Les acteurs Steve Carell et Keira Knightley attendent la fin du monde dans un plaisir coupable, apocalyptique et romantique, depuis mercredi dans les salles. Que feriez-vous si la fin du monde arrivait dans 3 semaines ? C'est la question que toute l'humanité est obligée de se poser après la découverte d'un astéroïde se dirigeant tout droit vers notre planète. Certains continuent leur routine quotidienne, d'autres s'autorisent tous les excès, toutes les folies. Dodge (Steve Carell) est quant à lui nouvellement célibataire, sa femme ayant décidé que finalement, elle préférait encore affronter la fin du monde sans son mari. Il décide alors de partir à la recherche de son amour de jeunesse, qu'il n'a pas vu depuis 25 ans. Mais sa rencontre avec Penny (Keira Knightley) risque de dérégler tous ses plans. La fin du monde est définitivement devenue le grand sujet de cinéma à la mode, la plupart du temps développée comme une métaphore ("Bug", de William Friedkin ; "Take Shelter", de Jeff Nichols ; "Melancholia", de Lars Von Trier) ou, de manière plus superficielle, comme un film-catastrophe aux allures de jeu-vidéo ("2012", de Roland Emmerich). Surtout, il se révèle extrêmement stimulant pour les scénaristes, obligeant leurs personnages à brûler les étapes et à mesurer le temps qu'il leur reste à vivre. La plupart du temps, ils regardent en arrière en faisant le bilan de leur vie et tentent de rectifier une erreur de parcours : retrouver une ancienne petite amie ou se réconcilier avec leurs parents. Une histoire d'amour sur fond d'apocalypse Pour son premier film, la réalisatrice Lorene Scafaria apporte un point de vue féminin à un genre usuellement réservé aux hommes et aux super-héros. Sa comédie romantique au départ alourdie par un schéma éculé (ils sont différents, ils se rencontrent, ils s'aiment) devient de plus en plus tragique, presque noire, au fil du récit et permet à deux acteurs de se mettre mutuellement en valeur dans un rare exemple de collaboration : Steve Carrell jamais aussi bon que dans ce registre en demi-teinte et Keira Knightley, capable du pire ("A Dangerous Method") comme du meilleur ("Never Let Me Go"), qui sait rendre extrêmement touchant un personnage de trentenaire adulescente dépressive. La seule limite de "Jusqu'à ce que la fin nous sépare", c'est de rester un film de scénariste, un peu faible en termes d'illustration. Mais l'avantage de cet inconvénient, c'est que le scénario est supérieurement écrit et que, comme l'annonce le titre, la fin justifie les moyens.
vendredi 10 août 2012
Steve Carell et Keira Knightley dans une comédie dépressive
Les acteurs Steve Carell et Keira Knightley attendent la fin du monde dans un plaisir coupable, apocalyptique et romantique, depuis mercredi dans les salles. Que feriez-vous si la fin du monde arrivait dans 3 semaines ? C'est la question que toute l'humanité est obligée de se poser après la découverte d'un astéroïde se dirigeant tout droit vers notre planète. Certains continuent leur routine quotidienne, d'autres s'autorisent tous les excès, toutes les folies. Dodge (Steve Carell) est quant à lui nouvellement célibataire, sa femme ayant décidé que finalement, elle préférait encore affronter la fin du monde sans son mari. Il décide alors de partir à la recherche de son amour de jeunesse, qu'il n'a pas vu depuis 25 ans. Mais sa rencontre avec Penny (Keira Knightley) risque de dérégler tous ses plans. La fin du monde est définitivement devenue le grand sujet de cinéma à la mode, la plupart du temps développée comme une métaphore ("Bug", de William Friedkin ; "Take Shelter", de Jeff Nichols ; "Melancholia", de Lars Von Trier) ou, de manière plus superficielle, comme un film-catastrophe aux allures de jeu-vidéo ("2012", de Roland Emmerich). Surtout, il se révèle extrêmement stimulant pour les scénaristes, obligeant leurs personnages à brûler les étapes et à mesurer le temps qu'il leur reste à vivre. La plupart du temps, ils regardent en arrière en faisant le bilan de leur vie et tentent de rectifier une erreur de parcours : retrouver une ancienne petite amie ou se réconcilier avec leurs parents. Une histoire d'amour sur fond d'apocalypse Pour son premier film, la réalisatrice Lorene Scafaria apporte un point de vue féminin à un genre usuellement réservé aux hommes et aux super-héros. Sa comédie romantique au départ alourdie par un schéma éculé (ils sont différents, ils se rencontrent, ils s'aiment) devient de plus en plus tragique, presque noire, au fil du récit et permet à deux acteurs de se mettre mutuellement en valeur dans un rare exemple de collaboration : Steve Carrell jamais aussi bon que dans ce registre en demi-teinte et Keira Knightley, capable du pire ("A Dangerous Method") comme du meilleur ("Never Let Me Go"), qui sait rendre extrêmement touchant un personnage de trentenaire adulescente dépressive. La seule limite de "Jusqu'à ce que la fin nous sépare", c'est de rester un film de scénariste, un peu faible en termes d'illustration. Mais l'avantage de cet inconvénient, c'est que le scénario est supérieurement écrit et que, comme l'annonce le titre, la fin justifie les moyens.
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