vendredi 8 novembre 2013

Yasser Arafat a été empoisonné, selon les experts suisses




 Un « assassinat politique » : telle est la réaction de la veuve de Yasser Arafat à l’information selon laquelle son mari, l’ex-leader de l’Autorité palestinienne, a été empoisonné au polonium. Une version que viennent confirmer les résultats de l’expertise engagée par l’Institut de radiophysique à Lausanne.


La dépouille de Yasser Arafat exhumée en novembre 2012 a été examinée à l’initiative de la chaîne de télévision Al-Jazeera à l’Institut suisse de radiophysique. Au micro la veuve du leader palestinien Suha Arafat :

« Les études suisses ont confirmé nos craintes, plus de 83% de polonium, soit 18 fois la norme, ont été découverts dans les poumons et le crâne. Tout porte à croire que c’était un crime politique commis par des professionnels parce que nous l’avons décelé neuf ans plus tard. »

Arafat est décédé en 2004 mais les rumeurs sur son éventuel empoisonnement se sont répandues avant sa mort, lorsque le politique a été placé dans un état grave dans un hôpital de Paris. Les Palestiniens ont fait allusion à une implication des Israéliens dans la maladie grave d’Arafat. L’un des leaders du Mouvement national palestinien de libération (Fatah) Faruk Kaddumi a accusé en 2009 l’actuel leader de l’Autorité palestinienne Mahmud Abbas et le chef du service de sécurité Mohammed Dahlan d’être mêlés à la mort de Yasser Arafat. Le congrès du Fatah la même année en a accusé officiellement Israël. D’après les résultats de la récente expertise, le leader palestinien a été très probablement empoisonné. Les services spéciaux d’Israël et l’entourage proche d’Arafat sont les principaux suspects. Or, la participation d’Israël à cet assassinat politique est peu probable, affirme l’experte du département d’Israël et des communautés juives de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie Tatiana Nossenko :

« Il est peu probable que des mesures aussi sérieuses aient été nécessaires pour destituer Arafat. Certes, il perdait de l’influence tout en demeurant le symbole du mouvement national palestinien. En tant que leader, il perdait ses positions et devenait une personnalité de moins en moins importante. Cette version me paraît peu probable. »

Si Arafat n’était pas une personnalité influente, il serait décédé de sa belle mort quelques ans après, suppose l’expert de l’Institut du Proche-Orient Sergueï Sereguitchev. L’expert décline, cependant, la participation d’Israël à la mort du leader de la résistance palestinienne. Arafat était un politicien pas simple mais il était possible de s’entendre avec lui. Son décès a semé la discorde au Proche-Orient.

Les experts sont convaincus que l’information sur l’empoisonnement d’Arafat donnera lieu à une confrontation plus acharnée tant au sein du Fatah qu’au sein de l’Autorité palestinienne.
Vlad Grinkevitch

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