lundi 31 décembre 2012

Tunisie : Douar Hicher, un fief islamiste ou cité rebelle?




Après les affrontements meurtriers dont il a été le théâtre à la fin d'octobre, ce quartier populaire de la périphérie de Tunis passe pour un fief salafiste. Mais la réalité est beaucoup plus complexe.

Depuis la révolution, dès que l'une des cités pauvres qui couronnent le Grand Tunis s'agite, le pays s'attend au pire. Mais les affrontements entre extrémistes religieux et policiers au lendemain de l'Aïd, le 30 octobre, à Douar Hicher, qui ont fait deux morts parmi les salafistes et de nombreux blessés, ne se sont pas soldés par un embrasement général. Pourtant, le 2 novembre, avant la prière du vendredi, les brigades d'intervention étaient sur le qui-vive et un solide cordon de police avait bouclé ce quartier populaire situé à 15 km de la capitale. « Ils sont là pour impressionner. Il ne se passera rien aujourd'hui. Le salafiste qui a été tué a été enterré hier. Il ne faut pas croire tout ce qui se dit ; Douar Hicher n'est pas aux ordres des salafistes, mais de sa propre violence. Aucun dirigeant, ancien ou nouveau, n'ose s'aventurer ici, mais il est vrai que le commissariat est une cible. Beaucoup d'autres ont été incendiés durant la révolution, certains sont devenus des dépotoirs, c'est l'un des seuls à avoir échappé au saccage », explique Mohamed, un cafetier.





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