Affichage des articles dont le libellé est Les Frères musulmans. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les Frères musulmans. Afficher tous les articles

samedi 3 août 2013

Égypte : un calme relatif avant la tempête


Mohamed El-Baradei © Photo : AFP

L'Égypte se prépare à de nouveaux affrontements. Les autorités par intérim exigent des Frères musulmans d’arrêter les actions de protestation le 4 août. Sinon, les forces de l’ordre seront employées pour expulser les manifestants. Pendant ce temps, le vice-président de l'Égypte, Mohamed El-Baradei affirme que les autorités militaires, tout comme les autorités civiles veulent que la situation soit résolue par une méthode politique.


Contrairement à toute attente, le vendredi était calme en Égypte. Précédemment, les partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi et les Frères musulmans ont appelé à faire une « marche des millions contre le coup d'Etat militaire ». En effet, après la prière du soir, les habitants du Caire et de ses environs devaient se rendre aux meetings, mais n’ont pas pu franchir les cordons de la police. Les agents de sécurité laissaient sortir les manifestants des places où ils s’étaient réunis, mais ne laissaient entrer personne sur ces places. Dans certains quartiers du Caire, notamment là où sont basées des divisions militaires et où se trouvent les sièges des grandes chaînes de télévision, des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre on eu lieu. Les manifestants les plus agressifs étaient dispersés de forces avec des gaz lacrymogènes. Finalement plusieurs personnes étaient blessées, mais ces affrontements n’ont pas fait de victimes. Selon les experts, c’était un vendredi relativement « calme » par rapport aux derniers mois. Toutefois, il n’est pas exclu que c’est « une accalmie avant l’orage ». Il y a quelques jours, les autorités ont formulé un ultimatum aux protestants : avant le 4 août, ils doivent arrêter toutes les actions de protestations, notamment des grèves « assises », où les manifestants sont assis sur les places en signe de protestation. Dans le cas contraire, le gouvernement menace de faire intervenir l’armée. Il n’était pas précisé quelles mesures concrètes pourront prendre les autorités. Le représentant du mouvement des Frères musulmans Mohammed al-Beltagi craint une effusion de sang.

Je tiens à dire que la décision de recourir à la force pour disperser les manifestants qui sont assis met en péril des milliers des vies. Les militaires ont oublié leur mission numéro un - de défendre les frontières de l'Egypte. Au lieu de cela, ils ont décidé de tuer leur propre peuple ! 

Pendant ce temps, le vice-président de l'Égypte Mohamed El-Baradei est persuadé que l’armée comprend la nécessité de résoudre la crise politique dans le pays. D’ailleurs, selon El-Baradei, le gouvernement par intérim ne va pas exclure le mouvement Frères musulmans du processus politique. Il se dit prêt à accorder l’immunité aux leaders des islamistes « qui n’ont pas commis de crimes sérieux » pour qu’ils puissent participer au changement de la Constitution, et aux élections législatives et présidentielles. L'ancien patron de l'AIEA sent parfaitement bien l’atmosphère qui règne dans le pays, estime le consultant politique Dmitri Goussev.

Les Frères musulmans qui étaient marginalisés pendant 30 ans, font désormais partie du système politique. Tout gouvernement qui veut être légitime en Egypte, devrait les prendre en compte désormais. Autrement dit, s’ils ne participent pas aux élections, le fait de les exclure du processus politique rend toute autorité non légitime aux yeux de la communauté internationale et des citoyens. Et il n’y a qu’une seule solution alternative. Si le gouvernement est prêt à accepter la responsabilité et poursuivre une politique de fermeté, elle doit déclarer que les Frères musulmans ne sont pas une organisation légitime.

Les autorités égyptiennes et les Frères musulmans eux-mêmes ne veulent pas une telle tournure des choses, considère l’analyste politique Alexandre Fomenko.

Au moment où les Frères musulmans viennent de quitter le pouvoir, aucun homme politique, aucun opposant à cette organisation ne va se poser comme objectif d’éliminer physiquement cette faction politique ou interdire son activité en Egypte. C'est impossible. Il faut sortir de cette impasse en conservant ce mouvement. Peut-être qu'ils trouveront également comment expliquer à leurs partisans qu’il faut s’y faire, et il n’y a pas d’autre solution.

Le gouvernement intérimaire de l'Egypte, formé suite au renversement du président Mohamed Morsi par les militaires, a promis d’organiser des élections au cours des 6 à 12 mois qui suivent. Mais pour cela, il faut que la situation dans le pays soit stable. Si les protestations continuent, la phase de transformation démocratique risque de durer.
Rédaction en ligne, Natalia Kovalenko
http://french.ruvr.ru/2013_08_03/Egypte-un-calme-relatif-avant-la-tempete-4046/

jeudi 1 août 2013

Sale temps pour les Frères musulmans




« Les Frères musulmans veulent mobiliser contre le coup de force de l’armée », dit un journal. « Les partisans de Morsi comptent leurs morts », dit un autre. « Au Caire, les islamistes entrent en résistance ». Et on appelle cela de l’information ! Et c’est moi qui ne peut pas publier dans la grande presse française !


Revenons aux faits, et sortons de la machine à laver les cerveaux

Les Frères musulmans veulent mobiliser, effectivement. L’armée égyptienne a repris en main le pouvoir effectivement aussi : mais c’était après que les Frères musulmans aient tenté de mettre en place un régime de type totalitaire en Egypte, et après un soulèvement massif de la population, dans un contexte de chaos économique profond que les Frères musulmans n’ont fait qu’accentuer. L’armée agit de manière autoritaire, mais c’est moins pire que si un régime totalitaire avait été instauré.

Les partisans de Morsi comptent leurs morts, oui. Mais ils ont envoyé délibérément des dizaines de gens vers la mort pour en faire des « martyrs » de l’islam, tombés pour le djihad : ils comptent accumuler les morts et exacerber les violences pour que les journalistes occidentaux s’apitoient sur leur sort comme ils s’apitoient ailleurs, disons, sur les membres du Hamas à Gaza.

La « résistance » des islamistes est appelée « résistance » aussi à Gaza ou dans l’Autorité palestinienne : chez les gens qui ont encore en eux les valeurs de la société ouverte, on dit plutôt terrorisme, et les actes terroristes des Frères musulmans, contre des Coptes, contre des Musulmans qui ne sont pas d’accord avec eux, contre des journalistes égyptiens, sont déjà très nombreux, et atroces.

Derrière tout cela, il y a un fait massif et crucial, que j’expose en détail dans le prochain numéro d’Israel Magazine : face à la déferlante islamiste incarnée par les Frères musulmans, avec le soutien de Barack Obama, l’Arabie Saoudite et les émirats du Golfe ont décidé de lancer une contre offensive, et cette contre offensive a commencé avec le soutien massif que l’Arabie Saoudite et les émirats du Golfe ont apporté à l’armée égyptienne aux fins qu’elle tente de rétablir l’ordre dans le pays, qu’elle y arrête les Frères musulmans, et qu’elle y restaure un régime façon Moubarak, sans Moubarak.

Derrière ce fait, il y a un clivage proche de la cassure entre l’Arabie Saoudite et Barack Obama. Mais aussi une défaite profonde pour la stratégie de celui-ci.

Cette stratégie consistait, je l’ai déjà écrit, à vouloir un monde musulman plus sûr pour l’islam radical, un monde sunnite régi par la confrérie des Frères musulmans, et un Iran en venant à coexister avec eux, doté de moyens de se sanctuariser.

La stratégie a commencé à se gripper avec l’enlisement de la Syrie dans un bain de sang qui n’en finit pas. Les Frères musulmans, aidés par le Qatar et par al Qaida, pensaient que Barack Obama les soutiendrait, et c’est ce que pensait aussi Erdogan en Turquie. Mais Barack Obama a hésité : soutenir les Frères musulmans en Syrie aurait impliqué pour lui de se confronter à la Russie et à l’Iran, ce qu’il n’a pas fait.

La stratégie s’est grippée plus sérieusement encore quand la population égyptienne a commencé à se soulever, ce à quoi Barack Obama ne s’attendait visiblement pas.

L’Arabie Saoudite a vu dans le soulèvement en Egypte une opportunité à saisir, et elle l’a saisie.

L’Arabie Saoudite est un régime féodal autoritaire islamique, mais une force de statu quo. L’armée égyptienne est autoritaire, islamisée, et veut un statu quo, ce qui crée une convergence.

Non seulement l’Arabie Saoudite a apporté son soutien à l’armée égyptienne, mais elle a entrainé dans son sillage les émirats, et mis dans la balance douze milliards de dollars.

L’Arabie Saoudite n’entend pas s’arrêter là, et le temps se couvre pour les Frères musulmans.

En Turquie, Erdogan, dont le parti, l’AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi), est très proche des Frères musulmans, s’est vu demander par les Saoudiens, qui tiennent les cordons de la bourse (la Turquie est très endettée et a des difficultés financières), de calmer ses ardeurs.

En Tunisie, l’assassinat de Mohamed Brahmi, dirigeant du parti d’obédience socialiste « nasserienne » Mouvement du Peuple, et la détérioration de la situation économique, poussent la population à se soulever contre Ennahda, dont les locaux ont été incendiés dans plusieurs localités.

En Libye, les locaux des Frères musulmans ont été mis à sac à Benghazi.

Plusieurs dirigeants des Frères musulmans ont été arrêtés dans les émirats, pour « sédition ».

Au Maroc, le Parti de la Justice et du développement (Hizb al-Adala wa at-Tanmia), émanation des Frères musulmans, se trouve déstabilisé et pourrait perdre le pouvoir, car le parti nationaliste Istiqlal, proche des Saoudiens, vient de se retirer du gouvernement de coalition où il détenait six postes ministériels.

L’armée égyptienne s’est donné pour priorité de couper tout lien entre Gaza, donc le Hamas, et le monde extérieur : les dirigeants du Hamas essaient désespérément de se tourner à nouveau vers Téhéran, après avoir soutenu pendant des mois les ennemis de Bachar Al Assad, donc les ennemis de Téhéran (un envoyé du Hamas, Mousa Abu Marzouk, vient juste de rencontrer des envoyés de Téhéran à Beyrouth).



Barack Obama a tenu à la Maison Blanche un diner d’iftar auquel il avait invité tous les dignitaires des Frères musulmans aux Etats Unis, trois jours avant le dîner d’iftar organisé lundi par John Kerry pour recevoir Tzipi Livni et Saeb Erekat.

Barack Obama a envisagé de couper les fournitures d’armement à l’armée égyptienne, mais s’est contenté pour le moment de bloquer la livraison d’avions de chasse F 16 : il sait jusqu’où aller trop loin.

Il n’avait pas l’air très heureux lors du dîner d’iftar. On le comprend. Il a réussi à mettre tout le grand Proche Orient à feu et à sang, al Qaida a fait sortir des djihadistes de prison par centaines en Irak, en Libye, et organise des attentats en série, mais les Frères musulmans traversent une passe très difficile. Et, lui qui faisait recevoir voici un mois à peine par son Conseil de Sécurité le « Frère » Abdallah Bin Bayyah, ne peut guère les aider aujourd’hui. Sinon en faisant parler Laurent Fabius et Catherine Ashton, qui s’acquittent de la tâche qui leur est confiée, avec zèle. Laurent Fabius demande la libération de Mohamed Morsi et le qualifie de « prisonnier politique ». Ah mais ! Catherine Ashton se soucie beaucoup de la santé de tous les « Frères » emprisonnés.

Laurent Fabius, outre sa docilité servile face aux désirs d’Obama, obéit aussi, vraisemblablement, aux liens de la France avec le Qatar qui, après avoir semblé prendre ses distances avec les Frères musulmans, vient de réaffirmer son soutien à ceux-ci et de permettre à Youssouf Al Qaradawi de lancer un appel généralisé au djihad pro-Morsi en Egypte (Laurent Fabius n’a, pour le moment, pas prévu de conférence de presse commune avec Qaradawi). Catherine Ashton, elle, est toujours heureuse de soutenir des antisémites, et si c’est Obama qui lui demande de le faire, elle s’empresse.

Il n’empêche. Les Frères musulmans au Proche Orient sont furieux contre Barack Obama. L’armée égyptienne est furieuse, elle aussi, contre lui, car elle sait qui il soutient : les Saoudiens sont furieux contre lui, tout comme les émirats du Golfe. Erdogan n’est pas du tout content de lui.

Pour un peu, Barack Obama ferait l’unanimité contre lui dans le monde musulman.

Il lui reste l’espoir de se rapprocher du nouveau Président iranien, la marionnette dodue de Khamenei, Hassan Rouhani, et de signer avec lui un « accord historique » entérinant l’accès de l’Iran au nucléaire « civil » et la sanctuarisation voulue par Khamenei. Mais c’est à peu près tout.

Il lui reste aussi à exercer une pression maximale sur Israël, avec la complicité là encore des dirigeants européens, dont les récentes mesures de boycott contre Israël ont été prises avec l’assentiment très bienveillant de Barack Obama.

Comme je l’écrivais hier, Netanyahou a cédé à la pression.


Le fait massif et crucial au Proche Orient aujourd’hui en tout cas est la contre offensive lancée par l’Arabie Saoudite.

Les contours futurs de la région dépendront des suites de cette contre offensive.

La région est loin, très loin d’être stabilisée.

Quiconque parlerait encore de « démocratie » concernant l’Egypte serait absolument déconnecté de la réalité : un pays où plus de la moitié de la population est analphabète, et où près de quatre vingt dix pour cent de la population veut l’application intégrale de la charia n’est pas du tout aux portes de la démocratie.

Quiconque penserait que l’urgence, dans le contexte actuel, est la création d’un Etat judenrein confié à l’Autorité palestinienne, serait atteint d’une myopie préoccupante, ou d’une obsession anti-israélienne également préoccupante.

Quiconque penserait qu’un tel Etat peut voir le jour dans les mois qui viennent, peut essayer de demander à travailler pour Laurent Fabius ou Catherine Ashton, ou tenter de participer à un diner d’iftar à Washington. Mais je pense que ni Laurent Fabius, ni Catherine Ashton, ni ceux qui organisent des diners d’iftar à Washington n’ont ce genre de pensée insensée. Laurent Fabius et Catherine Ashton sont fourbes, mais pas stupides. Les invités aux dîners d’iftar à Washington doivent eux-mêmes, pour recevoir une invitation, être fourbes, ou aveugles, mais pas stupides eux non plus.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière pour www.Dreuz.info

lundi 29 juillet 2013

Les documents secrets qui dévoilent les liens entre les Etats-Unis, Israël et les Frères musulmans






A la lumière d’une investigation très poussée et de recoupements de documents dont nous disposons, et en nous basant sur des sources multiples et fiables, ce travail d’investigation dévoile le lien souterrain entre l’administration américaine, le sionisme et les Frères musulmans. La pierre angulaire de cette connexion stratégique n’est autre que Huma Abedin, bras droit d’Hillary Clinton, épouse d’un sioniste notoire candidat à la mairie de New York, Anthony Weiner, et fille de Saleha Mahmood Abedin, membre des Frères Musulmans, précisément de sa branche féminine «les Sœurs musulmanes», et qui siège au sein du bureau avec la femme du président égyptien déchu Mohamed Morsi, dont elle est l’amie personnelle.
Algeriepatriotique avance les preuves matérielles de ces recherches pour la construction d’un article documenté qui a pou but d’éclaircir la situation actuelle ou postérieure à ce qui se passe dans le monde arabe sous le règne de la secte assassine des Frères musulmans et de ses ramifications tentaculaires. Le chaos que vit le monde arabe actuellement n’est autre que la résultante de tous ces éléments bien combinés.
Huma Abedin et les détails de son rôle central dans la grande machination
Huma Abedin est née en 1976 à Kalamazoo, Michigan. Son père, Syed Abedin (1928-1993), était un érudit d'origine indienne, qui avait travaillé en tant que professeur invité à l'université King Abdulaziz d'Arabie Saoudite au début des années soixante-dix. La mère de Huma, Saleha Mahmood Abedin, est une sociologue ayant des liens avec de nombreuses organisations islamistes, y compris les Frères musulmans, et est connue pour son plaidoyer en faveur de la charia. Quand Huma a eu deux ans, la famille Abedin a déménagé du Michigan à Jeddah, en Arabie Saoudite. Ce déménagement a eu lieu lorsque Abdullah Omar Naseef, alors vice-président de l'université Abdulaziz, a recruté son ancien collègue Zyed Abedin pour travailler à l'Institut des affaires des minorités musulmanes (IMMA), un think tank islamique basé en Arabie Saoudite que Naseef se préparait à lancer. Un certain nombre d'années plus tard, Naseef a développé des liens étroits avec Oussama ben Laden et Al-Qaïda. Il est essentiel de noter que pour l'IMMA, l'ordre du jour était et demeure à ce jour une politique étrangère calculée du ministère des Affaires religieuses de l’Arabie Saoudite, comme le journaliste Andrew C. McCarthy l’explique, consistant à «fortifier une population agressive non assimilée vers la suprématie islamique qui va progressivement mais radicalement modifier le caractère de l'Occident.
A 18 ans, Huma Abedin retourne aux États-Unis pour suivre des cours à l’université George Washington. En 1996, elle a commencé à travailler en tant que stagiaire dans l’équipe de Bill Clinton à la Maison Blanche, où elle a été affectée dans l’entourage de la première dame, Hillary Rodham Clinton. Abedin a été finalement embauchée comme assistante de Mme Clinton et a travaillé pour elle depuis, dans son parcours au Sénat (en 2000 et 2006) et dans sa candidature à la présidence qui a échoué en 2008. De 1997 jusqu'à peu avant le début de 1999, et toujours en stage à la Maison Blanche (http://www.shoebat.com/2012/08/18/successors-at-msa-board-huma-served-on-at-gwu-include-al-qaeda-terrorist-iiro-leader/) , Abedin était membre du conseil exécutif de l’Association des étudiants musulmans (MSA) de l'université George Washington (GWU). Il est à noter qu’en 2001-2002, peu de temps après qu’Abedin a quitté ce conseil exécutif , le «guide sprituel» de l’association de l’université était Anwar al-Awlaki, membre influent d’Al-Qaïda. Un autre aumônier de MSA de l’université (depuis au moins octobre 1999 à avril 2002) était Mohamed Omeish, qui a dirigé l'Organisation internationale islamique de secours, liée au financement d’Al-Qaïda. Le frère d’Omeish, Esam, a dirigé la Muslim american society, branche quasi officielle des Frères musulmans aux États-Unis. Les deux frères Omeish ont été étroitement associés à Abdurahman Alamoudi, qui sera plus tard condamné et incarcéré sur des accusations de terrorisme. Dans les années 1996-2008, Abedin a été employée par l'Institut des affaires des minorités musulmanes (IMMA) comme rédactrice en chef de sa publication en interne, dans le Journal des affaires des minorités musulmanes (JMMA ). Durant sept ans, Abedin a travaillé en même temps que la présence active à l’IMMA de l’affilié à Al-Qaïda, Abdullah Omar Naseef, et les six dernières années de Huma Abedin au sein du comité de rédaction du JMMA (2002-2008), elle a collaboré avec lui dans le conseil. Cependant, tout au long de ses années à l’IMMA, Abedin est restée une proche collaboratrice d’Hillary Clinton. En 2008, lors de la campagne de Mme Clinton pour les primaires à la présidentielle, le New York Observer a décrit Huma Abedin, fraîchement nommée directrice du cabinet de la candidate, comme étant «un conseiller de confiance de Mme Clinton, en particulier sur les questions relatives au Moyen-Orient». Selon un certain nombre de personnes de l’entourage de Clinton, «lors des réunions sur la région, le point de vue de Mme Abedin était toujours recherché». Quand Mme Clinton a été nommée secrétaire d 'Etat par le président Barack Obama en 2009, Abedin est devenue son chef adjoint personnel, et c’est approximativement à ce même moment que le nom de Huma Abedin a été retiré du Journal des affaires des minorités musulmanes. «En dehors de leur relation de travail, Abedin et Mme Clinton ont également développé un lien personnel étroit pendant leurs années de vie commune», comme en témoignent les proches d’Hillary Clinton. En 2010, celle-ci a affirmé : «J'ai une fille, mais si j'en avais une deuxième, ce serait Huma.» En 2011, Mme Clinton a effectué une visite amicale à la mère de Huma Abedin, Saleha Mahmood Abedin, en Arabie Saoudite. A cette occasion, Mme Clinton a décrit publiquement son aide comme «très importante et sensible».
Suite à des protestations de sénateurs républicains qui s’inquiétaient de voir des personnes issues de la branche des Frères musulmans nommés à des postes de conseiller à la Maison Blanche, dont Huma Abedin, le sinistre sénateur McCain alias «Frankenstein», impliqué dans la guerre du Golfe et en Syrie, etc. a défendu vigoureusement Huma Abedin contre ses homologues pourtant du même parti. Que cache la sympathie du sioniste McCain pour Huma Abedin, la «Sœur musulmane» ? Le 10 juillet 2010, Huma Abedin, musulmane pratiquante, s’est mariée au membre du Congrès Anthony Weiner lors d'une cérémonie officiée par l'ancien président Bill Clinton. Un certain nombre d'analystes ont noté qu'il est extrêmement rare que des femmes musulmanes, en particulier celles dont les familles ont des liens étroits avec les Frères musulmans, épousent des juifs comme Weiner.
Le 1er février 2013, dernier jour de prestation d’Hillary Clinton en tant que secrétaire d’Etat, Abedin a démissionné de ses fonctions de chef adjoint personnel de Mme Clinton. Le 1er mars, elle a été nommée pour former l’équipe de transition du Département post-Etat, composée d’un bureau de transition de six personnes et situé à Washington. Les créateurs préférés de Huma Abedin sont M. de la Renta, Catherine Malandrino, Charles Nolan, Yves Saint Laurent et Prada . «Et elle a un faible pour les sacs Marc Jacobs », dit l'ami. «Elle est connue pour ses sacs.» Robert Barnett, avocat de longue date des Clinton, a dit que depuis 11 ans qu’il la connaît, il ne l'a jamais vu porter la même tenue deux fois. Et certains se demandent comment elle a pu s’acheter un appartement à Washington DC en 2006, dont le coût s’élevait à 649 000 $ alors que son salaire maximum ne dépasse pas 9 999 $.
Saleha S. Mahmood Abedin, la mère de Huma Abedin, et son influence.
En plus d’être membre des «Sœurs musulmanes», Saleha S. Mahmood Abedin, la mère de Huma Abedin, est également membre de la Ligue islamique mondiale, instrument saoudien de diffusion de l'islamisme wahhabite. L'organisation qu'elle dirige, le Comité international islamique pour la femme et les enfants, fait partie de la Ligue islamique mondiale. Ce comité de la Ligue islamique dispose d'une charte écrite par les dirigeants des Frères, y compris par le cheikh Youssef al-Qaradawi, un partisan du Hamas. Il n'est donc pas surprenant que l'organisation veuille se débarrasser des lois contre le viol conjugal, autoriser le mariage avant l'âge de 18 ans et d'autres éléments constitutifs de la charia. Elle est également membre du conseil de l'International islamic council pour dawah à travers le groupe qu'elle dirige. Le défunt père de Huma Abedin, le Dr Syed Abedin, fut intimement lié aux radicaux. Il a dirigé l'Institut des affaires des minorités musulmanes basé en Arabie Saoudite, et financé par la Ligue islamique mondiale. Cet Institut fut une entité de l'Assemblée mondiale de la jeunesse musulmane (WAMY), fondée par le neveu d’Oussama Ben Laden et mis en cause dans le financement d'Al-Qaïda (http://www.postedeveille.ca/2012/03/canada-un-organisme-de-jeunesse-musulmane-perd-son-statut-d-organisme-de-bienfaisance.html). L'Institut a également publié un livre de Mme Mahmood Abedin dont Huma fut elle-même l'assistante éditoriale de l'Institut de 1996 à 2008, ce qui signifie qu'elle a participé à l'édition du livre extrémiste de sa mère. Le frère d'Huma Abedin, Hassan, avait obtenu une bourse du Centre d'Oxford pour les études islamiques, une entité qui est très proche des Frères musulmans, au même moment où le cheikh Youssef Al-Qaradawi siégeait dans son conseil. Un proche collaborateur de la famille Abedin est Abdullah Omar Naseef. Il est l'ancien secrétaire général de la Ligue islamique mondiale. Il a fondé la fameuse banque Rabita, dont les avoirs ont été gelés par le gouvernement des États-Unis en octobre 2001 pour son soutien aux groupes terroristes. Le père de Huma a rencontré Naseef quand il était professeur invité à l'université du Roi Abdul Aziz, où Naseef était le doyen. Il y a des rapports contradictoires quant à savoir de qui entre le père de Huma et Naseef fut à l'origine de l'Institut des affaires des minorités musulmanes (IMMA), mais il naquit clairement d'un effort commun et fut soutenu par la Ligue islamique de Naseef. Huma, sa mère, son frère et sa sœur ont travaillé pour le journal de l'IMMA. La mère de Huma et Naseef sont aussi membres du Conseil de la présidence du Conseil international islamique pour dawah sous la direction de Al-Qaradawi. Tous ces liens sont largement documentés et détaillés par le Center of Politics Studies, un centre de recherche américain réputé.
JMMA Editorial Board (Journal of Muslim Minority Affairs)
Directrice de publication : Saleha S. Mahmood Abedin (mère)
Assistants à la rédaction :
Huma Abedin
Hassan Abedin (frère de Huma Abedin)
M. Hakan Yavuz
Heba A. Khalid (sœur de Huma Abedin)
Zulekha Pirani
Autres collaborateurs :
M. Hakan Yavuz, Hamid Ismail, Sanaa Pirani
Ce journal constitue une véritable toile d’araignée incluant de nombreux participants actifs dans divers pays, liés à des think tanks, universités et centres de recherche travaillant avec la confrérie des Frères musulmans : Baha Abu-Laban (Canada), Imtiaz Ahmad (Bangladesh), Munir D.Ahmed (Germany), Ameer Ali (Western Australia), Zafar Ishaq Ansari (Pakistan), Ali Asani (USA), Goulnara Baltanova (Russia), Pervaiz Iqbal Cheema (Pakistan), Allan Christelow (USA), Asghar Ali (India), John Esposito (USA), Marc Gaborieau (France), Dru C. Gladney (Hawaii, USA), Bruce M. Haight (USA), Riaz Hassan (Australia), Baymirza Hayit (Germany), Kemal Karpat (USA), Bernard Lewis (USA), Tahir Mahmood (India), R. J. May (Australia), Ali A. Mazrui (USA), Barbara Pillsbury (USA), James Piscatori (UK), Azade-Ayse Rorlich (USA), Jan Slomp Leusden (Netherlands), Michael W. Suleiman (USA), Suha Taji-Farouki (UK), John O. Voll (USA), Earl Waugh (Canada), Lawrence Ziring (USA).
Pour que le tour d’horizon soit complet, n’oublions pas les six collaborateurs et conseillers spéciaux de Barak Obama à la Maison Blanche et qui sont tous issus de la confrérie des Frères musulmans :
Pour rappel :
Arif Ali-Khan, nommé secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure en 2009 par Obama. Il a été conseiller d’Obama et chargé du dossier des Etats musulmans. Fondateur de l’Organisation mondiale islamique (ramification de l’Organisation mondiale des Frères musulmans), il a assuré les liens et les négociations avec les mouvements islamistes avant et après le «printemps arabe».
Mohamed Elibiary (alias le «qutbiste» pour son fanatisme à l’égard des idées de Sayed Qutb) est un membre éminent des Frères musulmans aux Etats-Unis. Ex-directeur de la section de Houston au Council on American Islamic Relations (CAIR), vitrine des Frères musulmans aux USA, il a rédigé le discours d’Obama appelant Hosni Moubarak à quitter le pouvoir.
Rached Hussein, membre secret des Frères musulmans. En juin 2002, il a participé à la Conférence annuelle de l’American Muslim Council, anciennement dirigée par Abdurrahmane Alamoudi, qui a été condamné pour financement de terrorisme. A participé au comité organisateur du Critical Islamic Reflection, aux côtés de grandes figures des Frères musulmans aux Etats-Unis, telles que Jamal Barzinji, Hichem Al-Talib et Yacoub Mirza. Après avoir rejoint l’équipe électorale d’Obama, ce dernier l’a nommé en janvier 2009 conseiller juridique à la Maison-Blanche et l’a chargé de la rédaction de ses discours sur la politique étrangère. En 2009, c’est Rached Hussein qui a rédigé le discours d’Obama au Caire.
Salem El-Marayati est un américain d’adoption né en Irak. Il est actuellement directeur exécutif de la Muslim Public Affairs Council (MPAC), une organisation islamique créée en 1986 par des Frères musulmans. Il a été nominé en 2002 pour travailler avec la National Security Agency. Les soupçons qui ont pesé sur la MPAC dans la campagne sécuritaire post-11 septembre 2001 n’ont pas empêché El-Marayati de s’approcher des néoconservateurs, puis des démocrates au sein de l’équipe d’Obama.
Mohamed Majid, né dans le nord du Soudan en 1965, est le fils de l’ancien mufti du Soudan. Il a émigré aux Etats-Unis en 1987. Après des études complémentaires, il a été enseignant à l’université de Howard en 1997, spécialiste de l’exégèse coranique. Membre des Frères musulmans, il a été très influent auprès des communautés musulmanes nord-américaines. En tant qu’avocat occasionnel, il a été un militant farouche pour la criminalisation de toute diffamation de l’islam. Ayant soutenu la candidature d’Obama aux élections présidentielles, ce dernier lui a confié plusieurs missions associatives de type communautaristes. En 2011, il l’a nommé conseiller au Department of Homeland Security (DHS) pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. Il est actuellement conseiller du Federal Bureau of Investigation (FBI) ainsi que d’autres organismes fédéraux.
Eboo Patel est musulman américain d’origine indienne. Il a fait ses études en sociologie dans l’Illinois à Urbana-Champaign. Etudiant, il a été activiste islamiste auprès des musulmans originaires de l’Inde, de Sri Lanka et d’Afrique du Sud. Grâce à des fonds de la Fondation Ford, il est l’initiateur de IFYC en 2002. Frère musulman et ami très proche de Hani Ramadan, il est membre du Comité consultatif religieux du Council on Foreign Relations. Il a été aussi très proche de Siraj Wahhaj, un Frère musulman américain célèbre. Il est actuellement consultant au Département de la Sécurité Intérieure américaine et membre du conseil Barack Obama’s Advisory.
Les organisations auxquelles appartient la mère d’Huma Abedin, Saleha S. Mahmood Abedin, sont :
- Dar Al-Hekma College, College Administration (Vice Dean Of Institutional advancement, et Director of General Education) :
- Institute of Muslim Minority Affairs (Director), London
- JMMA (Journal of Muslim inority Affairs), Editorial Board (Editor)
- Peace Councilors (Director of General Education and Founder), Dar Al-Hekma College, Jeddah, Saudi Arabia
- IICWC ( International Islamic Committee for Woman and Child), (Chairperson), Amman, Jordan.
- Seeds Of Spirituality (Co-Chair Pakistan) Global Peace Initiative of Women
Le Comité islamique international pour la femme et l'enfant (IICWC) stipule, entre autres :
annulation des lois actuelles qui criminalisent les mutilations génitales féminines, pas d’âge minimum pour le mariage, droit pour les hommes à la polygamie et au viol, baisse de l’âge de la majorité à 15 ans au lieu de 18, etc. Tout lecteur voulant prendre mesure de l’ampleur du désastre peut consulter les aberrations rétrogrades sur le site de ces organisations.
Anthony Weiner, époux de Huma Abedin : sa fonction et ses missions
Anthony Weiner, l’époux de Huma Abedin, le célèbre «Carlos Danger» dans les sites pornos, est né en 1964. Il a fait campagne en 2005 sans succès pour devenir le maire de New York City. Cette même année, il a été condamné à une amende de 47 000 $ par la Federal Election Commission (http://www.votelaw.com/blog/archives/002354.html) pour avoir pris «des contributions excessives de 183 contributeurs individuels pour les élections primaires et générales de 2000» (http://www.weinerfacts.com/weiner/?paged=2) . Depuis qu'il est entré en politique, Weiner est un avocat pour Israël. Dans les primaires démocrates aux présidentielles de 2008, Weiner était un fervent partisan de la candidate Hillary Clinton. En 2010, il a épousé Huma Abedin, avec laqelle il a eu un enfant. Il est l'un des plus fervents défenseurs au Congrès de l'assurance-maladie prise en charge par l’Etat, et il semble cependant que le secteur de la santé ait été le premier contributeur de sa campagne pour le Congrès en 2008.
Tout au long de la dernière décennie, Weiner a embrassé beaucoup de positions pro-israéliennes d'extrême droite. A un journaliste du New York Times qui lui demandait s’il croyait toujours que la Cisjordanie n’était pas occupée par l’armée israélienne, il a répondu qu’il était persuadé que «cette zone est laissée à la discrétion des gens qui sont là-bas». «Non-occupation de la Cisjordanie, ai-je bien entendu ?» s'est exclamé le journaliste incrédule. «Oui», a répondu Weiner. Après un moment, le journaliste a insisté : «Vous dites qu'il n'y a pas de présence de l'armée israélienne ?» «Oui», a déclaré sèchement Weiner.
Plus tard, il a célébré le passage d'un projet de la Chambre de couper le financement de l'Autorité palestinienne et de forcer la délégation palestinienne à l’ONU à quitter les USA en disant : «Ils devraient commencer à emballer leurs petits sacs de terroristes palestiniens.» Un amendement présenté par Weiner met hors la loi la mission palestinienne de l'ONU sur le côté est de Manhattan. Weiner est tellement aveuglé par son allégeance à Israël et tellement ignorant du Moyen-Orient qu'il a joué un rôle sinistre dans la politique étrangère américaine.
Anthony Weiner a notamment appelé au licenciement de Joseph Massad, professeur au département des langues et des cultures du Moyen-Orient de l'université de Columbia. Sa carrière n'aurait pas été controversée s’il n'avait été un enseignant américano-palestinien traitant d’Israël et de la Palestine. Dans cette affaire qui a fait un tollé sur le plan médiatique et au niveau de l’enseignement universitaire aux USA, Anthony Weiner s’est vu comparé au sénateur Joseph McCarthy en ciblant ce professeur pour sa soi-disant position anti-israélienne. On peut qualifier cet événement «d’Affaire Massad» dans laquelle le New York Times a pris le parti du professeur. Pour les universitaires et la société américaine dans son ensemble, le maccarthysme est inacceptable, sauf lorsqu’il s’agit de la critique d'Israël. La presse tabloïde de droite a exécuté une série d'attaques brutales contre le professeur, lui prêtant des propos inexacts et qui ont été réunis dans un film de propagande fait par un groupe de défense, dans laquelle des accusations anonymes l’ont mis en cause sans que le professeur puisse répondre aux allégations. Les attaques contre Massad et deux autres professeurs du département ont été menées à l'extérieur du campus par des organisations sionistes d’extrême droite alignées sur le Likoud d'Israël, notamment une organisation trouble basée à Boston et appelée Le projet David qui a produit le film dans lequel les accusations ont été portées. En fait, d'après une étude approfondie de Scott Sherman dans le journal La Nation, il n'existe pas qu’un seul film mais six. Le Projet David a toujours refusé de les rendre disponibles à La Nation et Charles Jacobs, le directeur de l’organisation sioniste, a également refusé de fournir des détails sur les bailleurs de fonds du groupe ou sur ses liens avec les professionnels lobbyistes pro-israéliens.
Concernant l'attaque israélienne sur le Marmara Mavi, de «la flotille de la liberté», dans les eaux internationales et qui a fait 9 morts, Weiner a déclaré : «Si vous voulez engager un conflit avec la marine israélienne, ce n'est pas difficile à faire. On a offert des alternatives à cette flotille. Au lieu de cela, ils ont choisi de naviguer dans les mailles d'un blocus internationalement reconnu. C’était un acte d’hostilité de pure provocation à l’égard d’Israël.» Or, le blocus des civils de Ghaza est une violation du droit international. Il n'est pas reconnu internationalement et au contraire a été condamné par presque tous les pays et par l'organisation des droits de l'Homme.
Weiner a déclaré que le New York Times est anti-Israël, a allégué que l'Organisation de libération de la Palestine est toujours répertoriée par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, alors que l’OLP a été retirée de la liste il y a plus de deux décennies. Il prétend que Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, n'est pas le chef de l'OLP. Il a refusé de condamner l'utilisation par Israël de bombes à fragmentation sur les fermes civiles du sud-Liban en 2006. Il a dit que l'armée israélienne n'occupe pas la Cisjordanie et qu'il n'y a pas de présence de l'armée israélienne en Cisjordanie. Il a appelé la guerre d'Israël contre Ghaza une guerre «humanitaire» alors que 400 enfants ont été tués. Il a voté pour l'autorisation de la guerre en Irak en 2002, avant de se tourner plus tard contre cette guerre. Anthony Weiner sait comment flatter les partisans d'Israël. Il a déclaré à Mondoweiss (site internet couvrant la politique étrangère américaine au Moyen-Orient) que le «boycott, le désinvestissement et les sanctions» (BDS) étaient «imprudents» et qu'Israël est un «allié important» pour les Etats-Unis. Israël est «une démocratie dans une oasis d'Etats et d'organisations terroristes. Il faut sauvegarder Israël», a-t-il ajouté.
L’ascension politique de Weiner a été alimentée par une collecte de fonds qui constitue un trésor de guerre en bonne santé. Il est entré dans la course avec 4,2 millions de dollars à la banque – question qui a été soulevée avant qu'il ne quitte le Congrès à la suite de son premier scandale sexuel (tweets montrant des photos de lui dénudé envoyé à des femmes). Certains donateurs qui ont donné un coup de pouce à Weiner ont des vues bellicistes en accord avec ses commentaires sur Israël, comme les dossiers de la Commission des finances de la campagne de New York l’ont révélé.
Eli E. Hertz a donné 1 000 $ à Weiner en octobre 2007. Hertz, qui a assisté à un dîner de l’Organisation sioniste d'Amérique (ZOA) en 2006 et où Weiner a dit en plaisantant qu’elle est «l'aile ZOA du Parti démocrate», est un membre du conseil exécutif de l'American-Israel Public Affairs Committee. Hertz était aussi un administrateur de l'Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, et a écrit de nombreux articles pour la pro-colonisation du site Arutz Sheva. Il a justifié la Nakba dans une colonne écrite en mai 2013 : «Déloger tous les habitants arabes de zones sensibles à proximité de colonies juives, en établissant une continuité territoriale entre les blocs sous contrôle juif, et assurer le contrôle des voies de transport principales sont des nécessités militaires», écrit-il.
Un autre membre de l'AIPAC pour financer Weiner est Dozoretz Beth, qui a siégé au comité exécutif du lobby pro-israélien. Dozoretz a donné 2 000 dollars en 2008, et a suivi avec une contribution de 3 050 $.
En mars 2007, Arnold Goldstein, un homme d'affaires pro-israélien, a donné 4 000 $ à Weiner. Deux ans plus tard, Goldstein a donné 5 millions de dollars à Technion-Israel, l'Institut de technologie de Haïfa, pour «construire les véhicules aériens sans pilote et le Centre satellite» à l'école, selon le Jewish Week . «Parce qu’Israël est un petit pays entouré par tant d'ennemis, il doit être technologiquement plus avancé que ses voisins hostiles pour continuer à exister», ajoutant : «Le programme de robotique est assez étonnant, et je pense qu'il est essentiel pour l'existence d'Israël.»
Le point de vue de Weiner sur le mouvement BDS («Boycott, désinvestissement et sanctions» , campagne politique appelant à exercer toutes sortes de pressions économiques, académiques, culturelles et politiques sur Israël. BDS a été proposée en 2002 et lancée formellement le 9 juillet 2005 par la société civile palestinienne rassemblant 172 organisations) rejoint celui de Michael Adler, un autre donateur de sa campagne. Adler, ancien vice-président des Fédérations juives d'Amérique du Nord, a donné 2 000 $ à Weiner en 2008. En janvier 2011, Adler a fait un discours à la Fédération juive du Grand Miami, dont il était président, et a dénoncé le mouvement BDS qui cherche «à détruire Israël en tant qu'Etat juif démocratique. Le mouvement BDS est un mouvement politique très sophistiqué. Leur but de détruire Israël est aussi dangereux que n'importe quelle arme ou armée. C'est un mouvement de terrorisme politique et économique que nous arrêterons.»
Un autre donateur belliciste est Irwin Hochberg, qui a donné au candidat 1 000 $ en 2007. Hochberg est le vice-président de ZOA, et siège au comité exécutif du Middle East Forum, un groupe anti-musulman dirigé par le néo-conservateur Daniel Pipes. En juillet 2013, Weiner a reçu un don de 4 950 $ (le maximum autorisé par la loi) de John Merrigan, un lobbyiste pour Al Jazeera.
Relations sexuelles entre Hillary Clinton et Huma Abedin
C’est la question que se sont posée plusieurs organes de presse dont Le Times de Londres, Le Matin (Suisse) et La Stampa (Italie). Le journal suisse reprend de vieilles rumeurs qui courent sur l’ex-première dame depuis l’arrivée de Bill Clinton à la Maison Blanche en 1993. La Stampa avait ouvert le bal avec un long article intitulé «Vingt ans, très belle et amante de Hillary» consacré à Huma Abedin, l’assistante personnelle de la sénatrice de New-York. «La rumeur a été relancée suite à la publication, sur son site internet, d’un article du journaliste indépendant Ron Rosenbaum», raconte Le Matin. Dans son texte daté du 29 octobre 2007, il rapportait une discussion qu’il avait eue avec un fin connaisseur du monde des médias. «Ce dernier m’a dit que le Los Angeles Times couvrait un scandale sexuel impliquant un candidat à la présidentielle. Mon interlocuteur a ajouté que «dans le microcosme politique, tout le monde connaissait l’histoire», écrivait Ron Rosenbaum. Dans son article, ce journaliste ne citait aucun nom, mais on comprenait que le «scandale» concernait Hillary Clinton. «Si tous les journalistes suivant la campagne présidentielle sont au courant, mais n’écrivent pas une ligne, c’est une nouvelle en soi. Je n’aimerais pas me retrouver à la place de mes confrères. Il doit leur être vraiment difficile de savoir s’il faut publier ou non la rumeur», précisait Ron Rosenbaum, cité par Le Matin. Hillary Clinton a toujours démenti ces rumeurs. Elle a réagi lors d’une interview au magazine The Advocate sur sa prétendue homosexualité : «Les gens disent beaucoup de choses sur moi et je n’y prête aucune attention. Ce n’est pas vrai que je suis homosexuelle, mais je n’ai aucun contrôle sur les rumeurs. Les gens continueront à dire ce qu’ils ont envie de dire.» Toujours est-il que la candidate démocrate et Huma ont toujours été très proches. Qualifiée d’arme secrète d’Hillary, la jeune femme a travaillé pour les Clinton depuis 1996. A l’occasion d’un portrait que le très chic Vogue a consacré à Huma, Hillary lui avait rendu un bel hommage : «Huma a l’énergie d’une femme de 20 ans, la confiance en soi d’une femme de 30 ans, l’expérience d’une femme de 40 ans et la grâce d’une femme de 50 ans. Elle est à la fois équilibrée, gentille et intelligente. J’ai vraiment de la chance de l’avoir dans mon équipe depuis dix ans.» Un responsable au niveau supérieur du ministère de la Justice américain a dit à Big Head DC que la rumeur à propos d’Hillary Clinton «qui s'amuserait» avec l'un de ses principaux collaborateurs féminins, Huma Abedin, est un secret de Polichinelle. «Je suis assez proche de Hillary et Huma pour vous dire que cette rumeur est vraie», a dit l'officiel. «Il est bien connu dans l’entourage direct que Hillary et Huma sont amantes.» «Si vous appelez la résidence de Hillary à Washington à la première heure le matin, Huma répond au téléphone», continue le fonctionnaire. «C'est la même chose tard dans la nuit ou sur la route. C'est un secret que le cercle proche d'Hillary garde à tout prix et qui est étroitement surveillé.» Bill Clinton n’a jamais nié la bisexualité de sa femme, disant cette phrase indigne du rang d’un ex-chef d’Etat et parue dans un livre de Gennifer Flowers, actrice et journaliste, ex-maîtresse de Bill Clinton : «Hillary a probablement bouffé plus de chattes que moi.» Ces propos n’ont jamais fait l’objet d’une poursuite judicaire, bien au contraire, c’est G. Flowers qui a attaqué en justice ceux qui la traitaient d’affabulatrice. En outre, la mort plus que suspecte et énigmatique de certains responsables de la sécurité et de la garde rapprochée suite aux révélations concernant les scandales des Clinton nous renseigne sur la gestion plus qu’expéditive de tout témoignage de la vie sexuelle de ce couple et sur les dégâts incommensurables qu’ils ont causés à leur entourage immédiat.
Scandales sexuels à répétition d’Anthony Weiner, alias «Carlos Danger», l’époux sioniste de Huma la Sœur musulmane
Contraint de démissionner et de quitter le Congrès en 2011, après la mise en ligne des images de son pénis et après avoir échangé des courriels très explicites avec quelques «amantes numériques», Weiner avait fait son mea culpa et promis de devenir une personne différente : un mari et un homme politique capable d'apprendre de ses erreurs. Il avait présenté ses excuses à sa femme et à ses électeurs, demandant à chacun de lui donner une seconde chance. Mais voilà que Weiner était de retour cette semaine dans une conférence de presse, accompagné par sa femme Huma Abedin qui continue à le soutenir malgré les dernières divulgations de textes et de photos scabreux sur Internet et qui démontrent qu’il est allé bien au-delà de ce qui avait mis fin à sa carrière à Washington. Anthony Weiner est tombé dans les sondages en avouant trois relations sexuelles en ligne après sa sortie du Congrès. Secoué par sa chute dans les sondages après la diffusion de nouvelles photos torrides, dont l’une montrant son entrejambe en gros plan, Anthony Weiner a lutté pour sauver sa course chancelante à la mairie. Malgré les appels des rivaux pour cesser sa campagne, des critiques croissantes de la part des dirigeants du parti et de la possibilité que des révélations plus embarrassantes pourraient encore émerger, Weiner a affirmé catégoriquement qu'il ne voulait pas quitter la course à la mairie. Cet autre scandale sexuel de Weiner fait grand bruit outre-Atlantique. Les photos scabreuses, publiées sur le site Dirty.com (site porno), le mettent dans l’embarras. «Weiner a menti à nouveau aux Américains», telle est l’impression dominante. «Ce qu’on nous demande maintenant, ce n'est pas une seconde, mais une troisième chance.» Même le New York Times l'attaque et lui a demandé de se retirer de la course pour le poste de Bloomberg dans un éditorial très dur. Pendant ce temps, des psychiatres interviewés décrivent Weiner comme un homme malade, incapable de contrôler ses instincts. Mais Weiner ne renonce pas, il savait qu'il y aurait un deuxième «round» au scandale et insiste : «Rien n'a changé. Tout est derrière moi, je vois tout dans le rétroviseur, nous nous tournons vers l'avenir, pas vers le passé.» Sa femme Huma Abedin vient de se jeter dans l’arène en participant avec lui à une conférence de presse et a même écrit un article pour la revue Harper : «Tout cela a pesé lourdement sur notre mariage. Il m'a été difficile de pardonner Anthony. Cela nous a demandé beaucoup de travail et de nombreuses thérapies. Mais à la fin, j'ai sauvé notre mariage pour moi, mon fils, et notre famille. J'aime Anthony, je sais qu'il est un homme de valeur et je veux lui donner une seconde chance. C'est quelque chose que vous devriez vous décider à faire également, vous les électeurs de New York. Je crois en lui et je sais qu'il aime sa famille et sa ville.»
Huma a été une figure centrale dans la campagne de son mari Anthony Weiner, l’accompagnant à des défilés, utilisant ses connexions Clinton pour amasser l'argent de sa campagne et restant à ses côtés lorsqu’il a du mal à expliquer comment et pourquoi il a repris ses frasques sexuelles sur Internet alors que des révélations du même ordre l’avaient déjà contraint à démissionner du Congrès. Les Clinton soutiennent Huma Abedin et gardent leurs distances envers Weiner qu’ils n’ont jamais apprécié. «Nous voulons tous ce qu'il y a de mieux pour Huma», a déclaré un ami qui est proche à la fois des Clinton et d’Abedin. «Elle a le soutien de tout le monde pour tout ce qu'elle a été et fait pendant plus de dix ans», a déclaré ce témoin, qui parlait sous couvert d'anonymat. «Dans Hillaryland, il a été pénible de voir Abedin comme un soldat au milieu des révélations embarrassantes sur les transgressions sexuelles de son mari.» Les initiés savent que les Clinton n'ont pas levé le petit doigt pour aider à amasser des fonds pour la campagne de Weiner, alors qu’Abedin a fait la manche auprès des anciens donateurs des Clinton. Elle a ainsi amassé près de 150 000 $ pour financer la candidature de son mari à la mairie en seulement deux mois, montrent les dossiers. Certains pensent que plusieurs de ces donateurs auraient payé parce qu'ils craignaient de compromettre leur relation avec Hillary Clinton s’ils ne le faisaient pas.
On parle de plus en plus chez les démocrates que les ennuis de Weiner pourraient forcer les Clinton à pousser le mari d’Huma hors de la course car le scandale Weiner ternit Abedin et, par extension, Hillary Clinton, qui veut courir à la présidentielle en 2016. «Il faudrait un mot de leur part publiquement ou en privé pour mettre fin à la carrière de Weiner », a déclaré une source ayant des liens avec les Clinton. Hank Sheinkopf, un stratège démocrate qui travaille pour la campagne à la mairie de William Thompson, a dit qu’une telle mesure serait faite en privé. «Personne ne saura jamais», a-t-il dit. Plusieurs initiés rejettent toute idée que le scandale Weiner puisse ternir la marque Clinton, bien que l'on dise que la préoccupation des Clinton pour Abedin pourrait les inciter à agir. «Je ne pense pas qu'il y ait des implications politiques pour eux, mais il peut y avoir des conséquences personnelles et émotionnelles qui les poussent à s'impliquer.»
Le New York Times, le Wall Street Journal et le New York Daily News appellent le candidat à la mairie Anthony Weiner à abandonner la course à la mairie de New York après les messages et les photos d’ordre sexuel qu'il a envoyés à l’ancienne collaboratrice de campagne d'Obama, Sydney Elaine. Le comité de rédaction du New York Times a publié une réprimande cinglante à Weiner, Le Wall Street Journal a publié un article acerbe disant crûment qu’Anthony Weiner «n'est pas un être humain normal». Le Daily News titrait en Une : «Assez de tous ces mensonges et révélations salaces, Weiner n’est pas digne de diriger la première ville américaine. Battez-le !»
A la parade de la Journée d’Israël du 3 juin 2013, on l’a vu brandir le drapeau israélien en appelant la population à voter pour lui lors des élections à la mairie de New-York. «Je suis un peu comme un pur-sang sur la ligne de départ», a-t-il déclaré avant le défilé. Selon Le Washington Times, les réactions sur son passage étaient mitigées : «Ce qu'il a fait dans sa vie privée et tout ce qu'il a fait dans le passé, je suis prêt à l’oublier pour l'amour de New York City», a dit un spectateur. D’autres sont moins enthousiastes : «Il a abusé de femmes partout dans New York et partout dans le monde en faisant ce qu'il a fait. Il n'a aucun droit d'être ici.» Le Daily News rapporte quant à lui : «Anthony Weiner est le seul candidat juif dans la course du maire, mais l’ancien membre du Congrès ballotté a été hué et raillé à la célébration dimanche du défilé de l’Israël Day.» C'était la première hostilité ouverte qu'il a rencontrée sur le chemin de la mairie. Beaucoup de spectateurs ont applaudi Weiner en lui souhaitant bonne chance, mais d'autres ont crié : «Rentrez chez vous, Anthony» ou «Vous ne nous représentez pas !» Un homme se moqua de lui sur le scandale sexuel qui avait forcé sa démission du Congrès, en criant «Tweet it !». «Le judaïsme croit en la rédemption» a dit un rabbin. « Beaucoup de gens ont dit que les médias font une fixation sur le malheureux épisode sur Internet. Si l'on considère les personnes qui sont au Congrès et qui ont violé les lois, comme les lois fiscales, les gens pensent qu'il n’aurait pas dû démissionner.» Weiner quant à lui, a déclaré qu'il n'était pas trop préoccupé par un tassement dans son soutien juif, puisqu’il il vise un large appui : «J'ai représenté un district qui comptait une grande population juive dans l'ensemble de ma carrière», a-t-il ajouté.
L’impunité à l’égard de cette caste répugnante, méprisable et malfaisante qui domine le monde est-elle une fatalité au vu des désastres monstrueux que ses conspirations machiavéliques ont provoqués, ravageant des pays entiers et massacrant des populations ? Le monde arabo-musulman, voire le monde entier, est-il condamné à être un terrain de jeu pour les différentes puissances de l’argent et du pouvoir ? Telles sont quelques-unes des questions que l’on se pose en conclusion.

http://www.algeriepatriotique.com/article/les-documents-secrets-qui-devoilent-les-liens-souterrains-entre-les-etats-unis-israel-et-les



Huma Mahmood Abedin , née en 1976, est la chef de cabinet et assistante de la secrétaire d'État des États-Unis Hillary Clinton. Durant la campagne de Hillary Clinton à la primaire démocrate de 2008, elle était l'assistante personnelle de la candidate, en charge notamment de ses déplacements et de son agenda.

Elle est l'épouse de l'ancien député démocrate Anthony Weiner.


Huma Abedin est née en 1976 dans l'État américain du Michigan, d'un père indien et d'une mère pakistanaise. Elle a grandi en Arabie Saoudite, et a suivi des études universitaires aux États-Unis, à l'université George Washington. Elle est employée en 1996 à la Maison-Blanche en tant que stagiaire, et travaille auprès de la Première dame des États-Unis Hillary Clinton2.

Parlant couramment l'arabe, elle est considérée comme l'une des proches conseillères de Hillary Clinton sur le Moyen-Orient.

dimanche 14 juillet 2013

Pourquoi Marzouki et Ennahda devaient être chassés avant Morsi et les Frères musulmans ?





L'ennui dans ce monde, c'est que les idiots sont sûrs d'eux et les gens sensés pleins de doutes...


Entre les présidents égyptien et tunisien, il y a des similitudes frappantes, jusqu’aux premières lettres de leurs noms : Mohamed Morsi (M.M) et Moncef Marzouki (M.M). Les deux sont la risée de leurs peuples qui se sont très vite rendu compte des limites intellectuelles et de l’incompétence criante de ces deux imposteurs hissés à la tête de leurs pays par un caprice de l’histoire. Si les Egyptiens ont traduit en acte leur colère, les Tunisiens retrouvent leur passivité atavique. Et pourtant, ces derniers avaient mille fois plus de raisons de « dégager » Marzouki que les Egyptiens à chasser Morsi. Pourquoi ?

On ne peut qu’être satisfait par le mouvement de colère qui a ébranlé, ensuite délogé Mohamed Morsi du pouvoir. Radicalement opposés aux islamistes, les dernières nouvelles parvenues du Caire ne peuvent que nous réjouir. Cet incapable, qui s’est pris pour le « pharaon » d’Egypte, a oublié la leçon de son prédécesseur, Hosni Moubarak, à savoir que le soutien américain est à géométrie variable ! L’armée égyptienne vient de faire la preuve que, malgré les pressions subies depuis février 2011 par les manœuvres sournoises de l’administration américaine, elle est restée patriotique. En tant que Tunisiens, nous aurions espéré que notre pays soit précurseur d’un tel réveil nationaliste. Au risque de nous soupçonner encore une fois de favoritisme à l’égard d’un ancien ambassadeur, ce qui s’est produit en Egypte, c’est exactement ce que Mezri Haddad attendait de l’armée tunisienne, lorsqu’il a publié son « Appel en 7 points », le 13 juin 2012 (voir ci-dessous). Une fois de plus, il a vu juste, même s'il n’a pas été écouté.

Et pourtant, il nous est difficile de passer sous silence la légitimité démocratique de ce Frère musulman qui est arrivé au pouvoir par la volonté générale des Egyptiens. En juin 2012, en effet, le peuple égyptien avait démocratiquement élu Mohamed Morsi. Il nous est difficile aussi d’occulter le fait qu’il n’y est que depuis un an, comme l’a dit et répété son frère en secte, Youssef Qaradaoui, dans son ultime supplique au peuple égyptien pour sauver le soldat Morsi.

Quoique l’on pense de ces événements, depuis la chute de Hosni Moubarak, en une année, les Egyptiens ont organisé des élections législatives et présidentielles. Ils se sont choisi des députés et un président. Ils ont adopté une constitution. A l’inverse de la Tunisie, où il n’y a toujours pas de constitution, où le président actuel n’a pas été élu démocratiquement mais désigné par Rached Ghannouchi, et où l’assemblée constituante a perdu son honneuir et sa légalité depuis déjà un an. Logiquement donc, c’est Moncef Marzouki, la vitrine « laïque » du mouvement islamiste, qui plus est non élu au suffrage universel, qui aurait dû être balayé, ainsi que la section tunisienne des Frères musulmans.

Ajoutons à cela le fait qu’en Egypte, Mohamed Morsi n’a pas été publiquement humilié par le roitelet du Qatar, venu en Tunisie en tant que libérateur, pour apprendre, dès son arrivée à l’aéroport, à celui qui faisait office de président provisoire, lui apprendre « comment se tenir et comment saluer » ! Une humiliation non pas de Moncef Marzouki qui n’a aucune dignité, mais du peuple tunisien. Il n’y a pas eu non plus d’assassinats politiques, comme ce fut le cas de Tarek Mekki et Chokri Belaïd. Il n’y a pas eu de livraison d’anciens hauts responsables libyens comme ce fut le cas de Baghdadi Mahmoudi, livré à ses tortionnaires contre argent. Il n’y a pas eu autant de vol et de corruption des nouvelles « élites » dirigeantes. Il n’y a pas eu autant d’exportation de terroristes vers la Syrie. Il n’y a pas eu d’attaque contre l’ambassade des Etats-Unis. Il n’y a pas eu des événements de la même gravité que ceux de Djebel Chaambi…Autant de raisons qui auraient dû radicaliser la société civile et l’opposition contre ces usurpateurs au pouvoir, et mobiliser la rue comme cela vient de se produire en Egypte. Pourquoi donc la Tunisie, cellule mère du printemps islamo-atlantiste n’a-t-elle pas bougé ?

Primo, parce que nous n’avons pas la même armée. Si l’armée égyptienne avait ses raisons pour se soumettre aux exigences américaines en février 2011, tout comme l’armée tunisienne en janvier 2011, il n’en demeure pas moins vrai que les hauts gradés égyptiens n’ont pas perdu un iota de leur patriotisme nassérien. Ils viennent d’en faire la démonstration spectaculaire au grand dam de l’administration américaine, qui ne sait plus sur quel pied danser et dont le jeune président Barack Hussein Obama a, à demi-mots, soutenu Mohamed Morsi en l'appelant de tenir compte des réformes qu'exige le peuple égyptien. Au lieu d’un tel réveil patriotique, notre général Rachid Ammar, qui n’a jamais dit « Non à Ben Ali » mais « Oui, Oui, aux Etats-Unis », a préféré déserter plutôt que de sauver le bateau ivre tunisien qui s’achemine vers une somalisation certaine, selon ses propres dires à la télévision tunisienne, devant des milliers de télespectateurs. Une telle attitude se résumerai au célèbre « Courage, fuyons » ! Les crédules et les imbéciles parlent aujourd'hui de ce général traitre comme d'un futur sauveur de la Tunisie puisqu'on lui prête maintenant des ambtions présidentielles. Il n'en a ni la stature, ni la culture, ni encore moins le patriotisme.

Secundo, parce que nous n’avons pas la même opposition, qu’elle soit libérale ou gauchiste. Avant même les élections de juin 2012, l’opposition égyptienne s’est gardée de toute compromission avec les Frères musulmans. Elle s’est réorganisée en intégrant les anciens cadres et militants du « Parti national démocratique » qui gouvernait le pays sous la présidence de Moubarak. Ses dirigeants ne sont pas devenus des abonnés à l’ambassade des Etats-Unis au Caire, à l’exception de Mohamed El-Baradei, que les Américains gardent sous la main au cas où…On ne peut pas en dire autant de l’opposition tunisienne, mis à part trois ou quatre partis politique qui sont plus ou moins marginalisés.

Tertio, parce que nous n’avons pas la même élite intellectuelle ni les mêmes journalistes. Les critiques violentes des figures emblématiques de l’intelligentsia égyptiennes et des journalistes, n’ont pas eu leur équivalent en Tunisie. Même les plus audacieux, comme Amor S’Habou, Nizar Bahloul, Moez Ben Gharbia, ou Soufiane Ben Farhat, n’ont jamais atteint, dans leur critique d’Ennahda et de Moncef Marzouki , le niveau des journalistes égyptiens à l’égard des Frères musulmans et du président Morsi. Tous les observateurs étrangers s’accordent aujourd’hui à dire que la rue égyptienne a bougé parce que la presse écrite et audiovisuelle dans ce pays a crée les conditions psychologiques et politiques d’un tel soulèvement populaire.

Afin que nos lecteurs ne nous prennent pas pour des dupes, on doit ajouter à ces trois paramètres de dissemblance entre le cas égyptien et le cas tunisien, un quatrième facteur, qui est déterminant et même plus important que ceux déjà mentionnés : le poids de la Tunisie dans la géopolitique américaine, en comparaison avec celui de l’Egypte. Il n’y a pas le moindre doute que dans le séisme politique que l’Egypte vient de connaître, deux impondérables y sont pour beaucoup : la victoire de la Syrie sur les mercenaires islamo-fascistes, et le coup de balai américain dans les écuries qataries. Après deux années d’acharnement, les Américains ont compris que le régime syrien ne tombera pas, et que la fumisterie du « printemps arabe » s’est arrêtée aux murailles infranchissables de Damas. Ce en raison de quoi Barack Hssein Obama a voulu s’en laver les mains tel Ponce Pilate, en lâchant l’émir pantin du Qatar et son vizir carpette. Pour les initiés, ce fut un tournant décisif dans la stratégie américaine, qui passe de l’appui massif pour l’international islamo-terroriste, à la neutralité pragmatique...en attendant d'autres revirements selon les conjonctures et les évolutions. Ce changement n’est donc pas irréversible, mais son impact a été immédiat sur l’Egypte.

Reste par conséquent la question que tous les Tunisiens se posent : le séisme égyptien peut-il avoir des conséquences sur la situation tunisienne ? En d’autres termes, la Tunisie qui a contaminé l’Egypte par sa vraie fausse révolution, peut-elle être influencée à son tour par la véritable révolution qui vient de se produire au pays de Nasser ? La rue, soutenue par l'armée, va t-elle se mobiliser pour chasser du pouvoir Rached Ghannouchi et sa marionette Moncef Marzouki ?

La réponse est oui, si et seulement si les trois paramètres que nous avons indiqués changent. C’est-à-dire si l’armée, ou ce qu’il en reste après sa purge, prend conscience des périls qui menacent la sécurité du pays ; si l’opposition, y compris l’UGTT, arrête de se prostituer et de se disputer le pouvoir ; et si les journalistes suivent l’exemple de leurs collègues égyptiens en faisant preuve de courage et en exprimant le ral-bol général des Tunisiens à l'égard des tocards de la Troïka et des corrompus qui ont fait main basse sur la Tunisie. Le peuple tunisien ne bougera pas tant que les élites militaires, politiques, intellectuelles, journalistiques et syndicales n’auront pas changé d’approche et de praxis politique. C’est-à-dire tant qu’elles n’auront pas placé les intérêts supérieurs de la Nation au-dessus de leurs petits et mesquins calculs politiques. Tous ceux qui redoutaient le « châtiment » américain ou la colère de l'Oncle Sam devraient savoir que les Yankees s’accommodent toujours du fait accompli. Le cas syrien, et désormais égyptien, le prouve amplement.

Karim Zmerli -
Afrique Asie

samedi 13 juillet 2013

Les Frères musulmans, créateurs de l’islamisme politique





Après le renversement du président Mohamed Morsi, une série d’arrestations s’est déroulée en Egypte, visant les dirigeants des Frères musulmans. Ce mouvement est également présent dans des pays autres que l’Egypte. La Voix de la Russie a interrogé des experts afin d'en savoir plus sur la structure du mouvement et ses perspectives.




Il y a un an, Mohamed Morsi s’est présenté aux élections présidentielles en tant que candidat des Frères musulmans. Mais ayant promis d’être le « président de tous les Egyptiens » Morsi s’est retiré de cette organisation après sa victoire. Il n’a cependant pas coupé ses liens avec le mouvement. Son renversement a donc été logiquement suivi par une série d’arrestations parmi les Frères musulmans.


L’organisation a été créée en 1928 à Ismaïlia par Hassan el-Banna en réponse à la chute de l’Empire ottoman perçu comme la grande défaite du monde islamique. Les Frères musulmans prônaient un rôle renforcé de l’islam dans la société, ce qui permettrait, selon eux, la renaissance du monde islamiste et le retour au khalifat comme centre scientifique et culturel. Le programme des Frères musulmans en a séduit plus d’un. Aujourd’hui, les structures liées au mouvement agissent un peu partout au Proche-Orient, explique Goumer Issaïev.


« En fait les Frères musulmans est une marque qui a réussi à conquérir toute la région. Aujourd’hui les Frères musulmans sont présents sous une forme ou une autre dans des pays tel que la Jordanie. En Tunisie, le parti An Nahda est lui aussi lié aux Frères musulmans. Le HAMAS en Palestine peut également être considéré comme une branche des Frères musulmans. Ceux-ci sont aujourd’hui présents au Qatar dont on parle comme du protecteur des Frères musulmans ».


Quant à l’Egypte, le mouvement y est interdit après la tentative d’assassinat du président Nasser en 1954. Les Frères musulmans n’y ont pas pour autant mis fin à leurs activités, raconte Sergueï Sereguitchev de l’Institut du Proche-Orient.


« Ils agissent par le biais d’un large réseau d’associations. C’est cette importante activité associative qui a assuré le succès des Frères en Egypte. Ils donnent aux gens des prêts, les aident à se former, à trouver un emploi. Ils ont leurs propres compagnies, leurs affaires, et leurs revenus s’élèvent à quelques milliards de dollars ».


Même si les Frères musulmans n’étaient pas à l’avant-garde de ceux qui ont renversé le régime de Moubarak, ce sont eux qui en ont tiré profit. Après la victoire des Frères aux législatives et celle de leur candidat Morsi aux présidentielles, il a semblé qu’ils avaient pris le gouvernail du pays, et ce pour longtemps. Le succès rencontré par les Frères dans d’autres pays n’était qu’un autre argument en faveur du mouvement. Cependant, les derniers événements en Egypte sont venus briser cette certitude. A noter que l’Egypte était toujours un exemple à suivre pour ses voisins. Aujourd’hui, on n’exclut pas qu’après la chute des Frères musulmans en Egypte, les adversaires de ceux-ci dans d’autres pays se lanceront à l’attaque. N

dimanche 31 mars 2013

Egypte : les Frères musulmans ont renié leurs engagements

L'euphorie qui a éclaté dans la bande de Gaza dans les minutes qui ont suivi la démission de Hosni Moubarak le 11 février 2011, est probablement survenu juste après celle qui s'est exprimée en Égypte. Le dictateur déchu était un « atout stratégique » d'Israël, et pour de bonnes raisons. Il avait maintenu le blocus de la bande de Gaza du côté égyptien, pris parti contre le Hamas et il s'était toujours révélé un allié fiable.

JPEG - 28.7 ko
Morsi (à g.) et son gouvernement, comme tous les gouvernements islamistes, se casseront les dents avant tout sur la question sociale... Mais dans le cas particulier de l'Égypte, la Palestine est un excellent baromètre pour mesurer rapidement les reniements en cours
Même pendant la guerre israélienne de 22 jours contre Gaza à la fin 2008, Moubarak a gardé le poste frontière de Rafah bien verrouillé, en violation de la Quatrième Convention de Genève qui oblige l'Égypte, en tant que signataire, à protéger les civils en temps de guerre et d'occupation étrangère.
Le dictateur égyptien a été chassé mais son héritage continue d'influencer les réalités sur le terrain à Gaza et sur tout ce qui concerne en général la question palestinienne. A cela, il faut ajouter que son successeur Mohammed Morsi de l'organisation des Frères musulmans, a peu fait pour prouver - à ce jour - que sa politique allait changer de cap. Bien sûr, rien n'est aussi simple que cela. Morsi a dû prendre en compte un héritage très pesant, une bureaucratie corrompue et une souveraineté assez inexistante après des décennies de soumission complète aux États-Unis.
Mais à en juger par ses discours et ses réalisations au cours de l'année écoulée, il est évident que la Fraternité musulmane - c'est-à-dire le Président et le Parti de la Justice - est trop désireuse de faire preuve de « pragmatisme » et de flexibilité face aux puissances étrangères.
Quelques Frères (musulmans) et certains de leurs sympathisants affirment que cela est nécessaire pour assurer leur ascension au pouvoir dans une période de transition fragile, et pour rassurer les sceptiques. C'est peut-être valable dans certains cas (quand l'équilibre local des pouvoirs n'est pas en leur faveur), mais cela pose de sérieuses questions sur jusqu'à quel point Morsi entrera dans les chaussures de Mubarak sous prétexte de realpolitik - et s'il ne va pas finalement se retrouver pris au piège.
Gaza comme baromètre
Gaza, qui partage une frontière de 14 kilomètres de long avec l'Égypte, est probablement l'un des meilleurs baromètres de l'indépendance de la politique étrangère du Caire - ou de son absence.
C'est là que l'Égypte est obligatoirement impliquée dans la question palestinienne, et en particulier depuis la victoire du Hamas en 2007 à Gaza et le blocus israélien - par air, mer et terre - qui a suivi. Sous les conditions d'un accord d'un an (2005-2006) aujourd'hui périmé entre Israël, l'Autorité palestinienne et l'Union européenne, seules les personnes - qui ne sont pas sur la liste noire de Tel-Aviv - sont autorisées à traverser le poste frontalier de Rafah sous contrôle égyptien, et pas les marchandises.
Les marchandises « approuvées » sont autorisées à travers le poste de Karem Abu Salem (Kerem Shalom) sous contrôle israélien. Alors que l'Égypte n'était même pas partie prenante de cet accord, elle continue à l'appliquer, sept ans après qu'il soit devenu périmé.
Dans le langage de l'accord de paix israélo-égyptien, la ville égyptienne de Rafah est dans la zone C - la zone démilitarisée de la péninsule du Sinaï, ce qui limite strictement les forces égyptiennes à une présence policière faiblement armée. C'est aussi le lieu où ont été creusés des centaines de tunnels souterrains qui relient les parties palestinienne et égyptienne de Rafah, et qui se sont multipliés depuis le siège israélien de Gaza. Ces tunnels sont une bouée de sauvetage pour la territoire assiégé.
Il n'est pas exagéré de dire que sans les tunnels, la population de 1,6 million de personnes dans Gaza souffriraient encore bien plus, non seulement parce qu'Israël autorise seulement un tiers des besoins du territoire à travers les points de passages de marchandises, mais aussi parce que la grande majorité des habitants de Gaza ne peuvent acheter les produits israéliens et dépendent des produits égyptiens meilleur marché. La résistance palestinienne s'appuie également sur ces tunnels (parmi d'autres canaux) pour obtenir les armements indispensables à sa survie.
Pour cette raison, et du fait qu'une grande partie de ce monde souterrain qui lie Gaza avec l'Égypte est hors de contrôle, les tunnels reviennent opportunément au premier plan comme une question sécuritaire et politique pour le Caire.
Depuis l'assassinat de seize gardes-frontières égyptiens en août dernier à Rafah par des assaillants encore inconnus, les militaires ont riposté en lançant « l'opération Aigle 2 » pour purger le Sinaï des « éléments criminels ». Aucun de ceux-ci n'a été identifié, mais les médias, typiquement comme dans l'ère Mubarak, ont été prompts à accuser les Palestiniens. Après avoir bombardé des zones surtout désertiques dans le nord-Sinaï, l'armée a entrepris de démolir des dizaines de tunnels et d'arrêter des « suspects ».
Changements au poste-frontière de Rafah
C'était la première fois que les tunnels étaient visés depuis que Morsi est au pouvoir. Mais l'impact des démolitions ne fut pas définitif et la politique changea de façon importante lorsque, après que Morsi ait chassé de leurs poste le gratin des militaires, le poste-frontière de Rafah a été ouvert pour la première fois sur une base quotidienne depuis qu'existe le blocus israélien.
Tandis que cette décision était attribuée à l'influence de Morsi, les responsables du Hamas déclarèrent que depuis l'éviction de Mubarak et la reprise en main des militaires, le nombre de Palestiniens autorisés à traverser - les jours où la frontière était ouverte - avait augmenté approximativement de 350 ou 450 à près de 1000, un signe tangible que les généraux étaient légèrement plus souples que Mubarak sur cette question.
De plus, la hiérarchie militaire avait donné à Mousa Abu Marzook, suppléant au bureau politique du Hamas (précédemment basé à Damas, comme d'autres organisations de la résistance en exil) l'autorisation d'habiter le Caire, ce qui aurait été impensable avant la révolution.
La différence depuis que Morsi a pris les fonctions de Président, a été l'ouverture quotidienne du passage frontalier, ce qui, tous comptes faits, représente une avancée importante et n'a plus qu'un lointain rapport avec les fermetures longues de plusieurs semaines qui se produisaient régulièrement sous l'ère Mubarak. Non seulement l'Égypte comme le reste du monde, devenait accessible aux Gazouis, mais les délégations d'organisations de solidarité avec la Palestine venues de partout dans le monde et des représentants de haut niveau de différents États, avaient pu visiter le territoire assiégé régulièrement - beaucoup pour la première fois et au mépris du siège - et avaient finalement reconnu de fait la légitimité du Hamas. Ce n'était pas ce qu'imaginait Israël quand il décréta son blocus.
JPEG - 82.5 ko
Novembre 2012 - Des milliers d'Égyptiens manifestent contre les bombardements israéliens sur Gaza - Photo : EPA/Khaled Elfiqi/
Les changements à la frontière sont l'un des quelques moyens d'analyser la façon dont l'Égypte, sous la présidence de la Fraternité, gère le dossier palestinien. Il y a une différence dans le modus operandi, mais les résultats montrent bien qu'il n'y a pas eu changement radical. Au lieu d'être simplement traitée comme les autres passages frontières en Égypte, Rafah est toujours l'otage des calculs et des engagements de l'ère Mubarak à l'égard d'Israël. Ce passage peut être ouvert tous les jours, mais pour se conformer aux exigences d'Israël, l'Égypte ne permettra pas même à un sac de ciment de passer, redirigeant les marchandises sur Karem Abu Salem qui est sous contrôle israélien.
Dans la continuité de Mubarak, les relations entre l'Égypte et Gaza et le dossier palestinien sont encore commandés par les services égyptiens du renseignement, qui ont également leur mot à dire sur la stratégie des militaires dans le Sinaï et à Rafah. La gestion du passage de Rafah est complètement sous le contrôle et la gestion de ces services, avec leur mentalité et leurs calculs. Bien que Morsi soit maintenu au courant, il est peu probable que ses vues – au cas où elles soient différentes – seront respectées.
Mais Gehad El-Haddad, porte-parole des Frères musulmans, m'a affirmé il y a deux semaines que les services de renseignement égyptiens sont « entièrement sous le commandement » du président, et exécutent ses ordres. Et par conséquent, Morsi « est responsable de ce qui se passe sur le terrain à Rafah ».
Inonder les tunnels de Gaza avec des eaux des égouts...
Le mois dernier, « l'opération Aigle 2 » a relancé les démolitions de tunnels par la force, beaucoup d'entre eux se retrouvant inondés avec des eaux usées [technique mise au point récemment par les Israéliens jamais en mal de sadisme - NdT]. Plus de 400 tunnels ont été détruits jusqu'à présent, selon des sources militaires citées par les médias locaux. Personne ne dira jusqu'à quel point l'armée va aller, mais étant donné les démolitions précédentes de tunnels sous Mubarak, l'opération doit être bien calculée pour laisser en service suffisamment de tunnels de contrebande pour répondre au minimum des besoins dans Gaza.
Cette évolution est décevante pour les dirigeants du Hamas qui, en raison de leur situation délicate, n'oseront pas trop bruyamment critiquer l'Égypte ou Morsi. Moussa Abou Marzouk ne va pas plus loin que de me dire, la semaine dernière : « Nous ne voulons pas de tunnels par principe. Ce que nous voulons, c'est que les marchandises vers Gaza puissent passer par le poste frontière de Rafah, ce qui n'est pas le cas. »
La seule exception, sans surprise, c'est les matériaux de construction venant du Qatar qui sont autorisés à passer par Rafah pour des projets de reconstruction valant plusieurs millions de dollars, et promis par l'émir Hamad bin Khalifa de l'État du Golfe lors de sa visite dans le territoire assiégé en octobre dernier. C'ette première visite d'un chef d'État - dans ce cas le Qatar - à Gaza, nous révèle plus de choses sur l'Égypte post-révolutionnaire dirigée par un président de la Fraternité, qu'elle ne le fait à propos de Doha. Le Qatar consolide son rôle régional déjà totalement démesuré, tandis que l'Égypte en est encore à marcher prudemment dans les limites imposées par trois décennies de pouvoir de Mubarak.
El-Haddad, le porte-parole de la Fraternité, appelle cela la responsabilité de passer de la banquette arrière de la voiture au siège du conducteur : « Quand vous prenez le pouvoir, un grand nombre de calculs se font jour. » Et c'est ainsi que l'accord de paix de Camp David avec Israël que les Frères rejetaient systématiquement et jusque dans leur plateforme électorale de 2010 (qui exige en vertu du chapitre quatre, l'annulation de « tous » les accords de normalisation avec Israël et le soutien à la résistance palestinienne) ne sera pas rompu, ni même modifié (version arabe).
C'est la même déclaration que celle qui avait été faite par le porte-parole présidentiel l'année dernière. Maintenant, selon la formule employée par El-Haddad, Camp David « sert » les intérêts de l'Égypte. Dans la même veine, parlant à l'agence Reuters, Essam El-Haddad - conseiller de Morsi pour les relations étrangères - justifiait l'inondation des tunnels par la nécessité d'arrêter la contrebande d'armes.
Sur la question palestinienne, la Fraternité a retourné sa veste
Ce discours « post-révolution » est compatible avec de nouvelles positions de la Fraternité, c'est-à-dire de son parti de la Justice et de la Liberté et de Morsi lui-même. Il est vrai que la question palestinienne était au cœur de l'existence de l'organisation depuis ses débuts (ses volontaires ont résisté aux gangs sionistes en Palestine dès 1947) et toutes ces décennies. Mais il est juste de dire que le profil de la direction de la Fraternité - une combinaison d'aisance économique et de pouvoir - durant la dernière décennie, est un phénomène assez nouveau dans l'histoire de l'organisation.
Leurs calculs et leurs priorités politiques sont le résultat de leurs expériences sous le régime de Mubarak et devraient être évalués dans ce contexte. En revanche, la base de l'organisation et ses partisans viennent des classes moyennes et les plus pauvres, et ne sont pas nécessairement disposées à accepter ce niveau de pragmatisme sur une question aussi centrale que la question palestinienne.
Cette politique a été partiellement mise à l'épreuve quand Israël a lancé sa courte guerre contre Gaza le 14 novembre 2012. Morsi a d'abord répliqué en rappelant le même jour l'ambassadeur d'Égypte en Israël. Puis face à la pression grandissante du public, il a envoyé à Gaza son Premier ministre dans une visite sans précédent, avec une délégation de haut niveau, à peine 48 heures plus tard avec le message que l'Égypte officielle se tenait aux côtés de Gaza.
Par rapport au rôle de complice joué par le Caire lors de la guerre contre Gaza fin 2008, cette évolution ne peut pas être niée. Il faut relever aussi l'implication directe du Hamas et des dirigeants du Djihad islamique dans les discussions de cessez-le-feu avec Morsi. L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a été la grande absente de la scène.
Morsi a voulu faire comprendre à Israël que « l'Égypte d'aujourd'hui est différente de celle d'hier. » Le fait qu'en période pré-électorale, Israël ne voulait pas d'une trop longue guerre ou de missiles à longue portée tirés de Gaza et tombant sur Tel Aviv et Jérusalem, a pu jouer en faveur de Morsi et a augmenté sa popularité.
L'effet de cette guerre a depuis disparu et a été éclipsé par les violentes démolitions de tunnels et plus récemment par l'intense campagne anti-palestinienne - en particulier anti-Hamas - qui fait rage en Égypte depuis la semaine dernière.
Au premier abord, cela peut sembler comme une continuation de la diabolisation qui prévalait depuis la prise du pouvoir par le Hamas, durant l'ère Mubarak à l'égard des Palestiniens dans la bande de Gaza. Alors que des directives étaient publiées par les militaires pour interdire à la presse de rapporter les nombreuses fois où des soldats israéliens à la gâchette facile assassinaient des gardes-frontières égyptiens, prétendument par erreur, les médias se sont emparés de toutes les occasions pour faire entrer dans la tête de l'opinion que le Sinaï était ce que voulait le Hamas comme État de rechange.
Aujourd'hui la plupart des médias en Égypte citent « des sources militaires » anonymes accusant le Hamas d'être à l'origine de l'assassinat des 16 gardes-frontière égyptiens en août dernier.
Des allégations sur une saisie dans un des tunnels, de rouleaux du tissu employé pour fabriquer des uniformes militaires, sont présentées comme une preuve de la participation du Hamas ou « d'éléments » de Gaza dans des activités menaçant la sécurité nationale.
Le manque de preuves pour étayer ces allégations et le silence assourdissant des forces armées, suggèrent une stratégie délibérée pour monter l'opinion contre le Hamas, Gaza et les tunnels, tout en liant leurs prétendus méfaits à Morsi et à son organisation de la Fraternité, laquelle a contribué à la fondation du Hamas en 1987. En d'autres termes, le laxisme de Morsi envers ses amis du Hamas aurait compromis la sécurité nationale de l'Égypte.
C'est une situation qui n'a pas de sens : le Hamas, Gaza et peut-être la cause de la Palestine dans son ensemble paient le prix de l'arrivée au pouvoir de la Fraternité, alors même que cette organisation a renié ses précédentes positions sur la question au nom du « pragmatisme. »
Il est tentant d'imaginer que Morsi et la Fraternité appliquent une stratégie progressive et par petites touches, qui mènera par la suite à des positions plus audacieuses. Mais cela dépendrait de la garantie, contre toute attente, que Morsi finisse au moins son mandat de quatre ans et que la Fraternité passe d'une mentalité réformiste conservatrice à une attitude révolutionnaire sur cette question en particulier. Ces deux improbabilités sont fortes, et comme pour le Hamas, l'arrivée de la Fraternité musulmane au pouvoir remet en cause sa raison d'être.
* Amira Howeidy est éditrice adjointe de Al-Ahram weekly
De la même auteure :
- Gaza paye pour un crime commis par d'autres ! - 14 août 2012
- Mavi Marmara, et après - 25 juin 2010
- Adieu le Fatah ? - 9 août 2009
- Israël fait obstacle à l'enquête des Nations-Unies à Gaza - 16 juin 2009
- « Le crime des crimes » - 1° février 2009
- Nouvelle réalité et vieux dilemme - 9 février 2008
- Définir qui est l'ennemi - 26 avril 2007
21 mars 2013 – The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/conte...
Traduction : Info-Palestine.eu - Claude Zurbach

Messages les plus consultés