samedi 16 mars 2013

La Corée du Nord menace l'ONU

КНДР Северная Корея Ким Чен Ын
Photo : EPA


L'énigmatique Kim Jong-un, le plus jeune fils de l'ex-dirigeant nord-coréen Kim Jong-il, a succédé à son père, lundi 19 décembre, quelques minutes après l'annonce du décès de ce dernier. Il accède à la tête de l'unique dynastie communiste au monde, sans avoir rien laissé transparaître de sa personnalité ni de ses intentions.

Kim Jong-un a promis de prendre des «mesures sérieuses » en réponse au resserrement récent des sanctions de l'ONU contre son pays. Les analystes soulignent que cette déclaration voudrait dire que la Corée du Nord se prépare à un test nucléaire éventuel.

Précédemment, la Corée du Nord a promis de prendre des « contre-mesures physiques » envers la Corée du Sud, si elle soutient les sanctions de l'ONU imposées à Pyongyang en raison du lancement récent d'un missile balistique.

Mardi dernier, le ministère de la Défense de la Corée du Nord avait déclaré qu'il continuerait à développer la technologie des missiles et à réaliser des essais nucléaires contre son « ennemi mortel » - les États-UnisИсточник: Голос России.

Armes nucléaires en Corée du Nord




Les armes nucléaires en Corée du Nord sont un sujet diplomatique particulièrement tendu, notamment entre la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis. La Corée du Nord est partie prenante du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) jusqu'au 10 janvier 2003 où elle se retire après avoir été accusée de mener un programme clandestin depuis au moins 1989. Après plusieurs cycles de négociations comprenant la Corée du Sud, le Japon, les États-Unis, la Russie et la Chine, la Corée du Nord a plus ou moins montré des signes d'apaisement dans sa volonté d'acquérir l'arme nucléaire. Mais au final, elle procède à un essai nucléaire le 9 octobre 2006 à un second, plus puissant et sans ambigüité sur sa nature, le 25 mai 20093,4ainsi qu'un troisième le 12 février 2013.

La communauté internationale est particulièrement inquiète, d'autant plus que la Corée du Nord développe un programme de missiles balistiques pouvant servir de vecteur à l'arme nucléaire, et que cette poursuite en avant de la part du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il et de son successeur Kim Jong-un, malgré les menaces de sanctions de la communauté internationale ou les différentes tentatives d'apaisement sud-coréennes, ne semble pas suivre la raison5. D'autres analystes voient dans cette fuite en avant une façon pour la Corée du Nord d'extorquer des garanties de sécurité, ainsi qu'une aide économique et matérielle6,7.




Le réacteur de Yongbyon qui a fourni le combustible utilisé pour les armes nucléaires.

Dès la guerre de Corée qui opposa principalement les Nord-Coréens aux Sud-Coréens alliés aux Américains, ces derniers ont laissé la porte ouverte à l'utilisation de l'arme nucléaire contre le nord. À partir de 1958 dans le contexte de la guerre froide et des relations inter-Corées marqués par de multiples incidents et accrochages meurtriers, les États-Unis installent des armes dotées de têtes nucléaires en Corée du Sud et visant la Corée du Nord dont des missiles de croisière Matador, le stock ayant eu un maximum de 950 ogives8. À la fin des années 1970 sous l'administration de Jimmy Carter, les armes commencent à être retirées. Ce retrait est complet en décembre 1991 sous l'administration de George H. W. Bush dans le cadre des initiatives de visant à rapatrier ces armes outre-mer. Ces menaces ont vraisemblablement incité la Corée du Nord à se doter de l'arme nucléaire9,10.

La première installation de recherche nucléaire en Corée du Nord remonte à 1965 avec la fourniture par l'Union soviétique d'un réacteur de recherche qui est installé à Yongbyon. La fourniture de la matière fissile est assurée par la Corée du Nord elle-même qui dispose de gisements d'uranium 9.
Révélation du programme clandestin[modifier]

Au milieu des années 1970, un second réacteur est construit, la Corée du Nord n'acceptera en 1977 que l'inspection du premier réacteur par les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Ce n'est qu'en 1980 que le programme clandestin d'obtention de l'arme nucléaire commence vraiment9.

En 1985, la Corée du Nord signe le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et la même année les services de renseignement américains découvrent la construction d'un troisième réacteur.

En 1990 grâce à des photos satellites, les États Unis font état d'une nouvelle installation. Sous la pression diplomatique, la Corée du Nord accepte de signer un accord avec l'AIEA permettant l'inspection des installations nucléaires. 6 inspections de l'AIEA sont donc autorisés entre mai 1992 et janvier 1993. Cependant, la CIA et le Pentagone accusent toujours en janvier 1993 la Corée du Nord d'engager un programme clandestin. Or, la preuve de cette clandestinité fut en réalité l'extraction traditionnelle et légale de barres de plutoniums de leurs installations nucléaires. Suite à cela, deux installations ne peuvent être inspecté par l'AIEA.

Ce fait déclenche une tentative de retrait du TNP par la Corée du Nord9 et une radicalisation de la crise diplomatique :
Accord avec les États-Unis[modifier]
Article connexe : Relations entre les États-Unis et la Corée du Nord.

En 1994 l'administration de Bill Clinton déclare que si la Corée du Nord fabrique des armes nucléaires, elle n'exclut pas une intervention militaire. Interviewé le 3 avril 1994 par NBC-TV, le secrétaire d'État à la défense William Perry dit qu'« Il est concevable que les actions - américaines - puissent aller jusqu'à provoquer les Nord-Coréens dans le déclenchement d'une guerre et c'est un risque que nous acceptons de prendre ». Son prédécesseur Les Aspin avance que :« Notre objectif est centré sur la nécessité d'étendre notre pouvoir dans des régions vitales pour nos intérêts et de vaincre des puissances régionales potentiellement hostiles telle que la Corée du Nord et l'Irak ». En mai 1994, le sénateur républicain John McCain quant à lui, influent dans les affaires étrangères, préconise un bombardement de la centrale de Yongban en admettant que « cela pourrait libérer des radiations nucléaires ».

Le président Jimmy Carter part en juin 1994 pour la Corée du Nord négocier avec le président Kim Il-sung un arrêt complet du programme nucléaire nord-coréen. Ce dernier est officialisé en octobre 1994 et l'AIEA met sous scellé les barres de combustibles produites par les Nord-coréens 11.

L'administration de Bill Clinton commence alors à négocier avec la Corée du Nord un arrêt définitif de son programme, en échange d'une aide économique bien qu'elle sache que Pyongyang développe depuis 1998 un second programme nucléaire clandestin11. C'est dans ce contexte qu'est signé à Genève le 21 octobre 1994 l'accord-cadre entre les États-Unis et la Corée du Nord. Cet accord prévoit l'arrêt et le démantèlement de son programme nucléaire militaire en échange d'une aide économique ainsi que de l'engagement de fournir à la Corée du Nord des centrales à eau légère qui ne peuvent être utilisées que pour le nucléaire civil. Pour les Nord-Coréens, le recours à l'énergie nucléaire devait officiellement permettre de pallier la crise énergétique, notamment après la fin des approvisionnements en pétrole soviétique à des conditions préférentielles, tandis que l'accès de tous les États au nucléaire civil constitue l'un des fondements du TNP. Toujours selon l'accord, la création des centrales doit être réalisée via l'Organisation de développement énergétique coréenne (KEDO) auquel participent plusieurs pays (les deux Corées, les États-Unis, le Japon, l'Union européenne, l'Australie et d'autres pays).

La poursuite d'un programme clandestin et l'élection de George W. Bush inverse totalement la politique américaine à l'égard de la Corée du Nord12.
Poursuite du programme clandestin[modifier]

L'arrivée au pouvoir de George W. Bush en 2000 condamne toute possibilité de concrétisation de l'accord-cadre de 1994. Selon le spécialiste américain de la Corée du Nord John Feffer, « les forts soupçons que les néo-conservateursont toujours nourris vis-à-vis de la détente, ou « engagement » dans le jargon d'aujourd'hui, expliquent beaucoup de choses sur la politique américaine actuelle (en 2006) envers la Corée du Nord. La méfiance vis-à-vis des traités sur le contrôle des armements signés avec l'Union soviétique dans les années 1970 trouve son parallèle dans le rejet de l'accord-cadre de 1994, qui a gelé les capacités nucléaires de la Corée du Nord en échange d'incitations économiques et politiques que les partisans américains de la ligne dure furent finalement réticents à fournir. La croyance en un renforcement de l'Union soviétique dû à l'extension des relations commerciales, comme la peur que le commerce ait pareillement profité à la Chine, se traduit aujourd'hui par une réticence similaire à s'engager économiquement avec la Corée du Nord » 13

Selon le sous-secrétaire d'État James Kelly et son assistant J. Pritchard, Kang Suk-ju, vice-ministre nord-coréen des affaires étrangères, leur aurait avoué l'existence d'un tel programme, lors de sa visite d'octobre 2002 à Pyongyang. Bien que cet aveu ait été nié par la Corée du Nord et que d'autres membres de la délégation américaine aient insisté sur une surinterprétation de M. Kelly, les États-Unis ont décidé de suspendre officiellement leurs engagements pris lors de l'accord-cadre de 199414.
Programme nucléaire clandestin et retrait du TNP[modifier]

Accusée par les États-Unis de poursuivre un programme clandestin d'enrichissement de l'uranium, la Corée du Nord a décidé d'expulser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique en décembre 2002 et de se retirer du traité de non-prolifération nucléaire en janvier 2003. En effet, la Corée du Nord niait la conduite d'un tel programme d'enrichissement d'uranium, tout en reconnaissant mener un programme d'enrichissement à base de plutonium dans la ville de Yongbyon.

Cependant, l'audition par le Congrès américain du responsable des renseignements américains en Corée du Nord, M. Joseph deTrani, en février 2007, a mis en doute l'existence d'un tel programme clandestin d'enrichissement de l'uranium. David Albright, président de l'Institut pour la science et la sécurité internationale (ISSI) et ancien inspecteur de l'ONU, a fait une comparaison avec les informations des services de renseignements américains sur l'Irak, à la veille du conflit : les services secrets américains affirmaient que l'Irak détenait des armes de destruction massive, avant que cette information ne soit remise en cause15. Comme pour l'Irak, les affirmations des services secrets américains se fondaient largement sur l'achat de milliers de tubes d'aluminium, supposées servir à la construction de centrifugeuses16.

Finalement, le 13 mai 2009, la Corée du Nord annonce officiellement qu'elle allait débuter l'enrichissement d'uranium 17.
Justifications de son « droit à détenir » l'arme nucléaire[modifier]

La Corée du Nord a toutefois justifié la possibilité de détenir l'arme nucléaire comme une arme de dissuasion vis-à-vis des États-Unis ; en contrepartie de l'abandon de tout programme nucléaire militaire, elle demande le retrait des troupes américaines de Corée du Sud et des garanties de sécurité contre une éventuelle agression américaine.

La Corée du Nord demande également le retrait des armes nucléaires que détiendraient les États-Unis en Corée du Sud alors que ceux-ci nient que de telles armes sont stationnées en Corée depuis le retrait global des armes nucléaires tactiques de l'inventaire en 1992.
Cycles de négociation multilatérale[modifier]
Article détaillé : Sanctions financières américaines contre la Corée du Nord.

La crise ouverte en 2002 sur le nucléaire nord-coréen a entraîné plusieurs cycles de négociations à six parties (Corée du Nord, Corée du Sud, États-Unis, République populaire de Chine, Japon, Russie).

À l'issue du dernier cycle de négociations à six lors de la conférence de Pékin, à la fin de l'été 2005, la Corée du Nord a accepté de renoncer à l'arme atomique le 19 septembre 2005 sous réserve, d'une part, que la communauté internationale autorise son programme de nucléaire civil afin de réduire sa dépendance énergétique, et d'autre part qu'elle dispose de garanties de sécurité pour prévenir une attaque américaine à son encontre.

La mise en œuvre de l'accord, formulé en termes généraux, a buté sur des difficultés d'interprétation et, plus fondamentalement, sur des objectifs divergents des différentes parties à la conférence de Pékin : si la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon, la Chine et la Russie ne souhaitent pas que la Corée du Nord soit une puissance nucléaire, seuls les États-Unis poursuivent l'objectif d'un changement de régime à Pyongyang (alors que le Japon et la Corée du Sud craignent la déstabilisation régionale qui résulterait d'un tel changement politique en Corée du Nord). De ce point de vue, la question nucléaire coréenne apparaît, pour les Américains, comme un argument parmi d'autres (les droits de l'homme, les trafics dont Washington accuse Pyongyang malgré les démentis de la Corée du Nord qui tire argument du manque de preuves tangibles) pour faire chuter le régime de Pyongyang. Les sanctions financières américaines contre la Corée du Nord, depuis la fin de l'année 2005, s'inscrivent dans une même logique de rapport de force.

En déplacement à Tokyo le 18 mai 2006, Kofi Annan, secrétaire général des Nations-Unies, a appelé à "poursuivre les négociations pour convaincre Téhéran et Pyongyang de renoncer à leurs programmes nucléaires" (source : dépêche AFP, 19 mai 2006), condamnant implicitement selon certains les menaces américaines et, dans le cas coréen, les sanctions financières américaines contre la Corée du Nord.

Cette prise de position est intervenue suite à une proposition de la Corée du Nord de rouvrir les négociations, en recourant à une médiation norvégienne. L'ambassadeur nord-coréen en Europe du Nord Jon In-chan, au cours d'un entretien accordé au printemps 2006 au quotidien norvégien Verdens Gang, a ainsi suggéré que la Norvège agisse comme intermédiaire entre la Corée du Nord et les États-Unis dans de futures négociations. Tandis que les responsables norvégiens ont accueilli favorablement cette proposition, les États-Unis ont préférer réserver leurs commentaires18.
Échec de la conférence de révision du TNP[modifier]

La non-résolution de la question nucléaire en Corée est intervenue dans un contexte d'échec de la conférence de révision du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en mai 2005, laquelle a incombé en premier lieu aux États-Unis selon l'ancien président américain Jimmy Carter : « Les États-Unis sont les principaux coupables de l'affaiblissement du TNP. Alors qu'ils se présentaient comme protégeant le monde des menaces de prolifération en Iraq, Libye, Iran et Corée du Nord (…) ils renonçaient aussi aux promesses du passé et menacent maintenant d'utiliser en premier des armes atomiques contre des États non nucléaires »19.
Essai nucléaire de 2006[modifier]
Articles détaillés : Crise des missiles nord-coréens de juillet 2006 et Essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006.

Site de l'essai nucléaire du 9 octobre 2006

La tension monte d'un cran lors de la crise des missiles nord-coréens de juillet 2006 quand la Corée du Nord procède entre 7 et 10 tirs de missiles balistiques, dont 1 missile balistique intercontinental de type « Taepodong-2 » d'une portée théorique de 3 500 à 6 700 km susceptible d'atteindre les territoires américains d'Hawaii et de l'Alaska en contradiction avec ses engagements antérieurs.

La crise a atteint un nouveau palier critique avec l'annonce officielle par la Corée du Nord d'un essai nucléaire de faible puissance le lundi 9 octobre 2006 à 10h36 (heure locale) sur le site deHwadaeri, près de Kilju, à 100 km de la frontière chinoise. Cet essai a été dénoncé par toute la communauté internationale, y compris par la République populaire de Chine, principal soutien de la Corée du Nord. La résolution 1718 du Conseil de sécurité des Nations unies imposa des sanctions.

Selon les services de renseignement sud-coréens, la Corée du Nord disposerait de 40 kilogrammes de plutonium ce qui lui permettrait de réaliser sept bombes atomiques20.

Après l'essai nucléaire nord-coréen du 9 octobre 2006, la Corée du Nord ne fait toutefois plus de la levée des sanctions un préalable à la reprise des négociations sur le nucléaire, mais demande une discussion préliminaire sur ce point dans le cadre de ces négociations à six qui ont repris le 18 décembre 200621,22.
Accord de Pékin de 2007[modifier]

Portée estimé des programmes de missiles balistiques nord-coréens dans les années 2000.
Contenu[modifier]

Après l'essai nucléaire du 9 octobre 2006, une nouvelle session de pourparlers à six parties s'est tenue à Pékin du 8 au 13 février 2007.

À l'issue de ces discussions, il a été convenu, selon l'agence nord-coréenne KCNA, la "suspension temporaire des activités des installations nucléaires de la République populaire démocratique de Corée" (RPDC)23, en contrepartie d'une aide économique et énergétique équivalent à un million de tonnes de pétrole brut.

Aux termes d'une déclaration conjointe signée entre les différents participants24, une première livraison de 50 000 tonnes de pétrole brut doit intervenir dans un délai de 60 jours. Toujours selon les termes de cette déclaration conjointe, la Corée du Nord doit inviter du personnel spécialisé de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) pour exécuter les vérifications et les contrôles nécessaires des installations nucléaires de Yongbyon25.

Par ailleurs, selon une déclaration conjointe américano-nord-coréenne publiée le 13 février 2007 à l'issue de cette même session de pourparlers, "La RPDC et les États-Unis commenceront des négociations bilatérales visant à résoudre les problèmes en cours et à progresser vers des relations diplomatiques complètes"26. Selon les observateurs étrangers, les États-Unis envisageraient la levée des sanctions financières qu'ils ont prises à l'égard de la RPDC en contrepartie de la fermeture du réacteur nucléaire de Yongbyon27.

En outre, toujours selon l'agence chinoise Xinhua, "la RPDC et le Japon vont également entamer des pourparlers bilatéraux destinés à adopter les étapes nécessaires afin de normaliser leurs relations"28.

Si le ministère français des affaires étrangères a déclaré "se réjouir" de l'accord signé le 13 février, il n'a en revanche pas annoncé officiellement, contrairement aux États-Unis et au Japon, l'ouverture de négociations bilatérales en vue de la normalisation des relations diplomatiques de la France avec la RPDC, ni fait état d'une participation française aux mesures d'aide économique mentionnées dans l'accord29 (voir aussi l'article détaillé sur les relations entre la Corée du Nord et la France).
Suites de l'accord : la fermeture temporaire du site de Yongbyon[modifier]

Photo de l'intérieur de la centrale de Yongbyon.

Une nouvelle phase de négociations s'est ouverte à Pékin le 19 mars 2007.

Le négociateur nord-coréen Kim Gye-gwan a demandé la levée de l'ensemble des mesures de restriction américaines pesant sur les fonds nord-coréens détenus par la Banco Delta Asia (BDA) comme préalable à la fermeture des installations nucléaires de Yongbyon30. Un accord est intervenu en ce sens le 19 mars 2007 : les fonds nord-coréens détenus par la BDA seraient restitués à Pyongyang par l'intermédiaire d'une banque chinoise, mais l'interdiction pour les institutions financières américaines de traiter avec la BDA serait maintenue31.

Toutefois, le transfert des fonds de la BDA à la Corée du Nord s'est heurté à des problèmes techniques et n'a été opéré qu'après plus de trois mois de discussion, en juin 2007. La restitution de ce fonds a levé le principal obstacle à la mise en œuvre de l'accord du 13 février 2007. Fin juin 2007, le retour des inspecteurs de l'AIEA à Pyongyang a ouvert la voie, dans un premier temps, à la fermeture du réacteur nucléaire de Yongbyon. Dans un second temps, la désactivation du réacteur serait conduite conjointement à celle de l'ensemble des programmes nucléaires militaires nord-coréens32.

Le directeur général de l'AIEA a déclaré, le 18 juillet 2007, que les inspecteurs de l'Agence avaient constaté la fermeture de la totalité des cinq installations du site de Yongbyon. Parallèlement s'est ouvert à Pékin un nouveau cycle de négociations à six sur le nucléaire nord-coréen33.
Normalisation des relations avec l'AIEA[modifier]

Après l'accord conclu à Pékin le 13 février 2007, Mohamed ElBaradei, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a été invité à Pyongyang. À l'issue de sa visite, il a déclaré, le 14 mars 2007, que les discussions avaient été "tout à fait utiles" et que les autorités nord-coréennes avaient "réitéré leur engagement à la dénucléarisation de la péninsule coréenne"34. Selon Mohamed ElBaradei, sa visite ouvre la voie à une normalisation des relations entre l'AIEA et la Corée du Nord35.

Les inspecteurs de l'AIEA avaient quitté la Corée du Nord en décembre 2002, et la République populaire démocratique de Corée avait annoncé son retrait du traité de non-prolifération nucléaire en janvier 200336.
Sixième session de pourparlers à six[modifier]

Une nouvelle session de pourparlers à six s'est ouverte le 26 septembre 2007 à Pékin pour examiner les suites de la mise en œuvre de l'accord du 13 février37.

Après que la Corée du Nord eut réaffirmé, dès juillet, son accord pour fournir une liste complète de ses programmes nucléaires et désactiver l'ensemble de ses installations, un calendrier doit être établi.

Les 50 000 tonnes de fioul prévues dans l'accord du 13 février, après la fermeture de la centrale de Yongbyon, ont été fournies par la Corée du Sud. Par ailleurs, le président américain George W. Bush a donné son accord pour la fourniture, par les États-Unis, d'une aide énergétique d'un montant de 25 millions de dollars.

Les six parties ont annoncé, le 30 septembre 2007, être parvenues à un accord qui nécessitait toutefois l'accord des différents gouvernements avant d'être rendu public38.

Aux termes de cet accord, La Corée du Nord s'engage à démanteler les trois réacteurs nucléaires de son site de Yongbyon d'ici le 31 décembre ainsi qu'à fournir, avant la fin de l'année, la liste complète de ses activités nucléaires. En contrepartie, elle doit recevoir un million de tonnes de fioul, comme prévu dans l'accord du 13 février. Enfin, les États-Unis sont chargés de superviser et de financer les activités de démantèlement39.

Le département d'État des États-Unis a annoncé, le 5 novembre 2007, que des experts américains avaient engagé le processus de "démantèlement" des installations nucléaires de la Corée du Nord40.
Reprise du programme en 2008[modifier]

Localisation de l'essai nucléaire du 25 mai 2009.
Suspension de l'accord de 2007[modifier]

Alors que la centrale nucléaire de Yongbyon était fermée en juillet 2008 et que le début de la destruction d'un réacteur de cette centrale le 27 juin 2008 avaient laissé entrevoir la fin du programme nucléaire militaire Nord-Coréen, la situation se dégrade de nouveau lorsque que la Corée du Nord annonce fin août avoir suspendu le démantèlement de ses installations atomiques suite au piétinement des négociations.

En septembre 2008, l'annonce d'un processus de réactivation de la centrale de Yongbyon est annoncé suite officiellement au refus des États-Unis de retirer de sa liste des États soutenant le terrorisme crée de nouvelles tensions diplomatiques41, mais les États-Unis retirent la Corée du Nord de la liste des États soutenant le terrorisme le 11 octobre 2008.

Le 5 avril 2009, le tir de la fusée Kwangmyŏngsŏng-2 condamné par le conseil de sécurité de l'ONU et l'arrêt de toute coopération avec l'AIEA augmente de nouveau la tension42.
Essai nucléaire de 2009[modifier]
Article détaillé : Essai nucléaire nord-coréen du 25 mai 2009.

Deux ans et demi après son premier essai, la Corée du Nord a annoncé le 25 mai 2009 avoir réalisé à 1h53 (GMT) un second essai nucléaire souterrain43 d'une puissance évaluée entre 10 et 20 kilotonnes par le ministère russe de la Défense2 et entre 2 et 4 kilotonnes par le Commissariat à l'énergie atomique français1.

La faible puissance des deux essais atomiques serait dû à une expérience de la République démocratique et populaire de Chine, sur le sol nord-coréen, afin de contourner les traités internationaux de non-prolifération. Pékin expérimenterait ainsi des charges nucléaires type mini nuke, pour optimiser son arsenal. Cela expliquerait les atermoiements de la diplomatie chinoise sur le cas de prolifération du voisin nord-coréen, « État vassal » de la Chine depuis 1949. Cette thèse répond aux paradoxe d'un pays aux potentiels économiques très limités incapable seul de réaliser un programme strictement national44.

L'essai de 2009 suscite un nouveau tollé de la communauté internationale et une condamnation unanime du Conseil de sécurité de l'ONU. La Corée du Sud s'engage suite à cela pleinement à l'initiative de sécurité en matière de prolifération (PSI), ce qui est aussitôt dénoncé comme une provocation par la Corée du Nord qui dénonce l'armistice de 195345.

Après le vote à l'unanimité de la résolution 1874 alourdissant les sanctions contre le régime nord coréen le 12 juin 2009 46, ce dernier déclare que tout le plutonium extrait sera utilisé à des fins militaires et qu'il va débuter l'enrichissement d'uranium 47. Le 4 septembre 2009, il annonce être au stade final d'enrichissement d'uranium 48.

L'annonce le 21 novembre 2010 de la mise en service d'une usine d'enrichissement d'uranium à Yongbyon par la Corée du Nord relance et amplifie la crise49 alors que 48 heures plus tard l'artillerie nord-coréenne bombarde l'île sud-coréenne de Yeonpyeong.
Accord de février 2012[modifier]

La Unha-3 sur son pas de tir avant son lancement raté du 13 avril 2012.

L'arrivée au pouvoir de Kim Jong-eun fin 2011 après le décès de son père avait laissé entrevoir la possibilité d'une amélioration des relations entre la Corée du Nord et l'Occident.

Le 29 février 2012, l’administration Obama signe un accord avec la Corée du Nord concernant la distribution de 240 000 tonnes d’aide alimentaire tout au long de l’année prochaine, contre l’arrêt de tout lancement de missiles et de tout essai nucléaire.

Néanmoins, le tir d'une fusée Unha-3 emportant officiellement le satellite Kwangmyŏngsŏng-3 le 13 avril 2012 brise celui-ci50 et ravive l'inquiétude de la communauté internationale.
Escalade de 2012-2013[modifier]
Article détaillé : Essai nucléaire nord-coréen du 12 février 2013.

Le 12 décembre 2012, la Corée du Nord réussit le lancement d’une fusée. Le 24 janvier 2013, deux jours après avoir été condamnée par le Conseil de sécurité des Nations-Unies pour le lancement de cette fusée, la Corée du Nord annonce qu'elle procédera à un nouvel essai nucléaire51. À la télévision nord-coréenne, le présentateur annonce ouvertement que cet essai est dirigé contre leur « ennemi », les États-Unis52. Celui-ci est effectué le 12 février 2013 et est estimé par les services sud-coréens à entre 6 et 7 kilotonnes53. Il est condamné par une très large majorité de la communauté internationale54.

Le 5 mars 2013, la Corée du Nord menace de dénoncer l'armistice de 1953 avec la Corée du Sud55. Le 7 mars 2013, alors que le conseil de sécurité doit se réunir pour discuter de nouvelles sanctions, la Corée du Nord menace d'une « frappe nucléaire préventive »56 : « Comme les États-Unis sont sur le point de déclencher une guerre nucléaire, nous exercerons notre droit à une attaque préventive contre les quartiers généraux de l'agresseur afin de protéger notre intérêt suprême. » a déclaré le porte-parole des affaires étrangères dans un communiqué diffusé par l'agence de presse officielle KCNA.

Le 8 mars 2013, la Corée du Nord annonce ne plus être liée par les protocoles de paix qui ont mis fin à la guerre de Corée et ferme tous les points d'accès avec la Corée du Sud. Les généraux nord-coréens affirment que leurs missiles à longue portée visent le continent américain57.

Le 11 mars 2013, en réaction au début de manœuvres militaires conjointes entre les États-Unis et la Corée du Sud, la Corée du Nord aurait, d'après Al Jazeera, dénoncé l'armistice de 1953. L'annonce aurait été faite dans le Rodong Sinmun, le journal du parti communiste au pouvoir58. Toutefois, au moment où ces lignes sont écrites, cette information n'est pas reprise dans d'autres journaux.


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