jeudi 18 juillet 2013

Le message que les Égyptiens, adressent aux Turcs.



On ne connait aucun ennemi à Mr  Erdogan. , mais tous ses amis le détestent cordialement.


Le porte-parole de la présidence, Ahmed Elmoslamny, a déclaré mardi 16 juillet , que les prises de position d’Ankara constituaient «une ingérence dans les affaires internes égyptiennes», soulignant que son pays ne s’était pas prononcé «sur ce qu’il s’est passé place Taksim », là où des dizaines de milliers de Turcs se sont mobilisés contre le gouvernement de l’islamiste Recep Tayyip Erdogan.
Un peu plus tôt, Badr Abdellaty ,porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, avait exprimé dans un communiqué «un fort ressentiment» du nouveau pouvoir au Caire à l’égard d’Ankara. Réagissant à ce mécontentement, Ahmet Davutoglu, le ministre turc des Affaires étrangères, a répondu hier que si son gouvernement était coupable «d’ingérence», la remarque valait également pour les pays «qui ont soutenu le coup d’État ou qui ont félicité le nouveau gouvernement par intérim».
Les islamo-conservateurs du parti de la Justice et du Développement ( AKP ), qui ont des grandes affinités avec les Frères musulmans égyptiens, ont plus logiquement multiplié les déclarations de soutien au président égyptien déchu.
Ankara de plus en plus isolé

«À l’heure actuelle, mon président en Égypte est Mohammed Morsi, car il a été élu par le peuple. Considérer les choses autrement reviendrait à mépriser le peuple», a encore déclaré ce week-end le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, à l’occasion d’un dîner de rupture du jeûne de ramadan. Les médias progouvernementaux suivent la même ligne. Et l’agence de presse officielle, Anadolu Ajansi, qui reste muette sur la répression qui s’abat sur les contestataires de la place Taksim à Istanbul, retransmet en direct les manifestations pro-Morsi qui se déroulent sur la place Rabia-al-Adawiya au Caire.
En plus de la légitimité des urnes égyptiennes, le chef du gouvernement rappelle les mauvais souvenirs laissés en Turquie par l’intrusion des militaires dans le processus politique. «Nous avons beaucoup souffert des coups d’État militaires, a-t-il dit. Nous ne voulons pas que nos frères égyptiens en souffrent eux aussi.»

Le dernier coup d’État remonte à 1997, lorsque les généraux turcs ont forcé à la démission le premier ministre, Necmettin Erbakan. Ce «coup postmoderne» est encore très frais dans les mémoires. Il a été ravivé par les tentatives des généraux en 2007 d’empêcher l’accès à la présidence de la République d’Abdullah Gül, au passé islamiste. Depuis, les islamo-conservateurs sont parvenus à faire sortir l’armée ,pour un temps , de la scène politique. Mais l’amendement à l’article 35 du Code des forces armées, voté samedi par les députés, est peut-être à interpréter comme une méfiance persistante: l’état-major avait invoqué ce texte pour justifier les coups d’État de 1960, 1971 et 1980.
La proximité avec les Frères musulmans de la rive sud de la Méditerranée, ses alliés sur la scène régionale, explique aussi la position du gouvernement AKP. «Le coup d’État en Égypte est une sérieuse atteinte aux calculs de la politique étrangère (d’Erdogan, NDLR) pour le Moyen-Oient qui est basée sur la promotion de l’islam politique», estime l’éditorialiste Semih Idiz.

La semaine dernière un congrès mondial des frères musulmans s’est réuni à Ankara sous le regard bienveillant des autorités turques . Au menu de ce congrès réunir tous les moyens pour installer des théocraties islamistes en Egypte ,Syrie ,Libye Tunisie Algérie et Jordanie

En refusant de reconnaître le gouvernement égyptien provisoire, la diplomatie turque risque d’affaiblir encore un peu plus son influence, déjà déclinante, dans la zone. La Turquie n’est déjà pas au mieux avec la Syrie, le Liban, Israël, Irak, l’Iran, sans parler de Chypre ou de l’Arménie.

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