mardi 26 novembre 2013

Les méthodes pour faire des affaires en Russie ont radicalement changé




L’homme d'affaires russe Guerman Klimenko, directeur général et propriétaire de la société Liveinternet, démonte dans un entretien accordé à La Voix de la Russie certains stéréotypes sur l’entreprenariat en Russie.


La Voix de la Russie : On entend très souvent dire par nos compatriotes qui vivent à l’étranger qu’il est plus difficile d’ouvrir une entreprise en Russie que dans les pays occidentaux. Vous êtes un homme d’affaires qui a réussi à fonder plusieurs entreprises en Russie. Vous êtes propriétaire d’une banque, d’un portail web… Que répondriez-vous à tous ceux qui disent que faire des affaires en Russie, c'est difficile ?

Guerman Klimenko : On a toujours tendance à faire un amalgame. Tout dépend du type d’activité et du niveau de revenus. Moi, je m'implique dans Internet et dans la finance. A l'échelle des risques et des revenus, ces deux activités sont placées différemment, mais elles sont liées. J'ai des clients qui peuvent acheter des produits financiers à l’étranger, c’est pourquoi je dois assurer un monitoring des marchés occidentaux en permanence. En regardant combien rapportent les cours du café, les brasseries ou d’autres placements dans les pays occidentaux, les investisseurs russes se rendent compte qu’ils n’ont rien à faire là-bas, car ils ne pourront pas y gagner suffisamment d’argent pour vivre à Moscou.

En parlant de l’entreprenariat en Russie, il faut faire clairement la séparation entre Moscou et les autres régions, car il y a une nette différence entre les deux. Sans parler des cas exceptionnels, faire des affaires à Moscou, c’est rentable, ce qui n’est pas le cas pour l’entreprenariat dans les régions. Si quelque chose de remarquable est créé en province, les autorités vont commencer à s’y intéresser. Toutefois, la situation dans les régions est également en train de changer : les autorités locales commencent à comprendre l’importance des petites et moyennes entreprises pour l’économie locale.

Au cours des 15 dernières années, nous avons complètement changé de mentalité et de méthodes pour faire des affaires. Il y a 15 ans, les patrons pouvaient ne pas payer leurs salaires aux employés pendant des mois ou des années. Maintenant, tout retard dans le versement du salaire est condamné par le droit pénal.

LVdlR : On dit souvent que les conditions pour l’entreprenariat en Europe ou aux Etats-Unis sont plus confortables qu'en Russie. Etes-vous d’accord avec cette affirmation ?

G.K. : Cela dépend du secteur. Un de mes partenaires basés à l’étranger a enregistré son entreprise en payant 68 euros pour toute la procédure. Maintenant il a des revenus mensuels stables, versant chaque mois sur ce montant 6% de taxes, ce qui lui permet d'avoir une activité légale dans ce pays. C'est une situation idéale pour l'entrepreneur, l’Etat n’étant pas très exigeant.

Si nous comparons de manière objective le secteur de la restauration à Prague et à Moscou, c’est à Moscou qu’il sera plus difficile de s’occuper d’un restaurant. Mais j’ai discuté avec des restaurateurs moscovites et ils m'ont dit que toutess les taxes et autres « tributs » qu’ils payaient dans les années 1990 font désormais partie du passé. Des vérifications sont faites par des services spéciaux une fois par mois, mais sans excès.

Compte tenu des revenus que peuvent générer des PME à Moscou, tous les autres inconvénients en termes de comptabilité sont insignifiants. Si l’on peut résoudre les problèmes par des moyens financiers, ce ne sont que des dépenses supplémentaires. En Russie, ces problèmes invoquant des coûts supplémentaires sont compensés par des recettes plus importantes. J’observe qu’au centre de Moscou, il y a des restaurants avec une capitalisation présentant un rapport de 1 à 5. Cela veut dire que les revenus sont importants, tout comme les prévisions de croissance. N

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