lundi 29 juillet 2013

La Tunisie à la croisée des chemins




le terrorisme connaît le prix de tout et la valeur de rien.


La Tunisie va-t-elle sombrer dans le cauchemar vécu par l’Algérie durant la décennie 1990 ? Beaucoup de similitudes existent entre les deux pays, qui font craindre le pire pour nos voisins qui, malheureusement, n’ont pas assez de moyens pour y faire face. On dit que l’histoire est un éternel recommencement. Il y a des raisons de le croire. Quand le peuple s’est soulevé le 5 Octobre 1988, le FIS a profité de la situation pour récupérer la colère populaire et pour s’infiltrer ensuite dans les rouages de l’Etat avant de s’engager dans le terrorisme à grande échelle.

Ennahdha de Rached Ghannouchi a fait de même. Il a profité du soulèvement populaire déclenché par la mort d’un jeune à Sidi Bouzid pour s’engouffrer dans la brèche et récupérer à son profit la révolution naissante, alors qu’il n’a joué aucun rôle dans l’histoire.
Vainqueur des élections pour la Constituante, sa gestion des affaires a été caractérisée par l’apparition de la violence islamiste.
Celle-ci s’est exprimée jeudi avec l’assassinat d’un député militant de la démocratie et farouche opposant au fascisme islamiste, Mohamed Brahmi. Avant lui, Chokri Belaïd, une grande figure du combat démocratique, a été assassiné dans les mêmes conditions il y a six mois.

Dans les deux cas, l’opposition tunisienne unanime a accusé Ennahdha d’être le commanditaire des crimes. Bien entendu, Ghannouchi a démenti, comme le faisait Abassi Madani en son temps, avec la différence que le premier, plus intelligent, a condamné l’assassinat de Brahmi, alors que le second a toujours refusé de condamner le terrorisme.

Ayant atteint les sommets de l’Etat, Ghannouchi n’est pas prêt à abandonner cette chance qui s’est offerte à lui d’imposer une société gérée par la charia. Pourtant, son bilan est négatif. La Constituante, qui avait une année pour préparer une nouvelle Constitution, accuse un très grand retard. Ennahdha est accusé de provoquer le blocage pour ne pas avoir à aller à des élections qui se concluraient par sa totale défaite, selon les sondages. Il a également échoué sur le plan économique, surtout que les touristes, une des principales sources de revenu en devises, ont peur de se rendre en Tunisie. Enfin, les Tunisiens ont constaté que le salafisme n’est pas combattu avec détermination et qu’il bénéficierait même d’une certaine complaisance. Le blocage est total pour l’instant.

Il faut craindre un développement du terrorisme islamiste qui plongerait alors le pays dans une situation inextricable. Dans cette grisaille, il y a cependant la société civile tunisienne et les partis démocratiques qui n’acceptent pas le bradage de leur liberté et qui luttent merveilleusement pour que la Tunisie reste ancrée dans la modernité. C’est dire que l’espoir n’est pas perdu.
Tayeb Belghiche

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