dimanche 10 mars 2013

Une Marée Humaine pour Hugo CHAVEZ

Mais pourquoi était-il autant aimé par son Peuple ?
Une Marée Humaine pour Hugo CHAVEZ






=== LE VENEZUELA AVANT ET APRÈS HUGO CHÁVEZ ===


UN DOSSIER DE FOND DE FRANÇOIS ASSELINEAU,

RÉDIGÉ SUR UN MODE TRÈS PERSONNEL, À L'OCCASION DES OBSÈQUES DU PRÉSIDENT DÉFUNT.







Je ne suis allé qu’une seule fois dans ma vie au Venezuela.



C’était
à l’occasion de l’inauguration d’une grande exposition de plusieurs
centaines d’entreprises exportatrices françaises, baptisée « Francia
2000 », organisée par le Centre Français des Manifestations à
l'Étranger, et qui se tenait à Caracas dans les tout premiers jours de
mai 1993.



Travaillant à l’époque, et depuis quelques
jours, au cabinet du ministre du commerce extérieur, celui-ci m'avait
demandé d'accompagner Mme Lucette Michaux-Chevry, ministre chargée de
l'action humanitaire et des droits de l'homme, que le Premier ministre
français avait désignée pour aller inaugurer cette exposition. Car il
est d'usage qu'un membre du gouvernement fasse le déplacement dans de
tels cas, pour soutenir les efforts de nos entreprises à l'exportation.





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Début mai 1993 : Une étrange audience avec un Président de la République aux abois

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Parmi
les visites protocolaires, le programme prévoyait que la représentante
du gouvernement français serait reçue en audience par le Président de la
République de l’époque, M. Carlos Andrés Pérez. J’avais accompagné la
ministre et l’ambassadeur de France à cet entretien.



Cela
valait le déplacement et je me le rappelle, vingt ans après, comme si
c'était hier. Alors que nous fûmes reçus au Palais de Miraflores - la
présidence de la République - pour une audience fixée à 15 heures, donc
en milieu de journée, nous eûmes la surprise de découvrir un palais
présidentiel quasiment en état de siège. Tous les volets de l'édifice
étaient fermés et les tentures tirées.






Situé

dans le centre ville de Caracas et entouré de jardins, le Palais de 

Miraflores est l'équivalent de notre Palais de l'Élysée.








Lorsque
le Président de la République du Venezuela nous reçut dans son
majestueux bureau, aux hautes boiseries couleur crème de style Louis XV,
et à la moquette sable sur laquelle était planté un drapeau
vénézuélien, l’atmosphère était la même : volets à persienne métalliques
fermés et lourds rideaux de soie bleu pâle tirés. Le chef de l’État
vivait claquemuré ainsi, sous un lustre en cristal à pampilles, à la
lumière électrique toute la journée.



L’ambassadeur de
France m’expliqua ensuite que cet étrange isolement résultait
probablement des craintes que nourrissait le chef de l’État d’être
assassiné par son propre peuple. Il est vrai qu’un tireur isolé aurait
pu se cacher à quelques centaines de mètres, dans les jardins publics
proches du bâtiment de la présidence de la République, et l’abattre par
un fusil à longue portée en voyant son ombre passer à travers les
fenêtres.  



Ambiance…



Il faut dire qu'au moment où il nous reçut, le président Carlos Andrés Pérez avait de quoi être préoccupé.






Carlos

Andrés Pérez avait été élu Président du Venezuela une première fois en 
1974 pour un mandat de 5 ans qui courut du 12 mars 1974 au 12 mars 1979.
On le voit ici, solidement encadré entre les deux présidents américains
Gerald Ford à droite (Président des États-Unis du 9 août 1974 au 20 janvier 1977) et James Carter à gauche (Président

des États-Unis du 20 janvier 1977 au 20 janvier 1981). La Guerre du 
Kippour ayant provoqué le premier choc pétrolier avec un quadruplement 
brutal des prix du pétrole, le Venezuela et ses fabuleuses réserves 
pétrolières devint un élément fondamental pour Washington dans sa 
géopolitique de l'Or noir.




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Années 90 : les effets dévastateurs du FMI et du « consensus de Washington »

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Alors
qu'il avait été réélu chef de l'État en 1989 avec 52,9 % des suffrages
en fustigeant le « consensus de Washington », le FMI et la Banque
mondiale, Carlos Andrés Pérez avait opéré sans vergogne un virage à 180°
sitôt sa réélection acquise.



Tel un François Hollande
faisant campagne contre le TSCG et l'adoptant quelques semaines après
son élection, sans même faire semblant de s'y opposer, le président
Carlos Andrés Pérez avait imposé un plan d'austérité ultra-libéral,
directement inspiré du « consensus de Washington », après avoir présenté
aux électeurs le programme exactement contraire.



Le
Venezuela devint alors le théâtre des réformes présentées bien entendu
comme « indispensables » par le FMI : hausses généralisées de prix,
libéralisation et privatisation de l'économie, gel des salaires et
réduction des dépenses publiques, devaient, paraît-il, assurer la
félicité publique.





Carlos

Andrés Pérez fut réélu Président du Venezuela - avec le plein soutien 
des États-Unis - une seconde fois en 1989 pour un mandat de 5 ans. Il 
n'allait pas le terminer et dut démissionner le 21 mai 1993, trois 
semaines après qu'il nous ait reçus dans son bureau barricadé de la 
présidence de la République. On le voit ici aux côtés de son mentor 
américain George H. Bush, père de "W.", Président des États-Unis du 
20 janvier 1989 au 20 janvier 1993.


C'est pendant ce second mandat qu'Hugo Chávez, alors âgé de 38 ans, déclencha une tentative de coup d'État contre Carlos Andrés Pérez, le 4 février 1992. La tentative échoua et Hugo Chávez alla méditer son échec en prison pendant 2 ans. Il fut libéré le 26 mars 1994 par le Président Rafael Caldera.


Il
avait découlé de ces réformes ce qui s'en suit systématiquement, et
qu'a minutieusement décrit l'Américain Joseph Stiglitz, Prix de la
Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel en
2001 (dit "Prix Nobel d'économie"), dans son ouvrage Globalization and Its Discontents , paru en 2002 et traduit en français sous le titre accrocheur La Grande Désillusion. (Livre dont je recommande au passage vivement la lecture).



Comme
Stiglitz le démontre dans cet ouvrage avec beaucoup de références
historiques et d'exemples statistiques à l'appui, le FMI fait passer
l’intérêt de son « principal actionnaire », les États-Unis, avant ceux
des nations les moins favorisées qu’il a pourtant pour objectif
théorique de servir. L'auteur démontre également, en prenant comme

exemples la crise asiatique et la transition russe, que les 

politiques préconisées par le FMI aggravent presque toujours les 
problèmes dont il a à s'occuper, entraînant des conséquences sociales 
dévastatrices et un accroissement de la pauvreté.




C'est exactement ce qui se passa au Venezuela avec la politique ultra-libérale imposée par Carlos Andrés Pérez.



Selon
les statistiques officielles de l'ONU que je suis allé rechercher dans
le rapport spécifique de la Commission économique pour l'Amérique latine
et les Caraïbes (CEPAL) de l'ONU du 12 avril 2002, le taux de pauvreté
des Vénézuéliens connut en effet un bond effarant de 1990 à 1999. 



Pendant cette décennie - qui
couvre les présidences de Carlos Andrés Pérez puis de ses fugaces
successeurs Octavio Lepage, Ramón José Velásquez et Rafael Caldera, et
qui s'achève par l'accession au pouvoir d'Hugo Chávez le 2 février 1999

-, le pourcentage de pauvres au Venezuela bondit de 40,0 % de 

l'ensemble de la population à... 49,4 %, et cela alors même que le pays 
est assis sur des réserves faramineuses d'hydrocarbures.





Le

pourcentage de ménages pauvres passa quant à lui, toujours selon les 
mêmes statistiques onusiennes, de 34,2 % des ménages à 44,0 %.





Au même moment, le

nombre "d'indigents" - c'est-à-dire de personnes vivant dans la rue ou 
dans des bidonvilles avec moins de 1 $ par jour de revenu - explosa : de
1990 à 1999, leur pourcentage passa de 14,6 % à 21,7 % de la

population générale, ce qui - compte tenu de l'accroissement
démographique entretemps - représente une hausse vertigineuse de quelque
+ 80 %.    [Source pour toutes les données précédentes : http://www.eclac.cl/publicaciones/xml/4/7924/Capitulo_I_2001.pdf, tableau page 12 ]





Ce sont des données fondamentales à garder à l'esprit. Lorsque Hugo Chávez accéda au pouvoir :

  • 1 Vénézuélien sur 2 vivait dans la pauvreté,
  • plus d'1 Vénézuélien sur 5 vivait dans l'extrême misère,
  • et
    une toute petite oligarchie vivait dans un luxe insolent, parce que, 
    parfaite "collabo" de la puissance américaine, elle avait monnayé ce 
    train de vie contre la cession de l'essentiel  de la rente pétrolière vénézuélienne aux grandes compagnies américaines.

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Le Venezuela des années 90 : un pays aux inégalités révoltantes 

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Ces
inégalités, qui ressortent des chiffres glacés des statistiques, se
voyaient à l'œil nu. Elles ne pouvaient manquer de susciter un sentiment
d'incrédulité et d'indignation pour le Français de passage que j'étais.
Car, des rapides vues que j’avais pu glaner de ce très bref séjour à
Caracas, il me reste en effet deux images très fortes.



D’un
côté, sur des kilomètres et des kilomètres en venant de l’aéroport, des
quartiers misérables de favelas s’alignaient au bord des autoroutes,
tandis que les passants très pauvres et des SDF hantaient le centre
ville.



De l’autre côté, j’avais assisté à un dîner avec la
haute société vénézuélienne dans l'un des grands restaurants les plus
chics de la capitale. On s’y serait cru dans un épisode de la série
américaine Dallas : hommes en smoking à la chevelure gominée et
au sourire carnassier ; femmes coiffées, maquillées et manucurées comme
dans un studio d'Hollywood, se faufilant dans l’assistance avec de
somptueuses robes de soirée, le cou orné de rivières de diamants ou
d'émeraudes. Des vraies pierres, pas du strass.



Précision
nécessaire pour bien comprendre la situation du Venezuela (comme celle
de nombreux pays latino-américains, en particulier du monde andin), une
différence essentielle me sauta aux yeux : cette haute bourgeoisie
vénézuélienne - que notre voyage officiel pour soutenir les exportateurs
français nous amenait à rencontrer - avait essentiellement le teint
blanc et du sang espagnol ; elle vivait comme séparée du reste du pays,
dans une enclave mentale où l'on envoie ses enfants étudier aux
États-Unis et où l'on passe ses vacances en Europe. Le petit peuple en
guenilles, dont j'avais croisé le regard muet dans les rues, avait quant
à lui très majoritairement le teint foncé et mat ; et ses traits
révélaient le sang indien ou afro-caribéen qui coulait dans ses veines.




Incontestablement,

il n'est pas possible de comprendre la "Révolution bolivarienne" d'Hugo
Chávez, et son immense succès auprès des couches les plus défavorisées 
du peuple vénézuélien, si l'on fait abstraction de ce contexte autant 
ethno-sociologique qu'économique.







Carlos

Andrés Pérez était né dans une vaste hacienda, à la frontière 

vénézuélo-colombienne près de la ville de Rubio, dans une famille de la 
moyenne bourgeoisie. Son père, Antonio Pérez Lemus, était un pharmacien 
et un planteur de café d'origine colombienne, dont les grands-parents, 
venus d'Espagne et des îles Canaries, avaient émigré au Venezuela dans 
les dernières années du XIXe siècle. Sa mère, Julia Rodríguez, était la 
fille d'un propriétaire terrien de premier plan dans la ville de Rubio.







La

famille Chávez, d'origine principalement indienne-indigène, espagnole 
et afro-vénézuélienne, a des ancêtres dans le centre du Venezuela, dans 
la région des llanos. Hugo Chávez était l'arrière-petit-fils du rebelle 
Pedro Perez Delgado, plus connu sous le nom de « Maisanta », qui soutint
une insurrection et qui, avant sa capture en 1922, mena à la mort à la
fois un ex-président vénézuélien et un gouverneur d’État.






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La  chute infamante de Carlos Andrés Pérez

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Si
le Président de la République Carlos Andrés Pérez avait donné
instruction de garder nuit et jour fermés tous les volets de la
Présidence de la République par crainte d'un tireur en embuscade, ce
n'était pas seulement à cause de la situation économique et sociale
explosive qu'il avait créée de ses propres mains, et qui fait toujours
le lit de toutes les révolutions (une situation qui, soit dit en
passant, se propage à l'identique actuellement à toute la zone euro).



Non.
Il y avait une autre raison, encore plus sordide : sa corruption
notoire était en train de faire vaciller les institutions du pays.



En
mars 1993 en effet - c'est-à dire un mois et demi avant notre venue à
Caracas -, le procureur et inspecteur général des Comptes de la
République, M. Ramon Escobar Salom, avait osé porter contre Carlos
Andrés Pérez des accusations de malversations, pour un montant de 250
millions de bolivars. Cette somme tirée sur le budget de l'État, qui
équivalait à quelque 17 millions de dollars, devait abonder des fonds
secrets au ministère de l’Intérieur. Mais elle s'était mystérieusement
perdue en route, en passant justement par le secrétariat de la
présidence de la République...



Au moment précis où Carlos
Andrés Pérez accordait une audience à la ministre française que
j'accompagnais, il savait donc que ses jours à la tête de l'État étaient
extrêmement compromis et suspendus à la décision de la Cour suprême de
Justice, attendue par toute la presse dans les semaines suivantes.



Il
y avait donc, dans cette fermeture des volets et cette coupure palpable
du monde extérieur, un réflexe de protection primaire et superstitieux,
presque puéril. Pendant qu'il expliquait à Mme Michaux-Chevry tout
l'intérêt qu'il portait au développement des exportations françaises
vers le Venezuela, et qu'il balayait d'un revers de main ironique la
situation intérieure de son propre pays, j'observais le caractère
pathétique de cet escroc. Cela se voyait dans son regard fuyant et se
sentait au timbre de sa voix : cet homme était intérieurement saisi
d'effroi, il se sentait irrésistiblement entraîné vers l'abîme.



De
fait, le 20 mai suivant, soit moins de 3 semaines après cette audience,
la Cour suprême de Justice du Venezuela rendit son arrêt : elle jugea
que les éléments à charge étaient suffisamment graves et concordants
pour qu'il y ait matière à procès. Dès le lendemain, 21 mai 1993, le
Sénat suspendit Carlos Andrés Pérez de ses fonctions de Président de la
République au motif, infamant s'il en est, de malversations et
d'appropriation illégale.



On apprit ensuite que cette
somme aurait, en partie, servi à financer des campagnes politiques dans
des pays latino-américains voisins, et notamment la campagne électorale
de Violeta Chamorro, élue présidente du Nicaragua en 1990 contre Daniel
Ortega et les révolutionnaires sandinistes. Bien entendu, la main de la
CIA ne devait certainement pas être très éloignée de tout ce micmac.





 





Le 31 août 1993, le Congrès national destitua Carlos Andrés Pérez, qui fut enfermé dans la prison El Junquito
puis qui fut assigné à résidence dans sa propriété personnelle, du fait
de son âge, dans l'attente du jugement. Le 30 mai 1996, la Cour suprême
de Justice le condamna, pour malversation aggravée, à 2 ans et 4
mois... d'arrestation à domicile.



En 1999, remis en
liberté, ce diable d'homme osa créer un nouveau parti politique.
Probablement était-ce dans le but d'obtenir un siège de sénateur et
d'être ainsi protégé, par l'immunité parlementaire y afférente, des
nouvelles accusations de corruption qui étaient apparues entre-temps
contre lui : la presse avait en effet révélé qu'il possédait des comptes
secrets aux États-Unis. Le 20 décembre 2001, un tribunal de première
instance de Caracas ordonna qu'il soit de nouveau assigné à résidence
dans sa propriété personnelle pour le juger sur ce nouveau scandale.



Mais
l'oiseau s'était envolé en République Dominicaine. Le 3 avril 2001,
Hugo Chávez, nouveau Président du Venezuela, demanda à la République
Dominicaine l'extradition de l'ex-Président. Cependant, cette
extradition ne fut jamais exécutée car Carlos Andrés Pérez s'était enfui
pour résider en Floride, dans la ville de Miami (États-Unis).



Naturellement,
le gouvernement de Washington n'accorda jamais l'extradition de son
agent Carlos Andrés Pérez et celui-ci put vivre une fin de vie luxueuse
en continuant, jusqu'à sa mort survenu en 2010, à offrir un appui aux
groupes opposés au président Hugo Chávez.









Carlos Andrés Pérez réfugié dans sa somptueuse villa de Miami (Floride) au début des années 2000. C'est là qu'il

mourut en 2010 - aux  États-Unis donc - entouré de sa famille comme un 
chef de la mafia, mais sous l’opprobre de tout son peuple. Mis à part 
les quelques milliers de Vénézuéliens, bien sûr, qu'il avait arrosés de
largesses.



L'ancien Président vénézuélien vécut ainsi 

les dix dernières années de sa vie, dans le luxe misérable procuré par 
ses « comptes secrets », alimentés par les détournements de fonds en 
tout genre auxquels il s’était livré pendant qu'il était chef d’État. 
Alimentés, sans doute aussi, par les services américains appropriés.



 À

l'annonce de son décès, les grands médias occidentaux ne lui 
consacrèrent que quelques lignes fort discrètes, et pas le torrent de 
boue qu'ils viennent de jeter sur le corps encore chaud d'Hugo Chávez...










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2013 : les effets de la présidence d'Hugo Chávez

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Depuis
ce bref séjour de 1993, ma vie professionnelle et personnelle ne m'ont
jamais donné l'occasion de retourner au Venezuela. Je n’ai donc pas eu
l’occasion, ni de rencontrer Hugo Chávez, ni de me rendre compte de mes
propres yeux de l’évolution du pays depuis 20 ans, et en particulier
depuis qu'il a accédé à la tête de l'État le 2 février 1999.






Première photo officielle du Président Hugo Chávez


Si
je veux me faire un jugement lucide et objectif de cet homme, à
l'évidence hors du commun, qui a présidé aux destinées du Venezuela
pendant 14 ans, de 1999 à 2013, j'en suis donc rendu à me fier aux
statistiques de l'ONU.



En particulier à celles de la
Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPAL) de
l'ONU, tirées du très officiel "Panorama social de América Latina 2011"  publié par la CEPAL en 2012 : http://www.eclac.cl/cgi-bin/getProd.asp?xml=/publicaciones/xml/1/45171/P45171.xml&xsl=/dds/tpl/p9f.xsl&base=/dds/tpl/top-bottom.xsl





Ces statistiques, dignes de foi, dressent de façon laconique le bilan d'une décennie de gestion "chaviste" :


  • le taux de "pauvreté extrême" ("indigencia" en espagnol, correspondant à moins de 1 $ de revenu par jour) est passé, sur la même période, de 22,2 % à 10,7 %.
    Il s'agit de ces Vénézuéliens qui vivaient dans des favelas ou 
    dans la rue et dont le nombre m'avait tant frappé en 1993.        
  • le Venezuela a diminué de 58% le taux de malnutrition infantile, qui est passée de 7,7% en 1990 à 3,2% en 2009.






Ce

tableau, tiré du "Panorama social de América Latina 2011"  publié par 
la CEPAL en 2012, fait ressortir de façon très intéressante les 
politiques de justice sociale des différents États d'Amérique du sud au 
cours des 3 périodes (de durée variable) 1990- 2002, puis 2002-2008, 
puis 2008-2010.


    


À chaque période 

correspond une barre de couleur différente, de la valeur de 
l'augmentation ou de la diminution du coefficient de Gini, c'est-à-dire 
de la hausse ou de la baisse des inégalités de revenus dans la 
population. 





Comme on le voit 

de façon spectaculaire, tous les régimes alignés politiquement sur 

Washington et économiquement sur le FMI ont laissé croître vivement les 
inégalités : ce fut le cas, dans les années 90, des 
gouvernements d'Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Chili, de Colombie,
du Costa Rica, de l'Équateur, du Salvador, du Mexique, du Paraguay... et du Venezuela de Carlos Andres Perez.     





Le

même tableau fait en revanche ressortir de façon spectaculaire les 

politiques de réduction des inégalités entreprises, à partir des années 
2000, par les régimes plus ou moins en rupture avec le tuteur 
états-unien :


  • Argentine, avec le Président Nestor Kirchner puis la présidence actuelle de sa veuve Cristina
  • Bolivie d'Evo Morales, ami de Hugo Chávez
  • Brésil de la Président Rousseef
  • Équateur du Président Rafael Correa, très lié à Hugo Chávez
  • Salvador du Président Mauricio Funes, du Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN)
  • Nicaragua du Président sandiniste Daniel Ortega
  • Pérou du Président Ollanta Humala
  • Uruguay du Président José Alberto Mujica
  • Venezuela du Président Hugo Chávez 
Seuls deux États font exception à cette règle cynique, et seulement depuis 2008 :

  • le
    Mexique du Président Felipe Calderon sur la dernière période de 2008 et
    2010. Rappelons que cet homme, proche des Américains comme tous ses 
    prédécesseurs, était néanmoins de formation chrétienne-démocrate et non 
    membre du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) - cas exceptionnel 
    pour le chef de l'État mexicain. Il était co-fondateur du Parti action 
    nationale (PAN), d'inspiration chrétienne-sociale et membre de 
    l'Internationale démocrate-chrétienne.    
  • et 
    le Panama du Président Ricardo Martinelli sur la même période. Mais 
    c'est sans doute parce que cet homme d'affaire, soutenu par Washington, a
    senti le vent du boulet : son opposante Balbina Herrera, proche de Hugo Chávez, avait été longtemps donnée gagnante dans les sondages.




Il
me semble utile de préciser que le coefficient de Gini pour la France
est passé de 0,279 en 1996 à 0,299 en 2010. [ source INSEE septembre
]. Et j'ajoute que l'on peut, à défaut de statistiques plus récentes,
anticiper sans grand risque de se tromper que le coefficient de Gini a
dû fortement grimper en 2011 et 2012 : il doit certainement être
désormais aux alentours de 0,31 ou 0,32.



La France reste donc sensiblement moins inégalitaire que le Venezuela post-Chávez.  



Mais les inégalités progressent rapidement chez nous alors qu'elles ont beaucoup régressé au Venezuela sous Hugo Chávez







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Les grands médias occidentaux et Hugo Chávez

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Le
moins que l'on puisse dire, c'est que la mort d'Hugo Chávez n'aura pas
incité les grands médias occidentaux - et notamment français - à faire
preuve de bienveillance, ni même d'indulgence, vis-à-vis du défunt.




Bien

au contraire, les jours qui ont suivi l'annonce de sa mort ont été 
marqués par un dénigrement, voire des critiques acerbes, des médias 
contre cet homme, régulièrement présenté comme un "dictateur" alors 
qu'il s'était fait élire à chaque fois par une large majorité de 
Vénézuéliens.




Pour n'en citer que deux exemples parmi bien d'autres :  

L'adjectif
« dévasté » faisant d'habitude penser aux effets d'un cyclone, d'un
tremblement de terre ou d'un tsunami, j'ai regardé de plus près cet
article pour saisir les arguments avancés par le journaliste pour en
justifier l'emploi. Pour faire court, Hugo Chávez aurait « laissé une économie dévastée »
parce que la dette publique du pays est passée de 28 à 130 milliards de
dollars en 14 ans, que le déficit public a dépassé 7 % du PIB l'an
dernier, et que les industries vénézuéliennes fermeraient les unes après
les autres.





J'avoue que ces arguments m'ont fait rire :  



  • Si
    Hugo Chávez a « dévasté » l'économie parce qu'il a fait grimper la 
    dette publique de 102 milliards de dollars en 14 ans, quel verbe le 
    quotidien Les Échos réserve-t-il alors à Nicolas Sarkozy qui a,
    quant à lui, fait exploser la dette publique française de quelque 700 à
    800 milliards de dollars en 5 ans (5 à 600 milliards d'euros) ? Et 
    qu'il a porté le déficit public jusqu'à 8,5 % ? 

  • Si
    Hugo Chávez a « dévasté » l'économie parce que le secteur industriel 
    vénézuélien serait sinistré, que dit alors le quotidien Les Échos du
    démantèlement général de nos protections douanières et de la liberté 
    totale des mouvements de capitaux qui nous ont été imposés par les 
    traités européens et qui ont conduit, depuis 12 ans, à la disparition 
    d'au moins 1/3 des heures travaillées dans l'industrie française ? Que 
    dit le même quotidien du taux de change externe de l'euro qui, joint aux
    phénomènes précédents, explique que la France perd actuellement 800 
    emplois industriels et une usine en moyenne par jour ouvrable ?

Cependant,
ce journal - propriété du milliardaire français Bernard Arnault - étant
un journal réputé sérieux, il n'ose quand même pas travestir totalement
la réalité. Le journaliste reconnaît, du bout des lèvres, le succès
spectaculaire remporté par Chávez en matière de lutte contre les
inégalités. Mais, pour discréditer ce phénomène historique, l'article
venimeux porte le titre « Chávez a réduit les inégalités au prix d'un échec économique. »



Mais,
comme l'a justement fait remarquer l'un des lecteurs critiques de cet
article, si « Chávez a réduit les inégalités au prix d'un échec
économique », que dire alors de la totalité des dirigeants européistes
qui ont, quant à eux, augmenté les inégalités, et cela au prix d'un échec économique bien pire encore… ?

(cf. l'évolution inquiétante, mentionnée supra, du coefficient de Gini en France)




En bref, les

articles de la presse française ont décidé, en guise de nécrologie, de 
traîner dans la boue un homme qui s'est dressé contre la mainmise 
politique et le racket économique des États-Unis sur son pays, et qui a 
sorti de la misère la plus affreuse des millions de ses compatriotes.





En

se comportant de la sorte, la grande presse française se déshonore 
encore un peu plus et témoigne, surtout, de qui sont les puissances qui 
la musèlent.






 





À la différence de Carlos Andrés Pérez, le président Hugo Chávez est mort en fonctions et dans sa patrie. Derrière ses airs bravaches, il a souffert le martyre.










 










Le transfert de sa dépouille, puis son enterrement, les 7 et 8 mars 2013, ont drainé des foules immenses.











L'ampleur

exceptionnelle du soutien populaire au président défunt et l'affliction
réelle d'une très grande majorité des Vénézuéliens semblent avoir 
pris de court les responsables politiques et les grands médias du 
monde occidental. Car dans ce monde occidental, on ne sait plus, au 
fond, ce qu'est un dirigeant qui œuvre sincèrement pour le bien de son 
peuple, et non sous l'injonction de tel ou tel lobby bancaire ou 
industriel ! Il faut remonter à l'assassinat de John Kennedy le 22 
novembre 1963, ou à la mort de Charles de Gaulle le 9 novembre 1970, 
pour retrouver des émotions populaires d'une telle envergure et d'une 
telle intensité.








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La France une nouvelle fois en-dessous de tout

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Pour
ce qui concerne plus directement la France, la mort d'Hugo Chávez aura
confirmé, s'il en était besoin, à quel point les actuels dirigeants
français sont indignes et lâches.



Que l'on ait aimé, ou pas aimé, Hugo Chávez, tout dirigeant français digne de ce nom aurait dû saisir l'importance historique de cet événement planétaire.
Il aurait dû comprendre qu'il était de notre plus haut intérêt national
de se rendre sur place, à Caracas, pour participer aux obsèques de

Chávez et témoigner ainsi de la solidarité du peuple français 

avec le peuple vénézuélien et, au-delà, avec l'ensemble des peuples 
d'Amérique latine, tous plus ou moins bouleversés par cette mort.




C'est
ce qu'avait si bien compris Charles de Gaulle, à la fois lorsqu'il
s'était rendu aux funérailles de Kennedy en 1963, nonobstant les griefs
avec le gouvernement de Washington, pour montrer que le peuple français
compatissait à la douleur du grand peuple américain. C'est aussi, dans
des circonstances différentes, ce qu'avait fait le fondateur de la Ve
République, en effectuant sa célèbre tournée latino-américaine, au
printemps et à l'automne 1964.



Ainsi donc, et comme je le
faisais remarquer déjà, voici quelques jours, pour le Festival du
cinéma panafricain de Ouagadougou, le Président de la République
française, ou à défaut le Premier ministre, auraient dû impérativement
faire le voyage de Caracas.



Ni l'un ni l'autre n'ont fait
le déplacement. Ni même, comble de l'offense vis-à-vis des nouvelles
autorités vénézuéliennes, le ministre des affaires étrangères. M.
Laurent Fabius a fait savoir qu'il avait des "contraintes d'agenda" qui
l'empêchaient d'être présent dans la capitale du Venezuela ce vendredi 8
mars.



Moyennant quoi, n'osant quand même pas laisser
notre ambassadeur représenter la France tout seul sans autorité
politique à ses côtés, le gouvernement a jugé bon de se faire
représenter, à un niveau minimal, en choisissant Victorin Lurel,
ministre "des Outre-mer".



Ainsi donc, il faut que tout change pour que tout reste pareil :

  • en
    1993, déjà, Mme Michaux-Chevry, ministre RPR  d'origine guadeloupéenne,
    dont le portefeuille n'avait aucun rapport avec le Venezuela, et sans 
    aucun poids politique, avait été choisie pour aller inaugurer 
    l'exposition Francia 2000 de Caracas et rencontrer le Président Carlos 
    Andrés Pérez.
  • vingt ans après, M. Victorin Lurel, 
    ministre PS, lui aussi d'origine guadeloupéenne, dont le portefeuille 
    n'a lui aussi aucun rapport avec le Venezuela, et qui n'a lui aussi 
    aucun poids politique, a été choisi pour assister aux funérailles du 
    Président Hugo Chávez.  
Décidément, l'UMP et le PS se
comportent donc exactement de la même et détestable façon, à la fois
vis-à-vis de nos compatriotes guadeloupéens - dont la participation au
gouvernement consiste surtout à les charger de missions dont aucun autre
ministre ne veut, dès lors qu'elles se situent dans la zone Caraïbes ;
et à la fois vis-à-vis des plus hautes autorités vénézuéliennes, qui ne
peuvent que prendre en très mauvaise part l'indifférence teintée de
dédain avec laquelle le gouvernement français les considère.



Ce
mauvais procédé n'était au fond pas très grave de conséquences en 1993,
dans la mesure où l'événement (une grande exposition commerciale)
n'était guère politique et dans la mesure où le chef de l'État était un
homme corrompu, honni d'une grande majorité de la population, et qui
n'avait plus que quelques jours à rester en fonctions.



En
2013, en revanche, dans la mesure où l'événement revêt une immense
portée politique et symbolique, et suscite l'émotion chauffée à blanc de
tout un peuple, c'est une nouvelle et véritable faute diplomatique
lourde que la France vient de commettre.









Complètement

à côté de la plaque : telle a été l'attitude minable, et non dénuée de 
venin, de François Hollande face à la mort d'Hugo Chávez. C'est, une 
nouvelle fois, une véritable faute lourde diplomatique et une trahison 
des intérêts supérieurs de la France et du peuple français.




Sentant
quand même qu'il fallait faire et dire quelque chose, notre chef de
l'État s'est fendu d'un communiqué, le 6 mars, d'une platitude non
dénuée de perfidie et de réserve :  « Le président vénézuélien aura
profondément marqué l’histoire de son pays », a affirmé M. Hollande,
avant de poursuivre fielleusement : « Le président défunt exprimait,
au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne
partageaient pas, une volonté indéniable de lutter pour la justice et
le développement. Je suis convaincu que le Venezuela saura surmonter
cette épreuve dans la démocratie et l’apaisement. »



Une
chose est en tout cas certaine. C'est que, lorsque viendra le jour où il
sera à son tour enterré, il ne se trouvera certainement pas grand-monde
pour affirmer que François Hollande, empreint jusqu'à la moelle de
l'esprit de soumission et médiocre exécuteur des basses œuvres
euro-atlantistes, « aura profondément marqué l’histoire de son pays ».
Ou alors ce sera pour manier l'ironie cinglante.





 




Hugo Chávez se sentait libre et en droit de parler à tous les dirigeants du monde,

y compris et surtout à ceux diabolisés par Washington et l'OTAN. Il le 
faisait d'ailleurs le plus souvent avec bonhommie, et parfois avec des 
débordements de truculence.





C'est certainement 

cette insoumission à l'ordre atlantiste qui lui valut les foudres des 
grands médias occidentaux, et qui lui valent encore une opprobre post 
mortem. 





De gauche à droite et de haut en bas : 

avec Vladimir Poutine (Fédération de Russie), Hu Jintao (République 
Populaire de Chine), Mahmoud Ahmadinejad (République Islamique d'Iran), 
Barack Obama (États-Unis d'Amérique), Lula da Silva (Brésil) et Mouammar
Kadhafi (Jamahiriya arabe libyenne)




 





20

septembre 2006. Devant la 61e session de l'Assemblée Générale de 
l'Organisation des Nations Unies, Hugo Chávez brandit à la tribune 
l'ouvrage du philosophe américain Noam Chomsky intitulé en français Hégémonie ou Survie: Quête de l'Amérique pour la domination mondiale. 
Dans son discours, le président vénézuélien qui se présenta comme le 
défenseur des pauvres du continent américain, n'hésita pas à appeler le 
président George W. Bush « le diable ». C'est sans doute ce que Le 
Figaro appelle de la "provocation".


 
  


6

mars 2013 : Trois présidents sud-américains se précipitent à Caracas 
pour rendre un dernier hommage à Hugo Chavez, avant même son 
enterrement. De gauche à droite :


  • Mme Cristina Fernández de Kirchner Présidente de la République Argentine,
  • M. José Alberto Mujica, Président de la République d'Uruguay  (surnommé "Pepe Mujica" et connu pour être le chef d'État le plus pauvre du monde puisqu'il reverse 90 % de son salaire de 9000 euros à des ONG),
  • M. Evo Morales, Président de la République de Bolivie.
  • Entre
    la présidente argentine et le président uruguayen, on aperçoit Nicolás 
    Maduro à l'arrière-plan, vêtu d'une veste aux couleurs du drapeau 
    vénézuélien. Vice-président de la République, le plus proche 
    collaborateur du défunt, il a prêté serment le 8 mars comme président 
    par intérim, à la suite de la mort d'Hugo Chávez, dans l'attente de la 
    prochaine élection présidentielle à laquelle il sera le candidat du 
    Mouvement Bolivarien.






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CONCLUSION : UN HOMME D'ÉTAT RESPECTABLE,

DANS UN MONDE OÙ TANT DE CHEFS D'ÉTAT NE LE SONT PAS



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Sans doute Hugo Chávez avait-il des défauts. Qui n'en n'a pas ?



Sans doute l’ensemble de son bilan n’est-il pas sans reproche. Quel bilan est sans zone d'ombre ?



Sans
doute a-t-il parlé, parfois, un peu trop vite. Sans doute a-t-il porté
des accusations un peu trop hasardeuses. Mais qui n'a jamais commis
d'impair ?



Sans doute le personnage avait-il un caractère
comédien, voire cabotin. Il est vrai que ses apparitions hebdomadaires
dans un programme télévisé appelé « Alo presidente » étaient
singulières vues de Paris, Londres ou Berlin puisqu'il lui arrivait d'y
chanter, d'y réciter des poèmes, d'y nationaliser des entreprises en
direct, d'y licencier, toujours en direct, des hauts fonctionnaires ou
d'y annoncer la nomination de ministres clés. C'est ce qu'il fit en
2004, en révélant le nom des nouveaux ministres des Relations
extérieures et de l'Information. En lui reprochant cela, n'oublie-t-on
pas un peu vite qu'il s'agissait d'un Latino-Américain, avec la culture
théâtrale qui s'attache souvent à la tradition locale ?



Mais que pèsent ces travers face au reste ?



  • Hugo
    Chávez a fait incontestablement le bien pour la grande majorité de la 
    population vénézuélienne, en sortant des millions de ses compatriotes de
    la misère sans nom où l'avaient plongé les manœuvres de Washington et 
    les injonctions du FMI.
  • Hugo Chávez fut un patriote au
    sens le plus élevé du terme, aimant les peuples étrangers mais pénétré 
    de cette volonté intransigeante de souveraineté et d’indépendance 
    nationales, dans la droite ligne des idéaux de Simon Bolivar, eux-mêmes 
    directement hérités des idéaux de la Révolution française.
  • Hugo
    Chávez fut d'un très grand courage puisque, pendant toute la période 
    passée à la tête de l’État vénézuélien, c’est cette même volonté qui 
    l'amena à s’opposer constamment à la volonté prédatrice américaine.
  • Hugo
    Chávez fut d'un grand désintéressement personnel et fut, quoi qu'on en 
    dise, un démocrate, puisqu'il avait même instauré le référendum 
    révocatoire à mi-mandat.


Homme de bien, 

patriote intransigeant, courageux, désintéressé et démocrate. C'est pour
tout cela que l'on peut, malgré l’anachronisme et des différences 
éminentes, le comparer en effet à un "De Gaulle latino-américain". C'est
une comparaison qui, probablement, aurait plu à l'un comme à l'autre de
ces deux hommes hors du commun.






François ASSELINEAU

8 mars 2013



 
















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