dimanche 4 août 2013

Tunisie: la crise politique et l'opération "antiterroriste" continuent


L'armée tunisienne poursuivait samedi son opération près de la frontière algérienne contre un groupe armé "terroriste" responsable d'une embuscade sanglante qui a nourri les graves tensions et la crise politique déclenchées par l'assassinat d'un opposant.
Les autorités n'ont donné aucune information précise sur le déroulement de ces "opérations terrestres et aériennes" sur le mont Chaambi où l'armée traque depuis décembre un groupe appelé "Phalange Okba Ibn Nafaâ".

Ce groupe groupe est soupçonné d'être lié à Al-Qaïda et de compter des vétérans de la rébellion islamiste du Nord-Mali. Et c'est dans cette zone que huit militaires ont victimes en début de semaine d'embuscade sauvage.
Le ministère de la Défense a indiqué tard vendredi qu'aucun combattant n'avait été tué ou arrêté.
Signe de la tension dans la zone, l'armée algérienne a déployé "plus de 6.500 soldats" pour sécuriser la frontière avec la Tunisie, selon le quotidien Ech-Chorouk.
A Tunis, la police a découvert dans un colis suspect une lettre de menaces appelant les forces de l'ordre à se retirer du Mont Chaambi.
Le ministère de l'Intérieur a en outre annoncé ces dernières 24 heures qu'un "extrémiste religieux" avait été tué et un autre blessé dans deux incidents séparés alors qu'ils manipulaient des explosifs.
Certains médias s'inquiétaient dès lors des risques grandissants d'attentat, le journal le Quotidien qualifiant les protagonistes de ces différentes affaires de "terroristes en herbe" tout en notant qu'il était "impératif de redoubler de vigilance".
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui a assuré à l'AFP qu'il n'y avait pas pour autant de "menace précise" et que le risque d'attentat était "le même en Tunisie qu'en Franceou ailleurs dans le monde".
Le gouvernement a cependant reconnu ces dernières semaines que le pays était face à une menace terroriste grandissante.
Une conférence de presse est prévue dans l'après-midi, après 14H30 GMT, au siège du gouvernement, après une rencontre du Premier ministre islamiste Ali Larayedh avec les ministres régaliens et des représentants de différents partis.
Sur le front politique, opposants et partisans du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda ne semblaient toujours pas disposés à négocier un compromis à même de sortir le pays d'une crise relancée le 25 juillet par l'assassinat, attribué à la mouvance jihadiste, du député Mohamed Brahmi.
Si l'essentiel des partis d'opposition et de nombreuses organisations de la société civile réclament le départ du gouvernement, ils n'ont pas réussi à déterminer une position commune, en particulier sur une éventuelle dissolution de l'Assemblée nationale constituante élue il y a presque deux ans mais dont les travaux sont paralysés depuis des mois.
Ennahda, bien que fragilisé par la mobilisation de l'opposition et les critiques formulées par ses alliés laïques, insiste sur sa légitimité à gouverner. Pour sortir de la crise, les islamistes ont proposé la formation d'une coalition élargie et des élections en décembre.
Alors que les opposants mobilisent chaque nuit, après la rupture du jeun du ramadan, des milliers de manifestants à Tunis depuis une semaine, les islamistes ont prévu une démonstration de force samedi à partir de 21H00 (20H00 GMT), appelant par tracts, SMS et communiqués tous leurs partisans à un rassemblement de soutien dans la capitale.
L'assassinat du député Brahmi est le deuxième du genre après celui de l'opposant Chokri Belaïd en février qui avait entraîné la chute d'un premier gouvernement dirigé par Ennahda.
Le ministère de l'Intérieur a établi un lien entre les deux meurtres, la même arme ayant été utilisée selon la police. Les tireurs, présentés comme des militants salafistes, n'ont pas été arrêtés et aucune indication n'a été donnée sur les commanditaires.
Les autorités ont aussi assuré qu'un lien existait entre le groupe de Chaambi, les tueurs des opposants et la principale organisation salafiste tunisienne, Ansar Ashariaa, dirigée par Abou Iyadh, un vétéran de la guerre en Afghanistan. Ce mouvement a rejeté ces accusations.

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/tunisie-vaste-operation-militaire-contre-un-groupe-arme-03-08-2013-3028017.php

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