vendredi 17 mai 2013

Le bras de fer entre Ennahda et les salafistes risque-t-il de dégénerer ?









La journée de dimanche sera à cet égard un double test. Est-ce que les salafistes seront capables de ne pas dépasser la ligne rouge ? Ils auront la tentation de provoquer le gouvernement, pour le mettre à l'épreuve et voir jusqu'où il ira. Si les salafistes lancent par exemple des appels au meurtre ou à la déstabilisation du pays, le gouvernement devra réprimer. Mais est-ce que le pouvoir sera capable de réprimer sans se laisser piéger, en respectant les libertés fondamentales ? La ligne rouge, pour le gouvernement, c'est qu'il n'y ait pas de sang versé. S'il y a des blessés, des morts, cela va créer un écho extrêmement fort dans le pays. Cela va susciter beaucoup d'émotion et la situation peut dégénérer. Il y a une sensibilité à la répression très forte en Tunisie. Le gouvernement doit avoir conscience que les salafistes rêvent d'avoir des martyrs "intérieurs" pour pouvoir légitimer le djihad interne.

Le pouvoir a donc une faible marge de manœuvre. S'il mettait en prison tous ceux qui lui semblent dangereux, il se le verrait reprocher par l'opposition de gauche, qui le taxe aujourd'hui de laxisme.

Dimanche 19 mai sera donc une journée révélatrice dans un lieu symbolique, Kairouan étant un haut lieu de l'islam.





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