mercredi 16 janvier 2013

Les beys de Tunis, une monarchie dans la tourmente



Les hommes sont comme les chiffres: ils n'acquièrent de valeur que par leur position.
 Le bey de Tunis est à l'origine un simple préfet représentant l'Empire ottoman à Tunis (Tunisie).

À partir du xviiie siècle, les beys issus de la dynastie des Husseinites acquièrent une autonomie de fait, c'est-à-dire une quasi-indépendance, vis-à-vis de leur suzerain : le sultan ottoman. Le premier représentant de cette dynastie est Hussein Ben Ali qui fonde l'État husseinite en 17051.

Le régime beylical, qui met fin à l'épisode d'Ibrahim Cherif qui suit la dynastie des Mouradites, se transforme rapidement en monarchie dont le bey est le souverain.

Bien que son pouvoir effectif ait été affaibli par le protectorat français à partir de 1881, c'est après l'indépendance de la Tunisie, proclamée en 1956, que les beys perdent définitivement leur pouvoir qui est déjà passé de fait dans les mains du parti du Néo-Destour d'Habib Bourguiba. Un éphémère Royaume de Tunisie est proclamé en 1956, bientôt chassé par la république, proclamée à son tour le 25 juillet 1957 qui abolit ainsi tout pouvoir monarchique2.


En 1574, avant de quitter Tunis, Sinan Pacha commandant le corps expéditionnaire qui avait pris possession de la ville au nom du sultan ottoman, procède à la mise en place du gouvernement de la nouvelle province. Celui-ci est dirigé par un pacha nommé pour trois ans assisté du diwan ou conseil de la régence qui comprend les officiers supérieurs ou deys qui sont au nombre de quarante. La prière du vendredi se fait au nom du sultan ottoman, commandeur des croyants, et une nouvelle monnaie frappée en son nom remplace la monnaie hafside.

Une assemblée générale de la milice turque désigne quarante nouveaux deys dont l'un est choisi comme chef de gouvernement et des troupes et un autre, bey du camp, est chargé de lever les impôts et de juger les tribus de l'intérieur lors de tournées semestrielles. Le pacha ne prend plus part aux affaires et le diwan doit être constitué uniquement dans les cas graves. Quelques années plus tard, Alger connaît la même évolution et porte au pouvoir un dey qui garde ses prérogatives jusqu'en 1830.

Visite d'Habib Bey à Paris

Les premiers deys de Tunis savent se concilier avec la population tunisienne. Parmi les premiers deys se détache nettement la personnalité de Youssef Dey qui succède à Othman Dey à la mort de celui-ci en 16103. Tunis doit beaucoup à Youssef Dey qui est secondé par son ministre et ami Ali Thabet. Le dey est alors assisté du bey du camp, ainsi appelé parce qu'il commande la mhalla ou colonie volante chargée de lever les impôts en nature ou en espèce parmi les tribus.

Du fait de ses attributions, il prend peu à peu une grande autorité auprès des tribus et habitants de l'intérieur qui connaissent plus que ce personnage comme représentant de l'autorité. Ce déplacement de pouvoir s'accentue lorsque la charge de bey du camp échoit en 1613 à un renégat nommé Mourad Bey qui fonde la première dynastie beylicale héréditaire

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