vendredi 28 juin 2013

Les USA changent de fondé de pouvoir au Qatar


Les USA changent de fondé de pouvoir au Qatar
En « toute transparence », les opinions publiques resteront sans savoir les vraies raisons du départ de l’émir du Qatar puis de son Premier ministre et le vrai profil politique de leurs remplaçants. Comme à l’époque romaine, le nouveau titulaire du trône aura fait ses études en Occident, particulièrement au Royaume-Uni, père naturel de tous ces émirats du Golfe et de bien d’autres pays dont il a scellé leur destin de créatures en fixant leurs frontières. Les pays impérialistes n’ont rien inventé de nouveau dans la « gestion des affaires », tout a été déjà conçu dans la Rome impériale depuis la « romanisation » des indigènes en charge partielle des provinces aux intrigues de succession et de partage de pouvoir au sein des familles régnantes ou des clans associés dans la gestion des pouvoirs.


Le must reste bien sûr cette assurance que les futurs chefs passent par les écoles des pays dominants, que ces chefs soient des militaires ou des politiques. Quoi de plus solide comme investissement que l’occupation des têtes qui vous dispensent d’apparaître en première ligne tout en disposant de quelqu’un qui pense comme vous à la tête de l’Etat objet de vos convoitises ?


On aura cependant suffisamment lâché d’informations pour nous laisser entrevoir un rapport entre la prolongation de la guerre d’agression de la Syrie et cette reconfiguration du pouvoir. L’hypothèse a de quoi tenir la route, surtout si on la relie aux difficultés créées par le Qatar à une gestion de cette guerre moins chaotique pour ce qui concerne sa vitrine politique. Il faut se souvenir que la prédiction d’une chute rapide de pouvoir syrien a tenté le pouvoir qatari de doubler la désintégration de l’Etat national syrien par un coup d’Etat à l’intérieur de l’opposition syrienne en concentrant les « centres de pouvoir et de représentation » de cette opposition entre les mains des Frères musulmans et en dévoilant par mille et un procédés le rôle de vitrine et de marionnette de Basma Kodmani et de Barhan Ghalioun.


Tout cela aurait très bien « marché » si les chargés de l’opération avaient tenu les délais. C’est bien ces prolongations qui rendaient à la fois transparents de vacuité le Conseil national syrien puis la Coalition de l’opposition. Les Etats-Unis devaient faire accoucher au forceps la moindre modification de l’apparence politique de cette « insurrection » pour lui donner tout à la fois une figure nationale et une image démocratique. Les artifices furent nombreux, de la modification de l’identité ethnique ou religieuse des chefs nominaux du Conseil national ou de la coalition à l’intégration forcée du chrétien Michel Kilo et de ses laïcs. Ces modifications n’étaient pas simplement un jeu de rôle. Plus « l’opération Syrie » se prolongeait, plus la résistance de l’armée et des patriotes syriens améliorait son organisation technique et ses bases politiques et populaires et plus la subversion menée « par derrière » par les USA et gérée par le Qatar, en concurrence avec l’Arabie saoudite, devait renoncer au coup d’Etat islamiste à l’intérieur de cette opposition syrienne que l’émir croyait prématurément avoir portée au pouvoir.


Chacun peut se souvenir des efforts épuisants de l’ambassadeur Ford pour faire admettre la simple admission de la liste de Michel Kilo à al dernière réunion de la coalition en Turquie. Sept jours pour faire accepter en son sein quelques délégués supplémentaires puis ce coup de théâtre du huitième jour d’une incorporation en bloc d’une quarantaine de nouveaux membres.


L’examen de ces quelques détails montrent que les USA sont passés de l’idée que les opposants syriens étaient difficiles à gérer à l’idée que le gérant qu’ils avaient installé - l’Emir et son premier ministre - étaient totalement inaptes à comprendre les buts américains ou, pire, poursuivaient leurs propres buts. Tout cela s’embrouillait encore plus avec le rôle de l’Emir au Mali. Personne de sérieux ne peut croire, et les USA encore moins, que le MUJAO ou Ansar Eddine au mali se soient créés du jour au lendemain avec un arsenal aussi impressionnant. Le rôle qatari est d’autant plus manifeste que l’argent du Qatar se déversait à flot vers ces organisations via les prétextes humanitaires. Il devenait évident que le Qatar roulait pour lui-même, c’est-à-dire roulait de plus en plus pour les besoins de prise d’options financières et politiques de l’Emir et du Premier ministre dans une tentative de s’enrichir encore plus mais aussi de trouver un antidote Frères Musulmans contre la tutelle aléatoire et menaçante des USA et de l’Angleterre. Bref pour échapper aux USA, il fallait un Khalifa qui aurait donné à l’Emir le peuple islamique qui manquait à son argent et les moyens de configurer une autre Grand moyen orient que celui rêvé par Rice et Bush. Leur argent n’aura pas le peuple qui lui manque mais un nouveau gérant garanti romanisé.

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