américaine. Selon certaines estimations, le gouvernement sud-coréen devra dépenser environ 100 milliards de dollars sans obtenir aucun renforcement réel de sa capacité de défense en contrepartie de cette somme astronomique

http://french.ruvr.ru











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