samedi 1 décembre 2012

Appel de la Tunisie





Après avoir quitté le poste de Premier ministre, Béji Caïd Essebsi souhaite fonder un parti selon le quotidien Assabah2, avec pour but de rassembler l'opposition . L'initiative est annoncée le 20 avril 2012 sous le nom d'« Appel de la Tunisie » et se fixe les objectifs suivants :
la nécessité pour la Constituante de délimiter officiellement et avec précision la durée de son exercice pour l'écriture de la Constitution, d'entamer immédiatement les préparatifs des prochaines élections dans les délais impartis ;
la mise en place d'un plan de sauvetage de l'économie nationale, fondé sur le consensus afin de recouvrer la confiance des citoyens, de restaurer la sécurité et la stabilité dans l'objectif d'encourager la production, le développement et les investissements, s'agissant, in fine, de créer davantage de postes d'emploi et de freiner la détérioration du pouvoir d'achat du citoyen ;
la nécessité au plan social d'accorder un intérêt accru aux jeunes et d'établir un plan urgent en faveur des catégories et des régions précaires sur la base de l'équité sociale et de la solidarité nationale ;
le lancement, dans un cadre de consensus national, du processus de la justice transitionnelle avec des objectifs bien déterminés à travers un mécanisme indépendant pour traiter les violations du passé et demander des comptes à leurs auteurs tout en dédommageant les victimes, de manière à ce que ces drames du passé ne se reproduisent plus ;
la rupture avec les dangers d'un retour à l'interférence entre l'appareil de l'État et les appareils des partis au pouvoir tout en garantissant la neutralité de l'administration de façon à ce que le choix des responsables se fasse sur l'unique critère de la compétence et à ce que cesse immédiatement les nominations dans les hautes fonctions de l'État sur la foi des allégeances ;
la neutralité des mosquées tout en mettant un terme au phénomène des milices et en évitant tout retour à la dictature ;
la sauvegarde des libertés collectives et individuelles acquises et les prémunir de toutes les éventuelles violations et menaces, et ce aussi bien pour la liberté de la presse, d'expression et d'organisation tout en préservant les acquis modernes pour la société tunisienne et en premier les droits de la femme ;
l'application de la loi de façon à prévenir les dangers du terrorisme qui menacent la sécurité sociale et les intérêts nationaux et internationaux de la Tunisie ;
la consolidation du rôle de la Tunisie au niveau international en évitant l'alignement sur aucun axe étranger et en se conformant à la neutralité positive dans le cadre des principes de respect des droits de l'homme, des peuples et des conventions internationales y afférentes.

Autour de cette initiative se rassemble une dizaine de personnalités, dont d'anciens ministres du gouvernement Caïd Essebsi parmi lesquels Taïeb Baccouche, Lazhar Karoui Chebbi et Ridha Belhaj5.
Parti politique

Au mois de mai, on annonce qu'il s'apprête à transformer l'initiative en un parti politique et qu'il annoncera sa création lors d'un grand meeting . Celui-ci a lieu le 16 juin au Palais des congrès de Tunis en présence de 6 à 7 000 personnes.

Lors de ce meeting, il demande à rassembler tous les Tunisiens ainsi que le mouvement Ennahda pour trouver un moyen de sortir de la crise . Concernant les destouriens, il refuse leur exclusion qui serait selon lui anti-démocratique et encourage la justice à faire son travail, de même pour les hommes d'affaires9. Il précise par ailleurs que la révolution n'a été faite par aucun parti politique, n'hésitant pas à critiquer le gouvernement et ses actions.

Le 18 octobre 2012, le coordinateur du parti à Tataouine, également dirigeant régional de l'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche, meurt en marge d'affrontements entre ses partisans et des manifestants proches d'Ennahda10. Selon un représentant du parti, il est mort après avoir été tabassé alors que le porte-parole du ministère de l'Intérieur assure qu'il a été terrassé par une crise cardiaque. Béji Caïd Essebsi dénonce le lendemain le « premier assassinat politique depuis la révolution »

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La rédaction

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