samedi 8 décembre 2012

Khaled Mechaal, chef du Hamas, homme aux multiples vies







Longtemps considéré comme un radical, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, en visite inédite à Gaza, a évolué vers le consensus, revendiquant l’influence du “Printemps arabe” au point de se rallier à l’idée d’un Etat palestinien à côté d’Israël.


“Ceci est ma troisième naissance, après ma naissance naturelle en 1956 et ma deuxième naissance après la tentative israélienne de m’assassiner en 1997 en Jordanie”, a-t-il déclaré à son arrivée à Gaza vendredi. Agé de 56 ans, d’abord affable, cet ancien professeur de physique à la chevelure poivre et sel, aux grands yeux noirs et aux airs de George Clooney naît à Silwad, près de Ramallah en Cisjordanie. Il connaît l’exil avec sa famille après la guerre israélo-arabe de 1967. A l’université du Koweït, Khaled Mechaal découvre l’islamisme et participe en 1987 à la création du Hamas, issu des Frères musulmans. Il quitte le Koweït en 1990 pour la Jordanie. En 1996, il devient chef du bureau politique du Hamas, après l’arrestation aux Etats-Unis du titulaire du poste, Moussa Abou Marzouk.

Le 25 septembre 1997, une rocambolesque tentative d’assassinat lui vaut d’accéder à la notoriété internationale et de rester en place, malgré la récente libération de M. Abou Marzouk. Cinq agents israéliens se faisant passer pour des touristes canadiens tentent de le tuer à Amman en lui injectant une substance toxique. Mais deux sont arrêtés et les trois autres se réfugient à l’ambassade d’Israël. Face à la colère du roi de Jordanie, le gouvernement israélien, à l’époque déjà dirigé par Benjamin Netanyahu, doit présenter des excuses publiques, fournir l’antidote et autoriser la libération et le retour à Gaza du chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine.


A l’intérieur et à l’extérieur



Contraint de quitter Amman, le bureau politique du Hamas déménage à Damas en 1999. C’est là que Khaled Mechaal se retrouve en 2004 propulsé à la tête du mouvement après l’assassinat par Israël de cheikh Yassine puis de son successeur Abdelaziz al-Rantissi. Victorieux aux élections législatives de 2006 mais boycotté par la communauté internationale, le Hamas entre en conflit en juin 2007 contre le Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas et prend le contrôle de la bande de Gaza.

Brillant orateur, Khaled Mechaal profite de la liberté de mouvement que lui offre l’exil pour parcourir le monde arabo-musulman. Dépendant du soutien politique et financier de la Syrie et de l’Iran, il apparaît comme un représentant de l’aile dure du mouvement. En mars 2011, Mahmoud Abbas se déclare “prêt à aller demain à Gaza”, à l’invitation du chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh. Un mois plus tard, il accuse le Hamas en exil de bloquer la réconciliation, à l’instigation de l’Iran. Le 27 avril 2011, c’est pourtant Moussa Abou Marzouk qui signe avec le Fatah un accord de réconciliation surprise. Par la suite, Khaled Mechaal multiplie les déclarations conciliantes, qui font grincer des dents parmi les dirigeants de Gaza. Il se dit ainsi prêt à “donner une chance” aux négociations avec Israël puis se prononce pour la “résistance populaire pacifique”, sans aller jusqu’à renoncer à la lutte armée, après un tête-à-tête avec M. Abbas. “Il n’y a pas d’autre voie que de nous entendre, d’autant plus que (...) les vents du changement soufflent sur la région”, déclare-t-il.

Parallèlement, le mouvement prend ses distances avec la Syrie, en raison de la répression de la révolte, et quitte discrètement Damas. “De cette maison, de Gaza (...), nous promettons, de la part de la direction du Hamas, à l’intérieur et à l’extérieur, d’avancer sur le chemin de la réconciliation”, a insisté vendredi, au domicile de feu cheikh Yassine, Khaled Mechaal, qui a exprimé cette année son intention d’abandonner les rênes du mouvement.


Le Monde.fr avec AFP et Reuters Par Hélène Sallon





"Ceci est ma troisième naissance, après ma naissance naturelle en 1956 et ma deuxième naissance qui a suivi la tentative israélienne de m'assassiner en 1997 en Jordanie", a déclaré Khaled Mechaal à son arrivée dans la bande de Gaza, vendredi 7 décembre. Pour la première fois depuis 1967, Khaled Mechaal a foulé la terre palestinienne. Né en 1956 au nord de Ramallah, en Cisjordanie, celui qui est devenu le chef politique du mouvement de la résistance palestinienne Hamas avait pris, enfant, avec sa famille, le chemin de l'exil en 1967 et n'était jamais revenu depuis dans les Territoires palestiniens.


Vendredi, il a été accueilli triomphalement dans la bande de Gaza où il a initié une visite de deux jours à l'occasion du 25e anniversaire du Hamas. Le mouvement qui a pris, en juin 2007, le contrôle de la petite bande côtière en en chassant le Fatah de Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne. Sa visite intervient deux semaines après le cessez-le-feu qui a mis fin à l'opération "Pilier de défense"menée pendant huit jours par Tsahal contre la bande de Gaza, officiellement pourmettre fin aux tirs de roquettes sur le territoire israélien.


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