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mercredi 10 juillet 2013

Ryadh et Dubaï au secours de l’économie egyptienne



Le royaume d’Arabie saoudite a annoncé mardi 9 juillet l’octroi d’une aide de 5 milliards de dollars à l’Egypte pour soutenir l’économie de ce pays, six jours après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi suite à d’énormes manifestations qui ont appelé à son limogeage .
Selon l’agence officielle Spa, l’aide, décidée par le roi Abdallah, consiste en un dépôt, sans intérêt, de deux milliards de dollars à la Banque centrale d’Egypte, un don d’un milliard de dollars et l’équivalent de deux milliards en produits pétroliers et gaziers.

Cette annonce porte à 8 milliards de dollars l’ensemble des aides annoncées mardi par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis à l’Egypte. Le ministre saoudien des Finances, Ibrahim al-Assaf, a précisé que l’aide de Ryadh était destinée à « soutenir l’économie de l’Egypte face aux défis que rencontre ce pays », confronté à des difficultés économiques et à une instabilité politique depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en 2011.

L’Arabie saoudite a favorablement accueilli la destitution la semaine dernière de M. Morsi et le roi Abdallah a été le premier chef d’Etat étranger à féliciter le président par intérim Adly Mansour quelques heures après sa nomination.

Les Emirats arabes unis, une autre monarchie du Golfe, ont annoncé plus tôt une assistance à l’Egypte de 3 milliards de dollars, dont un don d’un milliard de dollars et d’un dépôt, sans intérêt, de deux milliards de dollars à la Banque centrale égyptienne. L’aide des Emirats et de l’Arabie saoudite est la première du genre au profit des nouvelles autorités égyptiennes. Elle intervient une semaine après la mise à l’écart de M. Morsi, issu des Frères musulmans, après un mouvement de contestation populaire.

dimanche 28 avril 2013

Égypte : Louxor, ville fantôme

L’activité touristique aurait chuté de 70% à Louxor et dans les sites historiques de haute Égypte. L’instabilité politique fait fuir les visiteurs, et les islamistes au pouvoir n’ont jamais encouragé le tourisme, jugé porteur de valeurs immorales.
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Les rues de Louxor sont presque désertes. Ce sont les vacances de Pâques, la ville devrait grouiller de touristes venus visiter les temples et les tombeaux, ou en croisière sur le Nil. Au lieu de cela, on dirait une ville fantôme. Le long des rues, les cafés sont vides, les grands bateaux fluviaux restent à quai, comme abandonnés ; sur la Corniche, les conducteurs de calèches attendent des passagers qui ne viennent jamais.
Louxor dépend totalement du tourisme, et elle a été durement touchée par la baisse catastrophique du nombre de visiteurs en Égypte depuis le début de la révolution en 2011.
“C’est la période la plus difficile qu’a connu le tourisme en Égypte depuis que l’on a commencé à établir des statistiques, il y a vingt-cinq ans, explique Amr Abdel Ghaffar, directeur régional pour le Moyen-Orient à l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies. C’est la conséquence du changement politique, et bien sûr, cela engendre une grande incertitude en termes économiques, en particulier dans le tourisme.”
3 millions d’emplois menacés
Le secteur touristique est vital pour l’Égypte. Il représente 11,3 % du PIB et emploie directement près de trois millions de personnes. Les sites archéologiques proches du Caire, comme Louxor et Assouan, sont ceux qui ont le plus souffert.
Le temple de Louxor est le joyau de la ville, mais en ce beau mardi après-midi, il n’y a presque pas un touriste en vue. En fait, on recense une chute de 70 % de la fréquentation des musées et des sites en Haute-Egypte, avec à peine 1 200 visiteurs par jour, d’après Mansour Breek, responsable des antiquités de Haute-Égypte. “Nous dépendons de cet argent pour la conservation et la restauration des monuments, pour financer l’archéologie, et bien sûr pour l’emploi. L’absence des touristes nous touche donc très durement,” assure-t-il.
Tous les habitants de la ville nous font part de leurs malheurs, depuis les capitaines de bateaux de croisière qui n’ont pas navigué depuis 2011 jusqu’à un voyagiste qui a dû ouvrir une boutique de meubles pour compenser ses pertes. Mamdouh, un chauffeur de taxi, ne travaille presque plus ces temps-ci, et il doit se battre pour survivre. “Avant, je gagnais 300 livres par jour [43 euros]. Aujourd’hui, je ne vais avoir qu’un seul client, et je n’en gagne plus que 20, raconte-t-il. Parfois, ma famille n’a rien à manger le soir parce que nous n’avons pas d’argent.”
Les affaires du Steigenberger Nile Palace, un hôtel de luxe, étaient florissantes il y a encore deux ans. Assis dans la grande cour déserte, son directeur, Gamal Allah, assure que les 260 chambres “étaient réservées à 90 % à la période de Pâques, mais, cette semaine, elles ne le sont qu’à 40 %, alors même que nous avons baissé nos tarifs de moitié.” Grâce à une récente initiative, on a vu les premiers vols touristiques depuis l’Iran en trois décennies, mais ils ont été suspendus au bout d’une semaine, en raison du tollé d’extrémistes sunnites, furieux de voir des chiites visiter la ville.
Les Frères musulmans “laissent mourir” le tourisme
Les efforts du gouvernement ont été négligeables, fait valoir Mohamed Osman, vice-président de la Chambre de tourisme de Louxor. En effet, les Frères musulmans ne voient pas le tourisme d’un très bon œil. “Certains d’entre eux n’y sont pas très favorables, commente-t-il. Ils ne le tuent pas, mais ils le laissent mourir.”
L’année dernière, M. Osman s’est rendu en Europe à huit reprises pour promouvoir Louxor. “Nous le faisons seuls, sans soutien gouvernemental“, déplore-t-il. Cette année, il ira en Turquie, en Russie, aux États-Unis et au Canada.
Mais comment démentir les images d’agitation politique égyptienne qui ne cessent de circuler dans le monde ? Il a été envisagé de diffuser sur internet des vidéos des sites touristiques égyptiens, afin de prouver que ces destinations sont sûres.
La Française Valérie Lafin se rend régulièrement à Louxor, “mais [ses] amis pensent qu’[elle est] folle d’y aller. Les gens regardent la télé et elle ne montre que des affrontements, alors ils croient que toute l’Égypte est comme ça.”
Tout le monde s’accorde à dire que la relance du tourisme passe par la stabilité politique. Mais l’Égypte ne semble pas près de retrouver une telle stabilité.
Courrier International

vendredi 7 décembre 2012

Grandes manifestations en Égypte contre la tentative du gouvernement de changer la constitution


Grandes manifestations en Égypte contre la tentative du gouvernement de changer la constitution
De grandes manifestations ont éclaté au Caire et dans d'autres villes d'Égypte contre la tentative du président égyptien Mohamed Mursi d'imposer une nouvelle constitution antidémocratique.
Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés sur la place Tahrir, où les manifestations qui avaient éclaté en janvier 2011 avaient entraîné la chute du dictateur égyptien Hosni Moubarak. Des manifestations ont également eu lieu à Alexandrie, dans la ville industrielle de Mahalla et ailleurs. 


Des contre-manifestations ont été organisées pour aujourd'hui par le gouvernement et les Frères musulmans. Un conflit direct est possible, même si les manifestations pro-gouvernement ont été déplacées depuis la place Tahrir jusqu'à l'Université du Caire. 



La série la plus récente de manifestations de masse a commencé après la publication par Mursi le 22 novembre d'un décret qui accordait au Président des pouvoirs très larges « de prendre toutes mesures qu'il considère nécessaire afin de préserver et sauvegarder la révolution, l'unité nationale et la sécurité nationale. » Le décret déclarait également que le pouvoir judiciaire, dominé par des anciens de l'ère Moubarak, n'aurait aucun contrôle sur les décisions présidentielles. 



Le décret a donné à l'assemblée constituante – dominée par les Frères musulmans de Mursi – deux mois supplémentaires pour finir de rédiger une constitution. Cependant, dans le contexte de nombreuses manifestations populaires et de divisions très nettes au sein de l'élite dirigeante Égyptienne, l'assemblée a décidé la semaine dernière de faire passer une nouvelle constitution aussi vite que possible. Mursi devrait signer la constitution dès aujourd'hui, avec un référendum populaire qui devait suivre dans les 15 jours. 



Un reportage de l'Associated Press décrivait l'insistance frénétique au sein de l'assemblée constituante pour terminer et approuver la constitution. L'AP écrit : « Durant la session de jeudi [qui a duré 15 heures], le chef de l'assemblée Hossam al-Ghiryani a insisté avec acharnement pour que les membres en finissent. Lorsqu'un article a reçu 16 objections, il a fait remarquer que cela imposerait de reporter le vote de 48 heures d'après les règles de l'assemblée. "Maintenant je demande un nouveau vote," a-t-il dit, et tous les membres sauf quatre ont abandonné leurs objections. » 



La course pour qu'une constitution soit rédigée était en partie alimentée par des inquiétudes sur la possibilité que la Cour suprême déclare illégale l'assemblée constituante ce week-end. Une décision contre l'assemblée est toujours possible. Les juges suprêmes ont annoncé vendredi que le pouvoir judiciaire pourrait refuser de superviser le référendum sur la constitution, ce qui remettrait en question sa légalité. 



L'objectif principal de la nouvelle constitution est de consolider l'alliance des Frères musulmans avec l'armée et les États-Unis. C'est essentiel non seulement pour maintenir la position des Frères dans la lutte entre factions au sein de la bourgeoisie égyptienne, mais, plus important encore, pour écraser l'opposition montante parmi les travailleurs et les jeunes. 



Le gouvernement cherche à appliquer des mesures d'austérité drastiques en échange de prêts promis par le Fonds monétaire international et d'un afflux de capital international. Jeudi, des représentants du gouvernement ont juré que les manifestations n'auraient aucun effet sur sa détermination à imposer les mesures exigées par les banques. 



Mursi est encouragé par le soutien continu que lui accorde Obama. Son décret du 22 novembre est intervenu un jour après que la ministre des Affaires étrangères Hillary Clinton a chanté ses louanges pour son rôle dans la négociation d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Les États-Unis considèrent le gouvernement des Frères musulmans comme un élément essentiel d'un réseau d'états gouvernés par des partis musulmans sunnites (dont la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar). Cette alliance soutient la guerre civile pour le compte des États-Unis en Syrie et sera nécessaire à toute action militaire des États-Unis ou d'Israël contre l'Iran. 



Vendredi, le gouvernement d'Obama a refusé très clairement de critiquer la nouvelle constitution du régime Mursi. L'Associated Press a fait savoir que si « La porte-parole du ministère des affaires étrangères Victoria Nuland se lamentait du manque de consensus, » le « gouvernement Obama refuse de critiquer le projet de constitution égyptien malgré le débat international intense sur la question d'une protection adéquate des femmes, des minorités religieuses et des voix dissidentes. » 



Parmi la liste des inquiétudes citées par l'AP, il n'est pas fait mention du rôle que la constitution donne à l'armée, laquelle reste l'institution dominante de la politique égyptienne. 



La constitution impose que le ministre de la Défense soit un officier militaire et que les affaires militaires et le budget de la défense soient supervisés par un conseil spécial de généraux de haut rang, aux côtés du président. L'armée continuerait à opérer sans contraintes ni contrôle sérieux. 



Les tribunaux militaires haïs de tous sont également maintenus. Une version antérieure de la constitution contenait une réserve qui aurait empêché les tribunaux militaires de juger des civils, mais elle a été supprimée sur demande de l'armée. Elle a été remplacée par l'article 198 qui autorise ces tribunaux à juger « les crimes qui touchent aux forces armées. » Plus de 12 000 civils sont passés devant les tribunaux militaires depuis le soulèvement de janvier 2011. 



La constitution consacre également l'Islam comme religion d'Etat et pose au moins les bases nécessaires pour faire de la Sharia le fondement du droit. Ces fondements sont définis comme « incluant des preuves et des fondements généraux, des règles et de la jurisprudence ainsi que des sources acceptées par la doctrine de l'Islam sunnite et la majorité des universitaires musulmans. » Un rôle particulier est accordé à ceux de l'université Al-Azhar, un institut islamique situé au Caire, dans la supervision de la rédaction des lois. 



Parmi les autres dispositions antidémocratiques, la constitution interdit « d'insulter ou de montrer du mépris envers toute personne. » Sous Moubarak, de nombreux manifestants avaient été arrêtés pour avoir insulté le président ou fait des déclarations qui étaient considérées comme allant contre la religion. 



Les manifestations de masse, dont celles qui ont eu lieu vendredi, ont été menées par des factions du monde politique égyptien qui ne sont pas moins hostiles à la classe ouvrière que Mursi. Parmi celles-ci, on compte l'ex-candidat à la présidentielle et ex-directeur de l'Agence de l'énergie atomique Mohammed El-Baradei et son Parti de la constitution, le Nassériste Hamdeen Sabahi, l'ex-ministre de Moubarak et secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, et l'homme d'affaires milliardaire Naguib Sawiris, fondateur du Parti des Égyptiens libres. 



Les principaux partis libéraux bourgeois ont formé une alliance avec le Mouvement des jeunes du 6 avril et une série de partis "de gauche", dont les Socialistes révolutionnaires, avec pour objectif de contenir l'opposition de masse et de stabiliser la position de la classe dirigeante. 



El-Baradei a prévenu qu'« une guerre civile menace d'éclater en Égypte, » notant que cela pourrait entraîner l'intervention directe de l'armée. 



Dans un entretien la semaine dernière avec le magazine d'information allemand Der Spiegel, Moussa a déclaré que « L'opinion publique n'a jamais été aussi polarisée qu'elle l'est aujourd'hui. » Il a ajouté, « Certains égyptiens croient que la guerre civile a déjà commencé, mais nous aimerions éviter un tel scénario à tout prix. » 



Les actions de Mursi soulignent le fait que les droits démocratiques et tous les intérêts économiques et sociaux de la classe ouvrière égyptienne et des jeunes ne peuvent être réalisés dans le cadre du monde politique bourgeois et du régime capitaliste. 




Alter Info l'Information Alternative

dimanche 4 novembre 2012

Égypte : l'Église copte a choisi son nouveau patriarche

Égypte : l'Église copte a choisi son nouveau patriarche


L’Église copte orthodoxe a choisi son nouveau patriarche. Il est l'évêque Tawadros âgé de 60 ans.

L'ancien chef des chrétiens Coptes orthodoxes, Pape d'Alexandrie et Patriarche, Sa Sainteté Shenouda III est décédé le 17 mars de cette année à l'âge de 88 ans.

Les Coptes représentent, selon diverses données, de 6% à 10% de la population de l’Égypte. La plupart d'entre eux sont chrétiens, et ils appartiennent à l'Église copte orthodoxe de l'Orient ancien.

Alter Info l'Information Alternative

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