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lundi 27 mai 2013

La violence de l’Islam radical doit être combattue en Tunisie


Dans une interview au magazine, Jeune Afrique, le ministre de l’Intérieur français, Manuel Valls, est revenu sur les propos qu’il a tenus au lendemain de l’assassinat de chokri Belaïd où il évoquait la montée d’un "fascisme islamiste", lesquels ont suscité le courroux des autorités tunisiennes, qui ont crié à l’ingérence.

"Je ne visais ni l’islam ni les autorités tunisiennes. Je fais la distinction entre islam et islamisme. […] Mais la violence qui s’exerce au nom de l’islam radical est une réalité qu’il faut combattre. Ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie me donne, je crois, raison", a-t-il souligné.

Manuel Valls avait déclaré jeudi 07 février sur Europe 1 que la France doit "soutenir les démocrates" en Tunisie pour que les "valeurs de la révolution du Jasmin ne soient pas trahies".

"Il y a un fascisme islamique qui monte un peu partout et cet obscurantisme (...) doit être évidemment condamné (...), puisqu'on nie cet État de droit, cette démocratie pour lesquels les peuples libyens, tunisiens, égyptiens se sont battus", a-t-il mis en garde. Manuel Valls a également assuré que "la France ne coopérera jamais quand il s'agit de réprimer un peuple".

Alter Info
l'Information Alternative

dimanche 12 mai 2013

Antisémitisme et antisionisme




Laurent Louis 
© Photo : AFP

De nos jours, toute hypothèse politique déviant de l’optique médiatique imposée est automatiquement reléguée au rang d’élucubration conspirologique. C’est ainsi que certains de mes collègues persistent à crier au diable dès lors qu’ils entendent quelqu’un soulever le thème délicat du 9/11 dans la version qu’en donne M. Meyssan ou Daniele Ganser, professeur d’histoire à l’université de Bâle, auteur des Armées secrètes de l’OTAN. Inutile d’évoquer les démonstrations purement scientifiques avancées par ce dernier ou les arguments imbus de bon sens du fondateur du Réseau Voltaire. Rien n’y fait. Nous sommes, disent-ils, dans l’erreur, dans la paranoïa la plus accomplie qui soit.

D’accord, pourrait-on acquiescer, mais alors, s’il n’y a strictement aucun complot derrière tout ce qui se fait depuis septembre 2001, derrière tout ce qui se fait depuis fin 2010 avec le déclenchement successif de ce qu’on appelle les Printemps arabes, comment s’expliquer que toute une série de pays jusque là étonnamment paisibles se lancent dans des soulèvements meurtriers répondant a priori à d’obscures exigences démocratiques formulées par l’Occident ? Incroyable tout de même ces mouvements de masse tous soucieux d’endosser un occidentalisme made in USA ! Incroyable tout de même à quel point la cyberdissidence peut faire des miracles dans le cadre de mobilisations dites non-violentes ! Alors pour être violentes, certes, tant qu’elles restent subversives, elles n’ont rien de violent. En revanche, on s’aperçoit vite du résultat contraire à partir du moment où elles commencent à porter leurs fruits.

Les Américains, les Français, les Allemands ou qui sais-je encore sont de simples « cancres » me répète bien souvent un collègue, brillant politologue dont, sauf mon respect, je ne puis partager la vision. Sont-ce des cancres qui auraient inventé la stratégie du Grand Echiquier dont on a déjà vu les effets en commençant notamment par le Kosovo ? Sont-ce des cancres qui ont orchestré, via l’Afghanistan, un immense conflit aux frontières russes en armant ensuite les rebelles tchétchènes ? Sont-ce des ignares qui ont su faire en sorte que Kadhafi, pourtant plus que respecté en Lybie, soit trahi par certains Judas de son entourage puis livré en pâture à notre charmante Légion étrangère ? Et les révolutions colorées, dont on ne sait plus si elles sont printanières ou hivernales ? Et les deux ans de campagne inachevées et visiblement inachevables en Syrie qui ont soulevé des foules de mouvements marginaux jusqu’à inquiéter James Clapper, directeur national du renseignement américain ? STOP ! Tel est le message de cet homme autrement plus avisé que nous tous qui ne tient absolument pas à périr au nom d’une idéologie aussi dangereuse pour elle-même que pour autrui. Car il s’agit bel et bien d’une idéologie qui n’hésite plus à se montrer au grand jour.

Souffrirais-je d’hallucinations auditives en entendant M. Bernard Henri-Lévy affirmer (c’était précisément en 2011) que les révolutions arabes, c’était « bon [je pense] pour Israël » ? Monsieur BHL, un cancre ? Quelqu’un qui modèle selon son bon-vouloir, selon des convictions ouvertement sionistes l’esprit politique français, cela, d’une façon très nette, depuis l’ère Sarkozy ? Je suis, surenchérit-il, « inconditionnellement attaché » à Israël, se disant prêt à faire, toujours aussi inconditionnellement, tout ce qui est bon pour l’Etat hébreu. DansDe la guerre en philosophie, livre paru en 2010, BHL formule une thèse fort intéressante selon laquelle, probablement en vertu du Génie du judaïsme qu’il met en exergue dans une partie édifiante de son œuvre, « Israël, c’est intouchable ». Le principe de cet Etat est intouchable, surtout, prend-il soin d’ajouter, il est intouchable pour des tyrans tels Ahmadinejad … Imaginerait-on une déclaration semblable par rapport à la France, par exemple, M. Bernard Henri-Lévy étant avant tout Français, que je sache ? Si je croyais à la métempsychose, j’aurais supposé que notre BHL n’est que la sinistre réincarnation de M. Arthur James Balfour, auteur de la fameuse Déclaration Balfour de 1917. Monsieur Balfour, tout comme Monsieur Rothschild, tout comme notre contemporain, Monsieur BHL, ne sont pas juifs, car ils sont, avant toute chose, sionistes. Bien heureusement, juif et sioniste n’ont jamais été synonymes et ne le seront jamais ! Mes amis juifs le répètent sans cesse eux-mêmes, regrettant d’avoir à subir un amalgame franchement insupportable qui confond une nation sans conteste brillante, une religion qui enfanta le christianisme, à une doctrine expansionniste et exclusiviste aux manifestations criminelles.

Dans le souci d’avoir une illustration plus large de ce qu’est l’antisionisme, j’ai interrogé M. Laurent Louis, député belge indépendant, dont le franc-parler et l’objectivité à toute épreuve désarçonnent plus d’un.

LVdlR. « Pourriez-vous nous expliquer conceptuellement la différence entre antisionisme et antisémitisme, l’amalgame étant hélas souvent fait ?

Laurent Louis. Ce que j’essaye de faire, c’est de banaliser le vocabulaire pour que les gens comprennent, parce que, dans la société actuelle, tout est fait pour transformer ces deux mots en synonymes alors que leur sens est totalement différent. L’antisémitisme est quelque chose que l’on doit condamner de toutes ses forces puisqu’elle sous-entend la haine envers les Juifs (…). C’est ce qui a poussé à l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale et ne peut être jugé que déplorable. L’antisionisme est quant à lui tout à fait différent. Cet engagement vise à combattre la manipulation internationale, c’est combattre au niveau du conflit israélo-palestinien cette volonté d’expansion permanente de l’Etat-voyou d’Israël qui ne respecte absolument pas son voisin palestinien et qui a toujours cette vocation à continuer son développement et à coloniser des terres qui ne lui appartiennent pas (…). L’antisionisme vise aussi à combattre la suprématie des banques supranationales. Ainsi, quand on combat le sionisme, on combat à plus forte raison la politique américaine, les effets de la mondialisation et la politique israélienne. Donc, si l’antisémitisme est plus que condamnable, l’antisionisme est un combat que nous devons aujourd’hui mener, car le sionisme est à l’heure actuelle responsable des crimes les plus graves de notre Histoire et il s’agit d’un combat bénéfique qui ne peut apporter que du bien à l’Humanité.

LVdlR.Selon vous, est-ce que Shimon Peres incarne la personnalité du sionisme si on pouvait bien sûr personnifier ce dernier ?

Laurent Louis. Oui, bien évidemment ! Mais il n’y a pas que lui. Shimon Peres est responsable depuis des dizaines d’années de l’oppression du peuple palestinien mais il le fait avec le soutien plein et entier de ses alliés américains, de ses alliés français, belges, anglais etc. Donc, je pense que Shimon Peres est une figure du sionisme, Obama en est une autre, Elio Di Rupo en est encore une autre tout comme Louis Michel. Vous voyez donc bien qu’il n’y a pas que les Juifs en tant que tels qui peuvent faire figure de proue du sionisme. Tous nos dirigeants qui soutiennent la politique désastreuse d’Israël participent au sionisme.

LVdlR. Donc, selon vous, les politiques respectives menées par les USA et Israël sont interdépendantes ? Israël, dites-vous, pratique une politique véritablement nazie et, en l’occurrence, je soutiens cette thèse. Est-ce que, si la politique de cet Etat n’était pas ce qu’elle est maintenant, la stratégie des USA aurait radicalement changé ?

Laurent Louis. Il est tout à fait clair qu’Israël bénéficie d’un allié de poids que sont les USA. Ca fait 65 ans que le peuple palestinien est opprimé, ça fait 65 ans que pour un arbre abattu par des Palestiniens, il y a 10 Palestiniens qui sont tués ou qui tombent sous les bombes israéliennes, des enfants même y passent. Donc, évidemment, sans le poids des USA, Israël ne pourrait pas mener la politique qu’il mène aujourd’hui … Et il s’agit, certes, d’une politique nazi. On dresse des murs, on prive une population de ses besoins les plus élémentaires. Il est évident que ce conflit israélo-palestinien dépasse largement les frontières de la Palestine ou d’Israël et qu’il détermine un peu la politique mondiale, sachant que c’est un peu le monde qui se joue en Palestine aujourd’hui. Comme on a pu le constater, il y a déjà quelques années, à l’exemple de l’attentat du 11 septembre qui est l’expression du sionisme le plus abouti, la plupart des attentats de ce type ont permis le développement du sionisme un peu partout et ont permis de commettre des crimes horribles. Je pense à ce qui se passe en Afghanistan, en Irak … Actuellement, le projet sioniste s’attaque au Mali, à la Tunisie, à la Lybie, à l’Egypte et ne parlons même pas de la Syrie qui aujourd’hui est en première ligne, subissant les assauts du sionisme.

LVdlR. Est-ce qu’il existe en Belgique un parti ou une organisation essentiellement fondée sur les bases du sionisme ?

Laurent Louis. Etant donné que tous les partis soutiennent la politique d’Israël, je ne vois pas sur quelles autres bases ils peuvent être fondés. En Belgique, les partis politiques sont fondés soit sur la franc-maçonnerie, soit sur le sionisme et les deux se rejoignent dans une certaine mesure. A partir du moment où je vois que la majeure partie des actes politiques ne font que soutenir l’oppression israélienne, je ne peux en conclure qu’une seule chose : que tous ces partis participent à la politique israélienne. Je suis désolé, mais si je devais demain être responsable en Belgique au niveau politique, il serait hors de question pour moi de recevoir des dirigeants d’un pays tel qu’Israël qui sont depuis des années coupables de crimes contre l’humanité.

LVdlR. Bernard Henri-Lévy que vous connaissez sans doute se dit « inconditionnellement attaché » à Israël ou plutôt à son gouvernement. En 2011, il a prétendu que les Printemps arabes profiteraient grandement à l’Etat hébreu. Or, on voit parfaitement que ces soi-disant printemps ont mis au pouvoir des Islamistes qui ont rasé les fondements de ce qu’on appelle souvent, par extension de sens, l’islam éclairé. Comment expliquer qu’Israël puisse gagner à avoir pour voisins ou quasi-voisins des territoires gouvernés par les Islamistes ?

Laurent Louis. Bernard Henri-Lévy qui est souvent l’auteur de magnifiques perles, a cette fois, à mon sens, tout à fait raison. Il dévoile de cette manière-là le projet sioniste. Celui-ci est très-très clair même s’il ne peut pas éclater explicitement aux yeux de l’opinion publique. Les pays du Nord de l’Afrique, que ce soit la Tunisie, la Lybie, l’Egypte étaient des pays stables avec un gouvernement qui n’a certes pas toujours montré les gages d’un gouvernement à 100 pr. démocratique … mais il faut encore voir si la démocratie comme nous la connaissons en Europe peut-être adaptée à l’Afrique et au Moyen-Orient om bien souvent il faut une main forte, très ferme pour maintenir l’ordre … Et donc, aujourd’hui, le projet du sionisme consiste à créer une vague d’instabilité dans telle ou telle région. On a remplacé partout des gouvernements et des responsables politiques laïques - même tentative en ce moment en Syrie – par des intégristes religieux. Je reviens de Tunisie. On voit ce qui s’est passé : la chute de Ben Ali, l’accession au pouvoir du parti Ennahda qui crée une instabilité au sein du pays, une grande division au sein de la population. On divise les peuples ! On le voit également en Egypte, car il ne faut pas oublier que l’Egypte et la Tunisie étaient deux destinations touristiques très importantes ces dernières années et que le tourisme, en ce moment, est en chute libre, parce que l’image que l’on donne de la Tunisie et de l’Egypte est catastrophique. Il y a donc un danger réel qui est que ces pays peuvent se retrouver en régression. La Tunisie, par exemple, a déjà dû – alors qu’elle ne l’avait plus fait depuis des dizaines d’années – emprunter sur des marchés financiers. Ca profite donc à qui ? Evidemment, aux grandes banques internationales, aux USA, à Israël, aux sionistes tout simplement. Et donc, après avoir déstabilisé la région, après avoir installé un peu partout autour d’Israël et de l’Iran des gouvernements religieux islamistes radicaux, les sionistes pourront alors déclarer que ces pays font partie du fameux Axe du Mal qui a été déterminé par ce criminel qu’est Georges Bush et les attaquer comme tels. Il y aura une campagne de publicité qui sera faite. On trouvera peut-être quelques terroristes tchétchènes, tunisiens ou égyptiens qui commettront des attentats aux USA ou en Europe et, au nom de la lutte contre le terrorisme, nos pays occidentaux attaqueront les Etats en question et permettront alors à Israël de se développer encore et toujours, parce que le projet d’Israël, c’est de s’agrandir. On le voit, il ne se contente pas de rester là où il est, il continue la colonisation en Palestine … Mais qui dit que demain cette colonisation ne s’étendra pas à la Syrie si Bachar Al-Assad est renversé, ne continuera pas en Egypte … Tout est possible. Mais on constate en tout cas que nous sommes partis il y a quelques années d’une situation très stable dans les pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient et qu’aujourd’hui, on a mis le feu à toute la région, qu’il y a une véritable déstabilisation qui est crée, une véritable division de la population sur des bases religieuses ce qui est particulièrement dangereux parce qu’on risque à chaque fois la guerre civile. Tous ces facteurs font que je condamne de toutes mes forces ce projet sioniste que la population ne voit pas dans son ensemble parce qu’elle suit les médias traditionnels qui racontent n’importe quoi et moi je vois toujours derrière les actualités la main sioniste. Ca ne m’étonnerait d’ailleurs pas non plus que les derniers attentas de Boston soient également l’œuvre de ce projet sioniste … Comme par hasard, ce sont toujours des musulmans qui sont pointés du doigt et à Boston en lus ce sont des tchétchènes … rien de mieux pour pointer également la responsabilité de la Russie ».

Il ne s’agit pas de lancer un J’accuse creux, dénué de sens, visant à désigner un bouc émissaire ambulant. Trop de faits sont là qu’on ne peut plus se permettre de taire et qui viennent rayer la miraculeuse légende du sui generis, aussi inexistant en politique que dans la nature. Cette prise de conscience ne sera efficace que si les peuples, les groupes ethniques, les personnalités politiques concernés cesseront de réagir aux provocations qui leur sont lancées par un lobby hélas hyperpuissant, comprenant que l’unité des peuples vaut bien plus cher que l’éventuelle satisfaction de certains caprices religieux ou politiques.
Источник: Голос России.

lundi 4 mars 2013

Bashar el Assad prétend vouloir se « venger d’Israël »

Le président Bashar el Assad, lors d’une interview accordée au Sunday Times et publiée ce matin, s’en est pris à la Grande Bretagne qu’il accuse d’intimider la Syrie, et a affirmé que son pays pourrait se venger secrètement (ça commence mal, en l’annonçant dans la presse internationale…) de la présumée attaque israélienne sur une installation syrienne.
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Assad a accusé Londres d’être « naïf, confus et peu réaliste » en tentant de faire lever l’embargo européen sur les armes en direction de la Syrie, ceci dans le but affirmé d’armer les opposants à son régime. « Le problème avec ce gouvernement, c’est que leur réthorique superficielle et immature ne fait que souligner cette tradition de l’intimidation et de l’hégémonie », a-t-il dit. « Comment pouvons nous envisager de demander à la Grande Bretagne de jouer un rôle alors qu’elle est déterminée à militarisé le problème ? Comment pouvons nous envisager qu’ils fassent baisser la violence alors qu’ils veulent ravitailler les terroristes avec du matériel militaire ? »

Au moment où Assad s’exprimait dans le Sunday Times, la guerre civile dans son pays s’approchait de son deuxième anniversaire, avec un bilan connu de 70.000 morts et de près d’un million de déplacés suite aux combats. Semblant calme, et s’exprimant en anglais, le président syrien a appellé les insurgés à déposer les armes et à s’engager dans un dialogue national, renouvellant un appel passé le mois dernier et qui a été interprété comme un signe de désespoir croissant de la part du régime assiégé.

S’exprimant ensuite au sujet du raid israélien qui aurait eu lieu le mois dernier et qui aurait endommagé un site d’armes chimiques, Assad a promis que son pays riposterait comme il l’avait toujours fait, tout en précisant que cette riposte pourrait ne pas être visible. « Nous avons riposté selon nos propres méthodes, et seuls les Israéliens savent ce que nous voulons dire par là. Une riposte ne signifie pas forcément un missile pour un missile, ou une balle pour une balle. Notre propre manière de faire n’a pas à être annoncée. » Vu l’actualité des derniers mois, entre autres depuis qu’Israël aurait détruit un site visant à produire des armes nucléaires en Syrie (épisode durant laquelle la chasse syrienne était restée sagement collée au sol : courageux, mais pas téméraire, les crocodiles syriens), doit-on en déduire que la Syrie, grande alliée du Hezbollah, aurait sa part de responsabilité dans les attentats de Burgas ? Après tout, ce pays a depuis bien longtemps démontré qu’il avait une vision très personnelle de l’art de la guerre…

Assad a également dénié, à l’encontre de tout réalisme et sans la moindre honte, que des combattants iraniens et du Hezbollah avaient été détachés pour soutenir son régime. Il a toutefois refusé de commenter des rapports annonçant que son régime tentait de transférer ses importants stocks d’armes de destruction massive, chimiques entre autre, au Hezbollah. « Nous n’avons jamais, et ne discuterons jamais de nos armements avec qui que ce soit », a-t-il répondu.

Daniel Ben Méir – JSSNews

samedi 16 février 2013

Tunisie : Interview censurée d’Abou Iyadh

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source:To be good again

  le  blog  de  olfa  riyahi 


Mercredi 30 janvier 2013, le leader djihadiste Saifallah Ben Houssein, plus connu sous le nom « Abou Iyadh » accordait une interview filmée au journaliste tunisien Nasreddine Ben Hdid.
L’interview devait passer sur les ondes de Mosaique FM à une heure de grande écoute, le lundi 4 février 2013. Une correspondance adressée par le Ministère Public (Ministère de la Justice) à la direction de la radio empêcha cette dernière de diffuser l’interview [voir détails ici]. Il ne s’agit cependant pas du premier cas de censure imposée officiellement aux médias tunisiens. Tout de même, et comme toute censure, celle-ci a eu l’effet inverse et grand nombre de Tunisiens ont veillé jusqu’à très tard dans la nuit dans l’attente d’une fuite sur les réseaux sociaux. Ils n’ont pas été déçus car l’interview, en deux partis, a été diffusée et très largement partagée aux alentours de 3h30 du matin par la page officielle de Ansaar Al Chariaa sur Facebook.
Ci-après une transcription en langue française, intégrale, des 22 premières minutes de l’interview d’une durée totale de 80min. La suite sera retranscrite lors de prochains billets.
N.B.H : Pourquoi vous cachez-vous ?

Abou Iyadh : Je tenais tout d’abord à saluer votre compréhension et à vous présenter nos sincères excuses pour la manière dont nous vous avons emmené ici.

Pourquoi je me cache ? A vrai dire, ceux qui suivent l’actualité en Tunisie n’ignorent certainement pas la descente de police qui a eu lieu à mon domicile lors des évènements de l’ambassade des Etats Unis. Au moment-même où l’ambassade brûlait, mon domicile était le théâtre d’une descente. Grâce à Dieu et avec l’aide de membres de ma famille et de mes voisins (que Dieu les garde), je suis parvenu à m’enfuir. [note : plus de détails ici]

J’ai par la suite appris que je faisais l’objet d’un avis de recherche. Ceci a été annoncé par le porte-parole du Ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche. Puis quelques avocats m’ont informé qu’aucun avis n’a été émis à mon encontre. Cependant, le croyant ne se fie pas à la ruse de ces gens-là.
N.B.H : Qui visez-vous par « ces gens-là » ?

Abou Iyadh : Je vise les ennemis de notre religion, et plus précisément certains agents qui œuvrent à éradiquer l’Islam de la Tunisie. En m’arrêtant, ils voulaient jouer à un sale jeu. Mon arrestation aurait entrainé une série d’évènements et de troubles donnant une raison au ministère de l’intérieur et à ceux qui le tiennent – car Laarayedh [Note : Ministre de l’Intérieur] n’est pas seul à diriger le ministère et il existe de nombreuses attractions au sein de ce ministère…
N.B.H : Permettez-moi de vous interrompre, vous êtes entrain de dire qu’Ali Laarayedh ne contrôle pas pleinement son ministère ?

Abou Iyadh : Effectivement. Laarayedh ne contrôle pas vraiment son Ministère et nous en avons la certitude. Ce qui nous conduit à lui adresser une question, à lui et à ceux à la tête des groupes sécuritaires : Pourquoi les troupes d’intervention ont-elles refusé le 14 septembre de sécuriser l’ambassade ? Pourquoi sont-elles restées dans leurs casernes posant pour condition d’utiliser les balles réelles ? Lorsque leur demande a été refusée, ces troupes ont refusé de sortir.
N.B.H : Vous avancez donc que les troupes d’intervention avaient pour condition d’être autorisées à tirer à balles réelles pour intervenir ?

Abou Iyadh : Effectivement. (Silence)

Et elles n’ont pas participé aux opérations sécuritaires.
N.B.H : S’agit-il d’une information confirmée ou d’une lecture de votre part ?

Abou Iyadh : Il s’agit d’une information confirmée. Je suis certain de cette information. Ali Laarayedh est aussi certain de cette information. Le Mouvement Nahdha a aussi cette certitude. Et nous savons très bien d’où tirer nos informations.
N.B.H : Sans vouloir vous pousser à révéler vos sources, pourriez-vous nous éclairer sur l’identité de ces personnes ? En donnant une indication organisationnelle ou en les nommant ? Vos propos sont vagues et nous ne voulons pas de propos vagues.

Abou Iyadh : Votre questionnement est légitime mais il m’est tout aussi légitime de protéger mes sources d’information.
N.B.H : Nous voulons juste connaître l’identité des personnes dont vous parlez et qui contrôleraient le Ministère de l’intérieur avec Ali Laarayedh ? Ceci est important. Nous pensions que nous avions viré le tyran et vous êtes là à nous dire qu’une facette de ce tyran continue à tenir ce pays.

Abou Iyadh : Je vous en donne la plus grande preuve : la réunion du syndicat de la police la semaine dernière à l’issue de laquelle ils ont demandé la démission d’Ali Laarayedh. Ceci est la plus grande preuve qu’il ne contrôle pas son ministère.

Deuxième preuve : ce qui se prépare demain…
N.B.H : A propos, j’ai oublié de souligner que nous enregistrons cette interview le mercredi 30 janvier 2013 à 9h50. Je vous en prie, reprenez…

Abou Iyadh : Vous êtes au courant de l’important rassemblement des syndicats de la police qui se tiendra demain à la place de la Kasbah. Ceci prouve qu’Ali Laarayedh ne tient rien et que l’affaire lui échappe. Et laissez-moi vous fournir une autre information : revenez à l’interview de Sahbi Amri datée d’il y a deux jours, lundi dernier au journal Essabah Al Osbouii (voir interview ici). Sahbi Amri est une figure importante du mouvement Nahdha – même s’il s’est aujourd’hui rebellé car il n’a pas obtenu ses droits ni la position qui lui revenait au sein du mouvement. Lisez dans les détails ce qu’il a avancé à propos du ministère de l’intérieur. Il s’agit de propos d’un grand leader du mouvement qui apparait comme démissionnaire : « Ali Laarayedh, au lieu de contenir le Ministère de l’Intérieur, a été contenu par son ministère ».

Il y a aussi d’autres informations que nous ne pouvons révéler pour l’instant, d’une pour leur gravité mais aussi parce qu’il nous faut nous en assurer…

En fait, qui se cache derrière les sit-ins des syndicats de la police ? Il faut apporter une réponse à cette question, car il existe une frange exterminatrice au sein du ministère de l’intérieur, frange que Ali Laarayedh n’est pas parvenu à contrôler.
N.B.H : Selon vous, s’agit-il d’un refus de la part d’Ali Laarayedh ou s’agit-il plutôt d’impuissance ?

Abou Iyadh : Ali Laarayedh a tenté, mais il est faible. Il a par la suite été contenu. Lorsque vous voyez ses déclarations, toutes convergent vers les intérêts des plus influents de son ministère dans une tentative de les satisfaire. Sa dernière déclaration est venue après le meurtre de notre Sœur – et nous invoquons Dieu de la compter parmi ses martyrs.

Il est venu nous rapporter la version de ceux qui ont participé à l’opération, sans enquêter ni rien, et l’a confirmée. Comment se permet-il, en tant que responsable du ministère le plus important et le plus sensible de l’Etat, d’adopter la version de faits de ceux qui ont mené cet acte terroriste rien que pour les satisfaire ?
N.B.H : [Question inaudible]

Abou Iyadh : Il ne peut pas manœuvrer. Il s’est affaibli. Et il ne s’agit pas uniquement de faiblesse. Selon moi, Ali Laarayedh souffre d’un trouble psychologique.
N.B.H : A ce point ?

Abou Iyadh : Oui… Et même plus. Il souffre de ce qu’on appelle : le syndrome de Stockholm.
[Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers.]

Abou Iyadh : Ali Laraayedh défend aujourd’hui ses tortionnaires des années 80, ceux qui l’ont emprisonné, plombé, et qui ont monté ces vidéos que tout le monde connait. La victime défend aujourd’hui son tortionnaire.
N.B.H : Et quelle est la position du mouvement Nahdha de tout ça ? Ali Laarayedh n’est qu’une personne, un arbre qui ne peut cacher la forêt…

Abou Iyadh : Le problème du Mouvement Nahdha… Je me suis entretenu avec Rached Ghanouchi après les évènements de Bir Ali Ben Khlifa. Je me suis entretenu avec lui…
[Les évènements de Bir Ali Ben Khlifa désignent les affrontements armés entre les forces de sécurité et une bande armée]

Abou Iyadh : Suite à ces évènements et aux arrestations qui leur ont succédé, mais aussi après la torture sauvage qu’ont subie les détenus avec à leur tête Adam Boukadid, et permettez-moi ici d’ouvrir une parenthèse : les personnes arrêtées sont encore en détention à ce jour et n’ont toujours pas comparu devant le tribunal militaire. Elles ont été victimes d’une grande violence ces derniers jours à la prison Mornaguia, sans justification aucune.
N.B.H : Qui les a violentés ?

Abou Iyadh : Les gardiens de prison et avec à leur tête un dénommé Mohsen Trabelsi. Ca s’est fait sous son commandement. Puis ils ont été transférés hier, si mes souvenirs sont bons, de la prison Mornaguia à la prison Borj El Amri et personne n’a bougé : ni médias ni ceux qui se font appeler « société civile et organisations des droits de l’Homme ». Personne n’a bougé. Peut-être que l’association « Liberté & Equité » bougera car les faits ont prouvé que c’est bien la seule organisation qui, malgré son manque de moyens, lutte et défend les droits des gens de ce pays. Je profite de l’occasion pour remercier leurs efforts dans la défense des jeunes de la mouvance salafiste lors des derniers évènements.
N.B.H : Revenons à l’organisation « Ansar Al Chariaa »…

Abou Iyadh : Je ne vous ai toujours pas dit pourquoi je me cache.
N.B.H : Je vous en prie, allez-y.

Abou Iyadh : Je me cache par obligation car les intérêts se sont désormais entremêlés. La tête d’Abou Iyadh n’est plus demandée uniquement par les autorités tunisiennes. Ce sont plus exactement les Etats-Unis qui la veulent.
N.B.H : Pour quelles raisons ? Visent-ils le courant djihadiste ou vous reprochent-ils des actions en particulier ?

Abou Iyadh : Les Etats-Unis, et l’Occident d’une manière générale, mais aussi Israël – et nous suivons de très près les rapports journalistiques et les rapports d’organismes occidentaux spécialisés. Ces derniers sont allés jusqu’à employer le terme « Djihad doux » et il s’agit là d’un terme qui cache beaucoup de choses. La manière dont se répand la mouvance djihadiste sur la scène tunisienne et l’expansion très importante dont jouit le mouvement grâce à des actions de charité, des actions de prédiction et des actions sociales, dérangent les Etats-Unis. Il suffit de revenir au dernier papier d’Abdelbari Atouane mais aussi aux écrits d’autres analystes au sujet des dossiers malien ou syrien. Ces analystes avancent que la Tunisie est devenue une réserve de la mouvance djihadiste. Ils ne peuvent donc frapper cette mouvance qui commence à se structurer et à construire ses institutions qu’en frappant sa tête. Ils tiennent donc tellement à ce que cette tête saute qu’il s’agisse d’Abou Iyadh ou autre.
N.B.H : En parlant de structure justement, « Ansaar Al Chariaa » est une appellation répandue. S’agit-il d’une association culturelle, politique ? Comment la définissez-vous ?

Abou Iyadh : En ce qui concerne l’appellation, une majorité des médias et des organismes qui suivent les mouvements de nos Frères ici en Tunisie lient cette dernière au Yémen où sont apparus Ansaar Al Chariaa. Pour l’Histoire, ce nom est apparu la première fois en Tunisie. C’était une première et personne n’en savait rien, ni à l’étranger ni à l’intérieur du pays, à l’exception d’un petit groupe qui après consultation a opté pour ce nom. Ceci s’est fait au début du mois d’avril 2011, soit un mois et demi ou plus avant l’annonce de « Ansaar Al Chariaa » au Yémen.
N.B.H : Donc les droits d’auteur vous reviennent…

Abou Iyadh : Sans équivoque, et ceci est documenté et daté. Si vous souhaitez le vérifier, vous n’avez qu’à revenir à la date de la première réunion qui s’est tenue au mois de mai à la Soukra. L’annonce de « Ansaar Al Chariaa » au Yémen s’est faite quatre ou cinq jours après cette date.
N.B.H : Avez-vous avec ces derniers un lien organisationnel, idéologique ou jurisprudentiel ?

Abou Iyadh : Nous sommes liés idéologiquement avec tout musulman de cette planète…
N.B.H : Un lien politique direct ?

Abou Iyadh : Nous n’avons aucun lien organisationnel avec quelconque structure de cette planète. « Ansaar Al Chariaa » en Tunisie est une organisation totalement indépendante. Cette indépendance concerne toutes ses actions, tous ses mouvements et toutes ses décisions.
N.B.H : Comment définissez-vous cette organisation ?

Abou Iyadh : « Ansaar Al Chariaa » est un collectif qui cherche à se structurer. Le collectif n’est pas uniquement culturel ou politique ou prédicateur. Il concerne tous les domaines de la vie et nous œuvrons à presser le pas afin de terminer la mise en place de nos institutions. Cependant, nous sommes attaqués à chaque étape, chaque fois que nous avançons.
N.B.H : Mais disposez-vous de structures ? Nous savons que vous êtes la tête du collectif. Nous connaissons d’autres noms comme celui de Hssan Ben Brayak. Mais disposez-vous d’entités comme « Majless Choura » par exemple, avez-vous l’équivalent d’un bureau politique ? Quelles appellations utilisez-vous pour différencier les différents rangs ?

Abou Iyadh : En effet, nous disposons d’un bureau social, d’un bureau médiatique, d’un bureau de prédication. Nos activités sont claires. Vous dites que je suis à la tête de l’organisation, peut-être en tant que nom, oui. Cependant, l’avantage à Ansaar Al Chariaa c’est que les décisions sont collectives et qu’il n’existe pas de pouvoir vertical imposé à des subordonnés car nous considérons que chaque membre de « Ansaar Al Chariaa » représente « Ansaar Al Chariaa ».
N.B.H : Excusez-moi, il y a la base et il y a le sommet. N’existe-t-il pas de cadres coordinateurs entre les deux ? N’avez-vous pas un Emir ou un responsable ou un délégué régional à la tête de chaque région ? Ne serait-ce que du point de vue des titres ?

Abou Iyadh : Ces titres font peur aux gens, comme celui d’Emir ou de Caïd par exemple. Les titres ne nous intéressent pas, ce qui nous intéresse est de nous conformer aux règles dictées par Allah.
N.B.H : N’avez-vous donc pas de responsables ?

Abou Iyadh : Bien sur que nous avons des responsables mais nous n’avons jusqu’à maintenant pas choisi les titres. Ni Emir ni Caïd ni autre… Nous avons le responsable du bureau de prédication, le responsable social, le responsable du bureau politique, le responsable du comité législateur, etc. Des responsabilités bien réparties.
N.B.H : En tant que responsable direct, pouvez-vous nous donner le nombre des membres de « Ansaar Al Chariaa » en Tunisie ?

Abou Iyadh : Bien. Au mois de mars dernier, j’ai donné une interview au journal Le Quotidien. Le journaliste qui m’avait interviewé, Manoubi Akrout, avait montré un grand professionnalisme et je profite de cette occasion pour le saluer. C’est un journaliste exceptionnel, qui maîtrise son sujet, professionnel surtout et très intègre. C’était une longue interview et quand elle a été publiée sur deux pages, une petite colonne à part faisait apparaître la réponse de Lotfi Zitoun à la question : Combien la Tunisie compte-t-elle de salafistes ?

Il a donné une réponse que je garde en mémoire et que j’ai beaucoup étudiée. Il avait répondu : 93 000. Je me suis longtemps demandé pourquoi il avait donné ce chiffre, pourquoi n’a-t-il pas répondu : environ 90 000 ? Pourquoi n’a-t-il pas employé un chiffre rond, 95000 ou 100000 car l’habitude veut que l’on emploie des chiffres ronds. Pourquoi 93 000 exactement ?

Je me suis par la suite rendu compte que nous étions suivis d’une manière très rigoureuse.

Je ne peux confirmer ce chiffre ni l’infirmer. Ce que je peux vous dire, c’est que le nombre ne nous intéresse pas. Nous sommes très nombreux.
N.B.H : Excusez-moi, j’ai été présent à votre sommet à Kairouan qui s’était tenu dans la cour de la mosquée Okbaa Ibn Nafaa. J’estime que le nombre de participants, et c’est là un témoignage pour l’Histoire, se situait entre 10000 et 12000. J’en suis témoin. Tous les médias en sont témoins aussi. Il s’agissait d’un rassemblement ouvert et public.

Abou Iyadh : Avez-vous déduit le nombre d’intrus ? [Silence]
N.B.H : Dieu seul sait…

Abou Iyadh : Bien. [Sourire]

On parle de plus en plus d’intrus. [Sourire]
N.B.H : Une question d’ordre organisationnel : Disposez-vous de cartes d’adhésion comme c’est le cas des autres partis ? Quelqu’un qui veut adhérer à votre mouvement a-t-il à remplir un formulaire, fournir une photo d’identité, un nom, un prénom, une adresse ?

Abou Iyadh : Pensez-vous que nous irons jusqu’à remplir et préparer ce genre de formulaires pour les offrir au tyran ? [Sourire]
N.B.H : Je vous demande juste si ces formulaires existent…

Abou Iyadh : Bien sur que non. Et Ali Laarayedh étant à la tête du Ministère de l’Intérieur le sait très bien.
N.B.H : Mais que signifie l’appartenance dans ce cas ?

Abou Iyadh : Il existe ce qu’on appelle les recommandations (tazkiyettes).
N.B.H : Une sorte de serment ?

Abou Iyadh : L’appartenance à « Ansaar Al Chariaa » se fait suivant des degrés. Une simple lecture des organisations islamiques suffit à les connaître… Il y a le Mounasser qui n’est pas lié…
N.B.H : Pardonnez-moi. Il y a des personnes qui suivent cette interview et ne sont pas des spécialistes des mouvements islamiques. Ces personnes ont le droit de comprendre…

Abou Iyadh : A vrai dire, nous préférons que ces personnes n’en sachent que très peu sur nous. Quand je suis sorti de prison, lors de ma deuxième rencontre avec les Frères à la mosquée du Campus, je leur avais recommandé de laisser planer le doute sur leur mouvement et leur réalité.
N.B.H : Ce qui veut dire qu’il n’existe ni carnet, ni dossier qui répertorient tous les noms ?

Abou Iyadh : Cela relève de l’impossible.
N.B.H : Bien. Lorsque l’on parle de « Ansaar Al Chariaa », cette appellation englobe généralement toute la mouvance salafiste, alors que vous ne constituez pas l’intégralité de la mouvance salafiste.

Abou Iyadh : Nous n’avons jamais prétendu cela.
N.B.H : Je n’ai pas dit que vous l’avez prétendu. Je parle de ce que l’on décrit. Il existe d’autres mouvances salafistes mais peut-on avancer que vous constituer la mouvance majoritaire ? La plus importante en termes de nombre ?

Abou Iyadh : La réalité me pousse et pousse ceux qui avancent le contraire à confirmer cela.
N.B.H : En termes de pourcentage ? 80% ? Un pourcentage approximatif, une lecture globale ?

Abou Iyadh : Je ne peux pas avancer de pourcentage. Disons que « Ansaar Al Chariaa » est majoritaire sur la scène.
N.B.H : Pourquoi ne pas vous rassembler tous ensemble ? Cela vous affaiblit-il ou plutôt vous renforce ?

Abou Iyadh : En réalité, si nous avons choisi de nous organiser sous cette appellation, c’était plutôt dans un but de rassemblement et non de division. Cependant, qu’il existe des différences au sein d’un même courant tout en partageant la même littérature et les mêmes sources est une bonne chose.

Si l’un de nous est frappé, l’autre subsistera. La question n’est pas d’être tous ensemble ou pas car nous portons tous un même projet, celui de l’Islam pur et sans tâches.
N.B.H : J’ai remarqué depuis le début que la situation sécuritaire à laquelle vous faites face n’a aucun effet sur votre personne, êtes-vous à ce point déconnecté de la réalité ? [note : question presque inaudible à priori autour de la sérénité d’Abou Iyadh]

Abou Iyadh : [Sourire] C’est l’effet de la littérature de l’appartenance à des courants qui portent notre méthodologie.

A suivre…
Par Olfa Riahi
Crédit photo : Mosaique FM

vendredi 1 février 2013

Cheikh Imran Hosein : «Les musulmans doivent cesser d'utiliser le dollar» (1)


Algeriepatriotique : Vous avez prédit depuis plusieurs années le déclin du système financier mondial basé sur une monnaie dont la valeur est régulée artificiellement. Y a-t-il un moyen pour les pays musulmans de sortir de ce système frauduleux ?

Cheikh Imran Hosein : Salam alaïkoum ! Je suis si heureux de m’adresser à l’Algérie, pays des moudjahidine. C’est aussi un grand plaisir pour moi de vous entendre me poser cette question concernant le monde actuel de la finance. C’est une véritable musique dans mon oreille de vous entendre le décrire comme un «système monétaire frauduleux» car, malheureusement, nos oulémas musulmans ne sont pas, eux-mêmes, encore arrivés à cette conclusion. Les livres de fiqh qu’ils étudient ne traitent pas de l’économie moderne liée à la finance internationale et n’ont donc pas une connaissance soutenue de ce sujet. Les oulémas souffrent, à la fois, d’un manque de connaissances et d’outils d’analyse à travers lesquels ils seraient arrivés à la conclusion que vous venez d’évoquer, à savoir que le système monétaire moderne qui a vu le jour à la conférence de Breton Woods en 1944, et qui s’est effondré en août 1971 pour être remplacé par le système monétaire basé sur le pétrodollar, est faux, frauduleux et illicite. Ce système agit comme un véhicule pour l’exploitation économique et l’esclavage financier progressif des masses à travers le monde. Tant que les oulémas musulmans n’étudieront pas l’économie monétaire internationale et acquièrent le courage de se battre pour la vérité et la justice (al-mâroûf) et s’opposer à tout ce qui est faux et injuste (al-munkar), il sera impossible pour les musulmans d’échapper à cette toile financière empoisonnée qui a été tissée autour de nous. Nous devons confronter nos oulémas en Egypte et ailleurs avec l’argument que la charia islamique ne pourra être renforcée que si nous restaurons le dinar et le dirham comme monnaie. Et nous ne pourrons pas restaurer le dinar et le dirham comme monnaie tant que nous demeurerons des Etats membres du Fonds monétaire international (FMI), parce que les clauses imposées par le FMI – mystérieusement ! – prohibent l’utilisation de l’or comme monnaie. Si le monde veut savoir pourquoi le FMI, qui a été conçu par les sionistes, interdit l’utilisation de l’or comme monnaie, il faudra poser cette question à Ad-Dajjâl (le faux Messie). Celui-ci expliquera, alors, qu’il veut imposer ses règles à l’ensemble de l’humanité tout en régnant sur Israël. Ainsi, seulement, pourra-t-il convaincre les juifs qu’il est effectivement le Messie ! Le système monétaire frauduleux d’Ad-Dajjâl ne saurait être instauré si l’or est utilisé comme monnaie. Ad-Dajjâl a besoin d’un système monétaire frauduleux pour réduire une partie du monde à une pauvreté abjecte et à un esclavage financier tout en enrichissant cette autre partie du monde qui le soutient et travaille pour lui. Les soutiens à Ad-Dajjâl peuvent être trouvés aujourd’hui parmi l’élite nantie du monde musulman. Deuxièmement, si les oulémas musulmans étudiaient l’économie monétaire internationale et acquéraient la connaissance liée à ce sujet, ils pourraient alors être convaincus d’utiliser les arguments religieux pour mobiliser les masses pour qu’un tel changement restaure le dinar et le dirham comme monnaie. Ceci est possible, car beaucoup de pays dans le monde musulman, même lorsqu’ils sont sécularisés et qu’ils adoptent un mode de vie moderne, n’en ressentent pas moins de l’amour pour l’islam, pour les valeurs morales et pour ce qui est droit et juste, et, par conséquent, s’opposent à tout ce qui faux et injuste. Tant que l’amour pour l’islam et pour la vérité et la justice existe dans leurs cœurs sécularisés, il nous sera toujours possible de pénétrer leurs cœurs avec des arguments religieux dont voici un exemple : Mahmoud offre à Ahmed une somme d’argent, en dinar ou en dirham, dans le cadre d’une transaction commerciale entre eux. Les oulémas musulmans ont le devoir d’expliquer à Ahmed que s’il refusait d’accepter le dinar ou le dirham pour le paiement de la somme due et exige d’être payé en contrepartie en dollar américain, en roupie pakistanaise ou indonésienne, alors, il commettrait un péché pour lequel il devra répondre le jour du Jugement dernier. Ceci est un argument que les oulémas musulmans pourraient utiliser, en effet, non seulement pour pousser les masses musulmanes à acquérir dinars et dirhams, mais aussi pour les utiliser pour acheter et vendre. Les gouvernements laïcs dans le monde musulman qui sont obligés de maintenir la loi (sioniste) internationale ne peuvent pas, aujourd’hui, transcender cette stratégie religieuse si elle est mise effectivement en application par les oulémas. Dans ce cas, l’Etat ne pourrait plus arrêter la propagation de l’usage du dinar et du dirham comme monnaie, défiant ainsi la loi (sioniste) internationale. Troisièmement, les oulémas peuvent s’appuyer sur la sourate «A’tawba» pour dire que toute personne qui rendrait illicite ce que Dieu a considéré comme licite (comme l’usage du dinar et du dirham) se rendrait coupable de chirk (association d’autres dieux ou des êtres à Dieu) et que ce péché est le seul que Le Tout-Puissant ne pardonne jamais. De plus, tous ceux qui accepteraient la loi du FMI interdisant l’usage de l’or comme monnaie et s’abstiennent d’utiliser l’or comme monnaie commettent le chirk. Quatrièmement, les oulémas peuvent déclarer, à juste titre, que le retrait de cette «monnaie» qui est citée aussi bien dans le Coran que dans la Sunna (c’est-à-dire le dinar et le dirham), et son remplacement par la fausse monnaie actuelle, constitue une hérésie (bid’a) et ceux qui se rendent coupable d’une tel péché répréhensible, comme ceux qui l’acceptent, iront en enfer. Enfin, nous avons besoin d’enseigner la monnaie dans l’islam aux syndicats qui, une fois cette connaissance acquise, réclameront que les travailleurs touchent leurs salaires en vraie monnaie (c’est-à-dire en dinar et en dirham) au lieu et place de la fausse monnaie. Les leaders du mouvement syndical, au même titre que les oulémas musulmans, ne maîtrisent pas la question de l’économie monétaire internationale. Aussi s’engagent-ils dans des négociations pour revendiquer des augmentations salariales, mais dès qu’ils obtiennent une augmentation, Ad-Dajjâl recourt à l’inflation et baisse la valeur de cette fausse monnaie. Et comme la monnaie perd de sa valeur, du coup, l’augmentation des salaires n’a plus aucun impact. Les oulémas ont besoin de se réveiller et de reconnaître que l’inflation est une forme d’usure (riba).

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jeudi 17 janvier 2013

Scandale à Carthage

 Marzouki a demandé à Hollande de « solder l’héritage Sarkozy », en oubliant lui-même de solder l’héritage Ben Ali. Dans l’interview accordée à BFM-TV, un détail a échappé aux observateurs tunisiens et français, mais pas à Tunisie-Secret : dans le salon où s’est déroulée cette interview, un trophée symbolisant le 7 novembre 1987, que le locataire très provisoire de Carthage a oublié de retirer ! Ainsi, Moncef Marzouki qui s’est, une fois de plus, érigé en donneur de leçons à la France et même en réformateur du « système mondial », demande à François Hollande de « solder l’héritage » de son prédécesseur sans se rendre compte que dans le salon où il reçoit son visiteur, trône le symbole suprême de l’ancien régime. Comme le ridicule ne tue plus dans cette république bananière, il dit même au journaliste de BFM-TV : « Nous sommes entrain d’enterrer l’ancien sans que le nouveau soit tout à fait là ». T.S va prouver à ses lecteurs que l’ancien est non seulement encore là, mais qu’il est juste en face de ce président fantoche. Enquête exclusive sur un scandale explosif.
Scandale à Carthage : Moncef Marzouki nostalgique du 7 novembre. Voici la preuve
Pourquoi Tunisie-Secret s’est arrêtée sur ce détail ? D’abord parce que Moncef Marzouki est un sacré menteur. En novembre 1987, comme Rached Ghannouchi et bien d’autres révolutionnaires aujourd’hui, il a été parmi les premiers à féliciter Ben Ali après son accession au pouvoir. Ensuite, parce qu’après sa nomination comme président par Rached Ghannouchi, il a continué à mentir, notamment lorsqu’il a déclaré aux Tunisiens qu’il a sorti des caves du palais le grand portrait de Bourguiba pour l’exposer dans un salon du palais. C’est absolument un mensonge, ce portrait a toujours été exposé dans la grande galerie du palais de Carthage, aux côtés de tous les Beys husseinites qui se sont succédés à la tête de la Tunisie. Marzouki fait semblant de respecter Bourguiba. A part l’hypocrisie, la duplicité et la démagogie, Marzouki partage avec Ghannouchi une haine pathologique à l’égard du « combattant suprême », Habib Bourguiba. Troisième raison, ce président a eu pour premier conseiller un ancien haut cadre du RCD, qui a démissionné depuis que T.S a révélé ce scandale, et il a nommé à la tête de l’Institut d’Etudes stratégiques un certain Tarek Kahlaoui, ancien militant d’Ennahda, ancien cadre-chercheur au sein d’Al-Jazeera, ancien et actuellement collaborateur de Freedom House, et ancien lèche-botte de Sakr El-Materi. Ceci pour l’introduction.

Des phrases qui en disent long sur Moncef Marzouki
          

Avant le croustillant, on commence par quelques autres petits détails qui sont pour nous tout aussi importants que le scoop déniché aujourd’hui par T.S. Cette récente interview accordée à BFM-TV que nos lecteurs peuvent visualiser intégralement sur d’autres sites, commence par la question d’un journaliste qui maitrise son métier et qui connait les règles de la bienveillance : « deux ans après le départ du président Ben Ali, un an après votre arrivée à la présidence, quel bilan… ». Ce journaliste français de BFM-TV ne parle pas de « président déchu » ou du «Al-rais al-maklou », comme certains scribouillards et politicards endoctrinés par les propagandistes islamistes d’Al-Jazeera, mais du « président Ben Ali » ! Nous adhérons et nous employons dans T.S tous les autres termes - dictateur, autocrate, tortionnaire, corrompu…- mais pas les termes qu’Al-Jazeera fabrique et que certains tunisiens reprennent comme de vulgaires perroquets et de misérables esclaves de la chaine qatarie.

Second détail : sur la petite table qui sépare le journaliste français du président provisoire, il n’y a pas un vert de thé ou de café, pas même une bouteille d’eau. C’est plutôt curieux dans un pays où les Tunisiens, gouvernants comme les gouvernés, savaient recevoir l’étranger. Mais ce n’est pas étonnant dans un palais où certaines secrétaires se promènent en « chlakha  », selon le témoignage du journaliste tunisien Safi Saïd, qui dit d’ailleurs lui-même n’avoir pas eu droit à un verre d’eau !

Troisième détail, Moncef Marzouki déclare au journaliste : « Notre constitution va fonder la Tunisie pour un siècle ou deux siècles ». Après le débat hautement intellectuel de cette illégitime et médiocre Assemblée constituante, sur la charia et la complémentarité de la femme par rapport à l’homme, on s’attend plutôt à ce que cette constitution fasse reculer la Tunisie d’un ou deux siècles.

Quatrième détail, Marzouki dit : « Les jeunes veulent manger les fruits d’un arbre qui vient d’être planté…C’est une difficulté d’ordre psychologique » ! Tenez donc, cela voudrait dire que les jeunes qui croient avoir fait une grande « révolution » et grâce auxquels Marzouki est aujourd’hui à Carthage et les islamistes au pouvoir, que ces jeunes ont un problème psychologique. Peut-être, après tout ! Et nous en faisons partie.

Cinquième détail au sujet de l’affaire Rafik Bouchlakha, qui a été révélée par Olfa Riahi, Marzouki dit : « Il y a en Tunisie une liberté d’expression qui comporte beaucoup d’effets pervers, beaucoup d’accusations… ». Ainsi, les coucheries de Bouchlakha avec sa « cousine » au Sheraton et aux frais de la princesse n’est pas une affaire très grave révélée par une journaliste qui fait son travail, mais un effet pervers, une accusation qui découle d’une liberté d’expression mal comprise.

Sixième détail, Marzouki déclare : « J’ai fait mon boulot, j’ai fait mon métier en tant que président ». Ceux qui l’ont précédé à cet endroit, le grand président Bourguiba et le général Ben Ali, ne considéraient pas la présidence comme un métier, encore moins comme un boulot, mais comme une vocation, un sacerdoce au service de la nation. Marzouki fait effectivement son boulot de président fantoche, désigné par Rached Ghannouchi pour services rendus à la cause islamiste, et chargé de mener le pays jusqu’à l’accomplissement de la dictature religieuse.

Une œuvre d’art qui représente le 7 novembre 1987 et que Marzouki conserve à Carthage
         

Venons-en maintenant au détail qui a échappé à tous le monde. Dans ce salon présidentiel où s’est déroulée cette interview (voir vidéo ci-dessous), juste derrière le journaliste de BFM-TV, on remarque un trophée représentant le chiffre 7 avec au-dessus une forme circulaire. Intrigué par cet objet qui orne ce salon, Tunisie-Secret a voulu en savoir davantage. Nous avons donc mené notre enquête et le résultat est accablant : nos informateurs, y compris au palais, nous ont affirmé que ce trophée est à cet emplacement depuis des années et qu’il s’agit d’un cadeau offert par le ministère de la Culture avec cette inscription gravée : « A Monsieur le Président de la République, Zine Al-Abidine Ben Ali, l’artisan du changement historique » ! Que la forme circulaire au-dessus du 7 représente en réalité un disque, puisque l’événement immortalisé par ce trophée était a priori un festival de la chanson. Ce sont les seul éléments qui étaient en notre possession avant de mener notre enquête. Voici ce qu’elle révèle.

Il s’agissait en effet de la neuvième édition du festival de la chanson tunisienne, qui a été organisé en 1996 par le ministère de la Culture. Le trophée en question a couté très cher et il a été fabriqué en France. Et pour cause : il a été réalisé (moulage) par la Fonderie d’Art Landowski, nom du célèbre sculpteur figuratif et fondeur Paul-Maximilien Landowski. C’est dans cette Fonderie familiale qu’ont été réalisé les 7 d’Or, les Molières et même certains Oscars de films ou chansons américains. Quant au sculpteur de ce trophée, il s’agit du non moins célèbre Edgar Morineau, celui qui a crée pratiquement tous les disques d’or en France. On est pour le moins surpris que les tunisiens aient fait appel à une Fonderie et à un sculpteur aussi renommés et onéreux. Tunisie-Secret a alors voulu en savoir plus.

Nous nous sommes donc rendus à la Fonderie d’Art Landowski où nous avons découvert le mystère. Ce trophée n’a pas été commandé et payé par le ministère tunisien de la Culture, mais par un richissime homme d’affaire franco-tunisien dont nous préserverons ici l’anonymat. Nous avons appris que ça lui a couté à l’époque 3 millions de francs (450 000 euros), c’est-à-dire 900 000 dinars, pour les six trophées ; car il y a eu six, en effet. Cette année-là (1996), le 1er prix a été attribué à la chanteuse Dorsaf el-Hamdani. Le second prix à été attribué à Saber Rebaï, et le troisième prix, à Chokri Bouzayane. L’homme d’affaire franco-tunisien a gardé pour lui un exemplaire. Un autre a été conservé par la Fonderie Landowski dont nous avons pris la photo ci-jointe. Quant au sixième, c’est celui qu’on voit dans le salon du palais et qui a été offert à Ben Ali par le ministre de la Culture en 1996, M. Salah Bakkari.

Cela vaudrait plus cher que les slips de Ben Ali

Telle est donc l’histoire de ce trophée que Moncef Marzouki a gardé au palais de Carthage et qui représente le symbole même de l’ancien régime que ce président provisoire est « entrain d’enterrer ». Compte tenu de la valeur, pas symbolique mais financière de cette œuvre d’art, Marzouki devrait enlever ce trophée du palais et le remettre au salon d’exposition et de vente des montres, des costumes, des cravates, des chaussettes, des slips de Ben Ali, ainsi que des bijoux de Leila Trabelsi qu’elle a probablement reçu comme cadeaux des princesses du Golfe à l’époque où elle trônait sur la Tunisie. Cette œuvre d’art estimée aujourd’hui par les amateurs d’art et les collectionneurs entre 500 000 et 800 000 euros, compte tenu de la signature d’Edgar Morineau et de Landowski, et qui pèse 11 Kg de bronze véritable patiné à l’ancienne, selon les Fonderies Landowski, pourrait être vendue aux enchères et l’argent pourrait servir à renflouer les caisses d’un Etat qui a fait faillite en deux ans. A moins de consacrer cet argent à la construction de la grande mosquée Ghannouchi dans sa ville natale, ou à la reconstruction du mausolée de Sidi Bousaïd, récemment dévasté par les flammes de l’obscurantisme. Ou, ce qui serait encore mieux, de l’offrir à la sainte Mannoubia Bouazizi, la mère du premier « martyr » de la révolution du jasmin, qui mérite bien un mausolée.
Tunisie-Secret.com

Karim Zmerli avec la collaboration N.B           






Scandale à Carthage : Moncef Marzouki nostalgique du 7 novembre. Voici la preuve



lundi 31 décembre 2012

Interview de Marine Le Pen sur Al Jazeera (vidéo)

Décembre 2012, Marine Le Pen repond aux questions de La chaine Qatari Al Jazeera au parlement européen de Strasbourg sur les problèmes de l’islam en France, le halal, la laïcité, l’islamisme dans les banlieues et les investissements du Qatar dans l’hexagone.

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( Capture d’écran FN Infos 80 )

mercredi 26 décembre 2012

Interview exclusive. Fethi Amdouni : J’ai fait avorter le coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987

 Tunisie: Fethi Amdouni est l’ancien cadre des services Spéciaux grâce auquel le coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987 a échoué. C’est pour la première fois qu’il parle de cette tentative qui a failli plonger la Tunisie dans le chaos islamiste dès 1987 et du rôle qu’il a joué pour neutraliser les comploteurs. Pour perpétuer leur image d’éternelles victimes, les islamistes n’ont jamais voulu reconnaître leur tentative de prendre le pouvoir par la force et le terrorisme. Le 5 novembre 1987, c’est un jeune officier de la police qui a découvert le complot, épargnant ainsi à la Tunisie un bain de sang et obligeant Ben Ali de passer à l’action le 7 novembre 1987. Celui qui devait être un héros national a subi les pires avanies et dû se réfugier en France en raison d’une affaire dont on n’a jamais entendu parler auparavant : le trésor de guerre d’Abou Jihad à Sidi Bousaïd !
Interview exclusive. Fethi Amdouni : J’ai fait avorter le coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987
Karim Zmerli- Vous êtes un ancien cadre du ministère de l’Intérieur. En quelle année avez-vous rejoint ce ministère ? Quelles fonctions y avez-vous occupé ?

Fethi Amdouni- J’ai commencé ma carrière en 1986, dans les Services Spéciaux où j’ai passé 11 années. Ensuite, j’ai été nommé chef de poste de police à Mornag, de 1997 à 1999. Par la suite j’ai réintégré les Services Spéciaux jusqu’en 2001, année au cours de laquelle j’ai été nommé commissaire de police de Sidi Bousaïd.

K.Z-  En quelle année et pour quelle raison avez-vous quitté la Tunisie ?

F.A- J'ai quitte la Tunisie en octobre 2008 parce que je craignais d’être liquidé, car j’ai été témoin d’une affaire grave et sensible, lorsque j’étais commissaire à Sidi Bousaïd. C’était en 2003, et l’affaire concernait Abou Jihad.
 
K.Z-  Qui voulait vous liquider ? De quelle affaire s’agit-il, de l’implication de la Tunisie dans l’assassinat d’Abou Jihad ?
 
F.H- Non, pas du tout, la Tunisie n’a rien à voir avec cet assassinat. Ce qui a été dit, c’est de la propagande islamiste. Je sais de quoi je parle. Non, l’affaire dans laquelle j’ai été un témoin gênant concerne une autre maison secrète qu’Abou Jihad louait dans la même rue et où il avait caché dans une petite cave aménagée une énorme somme d’argent en dollars.
 
K.Z- Voulez-vous être plus précis ?    
 
F.H- Lorsque j’étais commissaire de police à Sidi Bousaïd, un collègue à moi m’a fait comprendre que certains avaient besoin d’un service. Je devais arrêter même arbitrairement le gardien d’une maison qui appartenait à un italien qui s’appelle Aldo Desini. L’arrêter juste une journée pour l’écarter de cette maison où une équipe devait intervenir. Cette maison, c’est Abou Jihad qui la louait et qui y cachait une importante somme d’argent. C’est le maçon qui a réalisé la mini cave à l’intérieur de cette maison qui a ébruité l’affaire. L’histoire est parvenue à Mahdi Ben Ali, le neveu de l’ancien président. Avec la complicité de collègues de la police, il voulait entrer dans cette maison et déterrer l’argent. Plutôt que d’accepter de les aider contre argent, j’ai informé ma hiérarchie à Tunis. C’est à partir de ce moment là que mes ennuis ont commencé.
 
K.Z- Cela voudrait-il dire que le ministère de l’Intérieur vous a lâché et s’est plié aux ordres de Mahdi Ben Ali ?
 
F.H- Non, ce n’est pas ça. Au contraire, j’ai été reçu par le grand patron, le général Mohamed el-Hédi Ben Hassine, qui m’a même félicité. Chekib Nouira, qui était le maire de Sidi Bousaïd à l’époque, m’a beaucoup aidé aussi. Ben Ali était très en colère et il avait donné des instructions pour qu’on informe immédiatement  l’OLP. Les ennuis que j’ai eus et les menaces de mort sont venus de Mahdi Ben Ali et de sa mafia. Je les ai privés d’un trésor. En juin 2003, Arafat a envoyé à Tunis deux émissaires pour assister à l’ouverture de la cave secrète. C’est ainsi que cette affaire s’est terminée.
 
K.Z-  Vous venez de déclarer dans un message vidéo que vous avez joué un rôle important dans l’avortement du coup d’Etat islamiste du 8 novembre 1987. Voulez-vous nous en dire davantage ?
 
F.H- En 1987, j’avais à peine une année de carrière au sein des Services Spéciaux. Mohamed Ali Ganzoui était le patron des Renseignements généraux et Ben Ali était ministre de l’Intérieur et Premier ministre. A cette époque, tous nos services travaillaient sur le dossier islamiste. C’est par hasard que j’ai eu une information qui s’est avérée très importante. J’ai obtenu cette information du propre frère de Zied Doulatli, qui était pharmacien à Boumhel. Zied Doulatli était un haut dirigeant du mouvement islamiste et il est aujourd’hui membre de l’Assemblée constituante. Il m’a dit de me rendre dans un quartier de Bougarnine, pas loin de Hammam Lif, en m’indiquant le nom de la rue. Il m’a dit « tu trouveras là-bas une surprise ». Le 5 novembre 1987, en début d’après midi, j’y suis allé avec deux collègues. Une Peugeot 305 avec à bord trois personnes nous a semblé suspecte. Deux personnes ont pu s’échapper et la troisième, assise derrière, s’est livrée à nous. Il s’agissait d’Ali Zarwi, le chef de l’aile armée du MTI, qui était recherché par toutes les polices. Il avait une fausse carte d’identité et une sacoche contenant 10300 dinars. Son interrogatoire a été riche en renseignement. De fil en aiguille, nous avons découvert qu’Ali Zarwi  faisait partie d’un groupe terroriste qui comptait passer à l’action le 8 novembre 1987 en vue de prendre le pouvoir. Nous avons découvert que l’Intérieur et l’armée étaient infiltrés et qu’avec Zarwi, il y avait notamment Abdelkrim Harouni, Hammadi Jebali (tous les deux en fuite) et Moncef Ben Salem.  C’est grâce à l’arrestation d’Ali Zarwi que nous avons évité à la Tunisie un bain de sang et un coup d’Etat islamiste qui aurait pu réussir. Comme récompense, j’ai eu droit à 300 dinars et à un stage de formation au Maroc. C’est à partir de cette opération que Mohamed Ali Ganzoui a eu un tournant dans sa carrière.
 
K.Z- En pratique, comment devait se dérouler ce coup d’Etat ?
 
F.H- Le 8 novembre 1987 était un jour férié, la fête de l’arbre. Ce groupe armé devait faire sauter une aile du ministère de l’Intérieur, le ministère de la Défense et l’hôtel L’International. Mais avant ce triple attentat, l’opération devait commencer par l’élimination de Bourguiba. Le président devait se rendre au campus universitaire à l’occasion de la fête de l’arbre. Avec la complicité d’étudiants islamistes, des bombes, qui n’étaient pas artisanales, devaient être placées au campus. Elles devaient exploser au passage du cortège présidentiel. Tout de suite après, c’était au tour du ministère de l’Intérieur, de la Défense et de l’hôtel L’International d’exploser. Des officiers et des sous-officiers de l’armée et de l’Intérieur, militants secrets du MTI, devaient entrer en action pour prendre le contrôle de la radio télévision tunisienne. Des manifestations islamistes étaient aussi prévues.
   
K.Z- Pourquoi selon vous les islamistes, ainsi que certains opposants, ont toujours nié cette tentative de coup d’Etat ? Dans son livre « Bourguiba tel que je l’ai connu », Amor Chedli a par exemple démenti la thèse du coup d’Etat et il a même affirmé que les attentats de Sousse et Monastir étaient un coup monté par Ben Ali. Qu’en pensez-vous ?

F.H- Les islamistes ont toujours construits leur image sur le mensonge selon lequel ils sont un mouvement pacifique, persécutés par le régime. C’est ce que disaient leurs chefs à travers les médias tunisiens et étrangers. Mais dans la clandestinité, ils ont toujours agi d’une autre façon, comme les frères musulmans en Egypte. Je n’ai pas lu le livre d’Amor Chedli, mais j’ai entendu ses déclarations après le 14 janvier 2011. Ce monsieur est un malhonnête qui ne sait pas de quoi il parle. Il n’avait aucune relation avec les dossiers de l’Intérieur. Il a raconté n’importe quoi, comme beaucoup d’autres après le 14 janvier. Il est allé jusqu’à faire de Bourguiba un sympathisant islamiste. C’est vraiment lamentable.

K.Z- Les médias à l’époque ont révélé que la police tunisienne a trouvé chez l’un des comploteurs une liste de dix personnalités que les islamistes devaient exécuter tout de suite. Quelles sont ces personnalités ?

F.H- De mémoire, il y avait Mohamed Sayah, Ben Ali, Mansour Skhiri, Hédi Mabrouk, le directeur du PSD (j’ai oublié son nom) et Bourguiba bien sûr. Mohamed Ali Ganzoui et Chadli Hammi étaient aussi sur la liste. Je me souviens que le propre chauffeur de Ganzoui était un islamiste. Il s’appelait Abdallah Griss et c’est lui qui a caché Hammadi Jebali.

K.Z- Malgré la gravité de cette affaire, Ben Ali a libéré les islamistes et ouvert le dialogue avec eux. A-t-il subi des pressions américaines dans ce sens ?

F.H- Je ne sais pas, je ne pouvais pas accéder à ce genre d’information. Je sais par contre que les Américains suivaient de très près la situation. Je sais aussi qu’un certain nombre d’islamistes étaient en relation avec l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique, l’ambassade d’Arabie Saoudite et l’ambassade d’Iran. Quant au changement de Ben Ali à l’égard des islamistes, c’est connu. J’étais personnellement à l’Intérieur lorsqu’il a reçu au ministère plusieurs financiers du MTI. En une année, les islamistes ont tous été libéré.

K.Z- On va maintenant quitter l’histoire et vous interroger sur le présent. Peut-on comparer le 8 novembre 1987 au 14 janvier 2011 ? On vous pose la question car vous avez déclaré dans une vidéo qu’il y a eu coup d’Etat le 14 janvier.

F.H- Non, il n’y a pas de comparaison. Dans le premier cas, il s’agit d’une tentative de coup d’Etat islamiste, et dans le deuxième cas d’un soulèvement social, que l’armée a d’abord réprimé, ensuite récupéré. Le 14 janvier 2011, je le comparerai plutôt au 12 janvier 1984. C’est exactement la même chose, sauf que l’armée a changé de camp. J’ai suivi les événements comme tout le monde à la télévision, particulièrement sur Al-Jazeera. Cette chaîne a joué un rôle très important, en invitant les islamistes et en appelant clairement à l’insurrection. L’imam Qaradaoui est devenu le Che Guevara de la révolution du jasmin.
         
K.Z- Vous avez déclaré qu’il y a eu un coup d’Etat le 14 janvier 2011 et vous avez accusé Rachid Ammar d’en être l’instigateur. Quelles sont vos preuves ?

F.H- Je n’ai pas de preuves matérielles mais une série de faits irrécusables. Je suis un homme du renseignement et des Services Spéciaux. Lorsque j’ai entendu les médias dire que le « Général Ammar a dit non à Ben Ali », j’ai tout de suite compris que quelque chose se préparait. Je le sais par mes collègues à l’Intérieur, Ben Ali n’a jamais donné des ordres pour tirer sur les manifestants. Adel Tiwiri est un martyr vivant, il est innocent. Les snipers n’étaient pas sous les ordres de Rafik Haj Kacem mais du général Ammar. Pourquoi d’ailleurs, ils ne veulent pas ouvrir le dossier des snipers ?
  
K.Z- La police tunisienne a arrêté en janvier 2011 des snipers étrangers qui auraient été engagé par les services qataris. Connaissez-vous ce dossier ?

F.H- Non, je n’ai pas d’éléments mais je trouve très bizarre cette histoire de chasseurs de sangliers en pleine rue de Marseille à Tunis. Pas besoin d’être flic pour le deviner.

K.Z- Entre décembre 2010 et janvier 2011, une vingtaine de policiers ont été tué par balle. Qui les a abattus selon vous ?

F.H- Oui, parmi ces victimes, un ami qui s’appelle Hathem Mouaffik. Il était commissaire général et il a été abattu dans son véhicule de service juste en face du palais de Carthage. Il a été en effet tué par des militaires. Son épouse a déposé plainte et son affaire n’a pas avancé d’un doigt.

K.Z- Pourquoi êtes-vous resté à l’étranger après le 14 janvier 2011 ?

F.H- Franchement, même si je ne croyais pas beaucoup à la révolution, j’étais personnellement heureux de la chute du régime. Je ne voulais pas rentrer en Tunisie avant de prendre des mesures de précaution. J’ai demandé ma réhabilitation parce qu’on a porté atteinte à ma réputation en 2003. J’ai rencontré à l’ambassade de Tunisie à Paris Elyès Gariani à qui j’ai raconté mon histoire. Il m’a promis de transmettre à Tunis, mais je n’ai jamais eu de réponse. Après les élections du 23 octobre et l’arrivée des islamistes au pouvoir, j’ai compris que pour moi, c’est fini. Pourtant, j’ai été contacté par un certain Hajjem (Ennahda), puis par Ali Larayedh en personne. J’ai compris que je devais m’excuser et faire acte d’allégeance. Ils m’ont pris pour un Soughir ! J’étais commissaire de police et j’en suis fier. J’ai sauvé mon pays d’un coup d’Etat et j’en suis très fier. Ce n’est pas à moi de m’excuser d’avoir fait mon devoir en veillant à la sécurité de mes compatriotes, mais aux islamistes de demander pardon au peuple. J’ai donc rejeté l’offre d’Ennahda et M. Lassaad Dorbiz en est témoin. On m’a alors collé un procès pour atteinte à la sureté de l’Etat.
      
K.Z- Après avoir cru à l’islamisme « modéré », Béji Caïd Essebsi vient de déclarer qu’il n’y a plus d’Etat et que les islamistes menacent le peuple tunisien. Partagez-vous cette position ?

F.H- Je la partage entièrement et j’ai été plutôt surpris que cela n’ait pas été dit auparavant. Tous les Tunisiens se sont trompés sur les islamistes, y compris vous les journalistes, les intellectuels et la classe politique. A part quelques-uns qui sont honnêtes et patriotes, la plupart sont de dangereux fondamentalistes. Qu’ils mettent un costume cravate et soignent leur barbe devant les caméras de télévision, cela ne changera rien à leur mentalité et à leur visées dictatoriales. J’ai refusé la collaboration avec eux en réintégrant mon ministère parce que la police à laquelle j’ai appartenu et qui m’a formé était une police républicaine et patriotique. Plutôt mourir que de travailler sous les ordres d’anciens terroristes.
  
K.Z- Comment voyez-vous l’avenir ?

F.H- L’avenir est entre les mains des Tunisiens. Puisque nous sommes devenu un peuple révolutionnaire, il va falloir se révolter dans le bon sens du terme et sans l’assistance du Qatar. Beaucoup ne connaissent pas la nature des islamistes. Nous, on les a pratiqué et on sait de quoi ils sont capables. Je parle en connaissance de chose. Ils ne craignent pas Dieu. Ils n’ont aucun projet de société. Ils sont obsédés par le pouvoir. Je suis vraiment triste de voir mon pays régresser de cette façon incroyable. Mais je n’ai pas perdu tout espoir. Les Tunisiens peuvent retrouver la sécurité, la paix, la croissance économique, à condition que les forces de l’opposition soient solidaires et oublient un peu la course au pouvoir.

Hammadi Jebali est aujourd'hui Premier ministre, Moncef Ben Salem est ministre de l'Enseignement Supérieur, Abdelkrim Harouni est ministre du Transport, Zied Doulatli est membre de l'Assemblée constituante et membre du Majlis Al-Choura d'Ennahda. Mohamed Ali Ganzoui est en prison, et Fethi Amdouni est exilé politique en France.
http://www.tunisie-secret.com
 
Interview menée par Karim Zmerli    






jeudi 13 décembre 2012

« Il y a beaucoup de magie dans mes livres ! » Rencontre avec Hervé Tullet





A l’occasion de la quatorzième édition salon international du livre Non/Fiction à Moscou, La Voix de la Russie a rencontré Hervé Tullet, illustrateur et auteur de livres pour enfants. Ce créateur de formes et de couleurs a réalisé plus d’une quarantaine d’ouvrages traduit dans près de vingt-cinq langues.


Comment êtes-vous devenu un auteur pour enfants traduit dans le monde entier?

Parce que j’ai fait un livre. A question simple, réponse simple... J’étais auparavant directeur artistique dans la publicité. Puis, je suis devenu illustrateur. En tant qu’illsutrateur, j’ai fait des dessins pour des magazines, des agences de publicité. Je gagnais ma vie ainsi.

Quand je n’avais rien à faire, je réfléchissais à un livre pour enfants, sans a piori. J’ai mis beaucoup de temps à faire mon premier livre, à peu près trois ans. Il s’appelait Comment Papa a rencontré Maman. Et curieusement, dans ce premier livre, tout était déjà installé : le trou, la surprise, le jeu de lecture entre l’enfant et l’adulte. Grâce au livre, une sorte de jeu s’installe, un jeu partagé. L’enfant s’amuse à voir l’adulte s’amuser. Et l’adulte s’amuse à amuser l’enfant.

Ensuite j’ai fait un deuxième livre, un troisième, puis un quatrième qui a eu beaucoup de succès. Il s’intitulait Faut pas confondre. Il a eu un prix à Bologne et m’a donné la possibilité de continuer à écrire et créer assez librement.

Et il y a eu une rencontre clé. L’auteur est une personne sociale. A ce titre, j’interviens dans les écoles, dans les bibliothèques, dans les banlieues difficiles. Donc j’ai un autre métier qui est celui d’intervenant et qui me passionne tout autant. J’ai détaché mes interventions du métier d’auteur, puisqu’avec les enfants on part du livre, mais l’on ne sait jamais où l’on va. Cela apprend à voir les livres vivre, les livres pris, les livres appropriés, les livres interprétés.

Et quel est le but de vos livres ?

Devenir beau, riche et célèbre [rires]. Non, mon but c’est de trouver une autre idée. C’est une espèce d’excitation de voir jusqu’où l’on peut aller dans ce rapport à l’idée. Ce n’est pas un but, c’est une sensation de créateur.

Vos livres semblent être davantage des jeux que des histoires. Est-ce que vos livres racontent une histoire ? Quelle est l’histoire de votre dernier livre ?

En fait, il y a des livres d’activités et de dessins. Ces livres d’activités peuvent susciter des histoires. Ce sont des planches de dessins, donc le rapport au livre et à l’histoire est toujours présent.

Pour moi, ce ne sont pas des jeux, ce sont des installations. J’installe un moment de lecture. Et ce moment de lecture va être rempli par les lecteurs : l’adulte et l’enfant. Ce sont eux qui vont faire l’histoire. C’est l’histoire de leur lecture.

J’ai également un personnage qui s’appelle Turlututu. Il est très connu en France. C’est un vrai joueur qui joue avec le lecteur. Par exemple, il propose une formule magique qui est « repulsec ». Donc on ferme les yeux, on prononce « repulsec », on claque deux fois dans ses mains, on tourne la page et Turlututu a disparu. Il y a beaucoup de magie dans mes livres !

Où puisez-vous votre inspiration ? Vous plongez-vous dans vos propres souvenirs d’enfance ?

Si je le savais, j’irai tout le temps [rires]. Dans mes souvenirs d’enfance, peut-être... mais justement car enfant, je me suis ennuyé. Peut-être aussi dans les interventions que je fais auprès des enfants, car alors je vois jusqu’où je peux aller dans le jeu, à quel point tout est possible. Probablement aussi dans les musées. Finalement, partout.

Quels sont les moments de l’enfance que vous capturez dans vos livres ?

La clé pour moi c’est la spontanéité. Dans les lectures on se laisse aller, puisque c’est moi qui fait le spectacle. Et quand je fais des ateliers, on s’amuse. On lance des pinceaux en l’air. On se rythme sur de la musique. On fait des tas de trucs qui ne sont pas a priori liés à un apprentissage.

Ce qui n’empêche pas qu’à la fin on va quand même produire un dessin. On part sur des jeux avec une grande liberté. L’apprentissage est fait par les parents, les enseignants, la société, tout le monde s’en charge. Les artistes sont là pour encourager la spontanéité.

Avez-vous déjà été tenté d’écrire des livres pour les grands ?

Non, je pense que je suis assez grand là où je suis... car je ne fais pas mes livres à quatre pattes. Je ne me mets pas à la hauteur des enfants. Je me sens très adulte. Et quand je vois les enfants, quand je travaille avec eux, je les sens très adultes. Je ne joue pas avec des enfants. Je joue avec une entité avec laquelle je suis à égalité. Je ne me sens pas grand et eux petits. Je suis dans une plénitude d’expression. Et mon public ce sont les adultes et les enfants.

Je ne sais pas si c’est votre première fois en Russie, mais quelles sont vos premières impressions ?

C’est la seconde fois. Et ça me plait bien, oui. Et ça me donne envie de lire... Et une des sensations les plus agréables pour moi, qui suis un grand voyageur, c’est d’avoir envie de rester dans le pays à travers la lecture.




L'interview est réalisée grâce à la collaboration de la maison d'éditionClever
Источник: Голос России.


Biographie

Hervé tullet naît à Avranches en 1958 .
Après des études autour de l’illustration et de la communication visuelle , il travaille pendant une dizaine d’années dans la publicité .
En 1990 , il réalise ses premières illustrations pour la presse.
En 1994 , son premier livre pour enfant voit le jour au Seuil jeunesse : « Comment Papa à rencontré Maman ».
La reconnaissance ne tardera pas : il reçoit le Prix non-fiction à la foire internationale de Bologne en 1998 pour « Faut pas confondre » et ses livres qui préfèrent le parcours à la narration font vite parler d’eux .
Avec la série « Jeux de … ( à partir de 2006 ) » , « Les cinq sens » ( 2003 ) ou « L’imaginier » ( 2006 ) , il s’adresse aux enfants dès la petite enfance car ses ouvrages se touchent autant qu’ils se lisent.
Avec « Moi, c’est Blop » paru en 2005, qui marque la naissance de cette forme caméléon emblématique de son œuvre, ou Turlututu, en 2007, l’œil curieux qui guide les enfants par un jeu de questions / réponses, Hervé Tullet creuse son sillon : solliciter le lecteur pour l’intégrer à l’œuvre .
Prix Pitchou récompensant le meilleur ouvrage pour la petite enfance en 2009 avec « Le grand livre du Hasard » au salon jeunesse de Saint-Paul-Trois-Châteaux , la renommée internationale est aussi à l’horizon avec des traductions dans près de vingt-cinq langues, des expositions ou des interventions en France ou à l’étranger (Corée, Istambul, Usa, Israel, Tate Modern à Londres etc.)
Il renouvelle aussi le livre d’activités avec « À toi de gribouiller » (2007) , « Le livre de coloriage » (2009) ou « Le livre avec un trou » et « La cuisine aux crayons » (2011).
« Un Livre » , paru en 2010 , synthétise son art jusqu’à l’épure : juste trois points, un jaune, un bleu, un rouge, et la magie opère. Prix sorcières, Prix Andersen, Prix Versele, entre autres, traduit dans plus d’une vingtaine de langues, cet ouvrage salué par son audace fait le pari d’une adaptation numérique. C’est un nouveau succès qui reçoit en 2012 la Pépite de la création numérique au Salon du livre jeunesse de Montreuil.
Définitivement, Hervé Tullet est devenu un auteur incontournable de la littérature jeunesse.

lundi 3 décembre 2012

Une interview de Ramadan Abdallah Shallah, secrétaire général du Jihad islamique


La bataille de Gaza : une nouvelle étape de la lutte contre l'ennemi.
Dans une interview sur la chaîne « Falastin Al-Yawm », le dct. Ramadan Abdallah Shallah, secrétaire général du mouvement du Jihad islamique en Palestine, a affirmé que la récente bataille entre l'ennemi sioniste et la résistance palestinienne dans la bande de Gaza s'est soldée par une victoire de la résistance, et que cette bataille représente une nouvelle étape de la lutte palestinienne vers la libération et la liberté.
Immédiatement après le discours du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à l'ONU et au moment du vote positif de l'Assemblée Générale, le dct. Ramadan Abdallah répondait aux questions du journaliste sur la signification du vote à l'ONU, la résistance à Gaza, la réconciliation palestinienne et le rôle de Égypte dans la bataille de la libération.
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Ramadan Abdallah Shallah, secrétaire général du Jihad islamique
Ci-joint de larges extraits de cette interview.
A propos du vote par l'ONU de l'admission de l'État palestinien comme État observateur et non membre, vote qui a obtenu 138 voix, dr. Ramadan a déclaré :
Refus d'un État palestinien dans les frontières de 67
« A la lumière du discours du président de l'Autorité palestinienne aux Nations-Unies, qui fut considéré comme une victoire importante pour le peuple palestinien et une occasion historique, il est important d'apporter un éclairage sur cette initiative. D'abord, nous nous demandons de quelle Palestine il s'agit ? S'il s'agit de la patrie entière, de la Palestine, du fleuve à la mer, il est normal que nous bénissions ce pas, mais il ne s'agit que de fixer une limite au droit palestinien, au droit de la nation sur toute la Palestine selon la résolution de partage, qui avait été refusée par la nation toute entière à l'époque, et d'accepter un État dans le cadre du partage, qui a été largement entamé depuis, puisque le programme provisoire puis la déclaration d'indépendance en 1988 ne réclament qu'un État dans les frontières de 67 (et non selon les frontières de 67), où l'occupant sioniste a confisqué la moitié de la Cisjordanie.
Aujourd'hui on nous dit qu'il n'y a plus de Palestine du fleuve à la mer, toute la Palestine, et il n'y a même plus de Palestine selon la résolution de partage, il y a une nouvelle Palestine, et de nouveau, nous demandons à l'occupant de bien vouloir accepter de retourner à la table des négociations pour poursuivre ce qui reste à discuter, puisque les négociations étaient dans l'impasse, mais celles-ci avaient déjà fixé des limites au droit palestinien. Donc, sur le plan stratégique, ce pas suscite de grandes craintes, confirmées par le discours que nous avons entendu. Il y a, dans cette initiative, quelques acquis tactiques, dans le cadre du processus de règlement, que certains jugent positifs, et dans le cadre de ce qui s'appelle « la légalité internationale » qui est en fait inique puisqu'elle a fondé Israël, l'a protégé et l'a entretenu, des acquis positifs comme le fait de se diriger vers tel ou tel tribunal, ou d'intégrer telle ou telle institution ; nous parlons de quelques acquis inutiles face à une grande injustice consistant à supprimer 80% de notre droit historique, doctrinaire, juridique et islamique, et selon tous les critères, notre droit sur notre terre, la Palestine.
C'est pourquoi entre les maigres gains tactiques et la perte stratégique, et dans le cadre de la guerre de Gaza et de la division interpalestinienne, nous avons préféré ne pas participer. Nous avons clairement dit à l'Autorité palestinienne et aux frères en Égypte, que nous n'approuvons pas ce pas mais que nous ne lutterons pas contre. Laissons le temps et les jours et la réalité sur le terrain prouver ce que ce pas va générer. Même Netanyahu vient de déclarer que rien ne changera en fait, après l'admission à l'ONU comme état non membre. La position israélienne envers cette initiative n'a jamais été sincère, puis des faits nouveaux sont intervenus. Abu Mazen a déclaré dans son discours « c'est la dernière chance pour sauver la solution de deux États ». En réalité, c'est le sommet de ce qui est proposé sur le plan international, avec l'approbation sioniste. Si la solution des deux États n'est pas appliquée, c'est alors la solution d'un seul État (que nous refusons par ailleurs pour diverses considérations) obtenu par la voie pacifique qui devra être appliqué, ce que refuse nettement l'ennemi sioniste à cause des considérations démographiques.
Le secrétaire général du Jihad islamique a ajouté que cette solution (les deux États) fermait la porte à toutes les autres solutions et réservait une place à la solution des deux Etats en attendant l'application de la vision sioniste.
« L'ONU a reconnu en 1974 l'OLP comme membre observateur, c'est-à-dire il y a plus de trente ans. Nous devons attendre trente autres années, pour un État observateur, pour qu'il y ait la solution à deux États, selon la vision sioniste. C'est le fondement de la position sioniste, dont le seul souci est d'entériner « Israël en tant qu'État juif ». L État sioniste sait également que l'Autorité palestinienne est en train de vendre une nouvelle illusion au peuple palestinien. Israël le savait, mais il y a une autre raison au changement de langage des sionistes. Israël, l'occident et le monde ont lu la guerre de Gaza qui a signifié : Netanyahu, si tu refuses la solution à deux États, attends la solution accumulée par la résistance et le peuple palestinien, qui vont de victoire en victoire, depuis une décennie. Mahmoud Abbas s'est plaint disant que le monde ne ressentait pas qu'un État manque dans le monde. En réalité, le monde ressent qu'il y a un État de trop dans le monde, c'est Israël.
La personne qui a présenté Abou Mazen à l'ONU a déclaré qu'il ne faut pas occuper la terre des autres par la force, mais est-ce qu'Israël a pris la Palestine selon un processus électoral, ou dans un bulletin de Loto ? La Palestine a été violentée par la force des armes. C'est cet État de trop qui doit disparaître pour que revienne la Palestine. Parlant des droits palestiniens, Abu Mazen a déclaré que le peuple palestinien n'abandonnera pas ses droits nationaux, tels que les ont définis les Nations-Unies. Qui a déclaré que les Nations-Unies peuvent définir les droits d'un peuple ? Moi, je refuse la résolution du partage, où nous avions 45% de la Palestine, et aujourd'hui, ils te donnent moins de la moitié des 45%. Pourquoi protestes-tu ? Il dit : nous ne sommes pas venus pour supprimer la légitimité d'un État existant, nous venons demander la légitimité de la Palestine, comme des aveugles au cimetière. Pourquoi ? Celui qui sort d'une guerre comme celle qui s'est déroulée à Gaza, est-il obligé de venir confirmer la légitimité de l'Etat d'Israël ? Avant, ils reconnaissaient Israël comme un fait accompli, aujourd'hui ils disent qu'Israël a une légitimité. Ils ont renié toute la littérature palestinienne, ils ont tout jeté à la mer. Abu Mazen a de plus parlé des réfugiés, disant qu'ils seraient heureux d'obtenir une justice. Mais ces réfugiés, vont-ils retourner dans leurs villes ou villages, ou bien à Ramallah ou au camp d'al-Jalazon ?
Je voudrai conclure en un mot : lorsque les accords d'Oslo ont été signés, le peuple palestinien a organisé les réjouissances dans toutes les rues et les villes, pour célébrer « la réconciliation historique ». Ce jour-là, la chaîne CNN avait accueilli le frère Nabil Shaath, et lui avait demandé que ressentait-il à la vue des réjouissances organisées à la Maison Blanche. Il avait dit (et personne ne s'y attendait) : aujourd'hui, je viens de réaliser que 80% de la terre palestinienne est perdue à jamais. Aujourd'hui, ils nous disent : voilà, vous le peuple palestinien, c'est la limite de vos revendications en Palestine. »
Dr. Ramadan a poursuivi, se demandant si cette solution pouvait ramener les fils de Haïfa, de Yafa ou Safad à leurs villes ou villages dans la terre palestinienne occupée en 1948, affirmant que ce qui se passe sert en réalité à donner du souffle au processus de règlement qui était à l'agonie.
« Les États-Unis et les Européens ont pris peur de ce qui s'est passé à Gaza. Le climat et l'état d'esprit qui ont dominé au cours et après la guerre de Gaza, au sein du peuple palestinien, devaient être combattus et balayés par un geste qui donne du souffle au processus de règlement, pour abattre ce que la bataille de Gaza a insufflé. C'est de nouveau compter sur une illusion, un mirage ».
La bataille de Gaza et la victoire de la résistance
Pour le dr. Ramadan Abdallah Shallah, la résistance a remporté une victoire dans la bande de Gaza parce qu'elle a surpris l'ennemi par ses capacités et sa pratique sur le terrain, et elle a mis en échec les buts que s'étaient fixés les Israéliens lors de la guerre contre le territoire de la bande de Gaza en Palestine, qui a duré 8 jours. « L'ennemi a déclaré vouloir détruire l'infrastructure de la résistance, sa puissance et ses fusées, mais jusqu'à la dernière minute de la guerre, lorsque les dirigeants sionistes tenaient une conférence de presse, les fusées tombaient sur les territoires occupés. Il a dit vouloir revenir à sa puissance de dissuasion, mais de quelle dissuasion parle-t-il ? Nous avons frappé au cœur de Tel Aviv.
Il y a quelques années, ils discutaient de la défense de la colonie Sderot qu'on pouvait atteindre par des fusées de courte portée, de 10 à 20 km., et aujourd'hui ? Ils ne pouvaient supporter qu'un million de colons descendent dans les abris, aujourd'hui, ce sont trois millions qui sont accourus dans les abris. Il voulait également instaurer un état de fait consistant à séparer la bande de Gaza de la Cisjordanie, pour la remettre à Égypte. Mais l'ennemi a échoué sur tous ces plans. »
Pour ceux qui doutent de la victoire de la résistance dans la bataille de Gaza, dr. Ramadan Abdallah a indiqué les derniers sondages à l'intérieur de l'entité sioniste, dont celui fait par la chaîne 10, qui a affirmé que 34% des Israéliens pensent que Gaza a remporté la victoire, alors que 26% ont jugé que les « deux parties » sont à égalité, ce qui est en soi une victoire de la résistance, car le fait de considérer que l'entité qui possède toute cette puissance militaire puisse être à égalité avec le mouvement du Jihad islamique et le Hamas et les autres formations de la résistance, signifie qu'aujourd'hui, la victime a remporté la victoire sur le bourreau.
Dr. Ramadan a rappelé les scènes de panique au sein des colons, qui accouraient vers les abris, et à leur tête les dirigeants de la guerre, comme Netanyahu et Barak. Rien que ce genre de scènes entérine la défaite pour les sionistes.
« L'ennemi a cru que l'occasion était venue pour frapper Gaza. Il a visé le martyr dirigeant Ahmad Jaabari, et envisageait l'assassinat d'autres dirigeants, et terminer la bataille comme il le voulait. Il croyait qu'il allait réaliser de grands acquis, pouvant lui assurer des gains électoraux, au détriment du sang palestinien. Netanyahu voulait attirer le soutien et le feu vert américains pour relever sa popularité, mais il n'a acquis que la déception, la défaite et la honte à cause de la frappe de Tel Aviv et d'autres villes occupées par les fusées de la résistance. Ces fusées ont continué à frapper les villes occupées malgré le bombardement sioniste et le déluge de feu qui s'abattait sur la bande de Gaza. Pour la première fois dans l'histoire du conflit, les fusées de la résistance ont atteint le cœur de l'entité, Tel Aviv qui représente pour lui « la vache sacrée », ce qui confirme la détérioration de ce qui s'appelle la force de dissuasion sioniste. ». Pour lui, « Israël n'est plus protégé, et la puissance de la force sioniste qui a attaqué et bombardé des États arabes comme le Soudan ou autres n'est plus ce qu'elle était, et ce qui est considéré comme la puissance de dissuasion s'est détérioré à une grande échelle ».
Concernant la victoire à Gaza, dr. Ramadan a affirmé qu'il faut rester modeste, car cette victoire est due à l'aide divine d'abord, puis aux sacrifices des combattants et de notre peuple. « Nous n'acceptons cependant pas les voix de ceux qui minimisent son importance. Le fait de douter de la victoire signifie que le défaitisme s'est enraciné dans les cœurs de ceux-là au point de devenir un roc insoluble ». Il a ajouté que ce qui s'est déroulé à Gaza est une véritable guerre et non une confrontation limitée, si l'on considère le niveau de l'ennemi sioniste, ses buts et ses bombardements, mais aussi comment la résistance a fait face, comment elle a réussi à frapper Tel Aviv, affirmant que la résistance a pris la décision de mener cette guerre pour défendre notre peuple. « Ce n'est sûrement pas une guerre décisive, puisque pour les Israéliens, la guerre décisive signifie la suppression du peuple palestinien. Rabin voulait voir Gaza sous la mer. Pour nous, la guerre décisive est celle qui supprime l'État sioniste de la carte et donne naissance à la Palestine toute entière ».
Il a indiqué par ailleurs que beaucoup de choses ont distingué cette guerre des précédentes. La guerre de 2008 a eu des résultats modestes et limités. Avant, la guerre de 2006 contre le Liban était d'une grande envergure. Aujourd'hui, cette guerre se tient au même rang que celle de la guerre de juillet 2006, elle pourrait même la dépasser, selon deux caractéristiques : « d'abord, nous sommes arrivés à frapper Tel Aviv (ce que pouvait faire la résistance au Liban car ce n'est pas par faiblesse qu'elle ne l'a pas fait, mais pour des considérations différentes) et ensuite, cette guerre se déroule à partir de la Palestine ».
Concernant la trêve, dr. Ramadan Shallah a expliqué que « les Israéliens voulaient nous imposer leurs conditions, c'est-à-dire un cessez-le-feu entre les deux parties. Nous avions refusé et avions insisté pour réaliser des acquis pour notre peuple assiégé. C'est ce que nous pouvons appeler l'aspect politique, qui est en fait un aspect lié à la vie des gens. C'est ce qui s'est réellement passé, du fait de la volonté de la résistance et de la volonté de notre peuple en lutte. La trêve comprend l'arrêt des assassinats, des agressions et des tirs,d'une part, et d'autre part, l'ouverture des voies de passage, la reprise des terres frontalières, l'arrêt des tirs contre les pêcheurs et autres. Ce sont des acquis pour notre peuple. Mais pour Israël, il s'agissait d'obtenir des gains politiques en contrepartie, consistant à séparer politiquement la bande de Gaza de la Cisjordanie, et de la Palestine. Il voulait inclure un accord politique de ce genre dans la trêve. Avec le Hamas, nous étions conscients de cela et nous étions d'accord pour empêcher que l'accord de trêve ne revête un aspect politique comme l'ont souhaité les Israéliens. Concernant la trêve, elle comprend deux parties, la première est le cessez-le-feu immédiat, et la seconde concerne les voies de passage, la mer, la bande frontalière, etc… Pour cette seconde partie, des délégations du gouvernement palestinien à Gaza se rendent en Égypte pour discuter des mécanismes et du suivi avec la partie égyptienne en vue de son application sur le terrain. »
Dr. Ramadan a avoué que ni la résistance ni notre peuple ne font confiance à l'occupant, et c'est pourquoi nous avons dit au cours de la conférence de presse : « nous tiendrons notre engagement envers la trêve tant que l'occupant s'y tient ». Il a cependant précisé que la trêve ne peut être « volontaire et à durée indéterminée », en comparaison avec la situation qui prévaut en Cisjordanie, où la « coordination sécuritaire » est au plus haut point avec l'occupant. A Gaza, a-t-il ajouté, il n'y a pas de « coordination sécuritaire » puisqu'il n'y a pas d'accord avec l'occupant. « Mais nous ne pouvons nous taire quand l'ennemi rompt la trêve, comme il l'a fait au printemps dernier lorsqu'il a assassiné Abou Ibrahim, le secrétaire général des Comités Populaires. Nous, les Saraya al-Qods, avons riposté car la trêve a été rompue. Si nous ne le faisons pas, nous n'avons qu'à abandonner les armes et à nous transformer en association de bienfaisance. Aujourd'hui, cette trêve revêt un aspect exécutif, il s'agit de séparer entre deux adversaires après une guerre où la résistance a obtenu des acquis. Il n'y a rien de plus. Toute rupture de la trêve nous donne le droit de riposter. Tout comme Il y a eu une différence qualitative entre les guerres de 2008 et 2012, et nous disons, par la permission de Dieu, qu'il y aura une différence nouvelle et importante entre 2012 et la prochaine bataille.
Il faut remercier l'Iran
Concernant les Etats qui soutiennent la résistance en Palestine, dr. Ramadan a affirmé que les organisations de la résistance ne peuvent que remercier ceux qui les ont soutenues, et quiconque ne remercie pas l'humain ne remercie pas le Créateur. Il a apprécié le rôle de l'Iran qui a apporté son soutien à la résistance en livrant les armes et l'argent et le soutien politique. Il a mis en garde contre certaines voix qui essaient de fabriquer un nouvel ennemi dans la région qui serait l'Iran, alors que le seul ennemi reste l'Etat sioniste, jusqu'à sa disparition « Il n'est pas du tout de notre intérêt de tranquilliser l'État sioniste en s'éloignant de l'Iran ou en la critiquant, même en cas de divergences politiques avec ce pays ».
Refusant les critiques qui furent adressées à ceux qui s'appuient sur l'Iran pour combattre l'Etat sioniste, il s'est demandé comment de grands ulémas pouvaient faire appel à l'OTAN pour renverser ce qu'ils ont nommé la tyrannie dans leur pays alors que la résistance palestinienne ne pouvait pas s'appuyer sur l'Iran pour combattre Israël, disant « comment avons-nous admis cela et selon quelle logique, quelle raison, quelle religion ou quelle jurisprudence il ne nous est pas autorisé d'accepter l'aide de l'Iran, Etat islamique, contre l'occupant sioniste en Palestine ? »
La réconciliation
Dr. Shallah a abordé la question de la réconciliation interpalestinienne, qui est un des principaux sujets de discussion, après la victoire de Gaza, puisque des voix affirment que la réconciliation serait pour bientôt. Mais le secrétaire général du mouvement du Jihad islamique en Palestine l'a formellement nié : « la réconciliation n'est pas à l'ordre du jour. Rien n'a changé dans les convictions des parties de la réconciliation. Il y a une tentative de fuite de la réalité, lorsqu'elles parlent de réconciliation. Il y a un grand fossé entre deux projets en Palestine, celui du règlement (nous avons entendu son expression aux Nations-Unies, nous voulons un État aux côtés d'Israël), et celui de la résistance à Israël, qui a lutté et sacrifié tout ce qu'il peut sacrifier. Lorsque le mouvement Hamas a emprunté la voie de l'action politique aux côtés de la résistance, il espérait convaincre l'autre partie (Abu Mazen et le Fateh) qu'il est possible de mener la résistance en même temps que l'action politique, mais ceci est absolument refusé par l'autre partie. Nous avions pensé, en tant que mouvement du Jihad islamique, qu'on pouvait sortir de l'impasse en réanimant l'OLP, mais les discussions furent stoppées à ce niveau.
Concernant l'OLP, dr. Ramadan a expliqué que si toutes les forces politiques et combattantes du peuple palestinien y étaient incluses, elles devraient respecter le programme qui serait proposé et voté par tous. Aucune force palestinienne ne pourrait imposer sa ligne sur l'ensemble du peuple palestinien, au contraire de ce qui se passe aujourd'hui, où une seule force politique impose à l'ensemble du peuple palestinien et de ses forces politiques et combattantes et à toute la nation, une ligne précise disant que le choix du peuple palestinien est celui du règlement. « Le monde entier sait que l'OLP, qu'on présente comme représentant légal et unique du peuple palestinien, n'inclut ni le Jihad ni le Hamas, ni d'autres formations. Comment peut-être être représentant légal et unique alors que d'importantes forces n'y adhèrent pas ? »
Les Etats arabes, et la nouvelle Égypte
Le secrétaire général du mouvement du Jihad islamique en Palestine a également abordé, au cours de cette interview, la place de la Palestine au sein des États et peuples arabes, notamment en Égypte. Il a affirmé que le rôle de médiation de l' Égypte était, au cours de la récente guerre, totalement différent de celui qu'elle tenait avant la révolution. L'Égypte a joué un rôle positif et son rôle de médiation était entièrement différent du passé. « Un changement s'est opéré dans la position égyptienne, mais nous ne sommes qu'au début. Cela n'est pas suffisant. Netanyahu a voulu couper la route entre nous et l'Egypte. Mais nous espérons arriver à une situation où Égypte pourra jouer un rôle décisif dans la dissuasion contre Israël et pourra faire entendre que dans cette région, il y a une force importante qui dise non à Israël ».
« Nous en tant que mouvement de libération, nous ne pouvons que nous réjouir du réveil des peuples de la région qui réclament la liberté, car la bataille pour la libération des humains est celle qui nous conduira à la libération de la terre et des patries, et en premier lieu la Palestine. Mais nous apercevons que l'agenda des peuples du « printemps arabe » plonge plutôt dans les détails de la vie quotidienne (ce qui est du droit des gens de s'occuper de leurs problèmes et de régler leurs affaires intérieures) et que la Palestine est du domaine de l'affection, et n'est pas posée dans l'agenda politique, alors qu'au même moment, il y a une insistance à affirmer que les accords signés avec Israël ne seront pas remis en cause, et ceci est dangereux. Il ne faut pas rassurer l'occupation. Nous ne demandons à personne de lancer demain une guerre contre Israël, nous comprenons la situation, mais nous disons, comme nous le peuple palestinien opprimé et écrasé, assiégé et poursuivi, avons effectué les préparatifs en vue de frapper Tel Aviv, de gêner cette entité, de casser son prestige, tous ces États et régimes peuvent, s'ils le veulent, mener ces préparatifs et de se tenir prêts pour l'instant de la confrontation.
Le dct. Ramadan Abdallah Shallah a finalement espéré que les (fausses) réjouissances actuelles pour le vote à l'ONU ne se substituent pas à la vraie joie suscitée par la dernière victoire de la résistance à Gaza, car c'est cette joie basée sur le sang des martyrs et des sacrifices du peuple palestinien qui fondera la véritable joie lors de la libération de la Palestine.
Lire également :
- « Israël n'a aucun avenir dans la région » - 18 mai 2008
- "Le sommet d'Annapolis doit servir à masquer l'échec américain" - 15 novembre 2007
Décembre 2012 - Traduit et transmis par Baladi

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