mercredi 19 décembre 2012

l'algérie hollandaise "repentance ou excuses"

La visite de Hollande en Algérie vue par Twitter



François Hollande, accompagné de sa compagne Valérie Trierweiler, a été accueilli avec tous les honneurs à sa descente de l’avion par son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika avec lequel il s'est entretenu dans l’après-midi.

Le chef de l’Etat français est accompagné d’une délégation de près de 200 personnes dont neuf ministres, une douzaine de responsables politiques et une quarantaine d’hommes d’affaires, des écrivains, des artistes parmi lesquels le comédien né en Algérie Kad Merad, très populaire en France, et une centaine de journalistes.



Il a trouvé une formule. En Algérie, pour sa première visite d'État dans le Maghreb, François Hollande veut se tourner vers l'avenir. «Ce voyage était attendu, espéré, redouté… je ne sais pas comment il faut l'appeler», explique mercredi le chef de l'État lors de la conférence de presse qui suit son entretien au palais Zeralda avec son homologue Abdelaziz Bouteflika. «Il vient comme un aboutissement, mais aussi comme le temps d'un nouvel âge que je veux engager entre la France et l'Algérie.» Cinquante ans après la fin de la guerre et l'indépendance de l'ancien département, François Hollande veut «tourner une page» et apaiser les relations compliquées qu'entretiennent les deux pays liés par leur histoire.



François Hollande est pragmatique. Une déclaration sur l'amitié et la coopération entre les deux pays a été signée, ainsi qu'une série d'accords portant sur différents domaines: économie, défense, culture… François Hollande revendique un «changement de méthode» qu'il espère plus efficace: avancer dossier par dossier. La liste des différends est longue, cependant, et certains ne sont pas résolus. Sur la question des visas, par exemple, François Hollande a rejeté l'idée d'une révision de l'accord de 1968. Il a seulement souhaité améliorer son exécution. En ce qui concerne les victimes des essais nucléaires français, il a estimé que la loi d'indemnisation devait «être appliquée».
«Mettre un terme» aux conflits mémoriels

Sur le sujet sensible de l'Histoire, François Hollande est prudent et sans dogmatisme. La question du passé colonial a longtemps empoisonné les relations entre les deux pays qui veulent aujourd'hui officiellement «mettre un terme» aux conflits mémoriels. François Hollande s'efforce de dire les choses sans prononcer vraiment les mots. «Nous sommes capables de porter un regard lucide sur le passé», assure-t-il sans plus de détails. Peut-être ira-t-il plus loin jeudi matin devant les deux Chambres du Parlement algérien. En attendant, il s'accroche au sésame de la «vérité»: «Il y a une vérité à dire sur le passé, sur la colonisation, sur la guerre, sur les mémoires blessées.» Il s'en tient là: «Je ne viens pas ici faire repentance ou présenter des excuses. Ce n'est pas ce qui est demandé, ce n'est pas ce que je veux faire.»

Si les opinions publiques sont encore partagées (35% des Français, selon un sondage CSA, étant opposés à l'idée d'excuses et 47% des Algériens, selon l'institut Okba, étant sceptiques à l'idée que les deux pays surmontent leur passé), l'accueil reçu par François Hollande est néanmoins chaleureux. Le chef de l'État bénéficie d'un a priori plus favorable que son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Mais le président socialiste ne cherche pas à trop marquer sa différence.

Sur le front de mer d'Alger, François Hollande a pu mesurer la qualité de cet accueil, même si, dans ce bain de foule «populaire», les partisans d'Abdelaziz Bouteflika ont évidemment été mobilisés en masse.

Les gestes et les mots de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy avaient suscité des espoirs non suivis d'effets. François Hollande promet de faire différemment. «Ce n'est pas un voyage qui fait une relation», admet-il, soulignant que celle qu'il entretient avec l'Algérie est ancienne. En 1978, lors de sa scolarité à l'ENA, il y était en ­stage. En tant que premier secrétaire du PS, puis candidat à la primaire socialiste, il y était retourné.

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