lundi 13 mai 2013

Le minuscule squelette qui a affolé les ufologues


mini alien
Le squelette d’un étrange petit humanoïde aux faux airs d’extraterrestre a récemment enflammé la galaxie des ufologues. Mais Ata, c’est ainsi qu’il a été dénommé, a finalement un ADN tout ce qu’il y a de plus humain, rapporte cette semaine le site de la revue Science, même si les causes de son apparence particulière restent encore à déterminer. Retour sur cette histoire intrigante.
Tout a commencé il y a une dizaine d’années, quand un chercheur de trésor prospecte un village abandonné au beau milieu du désert de l’Atacama, au Chili. En creusant dans le cimetière, il découvre un petit linge entouré d’un ruban violet renfermant un minuscule squelette d’une quinzaine de centimètres. Ata atterrit chez un collectionneur privé de Barcelone, puis devient l’objet d’un documentaire, Sirius, avançant que l’être non identifié prouverait l’existence des extra-terrestres.
L’immunologiste Garry Nolan, chercheur à l’Université Stanford (Californie), décide alors de se pencher sur la question. Première curiosité : Ata n’a que dix paires de côtes, au lieu de douze, mais surtout, sa boîte crânienne est excessivement déformée et imposante par rapport au reste du corps. Garry Nolan s’intéresse à son génome. Surprise : alors qu’il pensait que le squelette avait quelques centaines, voire milliers d’années, son ADN indique qu’il n’est âgé que de quelques décennies.
Le scientifique s’adresse alors à un éminent spécialiste des déformations fœtales, le radiologue pédiatrique Ralph Lachman, du centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles. Celui-ci lui dit n’avoir jamais rencontré un tel cas. Deuxième surprise de taille : après des analyses par rayons X, le Dr Lachman établit que le développement des genoux du squelette d’Ata correspond à celui d’un enfant… de 6 à 8 ans.
Garry Nolan émet alors deux hypothèses. La première est qu’Ata a souffert d’une forme extrême de nanisme, et a bel et bien atteint cet âge. La seconde est qu’il a souffert d’une maladie, la progéria, qui a fait vieillir précocement et de façon accélérée son ossature in utero – rappelons qu’il a la taille d’un fœtus de 22 semaines. Une troisième piste est envisagée : une intoxication fœtale aux tératogènes. Seulement, l’existence d’autres cas de squelettes excessivement petits, notamment en Russie, tendrait à privilégier une explication génétique plutôt que toxicologique.
Enfin, un autre expert avance une explication plus prosaïque : pour William Jungers, paléoanthropologue et anatomiste à l’Université Stony Brook, dans l’Etat de New York, il s’agit « d’un fœtus humain ou d’un enfant mort-né particulièrement desséché et momifié » – à noter que le désert de l’Atacama est l’un des endroits les plus secs de la planète. Il mentionne des « parties du corps à peine ossifiées et immatures », comme les mains et les pieds, ainsi que la large suture métopique, au milieu du crâne, typique des fœtus et des nouveaux-nés. « Si l’on a du mal à déterminer des anomalies génétiques, c’est peut-être parce qu’il n’y en a pas », conclut-il. Reste que cela n’explique pas le nombre anormal de côtes et la densité des genoux.
Le mystère n’est donc pas encore résolu. En attendant d’obtenir de nouveaux résultats, les seules certitudes et sources de satisfaction pour Garry Nolan, dont les analyses ont fait le tour de la Toile ces derniers jours, est d’avoir démontré qu’il ne s’agissait ni d’un faux ni d’un « alien ».
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