mercredi 30 janvier 2013

Egypte et Syrie au bord du gouffre.


Batterie anti-missile Dôme de Fer déployée à Haïfa.
Le Commandant en chef des forces aériennes israéliennes, le Général-Major Amir Eshel a alerté mardi 29 janvier du fait que la Syrie est en train de s’effondrer et que personne ne sait de quoi le jour d’après sera fait. « La guerre n’éclatera peut-être pas demain », a-t-il dit, « mais nous restons parés à toute éventualité ».
Si la guerre n’est pas pour demain, pourquoi les forces armées israéliennes, y compris l’armée de l’air, sont-ils placés à leur plus haut niveau de préparation depuis le vendredi 25 janvier? La crise syrienne peut bien ne pas correspondre, techniquement à la description d’un état de guerre. Cependant, les secousses violentes, dans ce pays, sont susceptibles, à tout moment, de déborder au-delà de la frontière, en situations hostiles, sous une forme ou sous une autre.
La posture du “sans commentaire”, tenue depuis longtemps, au sujet de la guerre civile syrienne, par le Premier Ministre Binyamin Netanyahou et le Ministre de la Défense Ehud Barak est intenable et inutile, particulièrement après que ce dernier ait dû interrompre un séjour familial à l’étranger pour un retour d’urgence à la maison, samedi.
Personne ne croit dans l’explication officielle disant que les trois batteries anti-missiles Dôme de Fer, stationnées, durant le week-end dans le nord d’Israël – au vu et au su de dizaines de milliers d’habitants – ne soient là que pour des tests de routine préprogrammés – et encore moins, depuis qu’un officier supérieur israélien a déclaré à l’AFP, que de vastes forces du Hezbollah sont parquées autour des entrepôts d’armes chimiques de Bachar al Assad, disposées à en prendre possession.
Si cela arrive, a déclaré l’officier : “Il sera nécessaire de prendre immédiatement une décision d’attaquer la Syrie ou le Liban ».
Cela commence sérieusement à résonner comme si les hommes politiques et les généraux n’étaient plus sur la même longueur d’onde. Les commentaires du Général Eshel sont arrivés comme pour faire écho au grave avertissement, diffusé, un peu plus tôt, mardi, par le chef de l’armée égyptienne, Abdel-Fattah el-Sissi, qui est aussi le Ministre de la Défense : « Le climat d’affrontement politique pousse l’Etat au bord de l’effondrement », a-t-il dit, au sixième jour de manifestations et de troubles, à travers tout le pays, qui ont coûté la vie d’au moins 60 personnes.
Le général El-Sissi réagissait au chaos et à l’anarchie qui sont en train d’engloutir l’Egypte. Le gouvernement dirigé par le Président Mohamed Morsi et les Frères Musulmans n’est plus une administration en état de fonctionner. Ils en sont réduits à l’unique tâche de se battre pour s’accrocher comme ils peuvent au pouvoir.
Aucune des forces de l’ordre à même de faire respecter la loi : l’armée, la sécurité intérieure, la police- ne veut d’un affrontement direct avec les manifestants de l’opposition, qui se livrent à des pillages et incendies dans les rues des villes principales, dont le Caire. Certaines villes sont tombées dans le chaos le plus total et certaines zones éloignées de ce pays de près de 90 millions d’habitants ne reçoivent plus de produits alimentaires et de fournitures de papier.
La mise en garde” du Ministre de la défense peut être interprétée de deux façons :
 1. Comme un dernier avertissement aux Frères Musulmans et à l’opposition dans la rue, que la onzième heure a sonné et que, s’ils ne reviennent pas en arrière, dans leur face-à-face, l’armée sera contrainte de s’emparer du pouvoir, afin de sauver le pays.
2.  Alternativement, que l’armée n’interfèrera pas et se tiendra sur les bas-côtés, pour le moment, tout en avertissant qu’une guerre civile en Egypte serait encore plus étendue et calamiteuse que le conflit cruel qui a entraîné la Syrie à la ruine, au cours de ces deux dernières années.
Alors que ces deux pays, piliers du Moyen-Orient, vacillent sur leur socle, au bord de la catastrophe, l’anticipation lapidaire du Général Eshel des menaces qui pointent à l’horizon, font remarquer, très justement, que personne ne sait de quoi demain sera fait.
En disant cela, Israël est, peu à peu confronté à ses spires craintes : être cerné, au beau milieu d’un cercle violent de conflits sans espoir, tout autour de ses propres frontières : la Syrie et le Liban au Nord ; l’Egypte, à l’ouest et au sud, et la Jordanie sous la menace d’être le prochain pays sur la liste noire.
Savoir pour Prévoir, Prévoir pour Pouvoir.
DEBKAfile Reportage Spécial   29 Janvier 2013, 5:54 PM (GMT+02:00)
Adaptation : Marc Brzustowski. 


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