samedi 2 février 2013

Bien sûr que la France a très peur de l’islam


coran-avertissement


Michel Garroté, réd en chef – Notre blog publie depuis 2007 des analyses, lucides et critiques, sur l’islam. Mais en France, nos analyses sont assimilées à une forme « d’islamophobie ». Ce qui ne nous retient nullement de continuer à publier de telles analyses. La société propriétaire de dreuz.info est enregistrée en Californie. Le directeur de dreuz.info réside entre Israël et la Californie. Le rédacteur en chef de dreuz.info réside en Suisse. Si tel n’était pas le cas, la gauche au pouvoir en France nous aurait déjà rayés de la carte. Ci-dessous, je verse à notre dossier « islam » une chronique (modérée) de l’analyste français Charles Consigny. Ce n’est pas lui qui m’a demandé de la publier. C’est moi qui la publie sans lui avoir rien demandé. Par conséquent, si la police politique française devait lui reprocher d’être repris sur dreuz.info, Charles Consigny n’aurait qu’à leur répondre qu’il n’était même pas au courant. Quant au titre ci-dessus, il est de moi et non pas de Charles Consigny.

Charles Consigny, sur lepoint.fr écrit (extraits adaptés ; cf. lien vers source en bas de page) : C’est une enquête spectaculaire que publie Le Monde dans son édition du 26 janvier : réalisée par Ipsos, elle indique que 74 % des Français estiment que l’islam est une religion « intolérante », et que huit Français sur dix « jugent que l’islam cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres ». Les médias s’en sont peu faits l’écho, tout mobilisés qu’ils étaient par l’ennuyeux débat qui entoure le mariage pour tous.

Charles Consigny : Parler d’islam quand on n’est pas musulman, c’est tendu (comme disent les jeunes). Associer islam et peur, c’est brûlant. Les accusations sont vite portées et tout ça est régi par la loi pénale ; je la connais, je fais gaffe. Mais nier le réel, comme le font ceux qui prétendent qu’un enfant peut avoir deux mères, ou faire comme s’il n’existait pas, comme François Hollande qui estime qu’il n’est pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par régler, c’est irresponsable ; on sait depuis longtemps que le progressisme consiste en un mélange d’irresponsabilité et d’illettrisme (d’illettrisme, car le savoir enracine : il fait les conservateurs).

Charles Consigny : Si la politique suivie par les gouvernants actuels consiste à ne pas aborder les sujets qui fâchent, cela n’aura eu jusqu’à maintenant aucun effet sur leur persistance, voire leur expansion. On parle moins, aujourd’hui, de l’immigration, de la place de la religion musulmane en France ou, plus généralement, des diverses crises qui secouent le pays (crise de civilisation, crise de l’école, crise de la culture, crise de la langue, crise identitaire), et cela n’a pas pour conséquence d’améliorer le sentiment populaire à leur égard ni, évidemment, de les régler. Patrick Buisson répondra peut-être que c’est une des raisons du forage sondagier entrepris par le président et son Premier ministre, ainsi qu’un des facteurs, sinon LE facteur de crise (encore une) de confiance du peuple dans l’action de ses représentants (un autre sondage récent indiquait qu’une très forte proportion de Français, plus de 70 %, considèrent que les responsables politiques agissent avant tout dans leur intérêt personnel).

Charles Consigny : Je suis un patriote inquiet. La religion musulmane est la deuxième de France. Elle ne l’est pas par l’histoire, elle ne l’est pas par la place qu’elle a pris dans la construction du pays, elle l’est par la population. Il est évident que les Français se réclamant de cette confession doivent être respectés au même titre que tous les autres, car ici tous les hommes « naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Cela ne doit pas empêcher de voir ce que nous voyons sans chausser les verres occultants de l’idéologie wierviorko-plénelienne.

Charles Consigny : Quel constat peut-on poser sans langue de bois ? Qu’il y a un problème, aujourd’hui, d’absorption de l’islam par la France. Que la situation est celle d’une cohabitation plus que d’un vivre-ensemble. C’était à prévoir : on ne fait pas entrer 200 000 personnes par an sur un territoire donné sans heurts. Il en découle un bouleversement démographique dont le produit est imprévisible, et qui sera peut-être un changement de civilisation. Car la question se pose davantage des enfants de l’immigration que de leurs parents : n’est-il pas troublant de voir des jeunes gens parler des « Français » sans s’y inclure alors qu’ils en sont ? Qui peut accepter que soient légion, dans des centaines de collèges et de lycées, les insultes francophobes ou racistes à l’encontre des Blancs ? Comment peut-on accepter que des enfants soient traités de « faces de craie » ? Ne peut-on pas regretter que ces faits ne soient pas condamnés avec plus de vigueur et de visibilité par les musulmans modérés ?

Charles Consigny : Lorsque des intégristes catholiques viennent prier d’une façon grotesque devant l’Assemblée nationale, Canal+ est là pour les moquer dans les plus brefs délais, et toute l’intelligentsia avec, notamment des catholiques. Or aujourd’hui, au pays de Voltaire, plus personne n’oserait monter la pièce Mahomet. N’y a-t-il pas de quoi être inquiet quand on sait, par exemple, que le cheikh Al-Qaradaoui, qui fut accueilli avec vénération par les manifestants de la place Tahrir pendant toute la révolution égyptienne, s’est rendu célèbre par des propos d’une grande violence contre les Juifs, contre leur « arrogance », estimant qu’Hitler leur avait « administré une bonne leçon » ? Pourquoi les médias font-ils comme s’il ne se passait rien ? Pourquoi n’entend-on pas Christiane Taubira user de son éloquence, remarquable (reconnaissons-le), pour dénoncer cela ? Le prétexte de l’utilisation du problème par l’extrême droite et de la peur de la stigmatisation n’est que l’expression d’un manque de courage.

Charles Consigny : La place de l’islam en France ne peut être traitée ni par le rejet inconséquent d’une partie de la droite, ni par la faiblesse coupable d’une partie de la gauche. C’est une des questions majeures qui sont posées en ce début de siècle à quiconque a encore un peu d’espoir pour le pays de Saint Louis, et qui croit que le pouvoir politique peut encore quelque chose. Car la mondialisation libérale s’en moque : que nous sombrions en tant que peuple, que nous n’ayons plus de destin commun, que ne continue pas ce qui a été entrepris depuis six ou sept siècles n’a aucune importance du moment que les échanges commerciaux continuent.

Charles Consigny : La jeunesse d’aujourd’hui, hélas, est comme ça et il sera intéressant de voir si les responsables politiques, funestement, s’y adaptent : elle ne veut plus de frontières, elle ne prendrait pas les armes pour les défendre, elle préfère quitter le navire plutôt que d’essayer de le faire échapper au naufrage. En un sens, elle est lâche et individualiste, c’est-à-dire en phase avec son époque. Il sera intéressant de voir si, dans dix ou vingt ans, les mots de Malraux ou d’Ernest Renan résonnent encore dans les discours électoraux. La candidate Joly a entamé le mouvement, en 2012, avec sa campagne totalement dénationalisée : les Verts sont parfois les alliés des grandes compagnies pétrolières.

Charles Consigny : La France manque d’un chef, d’un cap, d’une envie, d’un désir. Elle ne fait plus écouter Rameau, lire Ronsard ou entendre Racine à ses enfants, qui s’éloigneraient peut-être des vociférations rappeuses s’ils s’imbibaient de ce triptyque en R. Elle ne leur fait plus voir Poussin, ils préfèrent le street-art et le Palais de Tokyo s’adapte. Elle ne leur promet rien, ne parle que de dialogue social, c’est-à-dire de chômage, et n’exige rien d’eux. À quels enfants la laissons-nous ? Elle ne se vit plus comme une nation fière, comme une vieille terre glorieuse, forte, auréolée de mille victoires, militaires et architecturales, musicales, littéraires. Elle ne sait pas comment combattre dans la globalisation, son État colbertiste s’accordant mal avec les principes européens de concurrence libre et non faussée. Et, fille aînée de l’Église, elle a un peu de mal avec l’islam, qui a un peu de mal avec la laïcité telle qu’on la conçoit ici. Sauf que parler de laïcité pour l’appliquer à l’islam ne sert à rien : il faut retrouver, collectivement, un chef, un cap, une confiance, une envie, un désir (fin des extraits adaptés de la chronique de Charles Consigny publiée sur lepoint.fr ; cf. ci-dessous lien vers source).

Reproduction autorisée

Avec mention www.dreuz.info

Et source :

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/faut-il-avoir-peur-de-l-islam-02-02-2013-1623000_1449.php

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