mercredi 8 mai 2013

Un chat qui défie le science !





Recueilli dans une unité pour malades d'Alzheimer à Rhode Island, il présente la particularité incroyable d'identifier les patients dont la mort est imminente. Crédits photo : Milne/AP

« OSCAR arrive devant la chambre 313. La porte est ouverte, il entre. Mme K. est allongée paisiblement sur son lit et respire doucement. Autour d'elle, les photos de ses petits-enfants et une de son mariage. Malgré ces souvenirs, elle est seule. Oscar saute sur le lit, renifle l'air et marque une pause, histoire de considérer la situation. Sans plus hésiter, il fait alors deux tours sur lui-même pour se lover contre Mme K. Une heure passe. Oscar attend. Une infirmière entre, vérifie l'état de la malade et note la présence d'Oscar. Préoccupée, elle sort et commence à passer des coups de téléphone. La famille arrive, le prêtre est appelé pour les derniers sacrements. Le matou ne bouge toujours pas. Le petit-fils de Mme K. demande alors :»Mais que fait le chat ici Sa mère, maîtrisant ses larmes, lui répond : »Il est là pour aider grand-mère à arriver au paradis... *Trente minutes plus tard, Mme K. pousse son dernier soupir. Oscar se lève, sort à pas de velours, sans que personne ne le remarque... »

Une fois n'est pas coutume, la prestigieuse revue médicale américaine The New England Journal of Medicine, dans son dernier numéro, loin de ses articles austères, a choisi de publier l'histoire vraie et touchante d'un petit chat pas comme les autres. Recueilli dans une unité pour malades d'Alzheimer à Rhode Island aux États-Unis, il présente la particularité incroyable d'identifier les patients dont la mort est imminente et de se blottir alors contre eux pour leur apporter un ultime réconfort. Il s'intéresse à chaque patient, mais ne s'installe sur leur lit que lorsque le moment fatal est arrivé. Le docteur David Dosa, gériatre à l'hôpital Rhode Island de Providence, travaillant dans cette unité, décrit avec précision dans le New England comment ce chat a transformé les pratiques de fin de vie, en prévoyant les décès, permettant d'organiser l'appel aux familles et les derniers offices religieux.

« Un indicateur quasi certain »

Quand les employés de cette maison de retraite de la ville de Providence ont recueilli le petit chat Oscar, ils étaient loin d'imaginer que ce dernier leur indiquerait, avec une fiabilité jamais démentie, le prochain patient qui passerait de vie à trépas. L'animal, âgé de deux ans, tigré et blanc, a été adopté par le personnel de l'unité de soins spécialisés dans la maladie d'Alzheimer situé au troisième étage. Selon David Dosa, Oscar fait des rondes régulières, observe les patients, les renifle avant de passer son chemin ou de s'installer pour un dernier câlin. Il lui est arrivé d'accompagner jusqu'à leur ultime demeure des mourants qui, faute de famille, seraient morts tout seul.

Ses prévisions se sont révélées jusqu'à présent si exactes que, dès qu'il se blottit contre un patient, les soignants contactent les proches. « Personne ne meurt au troisième étage sans avoir reçu la visite d'Oscar, écrit David Dosa. Sa seule présence au chevet d'un patient est perçue par les médecins et les soignants comme un indicateur quasi certain d'un décès imminent. » 

Jusqu'ici, il a supervisé la mort de plus de 25 pensionnaires, selon David Dosa, qui a précisé de ne pas pouvoir fournir d'explication aux capacités divinatoires du chat. Oscar a-t-il des dons particuliers ? Cette histoire permet de méditer en tout cas sur l'impact des animaux de compagnie dans certaines structures destinées aux personnes âgées.

Les chats, animaux particulièrement affectueux, pourraient jouer un rôle de réconfort pour ces malades atteints d'Alzheimer que la démence éloigne du monde rationnel. L'agence d'hospitalisation locale, en tout cas, a pris la mesure du rôle d'Oscar puisqu'elle a fait graver ces quelques mots sur le mur du service : « Cette plaque récompense Oscar le chat pour ses soins dignement compassionnels. »


Un chat qui défie le science !

Oscar (né en 2005) est un chat qui vit dans une unité hospitalière de Rhode Island, aux États-Unis. Selon les infirmiers et médecins de l’hôpital, il aurait la particularité d’aller près des patients sur le point de mourir et de se blottir à leur côté pendant leurs derniers instants. Cela a fait l’objet d’un témoignage informel dans le New England Journal of Medicine. Certains sceptiques notent que ce témoignage a été cité par les médias comme s’il s’agissait d’un article de recherche, alors que ça n’est pas le cas.

À fin juillet 2007, Oscar a « accompagné » la mort de plus de 25 résidents du Steere House Nursing and Rehabilitation Center.

Histoire

Oscar a été adopté, encore chaton, dans un refuge pour animaux, et a grandi au 3e étage de l’unité pour les démences du Steere House Nursing and Rehabilitation Center, à Providence, Rhode Island. L’unité soigne des malades atteints d’Alzheimer, de Parkinson et autres maladies, pour la plupart dans les derniers stades de leur maladie et généralement inconscients de leur environnement. Steere House se présente comme un lieu accueillant pour les animaux familiers en anglais : pet friendly ; six animaux vivent dans l’établissement (lapin, chats, chien, perroquet)1.

Après six mois, l’équipe s’est aperçue qu’Oscar visitait les patients régulièrement. Il les sent et les observe, puis se blottit pour dormir contre certains. Ce qui a surpris l’équipe est que la personne auprès de laquelle Oscar dort meurt généralement deux à quatre heures après l’arrivée du chat.

La forte coincidence entre les visites d’Oscar et la mort de ces patients - à fin juillet 2007, plus de 25 décès dans ces circonstances - a entraîné la mise en place d’une nouvelle procédure : lorsqu’il est trouvé dormant près d’un patient, l’équipe appelle ses proches pour les prévenir de ce qu’ils pensent être sa probable mort imminente.

La plupart du temps, la famille du patient ne se soucie pas de la présence d’Oscar. Lorsqu’il a été exclu de la chambre à la demande de la famille, le chat va et vient devant la porte et émet des miaulements de protestation. Lorsqu’il est présent, Oscar reste auprès du patient jusqu’à sa mort. Après quoi il s’en va et quitte la pièce2.

Oscar, par ailleurs, n’est pas particulièrement affectueux.

L’équipe de l’hôpital a remercié symboliquement le chat en posant une plaque sur un mur, avec l’inscription « Pour ses soins hospitaliers compatissants, cette plaque récompense Oscar le chat » (en anglais, « For his compassionate hospice care, this plaque is awarded to Oscar the Cat »).

Commentaires médicaux et scientifiques

Le Dr Joan Teno, enseignant de la Warren Alpert Medical School, à la Brown University de Providence, qui s’occupe des résidents de Steere House et voit régulièrement Oscar, commente : « Ce n’est pas que le chat soit toujours là le premier. Mais il s’arrange toujours pour venir, et il semble que ce soit toujours dans les deux dernières heures. »3

Le Dr David Dosa, gériatre auteur d’un article dans le New England Journal of Medicine qui a déclenché l’intérêt médiatique pour ce chat, dit que « (Oscar) ne fait pas trop d’erreurs. Il semble comprendre quand les patients sont sur le point de mourir ». Il émet l’hypothèse que « le chat pourrait détecter des odeurs spécifiques accompagnant la mort », hypothèse soutenue par le Dr Teno.

Selon certains spécialistes des comportements animaux, l’explication par l’odorat est plausible. « Je soupçonne qu’il sent des substances chimiques émises juste avant la mort », déclare Margie Scherk, vétérinaire de Vancouver(Colombie-Britannique) et présidente de l’American Association of Feline Practitioners. « Les chats peuvent sentir beaucoup plus de choses que nous, et ils peuvent certainement détecter la maladie. » Le Dr Jill Goldman, spécialiste du comportement animal à Laguna Beach en Californie, estime que « les chats ont un magnifique odorat » et ajoute que rester au côté d’un mourant peut être une conduite apprise. « Il y a eu pour lui [ce chat] une ample possibilité d’associer "cette" odeur et la mort. »

L’odorat n’est cependant qu’une hypothèse. Pour le Dr Daniel Estep, un spécialiste du comportement animal de Littleton (Colorado), « Ce qui se produit entre autres chez les personnes qui meurent est qu’elles remuent très peu. Peut-être le chat se rend-il compte de ce que la personne sur le lit est très tranquille. Cela pourrait être non l’odeur ou les sons, mais juste l’absence de mouvement. »4

Le Dr Thomas Graves, un spécialiste des chats de l’Université de l’Illinois, déclare à la BBC : « Les chats peuvent souvent sentir quand leurs maîtres sont malades ou quand un autre animal est malade. Ils peuvent sentir que le temps va changer, et ils sont réputés pour pressentir les tremblements de terre. »5

UN INDICATEUR QUASI CERTAIN

Quand les employés de cette maison de retraite de la ville de Providence ont recueilli le petit chat Oscar, ils étaient loin d’imaginer que ce dernier leur indiquerait avec une fiabilité jamais démentie, le prochain patient qui passerait de vie à trépas. L’animal âgé de deux ans, tigré et blanc, a été adopté par le personnel de l’unité de soins spécialisée dans la maladie d’Alzheimer, situé au troisième étage. Selon David Dosa, Oscar fait des rondes régulières, observe les patients, les renifle avant de passer son chemin ou de s’installer pour un dernier câlin. Il lui est arrivé d’accompagner jusqu’à leur ultime demeure des mourants qui, faute de famille, seraient morts tout seul.

Ses prévisions se sont révélées jusqu’à présent si exactes que, dès qu’il se blottit contre un patient, les soignants contactent les proches.

« Personne ne meurt au troisième étage sans avoir reçu la visite d’Oscar, écrit David Dosa. Sa seule présence au chevet d’un patient est perçue par les médecins et les soignants comme un indicateur quasi certain d’un décès imminent. »

Jusqu’ici, il a supervisé la mort de plus de 25 pensionnaires, selon David Dosa, qui a précisé de ne pas pouvoir fournir d’explication aux capacités divinatoires du chat. Oscar a-t-il des dons particuliers ? Cette histoire permet de méditer en tous cas sur l’impact des animaux de compagnie dans certaines structures destinées aux personnes âgées.

Les chats, animaux particulièrement affectueux, pourraient jouer un rôle de réconfort pour ces malades atteints d’Alzheimer que la démence éloigne du monde rationnel. L’agence d’hospitalisation locale, en tous cas, a pris la mesure du rôle d’Oscar puisqu’elle a fait graver ces quelques mots sur le mur du service : « Cette plaque récompense Oscar le chat pour ses soins dignement compassionnels ».

Avec ces éléments, il est difficile d’expliquer le comportement d’Oscar mais avant d'envisager une explication surnaturelle à son "sixième sens", de nombreux paramètres doivent être écartés.

D'abord, et avant de lui chercher une explication, la première chose à faire est de s’assurer de la réalité du phénomène. Il faut donc comme le suggère Nicholas Dodman, directeur d’une clinique du comportement animal à l'école de médecine vétérinaire Cummings de la Tufts University, relever soigneusement les parcours d'Oscar et en particulier la répartition de son temps entre les pensionnaires vivants et mourants. Il est en effet indispensable d’avoir ces données exhaustives pour pouvoir nous affranchir de ce biais de validation subjective qui nous fait nous souvenir uniquement des événements qui accréditent l’hypothèse que l’on veut démontrer (Les sages-femmes sont par exemple les premières à dire que les soirs de pleine lune, les naissances sont plus nombreuses, ce que ne confirment pourtant pas les registres…). Dans quelle proportion Oscar pressent-il la mort des malades ? Le Dr Dosa affirme que le chat ne se trompe "presque" jamais. Mais que représente ce "presque" ?

Si la présence du chat auprès des mourants s’avère véritablement statistiquement significative, de nombreuses hypothèses peuvent encore l’expliquer avant de conclure en faveur du "paranormal", par exemple son sens développé de l’odorat, un changement d’attitude du personnel ou même une recherche de confort. En effet, Daniel Estep, spécialiste du comportement animal, estime que l’absence de mouvements dans les lits des mourants en ferait des endroits privilégiés pour une sieste féline. De même, Dodman pense que la couverture chauffante placée sur les malades mourants pourrait attirer le chat.

Donc, pas de conclusion hâtive sur l’"intuition" ou le sixième sens des félins : une allégation extraordinaire nécessite une preuve plus qu’ordinaire, dit-on en zététique.



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