dimanche 1 septembre 2013

Le retour de Iakov Weber



© Musée régional d’Engels





Par La Voix de la Russie | Une exposition de ce peintre russe d’origine allemande vient d’ouvrir à la Maison centrale des Artistes à Moscou. La première exposition qui est exclusivement consacrée à Weber a été organisée avec le soutien de l'Ambassade d'Allemagne en Russie et l'Union internationale de la culture allemande.


Les noms de nombreux artistes talentueux russes du 20e siècle sont injustement oubliés de nos jours. Il y a de nombreuses raisons à cela : si certains peintres n’étaient pas prêts à réaliser les commandes sociales du gouvernement soviétique, d’autres étaient accusés de dissidence et de formalisme, ce qui les empêchait de travailler normalement.

Iakov Weber n’a pas eu une vie facile. Il est né en 1870 dans une famille paysanne dans la colonie allemande de Balzer, dans la province de Saratov. Depuis son enfance, le jeune homme rêvait de devenir peinture, il croyait que l'art est son vrai destin. Son rêve est devenu réalité seulement en 1892, lorsque marié avec des enfants, il est parti à Saratov pour travailler comme copiste au musée d'art. Un peu plus tard, Weber est parti à Moscou, où il a commencé à travailler dans un atelier du peintre russe Konstantine Korovine qui fut séduit par le talent de l'artiste autodidacte.

Au début du 20e siècle, Weber, devenu étudiant de l’Académie des Arts de Saint-Pétersbourg, a terminé ses études à l’âge de 39 ans. Weber est resté à Saint-Pétersbourg, où il participait à des expositions, en Europe, avant d’ouvrir sa propre école de peinture. La Première guerre mondiale a mis fin à sa carrière : en 1916, Weber a quitté la capitale et est retourné dans la région de la Volga.

Les Weber se sont installés près de Saratov, dans le village de Mühlberg. L'artiste travaillait beaucoup en peignant des paysages, principalement des paysages de la Volga. Il enseigne par ailleurs le russe et la peinture aux jeunes du village et participe aux activités sociales. Ses œuvres étaient très aimés par le public. Ces tableaux furent exposés aux plus grandes expositions, et leur critique fut également très vive.

« Weber n’apporte rien à l'art contemporain. Il est très éloigné de cet art, il se trouve dans le passé et dans chaque trait qu’il apporte au tableau, on voit un appel à l’ancien, ce qui est parti et ne va pas revenir », écrivait un critique à propos des tableaux de Weber en 1929.

Ce représentant de la peinture académique qui n’a pas voulu correspondre aux normes du réalisme socialiste, n’a pas pu trouver sa place sous le nouveau régime soviétique. En 1937, il fut arrêté à cause de la carte de la Palestine retrouvée chez lui et le tracé du parcours du Christ que Weber a dessiné dessus. Weber a fait cette carte en 1915. Le peintre âgé de 67 ans, fut donc envoyé en exil au Kazakhstan, où il a subi des épreuves terribles, failli perdre la vue, mais a survécu jusqu’à la réhabilitation des années 1950.

Iakov Weber est mort le 20 février 1958, n’ayant pas attendu son exposition personnelle. A l’époque on lui a refusé son organisation, malgré la réhabilitation. 55 ans après le mort du peintre, le public moscovite a donc une possibilité exceptionnelle de voir ses plus beaux tableaux.


Rédaction en ligne, Armen Apressian

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