jeudi 30 mai 2013

La mémoire de Constantinople


 l’Empire romain d’Orient, est tombée aux mains des Ottomans.
Il y a 560 ans, le mardi 29 mai 1453, Constantinople la Ville Reine, capitale de l’Empire romain d’Orient, est tombée aux mains des Ottomans.

Choisie par l’empereur (le basileus) Constantin Ier le Grand pour être la capitale de l’Empire chrétien, Constantinople fut consacrée le 11 mai 330 et, pendant mille cent vingt-trois ans et dix-huit jours, demeura la capitale de l’empire le plus long de l’histoire.

Attaquée pendant plusieurs siècles, Constantinople n’avait été occupée qu’en 1204 par les croisés, et pour une courte durée.

Le sultan Mohammad II, âgé de 21 ans, qui sera surnommé al-Fateh, avait décidé de prendre à tout prix la Ville Reine et avait massé 160 000 hommes, en face desquels le basileus Constantin XII Dragasès n’avait pu opposer que 9 000 combattants.

Ayant rejeté les offres faites par le sultan d’un règlement pacifique permettant aux Ottomans d’entrer dans la ville et ayant refusé tous les conseils de ses amis de se réfugier dans d’autres villes de l’empire, Constantin XII s’était écrié : « Byzance est tombée et je vis encore. Que dirait de moi l’univers? Je désire mourir ici, avec vous tous. »

Et, s’étant battu héroïquement, il était tombé avec tous ses barons les armes à la main.


Dans toutes les villes à forte population chrétienne de l’Empire ottoman telles que Mossoul, Alep, Haïfa et Alexandrie, la mémoire de Constantinople avait été préservée. Que nous réserve désormais l’avenir?


Pour tous les chrétiens du monde, le mois de mai est le mois de la Vierge Marie qui est aussi honorée au même titre par les musulmans de tous les pays, comme je l’ai récemment rappelé dans une émission à Télé-Lumière. Mais pour les chrétiens d’Orient, on dit aussi: « Mois des fleurs, mois des pleurs. » Pendant des siècles, on ne se mariait jamais durant le mois de mai, mais plutôt jusqu’au 30 avril et à partir du 1er juin.


Le mardi est aussi considéré comme un jour néfaste durant lequel on ne se livre à aucune activité notable, et on ne signe aucun document privé ou public important. C’est ainsi qu’agissait par exemple le regretté président Charles Hélou. J’avais de mon côté demandé un jour à feu le président Jawad Osseirane de ne pas me fixer une audience le mardi en lui expliquant la raison ; ce qu’il avait alors compris.


À l’heure actuelle, beaucoup de nouveaux habitants de Beyrouth ne connaissent pas la tradition. C’est pour eux que j’ai écrit ce petit mot en les incitant à préserver eux aussi la mémoire.


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